Archives par étiquette : Hussard

Agit-prop’ @45

La fin d'un feu sur la chaussée, sans doute une poubelle ; Je voulais absolument participer au défilé du 1er Mai ; une semaine après la réélection du président ni social ni très démocrate, il me semblait important de défiler aux côtés des organisations syndicales pour pousser à une union des forces de gauche aux législatives. J’avais un peu les pétoches, mon dernier 1er Mai s’étant achevé au milieu des lacrymogènes même si j’avais pu quitter in extremis le cortège avant que les forces de l’ordre ne nassent complètement les manifestants pour mieux les réprimer.
Depuis que je suis ado, je n’ai jamais frappé personne (hormis un gars qui avait fait preuve de violences à l’égard d’une copine en cité U) ni détérioré un bien public (hormis un camion militaire et une route nationale sur le plateau du Larzac en 1980). Par contre, j’ai participé à de très nombreuses manifestations, j’en ai organisé (des autorisées et des plus interlopes) pour défendre mes droits, mes idées, la liberté. Je n’ai jamais reçu un coup de matraque, j’ai inhalé beaucoup de lacrymogènes, j’ai quelques fois été portée à bras de policiers casqués et bottés alors que je refusais d’évacuer un bâtiment public.
Jusqu’à il y a une dizaine d’années, j’estimais que la police était là pour me protéger ; si je respectais les règles, je ne risquais rien. Les manifs sur les retraites (et d’autres) m’ont contrainte à changer d’avis et à désormais chercher systématiquement la protection des services d’ordre de la CGT. Que l’on ne s’y trompe pas ! Ce n’est pas des « casseurs » dont j’ai peur ; mais de la police de mon pays ; celle de Charonne qui ressurgit à chaque mouvement social et politique que les gouvernements ne savent pas gérer autrement que par une répression policière qui instrumentalise la violence de certains mouvements politiques.
Ce 1er Mai 2022 n’a pas échappé à la règle. Je suis passée avec le cortège après les feux et les cassages : je n’ai pas senti de lacrymogènes mais beaucoup de shit ! J’en ai conclu que la police avait des ordres pour que cela ne se passe pas « trop » mal. J’ai vu le reste du fameux « feu de palettes » qui a déclenché tant de passions. J’ai vu la vitrine de l’agence immobilière pleurée par la gent épicière. J’ai vu les Abribus. J’ai fait quelques microbillets Twitter que vous pouvez lire. Et j’ai vu, lu, les « retours médias » de cela mais pas un mot sur la sortie au compte goutte de la place de la Nation, les centaines de policiers en rangs serrés, la démonstration de force d’un pouvoir qui ne sait pas gérer la contestation sociale au point d’en solliciter la violence.
J’ai été fouillée à la sortie de la place de la Nation, si bien d’ailleurs que ma canne blanche qui, repliée, a un air de matraque, n’a pas été trouvée. Je n’ai pas eu peur. J’étais prête à affronter la violence policière avec les méthodes que je connais : s’asseoir, se protéger la tête avec les bras, serrer les dents. Et j’y retournerai. Je ne veux plus avoir peur. Je ne veux plus donner raison à l’autoritarisme d’un ordre public au service du libéralisme en restant chez moi. J’ai le droit de manifester. L’État à l’obligation de me protéger et de protéger ce droit. Peut-être vais-je prendre des coups ? Je m’y prépare.

Agit-prop’ @44

Caddie pose devant son drapeau anarchiste. Il porte un bonnet noir, des solaires, un masque fabriqué pendant le premier confinement, un bandana et une pancarte où on lit "Debout citoyens, le libéralisme est mort, tuons-le"— Chers amis, chers camarades ! À vos masques, prêts…
Qu’est-ce qu’il se passe, Caddie ? Tu es drôlement habillé !
— C’est toi qui demandes ? T’as oublié que c’est le 1er mai et qu’on va à la manif ?
Non, mais tu vas nous attirer des ennuis avec ton drapeau et ton look de vieil anar !
— Les keufs ? Je les attends ! J’ai la télescopique dans la manche, tu sais celle que…
Caddie ! On a passé l’âge de se faire casser la tête !
— On a toujours celui qu’on nous casse les roulettes !
Tu as raison, mais ce sont des méthodes de voyous.
— À voyou, voyous ennemis !
Tu n’en démordras pas ?
— T’as vu ce que ça fait quand on lâche la bride au Grand Capital allié des forces répressives de la gent épicière ? Moi, c’est fini ; je cogne.
Mais tu as toujours cogné, Caddie…
— Ah ? Oui. Je continue alors.
Allez, remballe ta quincaillerie et viens mettre du muguet à la boutonnière.
— Et si on se prend des gaz ?
On court Caddie, on court.
— Avec ton genou et mes roulettes qui grincent ?
Tu as raison, Caddie ; on s’assoit.
— Et on tient le pavé.
Ça oui, on le tient. Promis !

NB (le PS est mort, il va nous manquer) : rendez-vous à 14 heures 30 à Paris, place de la République.

Bigleuse @135

Copie d'écran du site du musée de la marine, un tel fatras que je suis incapable de vous le décrire.J’avais prévu un énième billet sur le défaut d’accessibilité des sites Internet et outils numériques. J’avais comme exemple le Musée de la Marine, que j’ai un temps confondu avec l’Hôtel de la Marine, où l’on trouve une déclaration d’accessibilité (fait rare) qui indique « une conformité globale au RGAA niveau AA de 37,5 % ». Le « AA » ici ne dit rien mais a dû plaire aux concepteurs du site ; le 37,5 % de conformité indique lui que 72,5 % du site n’est pas accessible ; autant dire qu’il ne l’est pas du tout, les besoins des personnes handicapées se situant forcément à cet endroit-là.
J’avais prévu de vous expliquer cela un peu mieux mais je suis fatiguée, fatiguée de répéter, fatiguée d’avoir passé une grosse demi-heure à tenter de récupérer des résultats sur le site de mon hôpital, fatiguée d’avoir dû expliquer au personnel dudit hôpital que la machine qui délivre des tickets et les écrans ne sont pas lisibles et devoir répéter l’histoire par mail au responsable accessibilité après le lui avoir déjà dit au téléphone, fatiguée d’avoir dû renoncer à une enquête conso car le zoom à l’écran rendait la navigation impossible, fatiguée d’avoir tourné en rond un quart d’heure sur un site public d’aide sociale, fatiguée de ne pas lire certaines info-images sur Twitter envoyées par des élus ou des institutions, fatiguée… et la journée n’est pas terminée quand j’écris ce billet.
Je vais aller faire du vélo. Cela me fatiguera moins.

Caviardage @13

Mon passeportÀ deux reprises la même semaine, je me suis retrouvée, lors de ma permanence pour le médiateur de la Ville de Paris, face à des femmes dont le prénom et son usage dans leur adresse mail différaient d’un « e » et d’un « a ». Les deux fois, je m’en suis inquiétée, craignant avoir mal retranscrit leur adresse mail. Les deux fois, elles m’ont expliqué qu’il n’en était rien, qu’elles utilisaient leur prénom de naissance dans leur mail mais m’avaient donné en prénom celui établi par l’état civil, la première lors d’une naturalisation, l’autre lors de l’établissement de l’acte de naissance.
C’est ainsi que Hayet était devenue Hayat et Hela, Hala. On ne peut pas dire que ce soit des prénoms difficiles à écrire et, quand on les prononce, on entend bien la différence. J’ai indiqué à ces deux femmes que la modification du prénom, surtout s’il s’agissait de corriger une erreur, n’était pas très compliquée sous réserve de toutes les démarches que cela entraînait ensuite pour faire correspondre tous les documents administratifs. Les deux ont soupiré et moi, cela m’a rappelé ce colis que j’ai peiné à récupérer car mon prénom d’état civil n’est pas mon prénom d’usage.
Quant à la fâcherie des services d’état civil avec les « a » et les « e », je n’ai jamais entendu dire qu’ils écrivaient « Leuranca » ou « Chentel ». Vous avez dit racisme (sous-entendu institutionnel) ? Vous avez vraiment l’esprit tordu !

Agit-prop’ @43

Copie d'écran de la journaliste russe qui brandit en plein JT une pancarte pour appeler à la paix et dénonçant la manipulation de l'information. J'ai ajouté ce texte : Parce que la démocratie a du sens, je vote les 10 & 24 avril 2022.J’évoquais avec une amie l’après-présidentielle et l’implication que l’on pourrait avoir dans l’indispensable reconstruction de la gauche. Où s’investir ? Sur quel projet ? De quelle manière ? Nous avons évoqué chacune nos pistes de réflexion, elle me proposant un projet politique qui me semblait fort peu fiable. Elle me répond « J’avoue que je ne le sens pas trop non plus, mais j’ai comme un besoin de croire en ce moment. »
Sitôt, j’ai pensé que « croire » ne m’intéresse pas, surtout pas en politique. S’il s’agit de « croire » au sens « d’avoir confiance », bien sûr, mais ce n’était pas son propos car il est bien difficile de croire en un projet politique que « l’on ne sent pas ». J’ai plutôt interprété son « croire » au sens « d’avoir la foi », ce qui mène directement à l’espoir, cette amie n’étant pas plus que moi adepte des dogmes et des pratiques encadrées.
Sa réflexion m’a ainsi ramenée à un constat douloureux : je suis en manque d’espoir du côté des projets politiques et de l’action collective tant j’ai le sentiment que l’omnipotence des médias (tous les médias) contraint la pensée et l’intelligence ; elles sont par nature libératrices ; elles sont désormais tellement bordées, sujettes à tant de compromis pour la sauvegarde de l’ordre établi (entendre l’enrichissement des plus nantis dans l’illusion que les plus pauvres peuvent les rejoindre), qu’elles en deviennent un puissant moyen d’oppression, une sorte d’autocensure que l’on s’inflige pour ne pas être exclus du champ social. Je comprends ainsi que mon retrait des « affaires militantes » est ces dernières années le moyen que j’ai trouvé de sauvegarder ma propre liberté, restreignant ma « zone d’échange » à des sphères où penser n’est altéré par aucune pression économique et sociale (culturelle, c’est plus difficile).
C’est un grand privilège que j’ai là ; en même temps une souffrance car ma liberté devient synonyme d’exclusion pour les raisons que je viens d’évoquer. Je m’en étais déjà ouverte dans mes Fragments d’un discours politique (en ligne jusqu’à début mai) sans en mesurer la portée : dans la spirale de l’exclusion, je me retrouve tellement hors du jeu que je n’apporte plus grand-chose à mes propres engagements, en l’espèce porter la gauche au sommet de l’État. Je n’ai rien fait pour que la présidentielle ne soit pas pliée d’avance, me préparant juste à voter blanc au second tour, comme en 2017, en regardant le premier tour d’un air dubitatif.
Et pour après… Je vous renvoie à l’événement Facebook que j’ai créé pour inviter chacun à prendre ses responsabilités, moi compris, et à la citation de Beauvoir qui l’introduit. Je ne peux plus me contenter de protéger ma liberté de penser dans une posture d’intellectuelle menant une action politique du quotidien sans replonger dans l’arène pour ouvrir des perspectives par l’action et la réflexion collectives. Je ne peux plus.

Brosse @46

Détournement de l'affiche grève féministe, qui devient rève féministe, pour construire la paix, prenons le pouvoir.La guerre et les crises majeures ne sont pas propices à sortir de l’urgence politique (et militaire) pour défendre des valeurs autres que la paix et la solidarité au service de l’ordre bourgeois, hétérosexiste, raciste et validiste ; les trois vont si bien ensemble. Serais-je en train de galvauder la mobilisation des uns et des autres pour la sauvegarde de nos démocraties ? Non point, mais forcément, je prends le risque que l’on m’en fasse le procès.
Je crains peu cela, je n’ai pas d’attache suffisante avec mes « amis politiques » pour que le regret de les perdre (c’est finalement déjà fait) me fasse renoncer. Je crains plus une récupération politique de mes adversaires (que je perds moins facilement que mes amis, c’est bon signe) ; c’est pour cette raison que je me suis tue jusqu’au vote de la loi sur le mariage pour tous, que j’ai cédé à l’urgence sanitaire ou que je m’exprime peu sur la campagne présidentielle.
Il reste néanmoins difficile de toujours faire semblant de n’avoir rien vu (j’y suis experte, forcément !), par exemple sur la question de la place des femmes dans cette guerre. J’ai bien conscience que cette question apparaîtra comme secondaire face à l’urgence militaire (militariste) ; et pourtant ! La guerre (qui la mène et pourquoi) n’est-elle pas l’acmé de la domination masculine ? J’en suis convaincue.

« Une guerre d’hommes, chefs d’État, ministres, ambassadeurs (31/40 sur la photo), militaires, marchands d’armes… Mais rangez donc vos petits fusils messieurs et leurs extensions explosives (car les originaux…) et construisez la #paix ! »

Je ne pense pas que les femmes soient plus que les hommes antimilitaristes ou pacifiste ; je n’ai par exemple vu aucune de mes camarades militantes féministes remarquer (et dénoncer ?) le fait que la mobilisation générale en Ukraine ne touche que « les hommes entre 18 ans et 60 ans », avalisant là l’idée machiste selon laquelle seuls les hommes ont vocation à se battre pour défendre leur pays ou conquérir celui du voisin. J’imagine volontiers que certaines se sont dit que l’urgence n’était pas à dénoncer cela ; j’en soupçonne la majorité de ne même pas s’en être fait la remarque (ce qui dit tout du poids de la « culture dominante » sur notre pensée).
Et pourtant… Il me semble démontré que cette guerre (et toutes les autres, militaires, économiques, culturelles, etc.), ont en commun la défense de l’ordre établi, si établi que plus grand-monde n’ose le remettre en cause : on sauve les dominants d’abord, on s’occupera de changer de modèle après. Combien de fois s’est joué ce scénario dans l’histoire ? Je suggère donc, en ce 8 mars, une mobilisation générale de toutes les femmes ukrainiennes et russes afin que les soldats retournent dans leurs foyers s’occuper de la marmaille tout en occupant les emplois de première nécessité à horaires décalés et salaires de misère, que les généraux, les ambassadeurs et les chefs d’État en fassent de même et que les femmes de l’Occident prennent également le pouvoir dans tous les endroits où cette guerre se joue (gouvernements, parlements, ambassades, direction des groupes pétroliers, militaro-industriels et agroalimentaires, etc.).
Les femmes seraient-elles capables de faire la paix et changer le monde ? Cela reste bien sûr à démontrer mais comme les hommes ont fait la démonstration qu’ils ne sont pas capables de faire autre chose que la guerre et renforcer les systèmes d’oppression, on ne risque pas grand-chose à tenter l’expérience. Hardies ! Pour construire la paix, ce n’est pas la grève que nous devons ; c’est le pouvoir qu’il faut prendre.

Agit’prop @42

Copie d'écran du Twitt en lien dans le billet.J’ai toujours cultivé une certaine liberté à l’égard des mouvements politiques que je fréquente, des personnalités ou intellectuels dont je peux apprécier la pensée (parce que j’y adhère ou parce que cela enrichit ma propre réflexion). J’essaie, au moins publiquement, de ne pas faire étalage de mes opinions notamment sur des sujets auxquels je ne comprends pas grand-chose. J’observe. Je réfléchis avec les outils que m’a donnés l’université, croisant mon savoir, mon expérience, d’autres réflexions et les faits. Je me méfie comme de la peste des informations en continu, de certains médias, des partages des internautes et des commentaires des éditocrates. Je considère, par principe, que ce que je pense n’est pas parole d’Évangile ; j’essaie d’être sincère et de construire mon action dans un mélange parfois compliqué de défense de quelques principes et implication dans le réel.
Dans ce contexte, il n’est pas rare que je me sente très seule et désemparée, toujours en conflit entre mes idéaux et une réalité dont une grande partie m’échappe. Parfois, je craque, par urgence à dire, et peux exprimer ce doute dans un propos forcément difficile à comprendre puisque mes interrogations portent toujours au paradoxe. C’est dans mon écriture romanesque, bien sûr, que je suis le plus à l’aise ; mes romans sont le seul monde qui accepte mes débats intérieurs jusqu’à s’en nourrir sans grand dommage pour le reste de l’humanité. C’est mon luxe. Je m’en régale mais dois bien constater que mon travail ne rencontre pas l’écho que j’escompte, peut-être parce que le décalage que je cultive est trop grand. De plus en plus grand. C’est ainsi.
Et vient une guerre, une après tant d’autres, en même temps que tant d’autres. La Russie envahit l’Ukraine. La synchronicité a voulu que je vive cette montée en guerre en même temps que je lisais La force de l’âge où Simone de Beauvoir décrit son indifférence d’abord, son incrédulité ensuite, de la montée du nazisme à l’arrivée des troupes allemandes à Paris. L’histoire n’est pas la même ; elle fait néanmoins écho, notamment dans les réactions des uns et des autres face à la guerre d’aujourd’hui. J’adhère à fort peu de propos tenus tant j’ai l’impression que la plupart de mes contemporains sont dans une posture « Bambi découvre la neige » emprunte d’un mélange de peurs et de dénis qui m’afflige. Mais, qui sait, c’est peut-être moi qui me trompe ? Je ne l’exclus pas.
C’est dans ces moments-là que je rêve d’avoir à portée d’esprit un leader politique solidement ancré dans une philosophie et une doctrine capable de bousculer les idées reçues, de produire un discours (donc une action) qui me permette de considérer que je ne suis pas, dans ce que je pense de ces événements dramatiques, complètement folle et hors du monde. Je n’ai pas. Et si je me lance moi-même dans l’aventure de la déconstruction de l’aliénation de nos sociétés occidentales à la consommation, au profit, à l’exploitation pour la relier à cette guerre et au moyen non militaire d’agir pour la paix, cela ne fera pas avancer les choses. Je cherche. Je dois me rallier à une pensée, trouver pour cette fois quelqu’un qui dise ce que je veux dire, envisage comme moi des solutions qui sortent, pour l’heure, de l’entendement commun. Un candidat à l’élection présidentielle ? L’élu sera chef des armées. Tout est dit.
Et voilà. J’ai trouvé.
Merci Ariane Mnouchkine. Merci.

Note. Mes Fragments d’un discours politique sont encore en ligne jusqu’à début mai. Profitez-en.

Extravagance parisienne @77

L'image montre des en-têtes de diplômesJ’ai évoqué mes demandes assez tardives de diplômes, il m’est arrivé sensiblement la même aventure pour une certification professionnelle. J’avais passé en 2004, l’ERP-IGH 3 (établissement recevant du public – immeuble de grande hauteur), certification de chef de se sécurité incendie. La loi ayant changé en 2005, j’ai dû passer quelques jours en formation pour la « transformer » en certification SSIAP 3 (service de sécurité incendie et d’assistance à personne).
Ces quelques jours se déroulaient dans des locaux en banlieue. Lorsque nous avons été informés que le diplôme était disponible, nous avions demandé à ce qu’il soit envoyé pour tous les agents concernés de la grande institution culturelle où j’étais. Cela n’a pas été possible, il fallait se rendre sur place. Je n’avais pas donné suite rapidement, puis n’y avais plus pensé.
En 2015, j’ai eu besoin du document. J’ai donc recherché l’organisme de formation et les ai appelés. Je pouvais venir chercher mon diplôme sur place, il m’attendait. J’ai donc repris le chemin du RER pour cette ville de banlieue. L’employée qui me l’a tendu était vraiment très déconcertée, me disant « Il y a des gens qui viennent alors qu’il n’est pas encore imprimé. »
Je vous rassure, autant je n’ai pas demandé le DEUG de droit qu’il était possible d’avoir même après la réforme LMD, mais j’ai bien fait le nécessaire pour récupérer la licence et les deux masters.

Extravagance parisienne @76

L'image montre des en-têtes de diplômesEn janvier 2022, je me suis aperçue que je n’avais jamais demandé mon diplôme de maîtrise de Philosophie, j’ai juste une attestation qui devait être échangée contre le diplôme comme c’est écrit dessus. Je n’avais pas non plus mon diplôme de DEA (diplôme d’études approfondies, qui était la première partie du 3e cycle donc de la formation doctorale) de Sciences cognitives, mais un relevé exhaustif des notes par matières. J’ai passé la première en 1994 et le second en 1997. Je ne sais plus trop ce qui s’est passé pour que je ne demande pas ces diplômes, sachant que j’ai arrêté ma formation initiale universitaire après le DEA.
Je me suis demandé s’il était possible de les récupérer des années après. Pour m’en assurer, j’ai envoyé un lundi soir un courriel à des destinataires trouvés sur les sites de la faculté de Tours (secrétariat de philosophie) pour la maîtrise et à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales), service des thèses pour le DEA.
Le lendemain matin, j’avais des réponses des deux institutions. À 8 heures 20, la secrétaire des études doctorales de l’EHESS m’a répondu qu’il y avait bien un diplôme de DEA de Sciences cognitives à l’époque, imprimé à la demande écrite de l’étudiant. Elle a pris note de ma demande et me recontactera à l’issue des quelques mois de délai pour obtenir le document.
À 9 h 30, la secrétaire à Tours m’écrivait qu’elle avait vérifié mon dossier et me demandait le scan de pièces complémentaires pour lancer l’impression de mon diplôme. Il faudra sans doute que j’aille le chercher sur place. Voilà une belle occasion de retourner dans cette jolie ville.
Ces messages positifs, rapides et d’un ton cordial m’ont donné la pêche. Et je vais pouvoir compléter mes archives universitaires, vingt ans plus tard.

Pucer @58

Scan d'un morceau du courrier, avec mon nom et le numéro de donateur.Le plus souvent possible, je consulte des médecins, fais mes examens et reçois des soins dans des structures publiques, mutualistes ou relevant de fondations reconnues d’utilité publique ; il n’y a pas de dépassement d’honoraires et l’état d’esprit correspond mieux à ma conception de la santé. Dans ma liste d’établissements de type à proximité de chez moi, il y a l’Institut Arthur Vernes, fondation reconnue d’utilité publique.
Il y a quelques jours, je reçois un courrier postal à cet en-tête. Y a-t-il eu un problème (administratif ou médical) avec une consultation récente ? J’ouvre. Il s’agit d’un appel aux dons, nominatif avec un « numéro de donateur ». Je ne me souviens pas avoir donné mon accord pour recevoir ce genre de courrier ; et je suis surprise que cet Institut tape dans son fichier de patients pour se constituer un vivier de donateurs.
On peut considérer que, comme je bénéficie de soins gratuits et de qualité, je suis légitime à donner un petit quelque chose à Noël. Mais c’est la sécurité sociale et ma mutuelle qui paient les soins, pas l’Institut. Il a des frais ? Bien sûr. Moi aussi. Mais surtout, cette confusion entre un fichier patients et un fichier donateurs me pose un problème. Vous avez dit RGPD ? Je vais creuser.