Archives par étiquette : Hussard

Féminité @9

Lundi dernier, je me suis rendu au bureau de poste pour récupérer un colis. Juste avant mon tour, je voyais et entendais la dame au guichet à côté du mien. Elle expédiais colis et lettres et en était à l’étape du choix des timbres. Elles voulaient de beaux timbres, la postière sortait alors ses cahiers de collections. La cliente en avait déjà choisis un certain nombre mais il en manquait encore deux. La postière lui en proposa alors un timbre à l’effigie de Camille Saint-Saëns (par ici) et un autre représentant Simone de Beauvoir. Pas de réponse. La postière répète sa proposition et la dame accepte celui de Saint-Saëns. La postière insiste : « Et un avec Simone de Beauvoir ?
– Non ! Pas Simone de Beauvoir !
 »
Bon, la petite histoire ne dit pas pourquoi « pas Simone de Beauvoir » mais ma grande Histoire à moi en sait plus sur cette dernière que sur Camille Saint-Saëns (dont je ne nie pas le talent pour autant).

Grand homme @40

Depuis plus d’un an que le covid-19 fait la roue sur terre, il en a été diffusé des assertions sur ce micro-organisme, la « parole scientifique » se substituant volontiers à la « preuve scientifique », démontrant, si cela en était besoin, que nous vivons dans un monde de toute-puissance où se mélangent une volonté de contrôle absolu sur les choses comme sur le vivant et un besoin d’en faire étalage médiatique. Cela n’est pas propre au virus, il est plus certainement l’expression de ce que l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste produit de processus de domination nourris de violences sociales, économiques, culturelles, intimes…
Je comptais faire un billet pour constater combien, plus d’un an plus tard, nous n’en savions finalement guère plus sur ce virus en dépit du déferlement de ces verbiages scientifico-politiques qui alimentent les actualités, constatant au passage que les affirmations péremptoires à force de contradiction par le réel (efficace des masques, traitements de perlimpinpin, découvertes miracles sitôt avortées, etc.) semblaient diminuer (je n’en ai pas fait le compte, c’est juste un sentiment peut-être lié à mon déficit d’intérêt) ; docteur Mouton et docteur Caddie ont d’ailleurs cessé de se moquer de la science à deux balles dans leurs fameuses conférences scientifiques (une, deux, trois, quatre, cinq) ; cela ne leur semblant plus nécessaire, ou moins urgent.
Je comptais, et voilà que France info nous sert l’article qu’il me fallait « Covid-19 : un an après, ce que l’on sait (désormais) et ce que l’on ne sait (toujours) pas du virus ». Je ne suis pas capable de juger la qualité des informations qu’il contient mais je dois avouer qu’il conforte mon sentiment que l’on ne sait rien, ou pas grand-chose sur le sujet qui m’intéresse le plus : le mode de propagation du virus. Vous remarquerez que dans la première partie, les « gouttelettes et aérosols » sont mis en cause comme vecteur principal mais que les mains sont moins stigmatisées alors que j’avais compris qu’elles étaient une sorte de boîte de Petry cause majeur de transmission ; je continuerai à me les laver, ainsi que le nez, comme je l’ai toujours fait contre toutes les formes de « contamination » (je n’aime pas ce mot, trop connoté péjorativement), virales, bactériennes, etc. ; ce qui m’a toujours profité.
Dans la deuxième partie, cette analyse est infléchie dans le point « Pourquoi l’épidémie se propage-t-elle de façon aussi hétérogène ? » Le manque d’études est mis en cause, manque sans doute lié au fait que c’est plus glorieux de trouver le vaccin, le médicament, que de trouver le moyen de se protéger les uns les autres. Je remarque aussi ce qui est dit de la source animale de l’épidémie, et de la solution radicale que l’on nous propose si on la trouve : on tue l’animal. J’avais envie de conclure que l’humilité était en marche mais que serait l’humilité face à ce virus qui se fonderait sur un spécisme d’une telle violence (pléonasme) ? Je n’ai plus désormais qu’à compter sur le covid-19 (et ses potes) pour continuer à nous jouer tant de tours que l’on cède enfin en acceptant notre impuissance et en construisant un monde qui rompt avec toute logique de domination.
Hardi virus ! Je suis avec toi dans ce difficile combat.

Clavier @23

Infographie. Un litige avec un service de la Ville de Paris ? Contactez le médiateur.Depuis le deuxième confinement, les permanences que je tiens pour le médiateur de la Ville de Paris se font par téléphone. J’étais au départ dubitative ; même si le téléphone me met à égalité de mes interlocuteurs (ils n’ont pas plus accès à l’image que moi), je craignais que l’échange ne perde en humanité considérant que la représentante bénévole que je suis a vocation à entendre une personne et non simplement à enregistrer administrativement une demande. Se posait également la question des pièces justificatives, impossibles à transmettre par téléphone.
À l’usage, la forme de ces permanences se révèle pertinente ; l’échange ne souffre pas de la distance et une relation se noue, le plus souvent très agréablement. Je me demande même si le format téléphone ne présente pas certains avantages : je laisse dans un premier temps parler mes interlocutrices et interlocuteurs et ceux-ci, qui craignent peut-être de ne tout pouvoir dire, ont tendance à faire d’emblée un récit très complet de leur situation. En vis-à-vis, je devais poser plus de questions, reformuler, reconstruire l’histoire.
Il dure ainsi moins longtemps et les trois quarts d’heure alloués à chaque rendez-vous sont rarement atteints. Cela me permet de finaliser les notes que je prends à la volée et qui sont de meilleure qualité que celles que je prenais en « présentiel ». Cela tient au fait que je suis sur un clavier d’ordinateur plus confortable que celui de la tablette. Je suis sans doute aussi plus concentrée, ne voulant rien rater de ce qui m’est dit. Quant aux justificatifs, je remarque qu’ils ne sont pas si indispensables ; je ne les regardais que d’un œil avant de les scanner, considérant ma difficulté à lire les documents papier, et ne les étudiais que rentrée chez moi. Je remarque enfin que je n’en ai pas besoin pour croire les personnes que j’ai au téléphone : je suis là pour porter leur vérité ; les services du médiateur sont là pour séparer le bon grain de l’ivraie. À chacun sa part.
Ces permanences par téléphone, depuis chez moi, cumulent des avantages sans nuire à la qualité de la « relation usager », comme on dit. Elles sont donc plus confortables côté utilisation de l’outil informatique et accès Internet ; mais aussi parce que je peux me faire chauffer un thé, marcher un peu casque sur les oreilles, faire pipi aisément entre deux rendez-vous… et ne pas porter de masque. Ne pas porter de masque ? Oui, chez moi, il n’y en a pas besoin mais je dois bien avouer qu’au moment où je m’installe devant mon ordinateur, à chaque premier rendez-vous de la matinée, et que je vérifie si j’ai tout ce dont j’ai besoin, je me lève chaque fois en mettre un… et me rassois ; ravie.

Entendu @41

« Ce soir, on parle monde intellectuel et débat d’idées avec Eugenie Bastié. » C’est par cette phrase qu’est annoncée l’arrivée sur un plateau télé d’Eugénie Bastié, journaliste « engagée » au Figaro.
La dame est invitée pour évoquer son nouveau livre La guerre des idées. Son message est beau, œcuménique, un appel du fond cœur à plus de démocratie : aujourd’hui, les personnes aux idées opposées ne débattent plus ensemble !
C’est vrai que c’est un beau message, un bel appel !
Le problème, c’est qu’il suffit de laisser la dame parler pour comprendre que son entreprise est moins reluisante qu’il n’y paraît. En effet, de quoi s’agit-il ? Par exemple, la dame est interpellée sur La Manif pour tous dont elle est une des égéries. Elle déplore que personne « de gauche » ne veuille débattre avec les « têtes pensantes » de ce mouvement homophobe. C’est vrai ça, pourquoi ne pas débattre de l’homophobie avec l’une ces « têtes pensantes » ? Je vous épargne d’autres exemples du même genre mais l’on comprend bien que l’appel de cette personne n’est pas l’appel à plus de démocratie qu’il se prétend être mais une vraie tentative de positionner son idéologie rance au rang d’idée digne d’un débat « démocratique ».

Biodiversité @25

Logo NutrinetLes recommandations nutritionnelles occupent de plus en plus les étiquettes, et mes médecins ! Je ne sais pas si c’est parce que j’entre dans un âge où l’alimentation est très importante ou si c’est dans l’air du temps mais il devient fréquent que l’un ou l’autre de mes médecins me fasse des recommandations. La dernière en date : 1200 mg de calcium par jour. Cela va bien à la lutte contre l’ostéoporose.
Cette recommandation s’est assortie de l’injonction « trois laitages pas jour » ; j’en consomme un ou deux, jamais trois depuis que je tente d’agir sur mon cholestérol via mon alimentation et mon activité physique. De l’eau minérale, alors ? Non, je ne consomme pas d’eau en plastique… Comment faire ? La question est restée en suspens mais j’ai profité de trois jours de « questionnaire alimentaire » de l’étude Nutrinet santé à laquelle je participe depuis plus de dix ans pour récupérer les données correspondant à ces trois jours.
L’avantage est que je dois tout noter de ce que je mange et bois dans une journée. En cherchant le taux de calcium de chaque aliment ou boisson, comme je disposais de la quantité, j’ai pu établir un tableau précis de mes apports en calcium sur une journée. Le verdict a été sans appel : jour 1, 1218 mg ; jour 2, 1248 mg ; jour 3, 1297 mg. Avec juste un ou deux laitages ? La médecin qui avait fait ces recommandations en était baba ; moi aussi, je dois bien l’avouer !
Ce qui me sauve, en plus de la bonne quantité d’eau du robinet que je bois (et qui contient du calcium), ce sont les graines et fruits à coque en plus de certaines épices. Les légumes aussi n’en sont pas exempts et j’en consomme de grandes quantités : pour exemple, 200 g d’épinards vaut largement un yaourt.
J’en conclus qu’une alimentation équilibrée peut se construire de diverses manières et je trouverais intéressant qu’à travers des outils type l’étude Nutrinet santé, il soit possible de l’adapter au goût de chacun. Si, quand je rentre un questionnaire alimentation, je pouvais disposer en retour d’un récapitulatif chiffré de ma consommation en sucre, graisses, fibres, protéines, minéraux, etc., je suis sûre que cela m’aiderait à manger encore mieux pour ma santé.
J’ai réussi à faire cela pour le calcium avec un simple tableur (et un peu de temps, tout de même) ; j’imagine Nutinet Santé que vos calculateurs sont plus performants que les miens. Chiche ?

Princesse @12

Vous avez aimé passer les Fêtes de fin d’année sous le signe de la liberté à Dubaï (par ici) ? Alors vous aimerez forcément en être la princesse (par là) !
Enfin, comble du bonheur, les télésièges des stations de ski sont ouverts cet hiver… et même l’été ! (re par ici)

Va chez l’gynéco @45

Plaque indiquant le nom du service.Lors de ma dernière consultation en gynécologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, je me suis présentée à l’accueil, comme d’habitude. Après le cafouillage d’usage (« Vous pouvez remplir le papier. »-« Non. »-« Pourquoi ? »-« Ma canne blanche indique que je suis déficiente visuelle »« Ah ! oui pardon… mais vous pouvez lire le panneau ? »-« Toujours pas. »…), mon interlocutrice s’est révélée particulièrement dévouée. Elle a commencé les formalités administratives pour moi et a découvert que l’endroit habituel n’était pas le bon.
J’avais remarqué sur ma convocation la mention « cs handi », que j’ai traduite, sans comprendre, en « consultation handicapé » et cela se passait au 1er étage. Nous prenons l’ascenseur ; une dame peu charmante nous envoie « au fond à gauche », puis une autre « tout au fond » où il y avait deux portes, fermées. Mon accompagnatrice toque, timide mais volontaire ; pas de réponse. Elle retourne voir les infirmières, revient, toque encore… une dame sort du bureau. Elle lui indique que je viens consulter la docteure Xxx en tendant ma convocation. La dame alors me pose la main sur l’épaule et me parle (c’est déjà beaucoup, j’en conviens) comme si j’avais 5 ans avec une pathologie réduisant mes facultés cognitives.
Elle indique à l’accompagnatrice de m’installer dans la salle d’attente, « là » ; ce que elle. Je la remercie chaleureusement et elle s’en va. Je suis assise dans la salle d’attente du service « Explorations gynécologiques. Explorations thyroïdiennes et endocrines. » J’attends, dubitative. Ma médecin vient me chercher et me précède jusqu’à son nouveau cabinet de consultation, aménagé avec un lit d’hôpital, un siège de consultation gynéco plus bas que la moyenne (pas besoin de marche pour y grimper) ; il n’y a pas de bureau entre elle et moi, ce qui me permet de me mettre dos à la fenêtre et de ne pas l’avoir à contre-jour ; cela n’a l’air de rien mais ne pas être ébloui quand on parle avec quelqu’un, c’est vraiment confort.
Je l’interroge ; où suis-je ? Dans le service « Accueil spécifique pour les personnes présentant un handicap » de la Pitié-Salpêtrière, une consultation dédiée pour les personnes handicapées. C’est incroyable, non ? Autant que le parcours du combattant pour arriver jusque là mais ma médecin l’a promis, le fléchage ad hoc est en cours. Ouf !

Agit-prop’ @36

Le débat suite à l’annonce par la mairie de Lyon de proposer uniquement des « repas sans viande » dans les cantines scolaires pour gérer plus facilement leur distribution en ces temps de mesures sanitaires accrues a fait ressurgir un argument massue par ses contradicteurs : « C’est une position idéologique ! » Oh ! le vilain gros mot, « idéologique » dont les écologistes sont régulièrement affublés. Un dictionnaire s’impose.
Il y a la définition philosophique de Destutt de Tracy et celle, qui est celle que je donnerais, « Système d’idées, de croyances, de doctrines propres à une époque, à une société ou à un groupe social. » [Antidote]. Je (re)découvre au passage les définitions péjoratives, celle qui fait de l’idéologie un dogme, ou celle qui considère comme idéologie toute « Philosophie vague et nébuleuse, basée sur des idées creuses » [Antidote].
J’avoue que ces deux dernières me sont totalement étrangères tant, pour moi, les idéologies sont des systèmes d’idées indispensables à la compréhension du monde donc à l’action politique ; mais qu’importe ! J’imagine que l’argument de la « position idéologique » s’oppose au pragmatisme, comme si celui-ci était exempt de toute idéologie qu’il s’agisse de défendre un choix politique, ou de le contester.
À force que les uns et les autres décrient la dimension idéologique de l’action politique, celle-ci se vide de sens et ouvre la porte à des idées politiques sur fond d’un « bon sens » qui renvoie à la réaction et aux populismes (de droite comme de gauche). Il me vient à l’instant une sentence dont j’ignore d’où elle vient : Il faut avoir le courage de ses idées. Je cherche dans mon navigateur et tombe sur…

« Il faut toujours avoir le courage de ses propres idées, et ne pas craindre les conséquences, parce que l’homme est libre uniquement quand il peut exprimer sa propre pensée, sans se plier aux conditionnements. » Charlie Chaplin.

Ça me va très bien !

Note. Je ne suis pas parvenue à sourcer correctement cette citation. Vous savez ?

 

Courage @6

La sortie du livre de Camille Kouchner La Familia grande a mis sur le devant de la scène médiatique la prégnance de l’inceste, ces violences sexuelles subies par des enfants et commises par leur père, mère, oncle, tante, frère, sœur… Dans le même temps, un hashtag #metooinceste a permis (et permet encore) aux victimes d’inceste de faire converger leurs témoignages sur les réseaux sociaux. C’est dans ce contexte que la page Facebook de Nous Toutes a reproduit (sous forme d’images inaccessibles aux déficients visuels) des microbillets Twitter afin de relayer ces témoignages et de leur donner de la visibilité (sauf pour les déficients visuels, donc ; mais c’est un autre problème).
La plus lisible de ces infographies est celle que je reproduis ci-contre. On y lit « Attention contenu violent Tw inceste ». Pourquoi cette mise en garde ? L’inceste est par nature une violence et diffuser ces témoignages a vocation à ce que la collectivité assume cette violence pour la prendre en charge, aider les victimes, juger les coupables, réfléchir aux moyens de prévenir les violences futures ; non ? N’est-ce pas un véritable déni de ces violences que de mettre en garde les internautes puisque celle-ci suppose que c’est le témoignage qui est violent là où c’est l’inceste qui l’est quand le témoignage, lui, est résilience intime ? J’avoue que je ne comprends pas.