Archives par étiquette : Gamine

Canette @38

Cinq bouteilles de produit cosmétiques. Ils sont décrits dans le billet.Au moment de troquer ma bouteille de shampoing vide (Dessange) contre une pleine (Cien), j’ai cru un instant m’être trompée de produit en l’achetant : le flacon, jaune prononcé, ressemble plus par sa couleur à du lait solaire bronzant. J’ai dû sortir de ma salle de bains peu éclairée et chausser des lunettes pour vérifier, les mentions de la marque (Cien, en blanc sur jaune) et « Nature’s Beauty » (je viens juste de voir l’apostrophe) en marron sur jaune étant nettement plus lisibles que la mention shampoing en rouge police fine et plus petite sur fond jaune.
Intriguée, j’ai regardé les autres produits que j’avais sous la main. La bouteille de shampoing vide d’abord ; c’est encore une fois la marque qui est la plus lisible, puis les « atouts » du produit « Anti-désèchement » (la mention « nutri-extrême » m’est peu lisible verticalement) ; quant au fait qu’il s’agit de shampoing, je dois chercher pour le trouver. Pour mon lait pour le corps, « Nourrissant » est écrit plus gros que « Lait Corps », et le logo de la marque reste le plus visible. Pour ma crème de jour, la marque est très lisible et si « crème visage jour » est plus gros que les allégations nourrissantes, le jaune sur blanc me la rend totalement illisible. Enfin, pour le spray d’eau de mer, j’ai cherché longtemps. La marque est omniprésente, les qualités santé aussi, l’eau de mer apparaît en écriture incurvée avec un « 100 % » dont la force masque le texte autour !
Je racontais cela à Isabelle qui m’a fait remarquer que les cosmétiques sont choisis pour leur marque et leurs supposés effets beauté ou santé. Je les choisis pour leur objet principal (laver les cheveux, laver le corps, hydrater la peau, laver le nez) et pour leur prix. Je suis décidément perdue pour la consommation du tape à l’œil ! J’en suis ravie.

Note. Pour la petite histoire, je compile dans un fichier mes sujets de billets. Pour celui-ci, j’avais écrit « Lecture produits d’entretien » en lieu et place de « produits cosmétiques » ; tout est dit.

Féminité @9

Lundi dernier, je me suis rendu au bureau de poste pour récupérer un colis. Juste avant mon tour, je voyais et entendais la dame au guichet à côté du mien. Elle expédiais colis et lettres et en était à l’étape du choix des timbres. Elles voulaient de beaux timbres, la postière sortait alors ses cahiers de collections. La cliente en avait déjà choisis un certain nombre mais il en manquait encore deux. La postière lui en proposa alors un timbre à l’effigie de Camille Saint-Saëns (par ici) et un autre représentant Simone de Beauvoir. Pas de réponse. La postière répète sa proposition et la dame accepte celui de Saint-Saëns. La postière insiste : « Et un avec Simone de Beauvoir ?
– Non ! Pas Simone de Beauvoir !
 »
Bon, la petite histoire ne dit pas pourquoi « pas Simone de Beauvoir » mais ma grande Histoire à moi en sait plus sur cette dernière que sur Camille Saint-Saëns (dont je ne nie pas le talent pour autant).

Chouette ! @43

Cela fait plusieurs années que je fréquente le moins possible Facebook et sa messagerie Messenger. Tous les deux ou trois mois, je me rappelle que ce réseau social existe et je vais voir s’il s’y passe des choses intéressantes (rien à signaler depuis des mois) ou si j’ai reçu un message. Bien m’en a pris ce samedi car quatre messages m’annonçaient le meilleur pour ce week-end dans une gradation de promesses inattendues.
Le premier message était d’une certaine Rina Adalgisa. Juste un lien vers une page Facebook que je ne suis pas allé visiter et une photo de profil sans ambiguïté à base de bikini et de piscine bleue. Simple et efficace.
Le deuxième message était lui envoyé par Ebony Arellano. Le mystère est total car pas de photo de profil. La déclaration laconique et directe constituant l’unique message en est d’autant plus percutante : « Je veux sortir avec toi. Contactez-moi ici. », émoji téléphone, émoji doigt qui pointe vers un lien Facebook.
Le troisième message a franchi un nouveau cap. Toujours pas de photo de profil mais le style direct de Bruce Douglas y était tout à fait adapté au propos : « Site de rencontre, salope coquine. », émoji bikini, émoji flèche qui pointe vers un lien Facebook.
La quatrième message envoyé par Jeremy Tapia cachait bien son jeu puisque sans photo de profil mais avec un message à la syntaxe non équivoque : « Je suis excitée et j’ai besoin de toi. Tu veux me baiser ? Chambre privée. Cliquez ici. », émoji bikini, émoji aubergine, émoji interdit aux moins de 18 ans, émoji flèche qui pointe vers un lien Facebook.
J’avoue avoir attendu avec un brin de curiosité un cinquième message qui n’est jamais arrivé. Quelle déception. Emoji qui pleure d’un oeil mais le sourire en coin.

Entendu @41

« Ce soir, on parle monde intellectuel et débat d’idées avec Eugenie Bastié. » C’est par cette phrase qu’est annoncée l’arrivée sur un plateau télé d’Eugénie Bastié, journaliste « engagée » au Figaro.
La dame est invitée pour évoquer son nouveau livre La guerre des idées. Son message est beau, œcuménique, un appel du fond cœur à plus de démocratie : aujourd’hui, les personnes aux idées opposées ne débattent plus ensemble !
C’est vrai que c’est un beau message, un bel appel !
Le problème, c’est qu’il suffit de laisser la dame parler pour comprendre que son entreprise est moins reluisante qu’il n’y paraît. En effet, de quoi s’agit-il ? Par exemple, la dame est interpellée sur La Manif pour tous dont elle est une des égéries. Elle déplore que personne « de gauche » ne veuille débattre avec les « têtes pensantes » de ce mouvement homophobe. C’est vrai ça, pourquoi ne pas débattre de l’homophobie avec l’une ces « têtes pensantes » ? Je vous épargne d’autres exemples du même genre mais l’on comprend bien que l’appel de cette personne n’est pas l’appel à plus de démocratie qu’il se prétend être mais une vraie tentative de positionner son idéologie rance au rang d’idée digne d’un débat « démocratique ».

Princesse @12

Vous avez aimé passer les Fêtes de fin d’année sous le signe de la liberté à Dubaï (par ici) ? Alors vous aimerez forcément en être la princesse (par là) !
Enfin, comble du bonheur, les télésièges des stations de ski sont ouverts cet hiver… et même l’été ! (re par ici)

M’sieur, M’dame @18

En cette Journée internationale des droits des femmes, il est grand temps d’aborder ce douloureux problème du robinet des dames. Oui, vous lisez bien : le robinet des dames. Explication.
Depuis plusieurs années, dans le cadre de mon activité libérale, je donne des cours de management et de communication dans une école parisienne. Cette année, mon volume horaire a considérablement augmenté, ce qui est une excellente chose.
Comme vous le savez, la covid a bouleversé le déroulement des cours. Pour ma part, depuis avril, tous ont eu lieu en distanciel jusqu’à la semaine dernière où j’alternais présentiel et distanciel.
Toujours est-il que, même pour les cours en distanciel, je vais dans les locaux de l’école car les travaux de façade chez moi rendent impossible leur réalisation depuis mon appartement.
Les premiers cours en distanciel sur place ont donc eu lieu lors du deuxième confinement mais à l’école, pas de cantine ni de self et tous les commerces alentours étaient fermés. J’ai finalement trouvé un endroit où acheter à manger mais point de thé ni de café pour relancer la machine après le déjeuner.
J’interroge une des rares personnes présentes dans les locaux sur ce dramatique sujet et elle m’indique un endroit dans les couloirs de la partie administrative où se trouve une machine à café. Eurêka !
L’utilisation de la machine est simple et j’ai même le droit d’utiliser le café fourni. La seule contrainte est de filtrer l’eau avant de la verser dans la machine. Pour cela, une petite carafe filtrante est à disposition, charge au dernier utilisateur de la remplir. Et c’est là que les choses se compliquent. Pour remplir la carafe, pas d’autre choix que de le faire au robinet dans les toilettes, or ces robinets ne sont pas du tout adaptés au remplissage d’une telle carafe : il faut la pencher à quasiment 90 degrés ce qui limite énormément son remplissage. Bref, jusqu’à présent, cela suffisait pour ma seule consommation mais depuis la fin de ce second confinement, il y a de plus en plus de personnes présentes…
Enfin, la semaine dernière, je croise une dame avec la carafe remplie jusqu’au bord ! Les yeux écarquillés, je lui demande où se trouve ce robinet permettant de remplir convenablement cette fichue carafe. La dame me répond qu’il y a effectivement un robinet bien plus pratique pour remplir cette carafe et qu’il se trouve dans les toilettes des dames justement et que donc, je ne pourrai pas y aller.
C’est ainsi que j’en conclus que le robinet des dames est bien pratique pour remplir les carafes filtrantes. Amen.

Agit-prop’ @35

La magie du rangement est un best-seller. Je peux dire que je l’ai parcouru, car je l’ai plus que feuilleté mais pas entièrement lu, sautant quelques passages. Son auteure, Marie Kondo, explique qu’elle s’est passionnée toute petite pour le rangement et a mis peu à peu au point une méthode. Car comme le dit le slogan « La vie commence après avoir fait le tri. » Donc, le tri, c’est la vie. Elle a une clientèle en tant que consultante et a publié cet ouvrage où elle explique comment procéder.
Premier point : l’essentiel, la base de tout, est de faire du vide en… jetant. Oui, il faut jeter, des vêtements, des livres, des papiers administratifs, etc. Certes trier passe effectivement pas le fait de séparer ce que l’on veut ou doit garder du reste, mais réemploi, recyclage, don sont anecdotique voire considérer comme négatif quand c’est se débarrasser sur quelqu’un de proche de ce dont on ne veut plus. Elle indique qu’il est d’ailleurs bien de jeter tous ses papiers comme les feuilles de paie une fois que l’on a touché son argent. C’est peut-être tout à fait acceptable au Japon mais en France, cela peut être problématique, car « Les bulletins de salaire, contrat de travail et certificats de travail doivent être conservés jusqu’à la liquidation de la retraite. » (site du ministère de l’Économie et des Finances). En cas de perte, il est possible de réclamer des doubles à son employeur, si ce n’est pas une boite qui a depuis fermé. Considérer que tout est à prendre littéralement pour l’ensemble du monde me semble un peu problématique.
Mais, il y a aussi des perles sur la vision du monde de Marie Kondo, assez normative quant à la manière de s’habiller. Je ne citerai qu’un extrait :

« Le véritable gaspillage n’est pas de jeter des vêtements que vous n’aimez pas, mais de les porter alors que vous vous efforcer de créer l’espace idéal pour votre mode de vie rêvé. C’est justement parce que personne ne vous voit qu’il faut renforcer l’image de soi en portant des vêtements qui vous plaisent.
« Idem pour les pyjamas. Une femme devrait porter pour la nuit quelque chose de féminin ou d’élégant. Le pire serait de mettre un survêtement débraillé. Il m’arrive de rencontrer des gens qui traînent tout le temps dans cette tenue, de jour comme de nuit. Si le jogging est votre tenue de tous les jours, vous allez finir par ne plus faire qu’un avec lui, ce qui n’aura rien de séduisant. Ce que vous portez à la maison influe sur l’image de soi. »

Voilà qui me donne d’un coup envie d’une vie rêvée en jogging débraillé.

Féminité @8

Je n’ai pas porté de robe ou de jupe depuis mes dix ou onze ans, je pense. La dernière photo que j’ai de moi en robe (ci-contre) date de juillet 1973. Je me souviens d’ailleurs très bien de cette robe en jean, assez courte avec un haut à bretelles comme une salopette. Ce n’était pas un vêtement de tous les jours car au quotidien, j’étais déjà accro aux pantalons, plus confortables, et moins « fille ». Le côté « salopette »…
— Petite salope ?
Caddie ! Tais-toi.
Le côté salopette donc était sans doute la raison qui me faisait encore accepter ce genre d’accoutrement. J’ai 57 ans et n’ai jamais démordu du pantalon, ou du short ; la jupe me donne l’impression d’une vulnérabilité qui m’est insupportable. Pourtant, dans le confort de mon appartement, je viens de renouer avec l’objet, me rendant compte qu’il pouvait avoir des qualités.
J’ai évoqué dans ce billet du premier confinement mon accoutrement maison. Cet hiver un peu plus froid que les précédents m’a fait renouer avec la pratique du plaid sur les jambes quand on est assis dans une version « jupe » tout à fait inattendue. J’utilise une cape en polaire que je ne trouve pas très chauffante sur les épaules mais qui, grâce à ses deux cordons terminés par un pompon, tient parfaitement à la taille et forme une jupe qui maintient une chaleur fort agréable.
Je vous rassure, je n’enlève pas pour autant mon bas de jogging : elle vient par-dessus ! Il faudra que je regarde dans les solderies de vêtements si je ne trouve pas une jupe longue en laine qui vienne me réchauffer un peu plus l’hiver. J’en rêve déjà.

NB.  J’étudie, bien sûr, toute proposition de don de jupe longue en laine. Quant à glisser une main sous une jupe avec le consentement express de sa propriétaire, j’avoue que j’aime beaucoup tout en étant toujours un peu peureuse.

Pauvres chéris ! @14

Un matin de janvier, vers 8 h 30, on sonne à ma porte, de ce genre de coup de sonnette qui fait faire un bond sur sa chaise ; je vais ouvrir et trouve sur le palier ma voisine en discussion avec un homme pistolet de gel anti-cafard bien en main. Je n’avais pas vu l’affiche, ma voisine non plus. Il commence par la voisine, je papote avec elle. Au moment où il va pour rentrer chez moi, une autre voisine sort avec son chien.
— Ah ! Vous êtes là. Je vous ai mis un mot. Je descends juste le chien cinq minutes.
Sans m’adresser la parole, l’homme lui indique qu’il va faire son logement. Elle acquiesce, s’en excuse auprès de moi ; pas lui. Lorsqu’il sort de chez elle, il se dirige vers le fond du couloir pour faire un premier logement, un second… Cette fois, j’y vais et demande à la voisine chez qui il est si je peux « parler au monsieur qui se moque de moi ». Il me répond depuis l’appartement qu’il fait les autres logements puis revient chez moi.
Je lui fais remarquer que je l’attends sur le pas de ma porte depuis bientôt un quart d’heure. Il le prend de haut, m’indiquant que je n’ai qu’à attendre. Le ton monte. Je me mets en colère, lui précisant que je rentre chez moi appeler mon gardien et ne lui ouvrirai pas.
— Appelez le gérant ! C’est mieux. Ou la mairie !
J’appelle mon gardien, lui précise d’emblée que je suis en colère mais pas contre lui, et lui raconte l’histoire avant de conclure.
— J’en ai marre de ces éjaculateurs précoces avec leurs petites seringues de liquide blanchâtre qui se prennent pour des inséminateurs à la vue de toutes ces femmes qui ouvrent leur porte. J’ai passé l’âge d’une PMA !
— Madame Djung…
Pas sûr que mon gardien s’en remette.

Vérité syndicale @38

Code du travail DallozLa fonction publique n’est pas connue pour ses « salaires » (on y parle plus précisément de traitements) mirobolants. Longtemps, j’ai gagné bien moins que mes amis proches. Et les perspectives ne sont pas toujours mirifiques. Plusieurs fois ces dernières années, des personnes m’ont conseillé de tenter des postes dans le privé. J’ai écouté, parfois regardé, mais je n’ai jamais franchi le pas, n’y étant pas décidée.
Et je n’ai pas regretté. Aujourd’hui, je ne m’inquiète pas de mon emploi, mes revenus ont été uniquement en augmentant au cours de ma carrière, les étapes m’en ont donné de grandes satisfactions comme encore récemment.
La peur de me lancer dans un univers inconnu, le manque de repères, la voix de la raison… Peut-être de nombreuses raisons, bonnes ou non, m’ont poussé à choisir cette voie. Je ne regrette vraiment pas.