Archives par étiquette : Dieu

Crédo @18

Bâche en plastique "40 jours pour revenir à Dieu" avec l'indication "Carême 2022" et les dates du Carême cette année.Le site de l’Église catholique en France indique que « Durant le temps du Carême, nous sommes invités à nous donner des moyens concrets, dans la prière, la pénitence et l’aumône pour nous aider à discerner les priorités de notre vie. » A voir des bâches plastiques imprimées spécialement pour le « Carême 2022 », je me dis que la priorité du développement durable par l’utilisation, par exemple, de bâches non datées n’est pas inscrite à l’agenda catholique.
« Le temps du Carême est un temps autre qui incite à une mise à l’écart pour faire silence et être ainsi réceptif à la Parole de Dieu. » Ah ! s’il pouvait glisser un mot à ses ouailles sur les enjeux écologiques.

Kendo @56

Une vue plongeante sur le square W. La bute herbée, en bas, un arbre devant une aitre de jeu où trône une pyramide de corde où les enfants peuvent grimper.Ces dernières semaines, je suis moins allée faire du sport au square le matin ; mon activité de professeure assistante de judo s’est intensifiée (plus de cours, plus de responsabilités), il a parfois fait un peu trop froid pour que je me décide ; il a un peu plu (pas assez, forcément) ; j’ai aussi eu la flemme de me lever ; et les fois où j’y suis allée, le malotru était là, gâchant mon plaisir de quelques uchi komi à l’élastique (un truc de judoka) avec sa musique de bourrin.
Ce matin de Pâques, pourtant, je n’ai pas hésité ; grand beau ; un petit frais comme il faut. J’ai sauté de mon lit à 7 h 05, avalé un café, sorti du beurre du frigo pour faire des sablés épeautre noisettes (tout effort a sa récompense), me suis préparée et me suis mise en route une petite demie-heure plus tard. Avec un peu de chance, le malotru ne serait pas arrivé à la fin de mon grand tour de machines… Suspense !
Le silence d’abord m’a saisie, même le long de la rue Vercingétorix où il n’y avait quasiment pas de circulation. Petit échauffement. Série de cinq minutes sur les deux machines au pied de la passerelle Alain (toujours fermée, jusqu’à quand ?) Petit salut à mes Tour (Bouddakarathaï). Trois minutes de course à vitesse réduite (un exploit !) pour rejoindre les quatre autres appareils. Nouvelles séries de cinq minutes. Et hop ! Je récupère l’élastique noué autour de ma taille et c’est parti : uchi komi par séries de 40 secondes.
Et le malotru ? Je ne l’ai ni vu ni entendu ! À la place j’ai eu quelques bagarres d’oiseaux dans les arbres, des chants que j’ai accompagnés, deux bonjours d’humains et, cerise sur mon gâteau, la mise en route de l’orgue de l’église Notre-Dame du Travail. J’ai poussé le plaisir jusqu’à faire des abdos et des étirements sur le ponton au soleil. Que du bonheur !

Note. J’ai raté le magnifique carillon de 9 heures ; même avec 1 h 10 de sport, il était encore tôt.

Agit-prop’ @43

Copie d'écran de la journaliste russe qui brandit en plein JT une pancarte pour appeler à la paix et dénonçant la manipulation de l'information. J'ai ajouté ce texte : Parce que la démocratie a du sens, je vote les 10 & 24 avril 2022.J’évoquais avec une amie l’après-présidentielle et l’implication que l’on pourrait avoir dans l’indispensable reconstruction de la gauche. Où s’investir ? Sur quel projet ? De quelle manière ? Nous avons évoqué chacune nos pistes de réflexion, elle me proposant un projet politique qui me semblait fort peu fiable. Elle me répond « J’avoue que je ne le sens pas trop non plus, mais j’ai comme un besoin de croire en ce moment. »
Sitôt, j’ai pensé que « croire » ne m’intéresse pas, surtout pas en politique. S’il s’agit de « croire » au sens « d’avoir confiance », bien sûr, mais ce n’était pas son propos car il est bien difficile de croire en un projet politique que « l’on ne sent pas ». J’ai plutôt interprété son « croire » au sens « d’avoir la foi », ce qui mène directement à l’espoir, cette amie n’étant pas plus que moi adepte des dogmes et des pratiques encadrées.
Sa réflexion m’a ainsi ramenée à un constat douloureux : je suis en manque d’espoir du côté des projets politiques et de l’action collective tant j’ai le sentiment que l’omnipotence des médias (tous les médias) contraint la pensée et l’intelligence ; elles sont par nature libératrices ; elles sont désormais tellement bordées, sujettes à tant de compromis pour la sauvegarde de l’ordre établi (entendre l’enrichissement des plus nantis dans l’illusion que les plus pauvres peuvent les rejoindre), qu’elles en deviennent un puissant moyen d’oppression, une sorte d’autocensure que l’on s’inflige pour ne pas être exclus du champ social. Je comprends ainsi que mon retrait des « affaires militantes » est ces dernières années le moyen que j’ai trouvé de sauvegarder ma propre liberté, restreignant ma « zone d’échange » à des sphères où penser n’est altéré par aucune pression économique et sociale (culturelle, c’est plus difficile).
C’est un grand privilège que j’ai là ; en même temps une souffrance car ma liberté devient synonyme d’exclusion pour les raisons que je viens d’évoquer. Je m’en étais déjà ouverte dans mes Fragments d’un discours politique (en ligne jusqu’à début mai) sans en mesurer la portée : dans la spirale de l’exclusion, je me retrouve tellement hors du jeu que je n’apporte plus grand-chose à mes propres engagements, en l’espèce porter la gauche au sommet de l’État. Je n’ai rien fait pour que la présidentielle ne soit pas pliée d’avance, me préparant juste à voter blanc au second tour, comme en 2017, en regardant le premier tour d’un air dubitatif.
Et pour après… Je vous renvoie à l’événement Facebook que j’ai créé pour inviter chacun à prendre ses responsabilités, moi compris, et à la citation de Beauvoir qui l’introduit. Je ne peux plus me contenter de protéger ma liberté de penser dans une posture d’intellectuelle menant une action politique du quotidien sans replonger dans l’arène pour ouvrir des perspectives par l’action et la réflexion collectives. Je ne peux plus.

Aïe ! @40

L'image montre la confection des charcutiers dans l'église.En promenade dans le quartier des Halles en bonne compagnie, je rentre dans l’église Saint-Eustache. Dans une des niches proches de l’entrée, un étrange objet attire notre attention. Il s’agit d’un montage constitué de « pièces décoratives en pâte sèche et pastillage ». Au sommet se trouve un cochon, sur les plateaux inférieurs, on voit des tranches de pâté en croûte, des saucissons et autres charcuteries. Une indication évoque une messe des charcutiers. Une affichette précise qu’il s’agit d’une réalisation de l’école nationale supérieure de la charcuterie qui l’a offerte à la paroisse à l’occasion d’une messe.
Quel kitsch ! Et cette croix en fond. C’est sûr qu’il s’agit bien de cochons sacrifiés : ils ont donné leur vie pour les hommes, mais eux ne l’ont pas choisi par amour. Saint-Porcelet, martyr.

Agit-prop’ @40

Je passe en ce samedi de fin d’octobre devant une église de mon quartier. Il y a un chevalet sur le trottoir avec le texte « Confiez-nous vos défunts. Nous les évoquerons le 2 novembre. » La même affiche est apposée dans le renfoncement de l’entrée de l’église.
Je repasse devant quelques minutes plus tard, avec Helgant, d’autant plus le plus beau chien du monde qu’il sort de chez le toiletteur. Une femme m’accoste devant l’église pour me demander si je veux « confier mes défunts ». Mais non ! Je ne les « confierai » pas à n’importe qui !
Après le racolage publicitaire et celui pour les associations, voici l’accostage de prosélytisme religieux. Aucun ne m’est plus sympathique que les autres.

Princesse @12

Vous avez aimé passer les Fêtes de fin d’année sous le signe de la liberté à Dubaï (par ici) ? Alors vous aimerez forcément en être la princesse (par là) !
Enfin, comble du bonheur, les télésièges des stations de ski sont ouverts cet hiver… et même l’été ! (re par ici)

Grand Homme @33

Vous me reconnaissez ?
Rappel des faits.
Depuis le début de la pandémie, docteur Mouton et docteur Caddie organisent des conférences scientifiques mises en ligne sur le blogue pour annoncer au monde leurs découvertes sur ce coronaminus. Je suis très admirative ! Il y a eu d’abord la mise au point de ce vaccin extraordinaire de simplicité et d’efficacité que nous consommons en grande quantité pendant Carême (ici) (Carême qui est tombé à la bonne période, je le précise pour les mécréants) puis la découverte du mode de transmission du virus, mode qui n’a rien à voir avec ce que l’on nous raconte depuis des mois ().
Ces deux découvertes nous ont permis, au couvent, de comprendre pourquoi nos sœurs et nos pensionnaires, même confinés dans des cellules et sans contact (à part celui avec Jésus, bien sûr), étaient malades les uns après les autres sans développer, grâce à nos gourmandises nasales, des formes graves. On mange beaucoup de fibres, et de légumineuses… vous me comprenez ! Nous avons donc décidé de reprendre nos activités afin de flatuler à l’air libre, sans risque de contamination.
Reste que nous recevons des visites (des livreurs, les parents de nos pensionnaires, les caciques de l’évêché…) sans savoir si l’un ou l’autre est susceptible de nous apporter ce coronaminus et d’augmenter notre consommation de mickey. Car même avec le vaccin, et la sérologie positive, on peut toujours être un peu malade ; ce qui est fort désagréable. J’ai donc consulté mes amis Petit Mouton et Caddie afin qu’ils trouvent un test infaillible. Une fois encore, ils ont été géniaux !
— Si tu seeeeeens que ça puuuue, c’est que t’as paaaaaaaas le minuuuuuuus !
— Exactement ! Pois cassés à midi, fayots le soir ; et pas de toilettes. Si les visiteurs se pincent le nez, c’est qu’ils sont négatifs ; s’ils ne disent rien, ils sont…
— Posiiiiitifs !
N’est-ce pas une grande idée ? On a bien sûr le souci de se supporter nous-mêmes mais finalement, on a déjà le Bon Dieu qui ne sent pas toujours très bon, et certaines de ses ouailles itou. On s’adapte donc bien volontiers.
— Tu viiiiiiens au foooot, Cocotte ?
Avec plaisir Petit Mouton ; mais chacun son ballon a dit notre reine !
— Notre balloooon, c’est l’amouuuuur !
Tu as raison. On en a tous un cœur, et cela se partage sans contact !

Lu @24

Depuis mon enfance, j’ai connu mon père abonné à La croix. Ce quotidien était pour moi un repoussoir de journal catholique revendiqué, comme mon père.
Récemment, j’ai acheté La croix hebdo pour avoir une idée de ce magazine dont les sujets sur une couverture m’intéressaient. Puis une autre fois, puis… je me suis abonnée. L’analyse, l’ouverture d’esprit, la pertinence des thématiques… J’ai découvert la qualité de cette presse.
Avec l’âge, j’ai pu comprendre ce choix de mon père même si ses raisons n’étaient pas les miennes.

Hétéronomie @31

Dans son numéro de mars 2015, Philosophie magazine consacre son dossier à la question du fanatisme. L’article « Dans la tête du djihadiste » s’appuie notamment sur les travaux de Marcel Gauchet.
« Le fondamentalisme cherche à réinstaurer la religion en clé de voûte de l’existence collective. Mais il procède par des vecteurs séculiers qui sont aux antipodes de cette forme religieuse de la vie collective : rupture avec la tradition, contestation des autorités instituées, rapports individuels à Dieu, conversion. « Il incorpore ce qu’il combat parce qu’il s’efforce de le dominer, poursuit le philosophe. Ce qui fait du fondamentalisme un projet essentiellement contradictoire. Il est miné de l’intérieur par une tension entre l’individualisme de la croyance et le projet hétéronome de placer la totalité de l’existence individuelle et collective sous l’autorité de Dieu. Cette contradiction est à son comble chez les djihadistes qui sont les croyants autoconvertis, autoformés, ou autoradicalisés. Ils procèdent d’une motivation essentiellement personnelle, mais ils sont prêts à mourir pour la cause qui leur permet d’exister comme individu en se niant comme individu. Ce sont des soldats de l’impossible. On a oublié, mais en Occident également, nous sommes devenus des individus par la religion. »
(…) Et Marcel Gauchet de proposer une interprétation de chacun des éléments du fondamentalisme sous l’angle de ce combat contradictoire avec la modernité. (…) L’obsession de la mort : « La donation de la vie et la partie de l’existence humaine qui échappe à la volonté humaine, c’est le dernier point d’ancrage de l’hétéronomie. » »

Noël @43

Ce dimanche 15 décembre 2019, FranceTVInfo nous régale de commentaires à deux balles sur ces Français pris au piège par la grève des transports et dont les plans de Noël partent à vau-l’eau. Voici pour moi une raison supplémentaire de soutenir le mouvement contre la réforme des retraites. Si cela peut remettre Noël à sa place — soit la fête de la Nativité chère aux seuls chrétiens — et sortir cette fin d’année de la consommation de masse et de la fascination collective pour la famille hétérofaciste, forcément, je suis aux anges !
Pour ne pas vous imposer la lecture complète de l’article susdésigné, voici mon extrait préféré.

« Sur « le principe », Jennifer, 41 ans, comprend l’opposition à la réforme des retraites, mais ne soutient pas la grève, notamment en fin d’année. « C’est la ligne rouge des usagers à ne pas franchir. Nous priver des fêtes de Noël, ce serait le pire », explique cette responsable de formation dans le Val-de-Marne. Son billet pour Perpignan est pris depuis plusieurs semaines, mais elle ne sait pas si son train va être maintenu. « Pour être franche, il est hors de question que je passe Noël toute seule à Paris. Quoi qu’il arrive, je dois trouver un moyen pour descendre », s’agace-t-elle. »

Je dois avouer que, ce dimanche matin, dopée comme jamais aux endorphines après plus d’une heure de sport, café en main et sourire macho aux lèvres, mon cœur s’écrie : « Mais viens chérie, on va arranger ça ! » Je m’en excuse auprès de mes amies féministes ; des fois, je dérape… Mais je me calme vite tant la perspective de rencontrer une femme qui ne peut envisager de passer Noël seule sort de mon entendement. Bye bye Jennifer ! Si tu pars maintenant, en courant, tu y seras à temps ! Foi de Caddie.