Archives par étiquette : Couple

Féminité @9

Lundi dernier, je me suis rendu au bureau de poste pour récupérer un colis. Juste avant mon tour, je voyais et entendais la dame au guichet à côté du mien. Elle expédiais colis et lettres et en était à l’étape du choix des timbres. Elles voulaient de beaux timbres, la postière sortait alors ses cahiers de collections. La cliente en avait déjà choisis un certain nombre mais il en manquait encore deux. La postière lui en proposa alors un timbre à l’effigie de Camille Saint-Saëns (par ici) et un autre représentant Simone de Beauvoir. Pas de réponse. La postière répète sa proposition et la dame accepte celui de Saint-Saëns. La postière insiste : « Et un avec Simone de Beauvoir ?
– Non ! Pas Simone de Beauvoir !
 »
Bon, la petite histoire ne dit pas pourquoi « pas Simone de Beauvoir » mais ma grande Histoire à moi en sait plus sur cette dernière que sur Camille Saint-Saëns (dont je ne nie pas le talent pour autant).

Chouette ! @43

Cela fait plusieurs années que je fréquente le moins possible Facebook et sa messagerie Messenger. Tous les deux ou trois mois, je me rappelle que ce réseau social existe et je vais voir s’il s’y passe des choses intéressantes (rien à signaler depuis des mois) ou si j’ai reçu un message. Bien m’en a pris ce samedi car quatre messages m’annonçaient le meilleur pour ce week-end dans une gradation de promesses inattendues.
Le premier message était d’une certaine Rina Adalgisa. Juste un lien vers une page Facebook que je ne suis pas allé visiter et une photo de profil sans ambiguïté à base de bikini et de piscine bleue. Simple et efficace.
Le deuxième message était lui envoyé par Ebony Arellano. Le mystère est total car pas de photo de profil. La déclaration laconique et directe constituant l’unique message en est d’autant plus percutante : « Je veux sortir avec toi. Contactez-moi ici. », émoji téléphone, émoji doigt qui pointe vers un lien Facebook.
Le troisième message a franchi un nouveau cap. Toujours pas de photo de profil mais le style direct de Bruce Douglas y était tout à fait adapté au propos : « Site de rencontre, salope coquine. », émoji bikini, émoji flèche qui pointe vers un lien Facebook.
La quatrième message envoyé par Jeremy Tapia cachait bien son jeu puisque sans photo de profil mais avec un message à la syntaxe non équivoque : « Je suis excitée et j’ai besoin de toi. Tu veux me baiser ? Chambre privée. Cliquez ici. », émoji bikini, émoji aubergine, émoji interdit aux moins de 18 ans, émoji flèche qui pointe vers un lien Facebook.
J’avoue avoir attendu avec un brin de curiosité un cinquième message qui n’est jamais arrivé. Quelle déception. Emoji qui pleure d’un oeil mais le sourire en coin.

Princesse @12

Vous avez aimé passer les Fêtes de fin d’année sous le signe de la liberté à Dubaï (par ici) ? Alors vous aimerez forcément en être la princesse (par là) !
Enfin, comble du bonheur, les télésièges des stations de ski sont ouverts cet hiver… et même l’été ! (re par ici)

M’sieur, M’dame @18

En cette Journée internationale des droits des femmes, il est grand temps d’aborder ce douloureux problème du robinet des dames. Oui, vous lisez bien : le robinet des dames. Explication.
Depuis plusieurs années, dans le cadre de mon activité libérale, je donne des cours de management et de communication dans une école parisienne. Cette année, mon volume horaire a considérablement augmenté, ce qui est une excellente chose.
Comme vous le savez, la covid a bouleversé le déroulement des cours. Pour ma part, depuis avril, tous ont eu lieu en distanciel jusqu’à la semaine dernière où j’alternais présentiel et distanciel.
Toujours est-il que, même pour les cours en distanciel, je vais dans les locaux de l’école car les travaux de façade chez moi rendent impossible leur réalisation depuis mon appartement.
Les premiers cours en distanciel sur place ont donc eu lieu lors du deuxième confinement mais à l’école, pas de cantine ni de self et tous les commerces alentours étaient fermés. J’ai finalement trouvé un endroit où acheter à manger mais point de thé ni de café pour relancer la machine après le déjeuner.
J’interroge une des rares personnes présentes dans les locaux sur ce dramatique sujet et elle m’indique un endroit dans les couloirs de la partie administrative où se trouve une machine à café. Eurêka !
L’utilisation de la machine est simple et j’ai même le droit d’utiliser le café fourni. La seule contrainte est de filtrer l’eau avant de la verser dans la machine. Pour cela, une petite carafe filtrante est à disposition, charge au dernier utilisateur de la remplir. Et c’est là que les choses se compliquent. Pour remplir la carafe, pas d’autre choix que de le faire au robinet dans les toilettes, or ces robinets ne sont pas du tout adaptés au remplissage d’une telle carafe : il faut la pencher à quasiment 90 degrés ce qui limite énormément son remplissage. Bref, jusqu’à présent, cela suffisait pour ma seule consommation mais depuis la fin de ce second confinement, il y a de plus en plus de personnes présentes…
Enfin, la semaine dernière, je croise une dame avec la carafe remplie jusqu’au bord ! Les yeux écarquillés, je lui demande où se trouve ce robinet permettant de remplir convenablement cette fichue carafe. La dame me répond qu’il y a effectivement un robinet bien plus pratique pour remplir cette carafe et qu’il se trouve dans les toilettes des dames justement et que donc, je ne pourrai pas y aller.
C’est ainsi que j’en conclus que le robinet des dames est bien pratique pour remplir les carafes filtrantes. Amen.

Question @9

Lundi dernier, le ministère de l’Intérieur annonçait la glaçante augmentation de 16 % des violences conjugales en 2019. 142 000 victimes dont 88 % de femmes. Et tout porte à croire que ces violences seront encore plus nombreuses cette année en raison des deux périodes de confinement.
Ce même lundi midi, je regarde les infos et ces chiffres sont repris. Étant en train de préparer mon déjeuner, je prends moins de dix secondes pour m’assurer que rien ne brûle sur le feu et me retourne vers les infos pensant y trouver un reportage sur cette augmentation… Et effectivement, il y avait bien un reportage sur les violences mais pas du tout sur les violences conjugales : il s’agissait d’un reportage sur les violences à l’encontre des forces de l’ordre (par ici la police). Alors surtout, pas de méprise : je suis aussi révolté par les violences à l’encontre des forces de l’ordre que par les violences conjugales mais je me suis retrouvé bien circonspect en me demandant comment (et pourquoi) en moins de 10 secondes, on avait pu d’une part passer de l’un à l’autre (en cliquant ici à 4’26 de la vidéo) et d’autre part consacrer aussi peu de temps aux premières pour, du coup (si j’ose dire), en passer autant aux secondes.

Entendu @38

J’écoute des chansons d’une oreille distraite. Passe un tube de Céline Dion Pour que tu m’aimes encore. J’ai cherché, il date de 1995. Il s’agit d’une femme qui parle à la personne qu’elle aime, on peut supposer un homme même si ce n’est pas explicite. Elle lui dit qu’elle tentera tout pour que cette personne l’aime encore, ou devrait dire plutôt à nouveau.
Des paroles m’ont frappée :
« J’irai chercher ton âme dans les froids dans les flammes
« Je te jetterai des sorts pour que tu m’aimes encore
« Je trouverai des langages pour chanter tes louanges »
Mais surtout :
« Je deviendrai ces autres, qui te donnent du plaisir
« Vos jeux seront les nôtres, si tel est ton désir »
Oups ! Il s’agit donc de ne plus être soi-même et d’avoir une sexualité fonction uniquement de ce qui plaît à l’autre. C’est un modèle que renvoie à des centaines de jeunes filles une star internationale. Misère d’une telle image de l’amour comme dépendance amoureuse !

Rigolo @14

Vite, il me faut un billet pour demain !
Pas d’idée ou de temps pour en développer une ? Pas d’inquiétudes, les emails indésirables sont une source inépuisable de bonnes idées de sujet. Ah ! En voici justement un qui devrait plaire à tout le monde : juste un visuel, une image avec du texte dedans. Les adeptes de l’accessibilité adorent déjà.
Il présente une femme de trois quart dos, très mince, portant un string et un soutien-gorge, tous deux rouges. La dame chevauche un homme torse nu, en jean. Les deux personnes s’embrassent.
Le texte vient heureusement nous expliquer de quoi retourne cette scène insolite et tellement originale : «  Garantie (en rouge) d’une érection complète – même pour un homme de 85 ans ! » Ouf !
La suite : « Vous en avez assez de la peur (brrrr), si votre pénis va vraiment relever le défi ? Vous ne voulez plus entendre dire que quelque chose fonctionnera « peut-être », vous voulez juste avoir la certitude à 100% (le concept du « plus blanc que blanc » fait toujours des émules). Désormais, vous pouvez ! ».
Au cas où on n’aurait pas compris : « Grâce à cette méthode simple, naturelle et totalement sûre (puisqu’on vous le dit !), vous bénéficiez d’une garantie complète d’obtenir une érection pleine, solide et dure comme de l’acier (bon ben adeptes de la pénétration, désolé mais ça risque de faire un peu mal du coup…). Si vous cherchez une méthode qui ne vous décevra jamais : Commandez. »
Comment résister ?

Lu @25

Les noms propres de certains professionnels sont parfois assez drôles relativement à leur métier. Le Dr Papa gynécologue par exemple. Récemment, je suis tombée devant la plaque de Alix Chaudière, spécialiste de thérapie de couple, conseil conjugal et familial.
Voilà de quoi raviver la flamme pour relancer et entretenir la chaleur du foyer. Mais, comme tout équipement, attention au réglage, l’asphyxie au monoxyde de carbone et l’incendie guettent. L’entretien est nécessaire, coûteux et parfois le changement est irrémédiable. Bref, c’est un nom parfait pour exprimer toutes les nuances thermiques des vies familiales et conjugales.

Couple @1

J’ai profité de mes vacances pour lire King kong théorie, de Virginies Despentes, un livre tout à fait délicieux qui a fait du bien à ma fibre féministe. Comble de bonheur, j’avais face à moi un couple hétérosexuel qui me permettait d’avoir l’illustration à dîner de ce que j’avais lu à l’apéritif. Un pur bonheur ! Et une bonne introduction à cette tranche d’écriture consacrée à l’Hétéronomie cette planète aussi étrange et convenue dans laquelle je vis, pauvre que je suis.
Je n’en dirai pas plus sur ce livre — je préfère le prêter à Isabelle en espérant qu’elle aura ensuite envie de vous en dire le meilleur — à part une remarque : dans ce texte, Virginie Despentes ne parle pas d’homosexualité ; ce n’est pas son sujet. Par contre, elle n’omet pas de joindre très régulièrement l’adjectif « hétérosexuel » quand elle utilise le mot « couple », indiquant par là que son commentaire vise le « couple hétérosexuel » et non le « couple » que d’aucuns considèrent comme hétérosexuel par nature.
Le Petit Robert est à ce titre édifiant. Il définit d’emblée le couple comme « Un homme et une femme réunis », évoquant quelques lignes plus loin des « homosexuels vivant en couple », sous-entendu « comme un homme et une femme ». Ça vous évoque quelques clichés ? Si besoin était de raviver les mémoires voici la définition du XMLittré qui situe elle, de fait, le « couple homosexuel » dans un autre âge de la littérature ou dans un présent très prosaïque « Le mari et la femme, l’amant et l’amante, ou deux personnes vivant ensemble dans des relations d’amitié ou d’intérêt. »
Sachons enfin qu’au féminin, « couple » est un « Lien pour attacher ensemble deux ou plusieurs choses pareilles. » (XMLittré) avec ces usages « Une couple pour trois ou quatre chevaux » ou encore « Où est la couple de ces chiens ? » Serait-ce à dire que l’on est passé du féminin au masculin par pure métonymie ? Ah ! Despentes… Elle nous mène déjà loin !

 

Élections @32

Dimanche dernier, j’ai passé ma journée en tant qu’assesseur titulaire à mon bureau de vote. Je précise que mon bureau est en plein centre du futur ex-3e arrondissement de Paris, à la frontière du Marais.
Malheureusement, peu de votants mais un résultat si net qu’il ne laisse pas de place aux traditionnels procès en légitimité du camp perdant. Je dis « du » malgré la triangulaire car le troisième larron s’est vu totalement mis hors-jeu par le peu de votes reçus.
Au-delà du résultat, ce qui m’a frappé, c’est la diversité de formes des noms et prénoms des listes électorales : à côté de ce qu’on avait l’habitude d’appeler pour les femmes leur nom de jeune fille, toujours beaucoup de nom d’épouse mais aussi de nombreuses femmes et autant d’hommes avec leur nom de naissance (c’est ce qui fait référence dans les listes électorales) suivi cette fois d’un nom composé reprenant leur nom de naissance et un autre nom, celui de leur épouse ou de leur époux, le tout dans un ordre aléatoire. Du côté des prénoms, cela semble plus compliqué. En effet, deux jeunes femmes nous ont précisé que nous les trouverions dans les listes avec leur ancien prénom de garçon…