Archives par étiquette : Chou-fleur

À table @74

Un sac d'emballe pour le recyclageAvant même que je ne rentre de l’hôpital, ma voisine de palier m’a fait des courses et à manger. Depuis, elle passe, m’envoie des textos ou m’appelle plusieurs fois par jour pour s’assurer de ma bonne santé et me demander ce dont j’ai besoin. Le plus souvent possible, j’essaie de trouver quelque chose qui peut lui faire plaisir, une bonne tablette de chocolat, un café, de jolis haricots verts du primeur d’en bas, et il y a deux jours un bouquet de coriandre. Elle met le nez dedans, ravie qu’il soit bien frais et odorant, puis se ravise.
— Vous l’avez pris où ?
— À la sauvette du métro.
Elle fait la lippe.
— Vous savez où il le stocke ? Une copine a vu ! Dans le jardin, là où il y a des souris…
— Il faut le laver, c’est tout.
Elle n’en est pas convaincue, me disant qu’elle mettra aussi du vinaigre et me détaillant sa manière de procéder en matière de nettoyage de frais [microbillet Twitter du 22 octobre 2020], puis nous parlons commissions et sacs dans des sacs dans des sacs, tous en plastique. Je pointe du doigt le fait que même les bananes, elle les met dans des sacs, et que la planète…
— Pas grave ! Après, je jette le sac !
La fraction de seconde suivante, elle éclate de rire.
— Vous avez raison, c’est ça le problème !
Deux jours plus tard, elle m’apporte une botte de radis non emballée dans un sac, et me montre dans le creux de son autre main deux radis détachés de la botte en rigolant.
— Je n’ai pas mis de plastique… mais on perd les radis !

Note : Je n’ai pas fait de photo ; voici en échange mon recyclé de ces dix derniers jours ; vive le vrac !

Tonton @18

Profession de fois de BayouAprès le premier tour des élections régionales, les listes de Audrey Pulvar, Clémentine Autain et Julien Bayou ont fusionné, déclenchant les foudres de la droite réactionnaire qui nous a ressorti des arguments dignes des exécrations de 1981 quand François Mitterrand est arrivé au pouvoir avec le soutien des communistes. Même si Julien Bayou est loin de m’inspirer confiance, j’étais résolue à voter pour cette union, d’abord parce que son projet politique est le mien, aussi parce que Clémentine Autain et Audrey Pulvar sont des femmes dont la vie politique a besoin.
J’étais un peu taquet pour récupérer des informations pour faire un appel au vote sur mon site (celui en lien plus haut) et surveillait les réseaux sociaux, les sites… J’ai fini par voir arriver des microbillets Twitter annonçant l’union avec comme seule source d’information des fac-similés de la profession de foi commune, en jpg, sans description ni lien externe pour espérer en lire la version texte.
J’ai eu l’idée d’écrire à Julien Bayou.

« Bonjour monsieur, je vais devoir voter pour vous dimanche. Je le ferai quoi que j’en pense. Par contre, je serais ravie de le faire de manière éclairée mais votre profession de foi n’est pas accessible basse vision. Je ne peux donc pas la lire. Ça commence mal, entre nous ; vous ne trouvez pas ? Il est bien beau de parler d’accessibilité quand on ne s’y soumet pas soi-même. Je gage que vous saurez pallier cela d’ici dimanche. Bonne semaine, bien chargée, j’imagine. »

La réponse n’a pas tardé, à peine quelques heures :

« merci à vous
« bonjour, voici »

N’est-ce pas extraordinaire ? J’arrive ainsi sur une page du ministère de l’Intérieur qui reprend les professions de foi. J’ignorais que cela existât. Et là, miracle de la réponse trop rapide : les deux versions pour les « personnes non voyantes » « n’ont pas été fournies » par cette liste… Ma réponse n’a pas tardé, assortie d’une copie d’écran où j’ai entouré en rouge la mention m’intéressant :Copie d'écran de la page en lien.

« Merci, c’est parfait ! [émoticône mort de rire à s’en rouler par terre]
« Rassurez-vous, j’ai un bon lecteur d’écran et un zoom puissant.
« Et je tiens toujours mes engagements.
« Bonne fin de soirée. »

Julien Bayou (ou la personne qui gère son compte Twitter) n’a pas jugé bon de me répondre. Mais pourquoi je m’en étonne ?

Lesbienne @25

Quatre photo de la marche des fierté, où je défile avec madame H, avec David et Jonahtan, en SO du centre LGBT, et avec les Gamme'ellesJ’ai croisé, je ne sais plus où, un argumentaire contre l’homophobie à l’occasion de l’Idaho, reprenant le slogan antiraciste « L’amour n’a pas de couleur ». Il s’agissait là, à partir des six couleurs du « rainbow flag », de prôner la tolérance en égrainant les différentes configurations amoureuses au gré du sexe, du genre et du choix d’objet.
Je suis toujours surprise de ce genre d’arguments tarte à la crème tant les luttes antiracistes ont montré leur inefficacité tout simplement parce que l’hétérosexisme, le racisme ou encore le validisme ne sont pas affaire de tolérance et tant, surtout, se situer sur ce terrain nie la dimension politique de l’exclusion, fondement de l’ordre qui nous gouverne (avec notre consentement au moins implicite).
Croire encore aujourd’hui que les personnes qui excluent, dénigrent, harcèlent, agressent le font par méchanceté, ignorance ou bêtise, c’est céder à la culture judéo-chrétienne qui nous porte à aimer notre prochain pour mieux cautionner le libéralisme, la ségrégation, l’exploitation de la planète et des peuples au profit d’une minorité qui sait profiter de toute situation, même les pires comme les guerres, les pandémies et les génocides.
Si d’aucuns se demandent pourquoi je n’ai pas cédé au slogan marketing de la dernière Marche des Fiertés pas plus que je ne cède à un discours protestataire qui ne rompt pas avec les logiques de domination, vous avez dans ce billet, comme ici, une part de la réponse.

Biodiversité @28

Des pieds de céleri tel que décrits dans le billetJe crois l’avoir déjà dit sur le blogue, je ne consomme pas de produits bio, sauf quand il s’agit de produits qui n’existent pas en non-bio, comme certaines graines ou farines. La raison principale est que je trouve cela trop cher et que j’ai toujours considéré que, depuis quelques années, le bio relève plus de la branchouille commerciale que d’une véritable démarche écoresponsable.
À l’occasion d’un billet de Frédéric remarquant que les prix du bio ne sont pas moins chers en province qu’à Paris, une Hétéronaute, Sandrine, relevait dans un commentaire : « Le marché du bio est volontairement élitiste pour se faire une clientèle car il a été créé à un moment où l’argument « santé » était peu pris en compte. Il y a le bio haut de gamme magasins bio, AMAP etc et le bio bas de gamme supermarché. Ça n’a rien d’une démarche altruiste, ça reste un business. »
En passant faire mes courses dans un supermarché de hard discount qui a développé son rayon bio, j’ai repensé à ce commentaire quand ces pieds de céleri m’ont interpellée depuis leur cagette (en bois, tout de même !) La première chose qui m’a arrêtée, ce sont des tiges vertes sans feuilles que je peinais à identifier ; j’étais le nez dans la cagette d’à-côté en train de prendre une botte de radis (non bio). J’ai pris en main et j’avoue avoir été choquée de voir un pied de céleri sans feuilles, coupé ras le plastique ; j’ai vécu cela comme une amputation et me demande comment on peut acheter cet ersatz de céleri branche sous prétexte qu’il serait bio !
Car s’il est présenté ainsi, c’est bien que le « consommateur » le veut ainsi, non ? C’est aussi sans doute parce que les feuilles jaunissent plus vite que les branches et sont globalement plus fragiles en dépit d’une protection en plastique. Cela prend de la place aussi, pendant le transport depuis l’Espagne. Une question demeure : à qui profitent les 3,73 euros de ce pauvre céleri ? Je paie le mien plus de deux fois moins cher et le choisis toujours très touffu.
— Un truc de lesbiennes ?
Caddie !

Salade @20

Après des mois, les travaux de façade chez moi semblent approcher de la fin…
Le mois dernier, j’ai cru qu’ils étaient finis mais non. En effet, habitant au deuxième étage dans un immeuble de huit, mon balcon s’est trouvé progressivement recouvert de morceaux d’isolant, de ciment, de plâtre ou encore de peinture.
Le mois dernier donc, un ouvrier s’est installé sur mon balcon pour tout nettoyer après avoir fini de repeindre les murs épaissis. Je m’étais alors réjoui pensant que cette fois-ci les travaux étaient finis. Le semaine s’est passée tranquillement quand soudain, les chutes d’isolant, de plâtre, de peinture et de ciment ont repris de plus belle. Et histoire de bien insister, un nouvel ouvrier est venu recouvrir la belle peinture encore fraîche sous une nouvelle couche de ciment.
A ce stade, il est important de signaler que le garde-corps de mon balcon avait déjà été remplacé mais il était finalement tellement recouvert de plâtre, ciment et peinture… qu’il a fallu en mettre un nouveau… Du coup, comme il y a également beaucoup de traces de ciment sur les fenêtres qui viennent aussi d’être changées, je crains le pire…

Biodiversité @27

Un brocolisJ’ai passé les quinze premiers jours de ce nouveau confinement au bord de l’océan Atlantique dans une ville balnéaire relativement inaccessible en cette saison.
Près de là où je logeais, il y avait un petit marché ouvert toute l’année et tous les jours (sauf le lundi). J’ai pu y trouver quelques légumes bio mais pas exclusivement. Un peu plus loin, à une vingtaine de minutes en passant par la plage, il y avait un plus grand magasin bio. Côté fruits et légumes, pas trop d’écarts de prix par rapport aux pratiques parisiennes mais il n’en a pas été de même sur les autres produits qui indiquaient un prix bien plus élevé qu’à Paris. L’inverse est plus souvent vrai mais faut-il s’en réjouir ?

Bééé @20

Un troupeau de moutons passe dans le parc de La Courneuve début avril 2021.Après le dimanche et ses lapins, Helgant a croisé pour le lundi de Pâques… des moutons et des agneaux. Un beau troupeau en pleine transhumance ! Nous sommes restés à distance et Helgant n’a pas bronché en regardant passer les copains des Mouton.
Bien sûr quand le chien de berger a aboyé, il a répondu. Il fallait qu’il se montre à la hauteur de sa vocation manquée de gardien de troupeau.
C’était vraiment un week-end thématique. Les Mouton demandent où étaient les poules !Un troupeau de moutons passe dans le parc de La Courneuve début avril 2021.

Biodiversité @26

Depuis le début de l’année, la Ville de Paris propose aux Parisiens d’être Volontaire de Paris dans la continuité des différentes missions de Volontaire qui ont trouvé tout leur sens pendant le premier confinement. J’étais déjà Volontaire du climat sans avoir l’impression de faire quelque chose. Là, des formations en ligne sont proposées et l’aspirant Volontaire doit en suivre plusieurs et mener des missions pour être reconnu tel.
J’ai, dans ce cadre, suivi une formation Ecorcair : il s’agit de collecter des écorces de platane au début du printemps pour qu’elles soient analysées et établir une carte de la pollution parisienne. Le détail est sur ce site.
Les débuts ont été difficiles, la Ville de Paris peinant à considérer que ses citoyens handicapés sont des citoyens : formation et documents non accessibles, manque d’information pour me permettre de participer. Les chercheurs (des chercheuses en l’espèce) de l’Institut physique du globe ne s’en sont pas effrayé à partir du moment où je leur ai indiqué ma présence, cherchant volontiers avec moi le moyen que je participe. Mon interlocutrice a accepté que je procède autrement qu’avec le formulaire papier et m’a fourni les outils pour que je repère les arbres (un lien direct sur l’open data plutôt qu’une carte de localisation des arbres).
J’ai sollicité une jeune amie, chercheuse également, et habituée des prélèvements, pour un première collecte afin d’être sûre de maîtriser l’exercice et de pouvoir le reproduire dans un endroit que je connais bien, l’avenue du général Leclerc. Je dois avouer que c’était compliqué ; j’ai fait un gros travail préparatoire pour localiser mes arbres cible, ai pris des photos pour aider la localisation et assurer que je ne m’étais pas trompée d’arbre, mesurer le tronc, trouver la localisation dans mon téléphone, prélever l’écorce dans les règles, dicter mes notes, les retranscrire, expliciter les photos… On sent bien que je m’ennuie un peu !
Au final, j’ai pu ramener dix-sept échantillons pour deux collectes, avec un échange surréaliste avec un SDF, un autre plus citoyen avec une vieille dame et un contact très agréable avec une chercheuse de l’IGP. Elle n’a pas eu l’air de considérer ma contribution comme dérisoire et m’a permis tout simplement d’assurer une part de l’action citoyenne, à ma mesure. Elle ne m’a jamais donné l’impression que je lui prenais indûment du temps. En résumé, elle m’a fait confiance, déficience visuelle comprise. Que du bonheur !
Merci.

Pucer @53

J’ai passé les deux premières semaines de confinement à Royan, sur la côte Atlantique. J’ai dispensé des cours à distance tous les jours, en gros de 9 heures à 17 heures.
Là où je logeais, ni wifi, ni ethernet. Mon inquiétude était double : d’une part, le réseau 4G était faible, d’autre part, aurai-je assez de data pour assurer ma semaine de cours ?
Après un premier cours en utilisant la plateforme Zoom, j’ai été rassuré. Concernant le premier point, le réseau était parfaitement suffisant. Quant à la quantité de data, j’ai été très surpris du peu de volume utilisé pour une après-midi continue, avec utilisation de la caméra durant toute la séance et connexion à distance permanente au poste informatique de mon « élève ».
Ensuite, les cours ont eu lieu via Teams de Microsoft et même constat avec moins d’utilisation de la caméra mais échanges de nombreux supports avec ma vingtaine d’élèves.
De quoi me donner plus de souplesse pour envisager de nouveaux déplacements professionnels.

Biodiversité @25

Logo NutrinetLes recommandations nutritionnelles occupent de plus en plus les étiquettes, et mes médecins ! Je ne sais pas si c’est parce que j’entre dans un âge où l’alimentation est très importante ou si c’est dans l’air du temps mais il devient fréquent que l’un ou l’autre de mes médecins me fasse des recommandations. La dernière en date : 1200 mg de calcium par jour. Cela va bien à la lutte contre l’ostéoporose.
Cette recommandation s’est assortie de l’injonction « trois laitages pas jour » ; j’en consomme un ou deux, jamais trois depuis que je tente d’agir sur mon cholestérol via mon alimentation et mon activité physique. De l’eau minérale, alors ? Non, je ne consomme pas d’eau en plastique… Comment faire ? La question est restée en suspens mais j’ai profité de trois jours de « questionnaire alimentaire » de l’étude Nutrinet santé à laquelle je participe depuis plus de dix ans pour récupérer les données correspondant à ces trois jours.
L’avantage est que je dois tout noter de ce que je mange et bois dans une journée. En cherchant le taux de calcium de chaque aliment ou boisson, comme je disposais de la quantité, j’ai pu établir un tableau précis de mes apports en calcium sur une journée. Le verdict a été sans appel : jour 1, 1218 mg ; jour 2, 1248 mg ; jour 3, 1297 mg. Avec juste un ou deux laitages ? La médecin qui avait fait ces recommandations en était baba ; moi aussi, je dois bien l’avouer !
Ce qui me sauve, en plus de la bonne quantité d’eau du robinet que je bois (et qui contient du calcium), ce sont les graines et fruits à coque en plus de certaines épices. Les légumes aussi n’en sont pas exempts et j’en consomme de grandes quantités : pour exemple, 200 g d’épinards vaut largement un yaourt.
J’en conclus qu’une alimentation équilibrée peut se construire de diverses manières et je trouverais intéressant qu’à travers des outils type l’étude Nutrinet santé, il soit possible de l’adapter au goût de chacun. Si, quand je rentre un questionnaire alimentation, je pouvais disposer en retour d’un récapitulatif chiffré de ma consommation en sucre, graisses, fibres, protéines, minéraux, etc., je suis sûre que cela m’aiderait à manger encore mieux pour ma santé.
J’ai réussi à faire cela pour le calcium avec un simple tableur (et un peu de temps, tout de même) ; j’imagine Nutinet Santé que vos calculateurs sont plus performants que les miens. Chiche ?