Archives par étiquette : Alexandre

Brosse @46

Détournement de l'affiche grève féministe, qui devient rève féministe, pour construire la paix, prenons le pouvoir.La guerre et les crises majeures ne sont pas propices à sortir de l’urgence politique (et militaire) pour défendre des valeurs autres que la paix et la solidarité au service de l’ordre bourgeois, hétérosexiste, raciste et validiste ; les trois vont si bien ensemble. Serais-je en train de galvauder la mobilisation des uns et des autres pour la sauvegarde de nos démocraties ? Non point, mais forcément, je prends le risque que l’on m’en fasse le procès.
Je crains peu cela, je n’ai pas d’attache suffisante avec mes « amis politiques » pour que le regret de les perdre (c’est finalement déjà fait) me fasse renoncer. Je crains plus une récupération politique de mes adversaires (que je perds moins facilement que mes amis, c’est bon signe) ; c’est pour cette raison que je me suis tue jusqu’au vote de la loi sur le mariage pour tous, que j’ai cédé à l’urgence sanitaire ou que je m’exprime peu sur la campagne présidentielle.
Il reste néanmoins difficile de toujours faire semblant de n’avoir rien vu (j’y suis experte, forcément !), par exemple sur la question de la place des femmes dans cette guerre. J’ai bien conscience que cette question apparaîtra comme secondaire face à l’urgence militaire (militariste) ; et pourtant ! La guerre (qui la mène et pourquoi) n’est-elle pas l’acmé de la domination masculine ? J’en suis convaincue.

« Une guerre d’hommes, chefs d’État, ministres, ambassadeurs (31/40 sur la photo), militaires, marchands d’armes… Mais rangez donc vos petits fusils messieurs et leurs extensions explosives (car les originaux…) et construisez la #paix ! »

Je ne pense pas que les femmes soient plus que les hommes antimilitaristes ou pacifiste ; je n’ai par exemple vu aucune de mes camarades militantes féministes remarquer (et dénoncer ?) le fait que la mobilisation générale en Ukraine ne touche que « les hommes entre 18 ans et 60 ans », avalisant là l’idée machiste selon laquelle seuls les hommes ont vocation à se battre pour défendre leur pays ou conquérir celui du voisin. J’imagine volontiers que certaines se sont dit que l’urgence n’était pas à dénoncer cela ; j’en soupçonne la majorité de ne même pas s’en être fait la remarque (ce qui dit tout du poids de la « culture dominante » sur notre pensée).
Et pourtant… Il me semble démontré que cette guerre (et toutes les autres, militaires, économiques, culturelles, etc.), ont en commun la défense de l’ordre établi, si établi que plus grand-monde n’ose le remettre en cause : on sauve les dominants d’abord, on s’occupera de changer de modèle après. Combien de fois s’est joué ce scénario dans l’histoire ? Je suggère donc, en ce 8 mars, une mobilisation générale de toutes les femmes ukrainiennes et russes afin que les soldats retournent dans leurs foyers s’occuper de la marmaille tout en occupant les emplois de première nécessité à horaires décalés et salaires de misère, que les généraux, les ambassadeurs et les chefs d’État en fassent de même et que les femmes de l’Occident prennent également le pouvoir dans tous les endroits où cette guerre se joue (gouvernements, parlements, ambassades, direction des groupes pétroliers, militaro-industriels et agroalimentaires, etc.).
Les femmes seraient-elles capables de faire la paix et changer le monde ? Cela reste bien sûr à démontrer mais comme les hommes ont fait la démonstration qu’ils ne sont pas capables de faire autre chose que la guerre et renforcer les systèmes d’oppression, on ne risque pas grand-chose à tenter l’expérience. Hardies ! Pour construire la paix, ce n’est pas la grève que nous devons ; c’est le pouvoir qu’il faut prendre.

Agit’prop @42

Copie d'écran du Twitt en lien dans le billet.J’ai toujours cultivé une certaine liberté à l’égard des mouvements politiques que je fréquente, des personnalités ou intellectuels dont je peux apprécier la pensée (parce que j’y adhère ou parce que cela enrichit ma propre réflexion). J’essaie, au moins publiquement, de ne pas faire étalage de mes opinions notamment sur des sujets auxquels je ne comprends pas grand-chose. J’observe. Je réfléchis avec les outils que m’a donnés l’université, croisant mon savoir, mon expérience, d’autres réflexions et les faits. Je me méfie comme de la peste des informations en continu, de certains médias, des partages des internautes et des commentaires des éditocrates. Je considère, par principe, que ce que je pense n’est pas parole d’Évangile ; j’essaie d’être sincère et de construire mon action dans un mélange parfois compliqué de défense de quelques principes et implication dans le réel.
Dans ce contexte, il n’est pas rare que je me sente très seule et désemparée, toujours en conflit entre mes idéaux et une réalité dont une grande partie m’échappe. Parfois, je craque, par urgence à dire, et peux exprimer ce doute dans un propos forcément difficile à comprendre puisque mes interrogations portent toujours au paradoxe. C’est dans mon écriture romanesque, bien sûr, que je suis le plus à l’aise ; mes romans sont le seul monde qui accepte mes débats intérieurs jusqu’à s’en nourrir sans grand dommage pour le reste de l’humanité. C’est mon luxe. Je m’en régale mais dois bien constater que mon travail ne rencontre pas l’écho que j’escompte, peut-être parce que le décalage que je cultive est trop grand. De plus en plus grand. C’est ainsi.
Et vient une guerre, une après tant d’autres, en même temps que tant d’autres. La Russie envahit l’Ukraine. La synchronicité a voulu que je vive cette montée en guerre en même temps que je lisais La force de l’âge où Simone de Beauvoir décrit son indifférence d’abord, son incrédulité ensuite, de la montée du nazisme à l’arrivée des troupes allemandes à Paris. L’histoire n’est pas la même ; elle fait néanmoins écho, notamment dans les réactions des uns et des autres face à la guerre d’aujourd’hui. J’adhère à fort peu de propos tenus tant j’ai l’impression que la plupart de mes contemporains sont dans une posture « Bambi découvre la neige » emprunte d’un mélange de peurs et de dénis qui m’afflige. Mais, qui sait, c’est peut-être moi qui me trompe ? Je ne l’exclus pas.
C’est dans ces moments-là que je rêve d’avoir à portée d’esprit un leader politique solidement ancré dans une philosophie et une doctrine capable de bousculer les idées reçues, de produire un discours (donc une action) qui me permette de considérer que je ne suis pas, dans ce que je pense de ces événements dramatiques, complètement folle et hors du monde. Je n’ai pas. Et si je me lance moi-même dans l’aventure de la déconstruction de l’aliénation de nos sociétés occidentales à la consommation, au profit, à l’exploitation pour la relier à cette guerre et au moyen non militaire d’agir pour la paix, cela ne fera pas avancer les choses. Je cherche. Je dois me rallier à une pensée, trouver pour cette fois quelqu’un qui dise ce que je veux dire, envisage comme moi des solutions qui sortent, pour l’heure, de l’entendement commun. Un candidat à l’élection présidentielle ? L’élu sera chef des armées. Tout est dit.
Et voilà. J’ai trouvé.
Merci Ariane Mnouchkine. Merci.

Note. Mes Fragments d’un discours politique sont encore en ligne jusqu’à début mai. Profitez-en.

Grand homme @44

L'allée centrale du square, une tonelle en fer sans végétation, guère plus.J’ai évoqué, dans un précédent billet, la séance du Conseil de Paris du 10 février 2022 où se suivaient trois délibérations d’hommage à trois femmes, Simone de Beauvoir, Félicie Hervieu et Louise Abbema. Sur Twitter, je me suis réjouie sitôt de l’intrusion de Félicie Hervieu dans un square du 14e que je fréquente beaucoup, non sans aller chercher qui était cette dame dont j’ignorais tout, jusqu’au nom. En même temps, j’ai tendu l’oreille, écouté par le fait avec attention (et un peu d’effarement) ce qu’il se disait de Beauvoir, ai souri aux réponses de Laurence Patrice puis ai reconnu la voix enjouée de Geneviève Garrigos qui s’est mise à parler de Louise Abbema… Et Félicie ?
J’ai fait un nouveau microbillet Twitter pour m’en étonner avant que Laurence Patrice ne m’explique fort gentiment qu’aucun orateur n’étant inscrit, aucun échange ne pouvait avoir lieu. J’attends donc avec impatience son propos lors de l’inauguration de cette allée (qui devra se faire sans les jolis feuillages de notre tonnelle, récemment remise à neuf et bien nue) mais l’idée m’a traversé l’esprit d‘écrire ces quelques lignes qu’un ou une élue du 14e aurait pu avoir l’obligeance de prononcer lors de ce conseil, au moins pour saluer le travail entrepris par Laurence Patrice pour que la mémoire des femmes s’invite dans notre présent.
J’ai trois minutes, je crois ; je les prends.

« Mes chères collègues (pardonnez-moi mes chers, mais il semble que la mémoire des femmes vous importe peu ; je vous néglige donc à la hauteur de votre dédain),
« Jusqu’à ce matin, j’ignorais tout de la personne de Félicie Hervieu dont le square de l’abbé Lemire va accueillir la mémoire sous la forme d’une allée qui traverse de part en part cet espace vert longiligne, coincé entre des logements SNCF et les vestiges de la radiale Vercingétorix. Une femme qui vient fendre un ecclésiastique ; l’idée d’emblée me fait sourire et me plaît ; elle ne pourra que doper ma joie ces matins où je côtoie le lever du jour sur un appareil de sport, pile dans l’axe de cette petite farce féministe.
« Seriez-vous donc une farceuse, Laurence Patrice, à nous proposer ce mariage bucolique d’une pécheresse et d’un confesseur ? Vous l’êtes, j’en suis sûre mais moi, je ferais bien d’aller regarder qui sont ces deux-là avant de me laisser emporter par une rhétorique creuse. On ne voit souvent dans les plaques et les noms de voies que le moyen de se repérer dans la ville ; c’en est un aussi de se repérer dans l’histoire et découvrir, pour aujourd’hui, que les destins de l’abbé Lemire et de Félicie Hervieu sont déjà liés et que la venue de Félicie dans le square de l’abbé n’est que justice, et sagacité.
« Je ne vais pas conter leur histoire, je n’en connais que leur fiche Wikipédia ; c’est peu, mais assez pour comprendre que l’abbé Lemire s’est inspiré de l’action sociale de Félicie Hervieu pour se voir accorder la paternité des jardins ouvriers, là où elle en a eu l’intuition et la première mise en œuvre. Les femmes ont l’habitude de se faire voler leurs brevets ; l’abbé n’y est pour rien, sans doute, mais puisqu’il s’agit ici d’honorer la mémoire d’une femme, n’oublions pas que c’est dans une quadruple vie qu’elle a eu cette inspiration, menant de front son métier de sage-femme, la mise au monde et l’éducation de ses sept enfants, son soutien à l’entreprise de son mari et la création d’œuvres sociales émancipatrices.
« Je m’arrête là, admirative de la vie et de l’action de toutes ces femmes qui me donnent aujourd’hui le goût et l’opportunité d’être une femme libre, engagée et résolue à défendre celles et ceux que l’ordre bourgeois, hétérosexiste, raciste et validiste opprime. Merci à vous, Laurence Patrice, de m’avoir permis de connaître Félicie Hervieu, comme tant d’autres. Quand je suivrai cette allée, dorénavant, je ralentirai mon pas pour goûter la douceur de la liberté. »

 

Écrivaine @49

Copie d'écran de l'ordre du jour du conseil de Paris et liste des oratrice sur cette délibération : Mme Alice COFFIN (GEP) Mme Raphaëlle PRIMET (GCC) Mme Douchka MARKOVIC (GEP) Mme Anne BIRABEN (Changer Paris)À l’occasion d’un débat au Conseil de Paris sur la pose d’une plaque en mémoire à Simone de Beauvoir dans le 5e [2022 DAC 482], des oratrices l’ont expressément désignée comme « lesbienne ». Je m’interroge. À ma connaissance (vous me dites si je me trompe), elle n’a jamais utilisé ce terme pour se désigner et, si elle a pu évoquer des amitiés particulières et un certain goût pour les jeunes filles, n’a jamais renié son hétérosexualité. Bisexuelle donc, peut-être ; lesbienne… ?
Par ailleurs, je me demande s’il est raisonnable de qualifier une personne au-delà, en deçà, de ce qu’elle se dit elle-même (même si cela sert un certain activisme ; ou un goût prononcé pour la polémique ; ce n’est pas la même chose). La notoriété de ladite personne ne le justifie pas, chacun devant, à mon sens, garder la liberté de se nommer. Pour un artiste, une écrivaine, on peut, bien sûr, interroger son œuvre ; ou reprendre des propos tenus ; en tirer des conclusions sur son identité trahit l’intimité, porte atteinte à la liberté du sujet et ouvre des débats oiseux.
En tant qu’écrivaine, la démarche me dérange d’autant que cela m’amène à imaginer la manière dont on pourra me dire lors de la pose d’une plaque sur mon HLM des décennies après ma mort : hétérosexuelle car j’évoque parfois mon plaisir à avoir pratiqué des fellations il y a quarante ans ? libertine car mes romans font une large place à des pratiques que la morale réprouve ? sodomite car cette pratique sexuelle est appréciée par quelques-unes de mes héroïnes ? … J’en frémis.

Anniv’ @50

Caddie, barré de tricolore, avec en slogan : 20222 avec Caddie, amour, gloire et roulettes !Mes chers comptriolettes !
En ce jour historique où l’on commémore la victoire de Basarab Ier Întemeietorul, à la bataille de Posada…
— C’est quiiii ?
Pardon, nous célébrons donc le sacre du roi Lothaire…
— T’es s*ûûûû* cand*iiii*dat Caddie ?
Ben je crois… quoi que, je me suis trompé de calendrier ! Nous pleurons donc l’exclusion du camarade Léon Trotski du parti communiste soviétique…
— C’est triiiiste !
— C’st pas certain Petit Mouton…
Je m’embrouille encore. Alors que l’on enterre le Général de Gaulle…
— T’crois qu’y’a un rapport ?
Avec quoi ?
— Le tréééééébonziiiiiiversaireeeeee mon Caddiedounet !
— Avec le ouafgâteau pour ma ouafmaîtresse !
Oui ! C’est ça qu’on fête ! Merci. J’ai retrouvé la bonne note. Avec cette campagne, je dois tout savoir ; j’ai des papiers partout ! Remarquez, si on a enterré le Général le 12 c’est qu’il est mort…
— Le 9, mon Caddidounet, d’la même année. D’où ma question : t’crois en l’réincarnation ?
— C’est quoiiii ?
C’est quand t’es mort, ton âme cherche un corps où habiter.
— C’est quo*iiii* la m*ooooo*rt ?
— Comme ouafmoi quand on m’a ouafcoupé les ouafcoucougnettes, j’ai dû ouaftrouver un ouafrefuge ?
— Pareil !
— On a couuuupé le Général ?
Mais non, il est juste mort trois jours avant que notre Isabelle ne vienne au monde. Ça change tout à ma campagne ! Faut que je me désiste en sa faveur si elle est le Général ! C’est historique !
— Elle sera présideeeente !
— Ça peut, si t’l’monde sait qu’elle est l’Général. C’t’un sacré pédigré !
Un gateau maison— On va lui ouafcouper les ouafcoucougnettes ?
— Elle en a p*aaaa*s !
— Ça alors ? Je ouafcroyais. Elle est si ouaffortiche !
— Ç’doit être l’âme d’Général.
Ça va être dur de s’en remettre… Recentrons-nous (si vous me passez l’expression) ; on commence par le tréééééébonziiiiiiversaireeeeee et on voit après pour la candidature quand on aura consolidé la filiation.
— Vive le tréééééébonziiiiiiversaireeeeee !

À table @76

Tableau exel avec des types de plat, et leur comptabilité sur 28 jours; Toutes les infos sont dans le texte du billet.Voici donc le résultat de mon étude statistique des repas qui m’ont été livrés par mon assureur militant durant vingt-huit jours ; et quelques commentaires.
* Pour les entrées, j’ai eu la sensation de manger de la mayonnaise à tous les repas (11/28) ; c’était un peu abusif car cela alternait avec les sauces vinaigrette (10/28). Quoi qu’il en soit, cela fait vingt ans que je mange mes crudités et salades sans huile, préférant les assaisonner avec des condiments, des herbes, ou un filet de sardines, des olives, quelques anchois. Pour « faire passer », j’ai ajouté pléthore de cornichons. J’imagine que je cherchais dans l’acide la balance du gras, qui n’épargnait pas non plus les entrées « féculent » (taboulé, cake, part de pain pizza…).
Mon plus fort souvenir est une paire de choses inconnue, non étiquetée. J’ai dû appeler le service de livraison, qui ignorait également de quoi il s’agissait, cela étant « substitué » aux menus imprimés. Cela s’est révélé des œufs mollets. J’en ai fait un microbillet Twitter auquel je vous renvoie.
* Pour les plats, censément « végétarien », j’ai mangé des plats uniques de féculents (7/28), le plus souvent largement arrosé de sauce fromage et des plats uniques de légumineuses (6/28), fort bons. Cela fait donc moitié de repas sans variété au niveau du plat principal et, si j’ajoute les quatre flans salés composés de deux morceaux sans autre accompagnement et les œufs ou poissons en sauce avec féculent, 75 % des repas étaient sans légumes verts ! Je ne compte pas les entrées, bien sûr, considérant que 30 g de brocoli en vinaigrette ne constitue pas une part de légume.
Quant aux légumes verts servis soit avec du poisson soit avec deux œufs, que de crème (dans la protéine comme dans les légumes) ! Je remarque aussi que les jours à légumes verts, il n’y en a eu qu’un avec un féculent (l’entrée), de quoi avoir la dalle à 4 heures. Côté surprise, j’ai eu deux fois des « œufs sauce aurore » un plat sans doute inconnu des moins de cinquante ans ! Je m’en suis tirée en extrayant les œufs de leur sauce, en les lavant à l’eau chaude pour les manger le soir sur une assiette de crudités préparée avec les légumes achetés par ma voisine (merci !)
* J’en arrive au « fromage », petite part à tous les repas. C’est important le calcium ; quand aux lipides… on en retrouve bien sûr dans douze desserts sur vingt-huit, avec du sucre en plus (pâtisserie, crèmes desserts…) ; et du sucre encore dans les compotes et coupelles de fruits. Restent les fruits bien sûr, pour le coup très « light » en tout tant rien n’était vraiment mûr ni goûteux ; forcément, des pommes, poires, oranges et kiwis au mois de juin, on n’est pas dans la saison !
Voilà donc que qui m’a été servi (à vil prix j’imagine) par une entreprise « expert en nutrition senior », qui se targue de travailler avec des nutritionnistes. J’ai bien conscience que les seniors ont des besoins alimentaires différents des miens mais cela me semble néanmoins trop gras, trop sucré et c’était toujours un peu trop salé. Grâce à mon congélateur où j’ai stocké la moitié de chaque part de féculent, et l’attention de mes amis et voisins, j’ai réussi à ne pas prendre de poids ni avoir une occlusion intestinale. Je verrai en septembre ce que dit mon taux de cholestérol.
En attendant, je suis un peu embêtée. Je dois répondre à mon enquête annuelle Nutrinet. Je ne suis pas encore au top de ce que je cuisine d’habitude autant que, pour ma convalescence, je mange plus de viande rouge, de calcium animal en même temps que je finis ces plats livrés et des produits transformés que je me fais livrer car cela reste compliqué de faire mes commissions. J’estime à trois mois la durée totale de mes changements alimentaires avant retour à ma normale. Comment prendre cela en compte ? Je vais leur poser la question.

Tableau exel avec des types de plat, et leur comptabilité sur 28 jours; Toutes les infos sont dans le texte du billet.

Décroissance @75

Un panneau solaire portatif est suspendu à l'interieur de ma fenêtre au dessus d'une plante d'intérieur; Le soleil brille.J’avais mis sur un réseau social l’annonce suivante.

« Bonjour, Je suis à la recherche de solutions énergie solaire sur appuis de fenêtres. Il ne s’agit pas de faire des économies, juste de ne pas gaspiller l’énergie solaire et ne pas utiliser inutilement le courant à la prise. »

Après plusieurs semaines, j’ai eu cette réponse.

« Il n’y a pas – pour l’heure – de solutions technologiques qui soient « écologiquement correct » et surtout efficaces ! J’en ai en test plusieurs « made in china » à la maison … Mettez plutôt des balconnières avec des plantes mellifères. »

Je ne sais trop pourquoi mais la dernière phrase me met mal à l’aise. Me conseiller des « balconnières de fleurs mellifères », je trouve que ça fait un peu « montrez vos nichons fertiles, madame, plutôt que de vous mêler technologie »… Il faut dire que la personne qui me répond est un homme ; serais-je trop sensible à la suffisance machiste ? En tout cas, il semble que son message ait déclenché une réaction riche en testostérone. Un homme lui répond.

« là encore, foin des imprécations; définissez ce qu’est une solution technologique écologiquement correcte. Définissez d’abord ce qu’est une solution technologique? la charrue inventée il y a plusieurs millénaires ? »

Et hop ! Sitôt mon premier interlocuteur est piqué (par l’abeille ?)

« Quelles « imprécations » ???
« Auriez-vous un problème avec le français (La langue hein ? pas « l’gars » :-)) )
« Concernant l’étymologie vous confondez Technique & Technologie !(modifié) »

Si d’aucuns doutaient du caractère brûlant de l’écologie au quotidien… Quoi qu’il en soit, il me fallait faire une réponse. La voici.

« Votre allusion à mon balcon fécond est surprenante… Je ne souhaitais pas déclencher des échanges si… électriques ? Avec les conseils d’un ami électricien, je suis désormais autosuffisante pour l’éclairage et la recharge téléphone et tablette. C’est sans doute dérisoire au vu de l’investissement mais ça me va. Je cherche désormais des solutions pour les appareils en 12V ; je trouverai. »

Encore merci à Vincent, Hétéronaute, pour ses conseils si avisés que j’espère bien encore faire diminuer ma consommation électrique (qui a perdu en douze mois 300 kWh après changement de mon frigo, de mon congélo et un éclairage solaire permanent). Vincent m’a conseillée dans l’achat de deux nouveaux panneaux. Ils sont en phase de test. Je vous en dis plus aux confins de l’été.

Souvenirs @18

J’ai récemment fait un billet à propos de mon assureur militant qui propose son avis d’échéance en mode accessible pour les déficients visuels. Je suis un pur produit de « la Laïque », comme on disait autrefois, très attachée, à l’instar de mes parents, à cette institution qu’est l’Éducation nationale qu’ils ont intégrée à l’âge de 17 ans pour ne jamais en ressortir. Cet attachement se porte également sur la MGEN, autrefois sur la Camif, et toujours sur la Maif chez qui je suis assurée depuis que je suis née : cinquante-sept ans, et quelques sinistres, ça crée des liens !
Le premier dont je me souviens se déroule lors du Festival d’Avignon, à l’école Frédéric Mistral ; je n’ai pas la date (autour de l’année 1970) mais j’étais petite (la photo ci-contre, prise à Avignon, date de juillet 1967). Maman et papa étaient alors formateurs aux CEMEA qui assuraient un hébergement collectif et intelligent des festivaliers, à la demande de Jean Vilar : les centres de jeunes et de séjour investissaient des écoles les mois de juillet, les transformaient en lieux de vie (dortoirs et ateliers dans les classes, réfectoire et espaces d’échanges dans la cour, sanitaires comme on pouvait dans les toilettes des écoles…) Ça sentait l’éducation populaire remixée 1968, cheveux longs et pattes d’eph’, tons orangés et débats sur le théâtre jusqu’au bout de la nuit.
Lorsque nous sommes arrivés en famille cette année-là, quarante-huit heures avant les festivaliers, nous avons posé nos affaires et nous sommes immédiatement attelés à la transformation de l’école avec des bouts de ficelle, des tissus, des lits de camp, de l’huile de coude et une bonne dose de créativité collective. Au moment de nous coucher, maman s’est mise en quête de la valise qui contenait les paires de chaussures de nous quatre pour trois semaines. La valise avait disparu. Volée ? Nous ne l’avons jamais retrouvée mais maman raconte que la Maif a intégralement remboursé toutes les paires de chaussures, sur simple déclaration.
Je ne sais pas ce qu’il en est exactement mais cette histoire est entrée dans ma légende comme une sorte de mythe fondateur de mon assureur militant. Depuis, le mythe ne s’est jamais démenti. Vous imaginez ma réaction quand je suis démarchée pour en changer ? Je sors ma valise de chaussures à défaut de révolver et paie rubis sur l’ongle ma cotisation que pourtant je trouve chère… mais l’efficacité militante n’a pas de prix ! La fidélité non plus.

Tonton @16

Je ne sais pas trop ce qu’évoque le Panthéon pour les uns et les autres mais, à moi, il me fait à peu près le même effet que le tombeau de Napoléon soit l’idée d’un vieux truc moche qui fait partie de notre histoire mémorielle. Mais cela doit être plus que cela, Tonton lui-même s’y étant rendu après son élection en mai 1981. Mon bac que je passais à Montpellier était quelques semaines plus tard mais je m’étais débrouillée pour y être, près de lui ; je suis restée coincée rue Saint-Jacques, loin, très loin… Moins loin que Montpellier !
J’avais participé il y a trois ou quatre ans à une manifestation pour que Olympe de Gouge y entre au nom d’une parité qui y est totalement absente ; j’ai vu passer la candidature de Verlaine et Rimbaud retoquée par la famille qui ne souhaitait pas trop afficher leurs amours (c’est ça ?) ; et voilà que désormais, c’est le tour de Gisèle Halimi.
Je crains qu’elle n’y repose pas tant en paix tant ce tombeau national doit receler de machistes brutassons (c’est une hypothèse au vu de l’âge du capitaine et de la prégnance de la domination masculine) et surtout, je ne comprends pas bien la démarche. Certes, le Panthéon a « vocation à honorer de grands personnages ayant marqué l’Histoire de France hormis pour les carrières militaires » (Wikipédia).
Ils sont actuellement quatre-vingt-un ; la liste de ceux qui n’y sont pas est d’autant plus longue ! Alors bien sûr, on peut y installer des symboles, Gisèle Halimi comme tant d’autres, et les débats de qui-y-va-qui-n’y-pas pas avèrent que les oubliés sont tous légitimes à un titre ou à un autre. Je reste néanmoins assez dubitative sur le fait de mobiliser nos forces sur ces entrées, ce d’autant que les décideurs de cela sont de bons petits soldats de l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste.
La question demeure : comment honorer celles et ceux qui ont « marqué l’histoire de France », surtout celles, depuis la Révolution ? En n’oubliant pas ce qu’elles (ou ils) ont dit et fait, déjà ; et ne pas réinventer l’eau chaude à chaque combat. En se levant chaque matin avec l’idée de poursuivre leur action plutôt que de se complaire dans un quotidien domestique.
— En pétant sa gueule à l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste qui nous opprime…
Caddie ! On ne parle pas comme ça sur le blogue, c’est important, la mémoire.
— Pas moins que la révolution !

Incyclicité @37

Il y a quelques jours, Frédéric faisait un billet sur un son et lumière aux Invalides, pointant un commentaire tendancieux à propos de Napoléon (le premier) et son tombeau, je cite : « Lorsque l’on entre en ces lieux (comprendre « pour visiter le tombeau de Napoléon »), on oublie toutes les controverses pour entrer dans une méditation profonde… » J’ignore à quelles « controverses » il était fait référence, Frédéric a pensé au fait que l’Empereur était un esclavagiste ; c’était aussi un fou sanguinaire, à la pensée totalitaire, etc.
Cela dit, au moins pour l’esclavagisme, je ne sais pas en quoi ce serait une « controverse », euphémisme sans doute de la part des auteurs du son et lumière tant ce me semble un fait incontournable. Même en ignorant l’euphémisme, je ne vois pas trop comment ledit tombeau pourrait porter à la méditation. L’endroit est froid, tapageur, pompeux et, pour le moins, dans une esthétique qui m’échappe totalement.
J’avoue d’ailleurs que je n’aurais jamais eu l’idée de visiter ledit tombeau sans une envie urgente de faire pipi.
— T’as fait pipi sur le tombeau de Napoléon ?
Presque, Caddie, presque. Tu connais la chanson, « Pas pipi à Paris » ? Cette fois-là, j’étais également avec Sarah et, faute de trouver des sanisettes, nous sommes entrées dans le musée des Invalides dans lequel j’accède gratuitement avec ma carte d’invalidité. Nous en avons profité pour regarder vite fait une expo sur… je ne sais plus, il y a avait des uniformes et objets militaires ; et faire un crochet par le tombeau de Napoléon, puisque nous y étions.
Je garde un souvenir soulagé de ma miction, c’est tout. Pour ce qui est de ma méditation, chaque fois que je remonte l’avenue de Breteuil, je fais une triangulation « à plat » avec mes tours et on se régale d’apostropher le dôme des Invalides pour traiter l’esclavagiste qu’il héberge. Le dôme n’y est pour rien, bien sûr ; mais ça nous amuse, avec mes Tour, surtout quand il nous raconte qu’il fuit un peu et fait pipi sur le tombeau à la moindre occasion.
— Justice est faite !
Il faudrait plus que ça, Caddie ; mais c’est un bon début.