Archives par étiquette : Aïe !

Pucer @58

Scan d'un morceau du courrier, avec mon nom et le numéro de donateur.Le plus souvent possible, je consulte des médecins, fais mes examens et reçois des soins dans des structures publiques, mutualistes ou relevant de fondations reconnues d’utilité publique ; il n’y a pas de dépassement d’honoraires et l’état d’esprit correspond mieux à ma conception de la santé. Dans ma liste d’établissements de type à proximité de chez moi, il y a l’Institut Arthur Vernes, fondation reconnue d’utilité publique.
Il y a quelques jours, je reçois un courrier postal à cet en-tête. Y a-t-il eu un problème (administratif ou médical) avec une consultation récente ? J’ouvre. Il s’agit d’un appel aux dons, nominatif avec un « numéro de donateur ». Je ne me souviens pas avoir donné mon accord pour recevoir ce genre de courrier ; et je suis surprise que cet Institut tape dans son fichier de patients pour se constituer un vivier de donateurs.
On peut considérer que, comme je bénéficie de soins gratuits et de qualité, je suis légitime à donner un petit quelque chose à Noël. Mais c’est la sécurité sociale et ma mutuelle qui paient les soins, pas l’Institut. Il a des frais ? Bien sûr. Moi aussi. Mais surtout, cette confusion entre un fichier patients et un fichier donateurs me pose un problème. Vous avez dit RGPD ? Je vais creuser.

Bigleuse @134

Une photo de moi, à 6 ans, devant un gateau. Je souris largement.Un soir de la semaine, je reçois un texto de ma cousine avec une vieille photo, rephotographiée au téléphone avec d’autres. Je ne connais pas cette photo. Si ma cousine me l’envoie, je suppose qu’y figure elle, moi, sa mère, la mienne… ? Je ne sais pas. Je lui pose la question. Elle me répond sitôt que c’est moi, à 6 ans, en train de manger un gâteau.
Le lendemain, je télécharge la photo sur mon ordinateur. Je grossis l’image. Non seulement je ne me reconnais pas sur la photo mais en plus, je n’arrive pas à imaginer que c’est moi. J’en suis terrifiée. Je sais bien que je ne reconnais pas les gens, que dans mon album j’ai demandé à maman de tout légender car je ne savais pas trop qui sont mon père, ma mère, mon frère, moi et d’autres mais…
Je le sais.
Cela me peine, pourtant. Beaucoup.
Et vous qui faites la lippe ou me considérez comme bégueule car je n’ai pas la bonté de vous reconnaître, ça vous inspire quoi ?

Galère @14

Copie d'écran du formualrei Doctolib qui propose une aide aux personnes handicapéesLors d’une prise de rendez-vous à l’hôpital Saint-Joseph via Doctolib, j’ai été surprise que l’on me demande si j’avais besoin d’une « prise en charge adaptée ». Plusieurs options étaient possibles, j’ai répondu « Oui – situation de handicap » ce d’autant que je ne savais pas où se trouvait le service.
Je me suis présentée à l’accueil général. D‘emblée, la dame (après qu’une autre personne m’ait grillé la priorité) au vu de ma canne me propose d’appeler une aide. J’ai décliné, préférant me faire expliquer (je savais que je pourrais l’attendre un certain temps et j’avais dix minutes pour me rendre à mon rendez-vous).
Je suis ses indications, et entre dans l’hôpital par une entrée secondaire. Là, je pense savoir mon chemin mais arrive dans un endroit qui ne semble pas le bon. Je retourne à l’entrée gardée par des agents en tenue de sécurité (pull rayé de rouge, rangers, etc.). J’explique mon problème. Ils sont dans l’embarras. Ils ne sont pas censés quitter leur poste. L’un d’eux, finalement, m’accompagne.
À l’accueil du service, je raconte à l’agente administrative que j’avais demandé une assistance à la prise de rendez-vous…
— Ah ? Ils disent n’importe quoi sur Doctolib ; on n’est pas prévenus.
… et que l’agent de sécurité ne devait pas quitter son poste…
— Ils sont là pour ça !
Petit à petit, l’accessibilité fait son lit ? Tout petit à tout petit !

Extravagance parisienne @72

Copie d'écran du return mail m'indiquant que je n'ai plus accès à mon adresse.Certains titres du blogue ont leur histoire ; « Extravagance parisienne » en fait partie. Je croyais en avoir fini avec ce responsable associatif, considérant que je n’étais pas allée à son émission et n’avais par répondu à son mail. La contemption la plus imbécile est malheureusement collante, à un point que je n’imaginais pas…
Depuis quatre semaines, mon adresse mail cy@cyjung.com est bloquée en émission par Gmail qui m’indique que je n’ai pas l’autorisation d’utiliser cette adresse où je centralise mes boîtes (pas par conviction, juste parce que c’est ce qu’il y a de plus lisible pour moi … si vous avez une autre option ?) J’ai bien sûr vérifié ma configuration smtp, fait de nombreux tests notamment en changeant d’adresse IP, demandé à l’hébergeur de mon site de vérifier de son côté… Rien à faire, les mails ne partent pas depuis Gmail alors qu’ils fonctionnent en webmail ou depuis une appli de messagerie.
À l’occasion de ces tests, j’ai remarqué qu’un mail envoyé via une appli de messagerie apparaissait sur ma tablette comme envoyé par quelqu’un d’autre que moi ; en l’espèce le malotru qui confond la déficience visuelle avec une extravagance parisienne ! Cette manière de se réinviter dans ma messagerie était assez déconcertante. J’ai cherché pourquoi et fini par trouver que le répertoire associé à l’appli de messagerie de la tablette considère mon adresse pro comme adresse pro d’une dizaine de fiches, dont celle susdésignée. Un signe de la bêtise organisée ?
On a désenvoûté tout ça avec Petit Koala en faisant un peu de ménage et conclut que Gmail considère sans doute mon adresse pro comme un spam, aussi parce que l’appli répertoire lui fait prendre des vessies pour des lanternes. Reste à savoir comment je vais pouvoir la réutiliser hors appli de messagerie. Suspens !

Sainte Marie Joseph @19

Canne blanche d'appui avec une sonette de patinette sous la poignéeMa cheville cassée m’a permis d’apprécier une fois encore les qualités de mon assureur militant… mais aussi ses limites. Je vous ai déjà conté sur ce blogue les circonstances dans lesquelles j’ai refusé une « hospitalisation complète » de six semaines pour la prise en charge de la rééducation de ma cheville dans un contexte de basse vision. Si j’avais accepté cela, j’aurai eu un suivi en psychomotricité qui, à l’instar de mon premier séjour (de jour) à la fondation Sainte-Marie, m’a été bénéfique.
Dans ce contexte, ma médecin traitante m’a prescrit des séances de psychomotricité dont j’ai demandé la prise en charge par mon assurance militant. Sa réponse a été brève, et non argumentée : « La MAIF n’interviendra pas pour les séances psychomotrices. » Prends sa dans ta gueule de bigleux, dirait Caddie ! Heureusement, il était en campagne ce jour-là et il m’a laissé répondre.

« Suite à ma conversation ce matin avec votre collègue, je vous joins le compte rendu de ma consultation à l’hôpital Sainte-Marie, service des déficients visuels, du 11 juin dernier. Il indique la nécessité d’une prise en charge basse vision pour la rééducation fonctionnelle, prise en charge incluant de la psychomotricité, comme dans n’importe quel centre de rééducation. Malheureusement, cela n’a pas pu se faire, l’organisation administrative de l’hôpital Sainte-Marie obligeant à une hospitalisation complète de six semaines pour une prise en charge basse vision + rééducation fonctionnelle.
« Sur les conseils de mon médecin traitant qui craignait une perte majeure d’autonomie, j’ai refusé cette hospitalisation complète de six semaines (qui, soit dit en passant, aurait coûté très cher à la Maif, et au système de santé) et ai fait ma rééducation en ville chez mon kiné. Lors de notre consultation du 14 septembre, mon médecin a estimé cette rééducation psychomotrice nécessaire et a fait une prescription en conséquence.
« J’avoue mal comprendre pourquoi celle-ci n’est pas prise en charge comme me l’a confirmé votre collègue, sans plus d’explications.
« * Elle se justifie d’un point de vue médical dans le cadre de cet accident (sauf à contester la prescription de mon médecin et le compte rendu de Sainte-Marie ; je suis bien sûr à la disposition des experts de la Maif).
« * Elle se justifie d’autant qu’elle est une mesure majeure de prévention de récidive dans la mesure où elle me permet de recouvrer mes équilibres en dépit de cette cheville cassée ; comme la Maif est mon assureur, je comprendrais mal que cet aspect soit ignoré.
« Depuis 58 ans, je m’adapte, avec les moyens du bord, sans grand soutien médical, l’albinisme étant une maladie rare invalidante dont le handicap visuel est majeur (et méconnu). Je suis autonome et compte bien le rester, avec ou sans le soutien de mon assureur militant qui, sur ce coup-là, ne fait guère preuve de clairvoyance (sic) ; c’est votre choix. »

Mon courrier n’a pas eu de réponse. Contemption validiste, quand tu les tiens !

Corps @33

Dis, docteur Mouton ; il faut qu’on trouve une solution !
— Mais tu as diiit que tu avaiiiiis touuuutes les soluuuutions, candidat Caddie !
Ouais, je sais ; mais là, ce n’est pas le candidat qui s’adresse à toi ; c’est le docteur.
— Aaaaah !
— H*aaaa* !
— Y’a un ‘blem doc’ ?
C’est le genou. Y a un os.
— Un ouafos ? Ouafmiam ! Ouafoù ça ?!
Non, le plus beau chien du monde, c’est pas un os à manger ; c’est le genou de ma ménagère qui a mal en descendant les escaliers pendant que le genou de ta maîtresse à mal en montant.
— On peuuuut paaaas arraaaaanger çaaaa ?
Non, je n’ai pas la solution, docteur Mouton.
— Ça, c’st’terrible !
— Fa*uuuut* prendre l’asc*eeee*nseur !
— C’est ouafrigolo les ouafescaliers !
— Ouep, mais quand on peut pas qu’ça fait mal… Et y’a pas t’jours d’ascenseurs.
C’est pour ça que je me dis que docteur Mouton, tu as peut-être une solution.
— Ta ménagère moooonte et notre Isabelle desceeeeent ?
— T’es géni*aaaa*l Petit Mouton !
— Ouafextraordinaire !
Ouais, mais après, comment elles font quand elles arrivent en haut ou en bas ?
— Elles descendeeeent et monteeeent en maaaarche arriiiière !
Trop fort !

Agit-prop’ @40

Je passe en ce samedi de fin d’octobre devant une église de mon quartier. Il y a un chevalet sur le trottoir avec le texte « Confiez-nous vos défunts. Nous les évoquerons le 2 novembre. » La même affiche est apposée dans le renfoncement de l’entrée de l’église.
Je repasse devant quelques minutes plus tard, avec Helgant, d’autant plus le plus beau chien du monde qu’il sort de chez le toiletteur. Une femme m’accoste devant l’église pour me demander si je veux « confier mes défunts ». Mais non ! Je ne les « confierai » pas à n’importe qui !
Après le racolage publicitaire et celui pour les associations, voici l’accostage de prosélytisme religieux. Aucun ne m’est plus sympathique que les autres.

Incyclicité @39

Les infractions de cyclistes m’affligent de plus en plus, et sont dangereuses, pour eux et pour les autres (parfois leurs propres enfants à l’avant dans des vélos cargos, bien exposés aux traversées de carrefours avec feux tricolores non respectés). Circulant à vélo, j’ai eu plus peur de crétins à vélo roulant à fond en brûlant un feu rouge que des conducteurs de véhicules motorisés. Je ne m’étendrai pas plus sur le sujet de ce n’importe quoi du quotidien.
Mais, outre l’irrespect manifeste du code de la route et du respect des piétons, le comportement aberrant de certains n’a pas de limites. Rouler avec une seule main sur le guidon n’est pas rare, souvent pour consulter son portable dans l’autre. L’autre matin, un cycliste à Vélib’ m’a soufflée : il roulait avec une main, l’autre étant… avec son bras dans un plâtre. Heureusement, je n’étais pas sur sa route.

Réclamation @84

Facsimilé d'un bordereau de recommandéJe ne sais pas si c’est un sentiment personnel, expression de ma lassitude, ou si c’est dans l’air du temps mais je trouve que le commerce fonctionne de moins en moins bien. Le discours commercial est là ; l’usage oblige à réclamer en permanence. Je ne parle même pas de l’accessibilité qui n’existe nulle part. Je ne pointe que les manquements les plus flagrants, sur ce blogue ou sur Twitter ; c’est épuisant surtout quand cela se répète après signalement.
Je m’en tiens sur ce billet au commerce, et aux pratiques commerciales. Ces deux derniers mois, j’ai dû faire des réclamations musclées :
* auprès de la SNCF ; j’ai voulu acheter un billet par téléphone ; cela a pris une heure et demie, deux interlocuteurs, une carte de réduction inutile payée plein pot en dépit d’un bon d’achat… l’affaire est en cours de réclamation ;
* auprès de mon fournisseur Internet Bouygues Telecom qui fait des promesses de remise commerciale pour incident et qui ne les applique pas ; ma première réclamation a porté ses fruits ; il faut que je m’occupe de la seconde ;
* auprès de UPS qui perd les colis et se moque de ses clients ; après l’incident de juin, une autre livraison en septembre a été aussi épique ;
* auprès de Carrefour qui annonce sur son site des gains à des loteries sans envoyer des codes valides pour en bénéficier ; je les ai récupérés mais c’est compliqué à utiliser.
Entre deux, heureusement que Caddie retrouve les terminus ! Ça me met du baume au cœur.

Hétéronomie @32

Couverture du livre de Guillaume Erner intitulé La souveraineté du people« Que l’on travaille comme indépendant, ou a fortiori comme salarié, chacun est soumis à une discipline, ou à un travail de retenue. Il importe d’être sobre, d’obéir aux ordres et à la hiérarchie ou bien encore d’être fiable. Dès lors, tous ces people se comportent de manière très différente de nous. Ils sont libres là où nous sommes contraints : qui aurait la possibilité d’aller au travail dans une robe faite de steak ? Quel enseignant (ou mécanicien ou avocat) pourrait saccager un restaurant sans que cela nuise à son image de marque, bien au contraire ? En un mot, ces people sont autonomes, là où nous sommes « hétéronomes » –nous recevons notre loi du dehors. Tandis que la plupart des individus estiment suivre des prescriptions édictées par autrui, ces people semblent agir de manière absolument libre. » La souveraineté du people, Guillaume Erner