Archives par étiquette : Aïe !

Aïe ! @39

Pendant les vacances, j’ai allumé la télé. Cela fait longtemps que je ne l’avais pas regardée. D’emblée, je suis sont tombée sur BFM TV. En quelques minutes, j’ai eu cette chaîne avec Pascal Praud puis Cnews avec Zemmour, aussi remontés l’un que l’autre.
J’ai cru trouver du positif lors d’une émission se déroulant à la SPA avec un copain de Helgant berger australien, mais il était en fait abandonné par ses maîtres. Puis, j’ai eu droit à de la télé-réalité avec des candidats énervés se dénigrant les uns les autres. Quel concentré de violence ! J’ai tout coupé en espérant ne pas faire de cauchemars.

Tonton @18

Profession de fois de BayouAprès le premier tour des élections régionales, les listes de Audrey Pulvar, Clémentine Autain et Julien Bayou ont fusionné, déclenchant les foudres de la droite réactionnaire qui nous a ressorti des arguments dignes des exécrations de 1981 quand François Mitterrand est arrivé au pouvoir avec le soutien des communistes. Même si Julien Bayou est loin de m’inspirer confiance, j’étais résolue à voter pour cette union, d’abord parce que son projet politique est le mien, aussi parce que Clémentine Autain et Audrey Pulvar sont des femmes dont la vie politique a besoin.
J’étais un peu taquet pour récupérer des informations pour faire un appel au vote sur mon site (celui en lien plus haut) et surveillait les réseaux sociaux, les sites… J’ai fini par voir arriver des microbillets Twitter annonçant l’union avec comme seule source d’information des fac-similés de la profession de foi commune, en jpg, sans description ni lien externe pour espérer en lire la version texte.
J’ai eu l’idée d’écrire à Julien Bayou.

« Bonjour monsieur, je vais devoir voter pour vous dimanche. Je le ferai quoi que j’en pense. Par contre, je serais ravie de le faire de manière éclairée mais votre profession de foi n’est pas accessible basse vision. Je ne peux donc pas la lire. Ça commence mal, entre nous ; vous ne trouvez pas ? Il est bien beau de parler d’accessibilité quand on ne s’y soumet pas soi-même. Je gage que vous saurez pallier cela d’ici dimanche. Bonne semaine, bien chargée, j’imagine. »

La réponse n’a pas tardé, à peine quelques heures :

« merci à vous
« bonjour, voici »

N’est-ce pas extraordinaire ? J’arrive ainsi sur une page du ministère de l’Intérieur qui reprend les professions de foi. J’ignorais que cela existât. Et là, miracle de la réponse trop rapide : les deux versions pour les « personnes non voyantes » « n’ont pas été fournies » par cette liste… Ma réponse n’a pas tardé, assortie d’une copie d’écran où j’ai entouré en rouge la mention m’intéressant :Copie d'écran de la page en lien.

« Merci, c’est parfait ! [émoticône mort de rire à s’en rouler par terre]
« Rassurez-vous, j’ai un bon lecteur d’écran et un zoom puissant.
« Et je tiens toujours mes engagements.
« Bonne fin de soirée. »

Julien Bayou (ou la personne qui gère son compte Twitter) n’a pas jugé bon de me répondre. Mais pourquoi je m’en étonne ?

Aïe ! @38

Je finis le premier semestre de l’année 2021 sur les rotules, pas tout à fait au figuré, car le genou participe comme il peut à mon état de petite forme. Après des travaux dentaires, j’ai eu mi-avril une infection dentaire, dont la douleur a duré une semaine. Une semaine à attendre de pouvoir prendre le prochain médicament qui me soulagera. Je notais toutes les prises pour éviter le surdosage et parfois, j’ai attendu avec de la glace sur la joue, montre en main, de pouvoir alléger la souffrance.
On dit que les douleurs dentaires sont parmi les pires. Je suis assez d’accord. On dit aussi que la souffrance fatigue. Encore d’accord.
Mi-juin, quand j’ai eu ma seconde injection de vaccin anti-covid, j’avais un peu récupéré, mais j’étais encore faible, d’autres éléments de mon contexte quotidien me pesant. Quelques jours après, des effets indésirables du vaccin se font fait sentir, dont une douleur que j’ai découvert : celle d’un zona, installé le long d’un nerf intercostal. Une douleur permanente plus ou moins forte et la nuit tellement intense à me réveiller, avec à la clé près d’une heure pour arriver à calmer la douleur à coup de codéine.
J’évite cette fois autant que possible de prendre des médicaments, la douleur étant plus supportable que la précédente. Je me reconnais une certaine endurance, tant à la souffrance qu’à la fatigue. Mais cela ne peut pas durer beaucoup plus longtemps. Heureusement, les vacances prévues sont sous le signe du repos. Je n’aspire qu’à dormir, me poser, me reposer, avec Helgant à mes côtés. Helgant, le symbole d’un bonheur costal pour contrer la douleur intercostale.

Incyclicité @38

Le vélo est un nouveau dieu parisien. Il est loué, parfois adulé, comme la solution. Je suis moi-même passée du vélo occasionnel au vélotaf à l’occasion d’un changement de bureau le rendant effectivement plus rapide que les transports en commun pour mes trajets. Pour autant, je suis souvent atterrée par l’attitude incivique de certains cyclistes.
Mais, je dois dire aussi que tous les discours du monde sur le fait que le vélo c’est la simplicité de déplacement n’occulte pas que c’est une organisation. Il faut prévoir tout le matériel et le transporter. J’ai un vélo à assistance électrique grâce à mon genou. J’enlève à chaque arrêt la console qui permet de gérer l’assistance et la batterie, qui est un des éléments les plus chers du vélo (je viens d’en racheter une, je le mesure donc bien). J’ai un casque et des gants. Et il faut transporter les antivols.
Je vais donc au travail avec un sac qui va dans le panier puis que je transporte dans les couloirs. C’est une des raisons pour lesquelles il m’est parfois plus pratique de prendre les transports quand je ne vais pas directement au bureau.
Peut-être suis-je trop prudente, mais mes vingt ans dans la sûreté me portent à croire que je suis plutôt réaliste. Ce qui est une forme assez adaptée de prudence. Et j’y tiens à mon cher vaillant Vélectro.

Métro @27

Métro, boulot, dodoCher Caddie, très cher Caddie,
Je suis absolument désolée mais je dois le reconnaître et le dire : avoir repris des métros un temps, notamment parce que j’étais un peu fatiguée pour le vélo, n’a pas été bénéfique pour mon genou. Je sais combien tu aimes tes copains à roulettes souterrains, mais je vais éviter de retourner les voir trop souvent. Ce n’est pas eux mais les escaliers, marches, montées, descentes pour bénéficier de leur heureuse roulitude.
Tu leur expliqueras ? Je ne voudrais pas qu’ils soient vexés.
Merci Caddie,
Je te roule bien fort un bisou sur la joue

À table ! @72

Je suis rentrée de l’hôpital dans des conditions optimales, grâce à la mobilisation de mes amis et voisins (j’y reviendrai sans doute) ; à ma capacité d’anticipation autant qu’à ma maîtrise de l’outil Internet et téléphone ; et à mon assureur militant. Celui-ci a sitôt mandé une aide-ménagère et la livraison de repas. J’ai choisi un repas par jour, craignant que cela ne soit trop copieux, et l’option « menus végétariens »…
— Strict ?
— Pas végétalien, végétarien.
— ?
— Cela peut comporter des sous-produits animaux.
— Du poisson alors ?
J’ai opté pour le poisson, je sentais que ç’aurait été compliqué d’expliquer le statut non végétal du poisson et ne suis pas végétarienne ; juste je voulais équilibrer avec ce que m’apporte ma cohorte de voisins et m’éviter les charcuteries et autres gourmandises délétères pour mon métabolisme que l’on m’avait servies à l’hôpital.
La conversation continue. On en arrive à la livraison.
— Vous serez livrée le mercredi matin, entre 8 h 30 à 13 heures.
Je précise que les repas sont sous vide et livrés une fois par semaine.
— Le 9 juin, cela va être compliqué, je tiens une permanence téléphonique… Vous pouvez me donner un créneau plus réduit ?
— Non, madame. Il a cent cinquante repas à livrer !
— Il a donc un circuit…
— Il fait ce qu’il peut !
Une barquette de repas avec une étique écrit en tout petitJe n’ai pas insisté, c’était inutile. La même scène s’est reproduite avec le service d’aide ménagère dont les jours ne sont négociables qu’en cas de rendez-vous médical. Faire entendre à ces braves gens que la personne handicapée a une vie qui ne se résume pas à leur bon vouloir de prestataires (grassement) payés par mon assureur est une gageure. Je le savais, pour avoir fréquenté pas mal de personnes utilisant ces services. Je pensais que les choses évoluaient. Perdu.
Ah ! j’allais oublier. Les menus sont imprimés dans un format texte que je ne peux pas lire, le contenu des boîtes itou. Le site est à l’avenant. C’est pour qui, déjà, la livraison de repas ? Pas pour les déficients visuels actifs, en tout cas !

Aïe ! @37

Le magnifique chien Helgant se frotte par terre.En adoptant un chien, je me doutais bien qu’il pourrait y avoir quelques incidents. Effectivement, l’enthousiasme joueur qui imprime quelques marques de dents ou l’excitation de la sortie qui s’exprime dans quelques traces de griffes. Rien de méchant, rien de volontaire, rien de grave.
Mais je n’avais pas imaginé pouvoir me retrouver avec une brûlure dans le pli du doigt. Je vous épargne la photo. Cela va mettre du temps à disparaître.
L’origine en est le départ à grande vitesse de Helgant à la rencontre d’un chien que je n’avais pas vu venir et mon geste maladroit pour retenir la laisse en plastique dont le bord m’a frotté vite et fort. Aïe !
Heureusement, la rencontre entre les deux toutous s’est bien passée : pas d’aboiements, pas d’énervements. Comme Cécyle me l’a conseillé : prends des gants quand tu sors Helgant au parc. Ceux de vélo iront très bien. Ce sera d’un chic !

Extravagance parisienne @66

Un tabouret japonais posé au sol dans un couloir de cave.Je suis récemment descendue dans ma cave avec Frédéric pour y chercher des livres pour la signature au Bar’Ouf du 13 juin et déposer une poussette de ma voisine qui ne rentre pas dans la sienne. Arrivée devant la porte, je suis surprise de la grosseur du cadenas… et ma clé ne rentre pas ! Je remarque alors posé juste à côté un tabouret japonais très reconnaissable, et qui m’appartient. On devise un peu avec Frédéric pour arriver à la même conclusion : quelqu’un a ouvert ma cave en brisant le cadenas, sorti le tabouret, et l’a refermée avec son propre cadenas.
Je précise ici que mon immeuble est connu pour ses trafics en tous genres et, d’emblée, sans doute parce que je regarde les séries policières à la télé, j’imagine que ma cave sert d’entrepôt pour… ? Je songe sitôt appeler la police mais commence par mon gardien qui me promet de venir dès le lendemain faire sauter le cadenas en place et m’en poser un autre. Quant à la police, « Elle ne viendra pas pour ça. » J’en discute un peu avec Frédéric et nous sommes d’accord : il est important de la prévenir, des marchandises illicites pouvant être présentes dans ma cave et je ne suis d’emblée pas fan d’une procédure pour recel ou complicité.
Je compose le 17. À mon récit en trois phrases, l’opérateur me passe le commissariat de mon arrondissement qui, après que j’aie donné mon adresse, me répond « Je vous envoie une patrouille. » Trois agents sont là dix minutes plus tard. Ils ne peuvent pas ouvrir la cave à ma place mais partagent mon analyse de la situation. Ils m’invitent à les rappeler si, le lendemain, je trouve dans ma cave des choses qui ne sont pas à moi.
J’espère que les occupants sans titre de ma cave vont récupérer leurs affaires dans la nuit. Il n’en est rien. Au matin, mon gardien fait sauter le cadenas et trouve très vite des petits sachets vides qui pouvaient avoir contenu du shit (je ne sais pas, je n’en ai jamais vu) et conclut que ma cave sert de zone de reconditionnement. Je rappelle la police qui arrive l’heure suivante. Je leur ouvre la cave. Un policier me désigne une petite sacoche en me demandant si elle m’appartient. Ce n’est pas le cas. Après les formalités judiciaires d’usage, il l’ouvre, y trouve un couteau, une balance, d’autres petits sacs vides. Il ramasse ceux éparpillés sur les étagères où sont bien rangées mes affaires (des documents, des livres, et des babioles).
Je ne sais pas quelles suites judiciaires aura cette affaire ; j’ai déposé une préplainte pour effraction et occupation de ma cave. Pour ce qui est des « suites locales », je suis allée discuter avec l’éducateur qui gère notre secteur (je préfère la prévention à la répression). Dans la soirée, une voisine a entendu des gars de chez nous (comme on dit) s’engueuler car l’un n’aurait pas fait son taff et mis les autres dans l’embarras. J’avoue, cela m’amuse beaucoup.

Changement @28

Dans la décision d’adopter un chien pesait beaucoup la question des contraintes, dont le sortir pour ses besoins. Ce qui signifie aussi devoir ramasser ses déjections.
Un temps de ma vie professionnelle, j’ai participé à la lutte contre les propriétaires de chiens indélicats. Je ne m’imaginais pas pour autant à leur place, et pas seulement par respect de l’espace public et de ses usagers. Une des raisons est que je ne pouvais m’imaginer propriétaire de chien, car j’avais une horreur, une véritable répulsion physique, pour lesdites déjections. Longtemps, même voir un chien crotter dans la rue me dégoûtait profondément. C’était le summum de ce qui m’était insupportable de voir.
Donc, dans ma décision d’adoption, était en jeu ma capacité à dépasser cette répugnance profonde. D’autant qu’il n’était pas question de ne pas ramasser, sur du bitume ou du gazon.
Sans doute qu’aimer son animal aide à y arriver, mais le fait est que, passer les premiers moments, cela ne me pose plus de problème. Bon, parfois le matin à jeun, ce n’est pas folichon…
Helgant n’a pas permis de retrouver les racines psychologiques ou d’élaborer d’autres clarifications de ce qui a pu m’arriver au stade anal. Mais il m’a permis de dépasser cette répugnance. En somme, il n’est pas psychanalyste, mais plutôt expert en TTC (thérapie comportementale et cognitive). C’est un de ses multiples talents.

Gamine @32

J’ai assisté à plusieurs formations ou séminaires en ligne, tous avec des « slide » (so chic !) tout à fait illisibles (so ringard !) le plus souvent envoyés après la formation alors qu’en les envoyant avant, j’aurais pu les agrandir… Passons.
À deux reprises, j’ai été confrontée à l’introduction d’une interface participative entre l’intervenant et son public. Il s’agissait de se loguer sur un site où l’intervenant avait prévu des questions à réponses prédéfinies, comme une sorte de test des connaissances de son public tout à fait inutile car la conférence à suivre n’en tenait pas compte. Je suppose que l’idée est d’impliquer les participants, d’en faire des acteurs de ces interventions.
Dans les faits, les questions posées étaient si pointues bien que touchant au quotidien que les participants ne pouvaient répondre sauf à avoir déjà suivi la formation. Cette ignorance avérée érigeait par conséquent l’intervenant en celui sachant dans un rapport d’emblée infantilisant avec son public.
L’outil de participation se transforme alors en outil de valorisation des intervenants dans une suffisance qui m’a chaque fois été insupportable tant ceux-ci s’en sont gratté la prostate. Je n’ai pas besoin que l’on me dise que je suis une nouille pour que j’accepte d’être formée ou informée, ce d’autant moins que c’est en toute liberté que j’ai suivi ces formations.
Je crains que l’outil ne soit pas pour grand-chose dans cette dérive ; à moins qu’il ait été créé pour ça ! La branchouille est sans limites dans sa capacité à nous prendre pour des naïfs et la domination masculine si friande de technologie… Le monde d’après ? C’est mal barré.