Archives de catégorie : Tonton @

Tonton @18

Profession de fois de BayouAprès le premier tour des élections régionales, les listes de Audrey Pulvar, Clémentine Autain et Julien Bayou ont fusionné, déclenchant les foudres de la droite réactionnaire qui nous a ressorti des arguments dignes des exécrations de 1981 quand François Mitterrand est arrivé au pouvoir avec le soutien des communistes. Même si Julien Bayou est loin de m’inspirer confiance, j’étais résolue à voter pour cette union, d’abord parce que son projet politique est le mien, aussi parce que Clémentine Autain et Audrey Pulvar sont des femmes dont la vie politique a besoin.
J’étais un peu taquet pour récupérer des informations pour faire un appel au vote sur mon site (celui en lien plus haut) et surveillait les réseaux sociaux, les sites… J’ai fini par voir arriver des microbillets Twitter annonçant l’union avec comme seule source d’information des fac-similés de la profession de foi commune, en jpg, sans description ni lien externe pour espérer en lire la version texte.
J’ai eu l’idée d’écrire à Julien Bayou.

« Bonjour monsieur, je vais devoir voter pour vous dimanche. Je le ferai quoi que j’en pense. Par contre, je serais ravie de le faire de manière éclairée mais votre profession de foi n’est pas accessible basse vision. Je ne peux donc pas la lire. Ça commence mal, entre nous ; vous ne trouvez pas ? Il est bien beau de parler d’accessibilité quand on ne s’y soumet pas soi-même. Je gage que vous saurez pallier cela d’ici dimanche. Bonne semaine, bien chargée, j’imagine. »

La réponse n’a pas tardé, à peine quelques heures :

« merci à vous
« bonjour, voici »

N’est-ce pas extraordinaire ? J’arrive ainsi sur une page du ministère de l’Intérieur qui reprend les professions de foi. J’ignorais que cela existât. Et là, miracle de la réponse trop rapide : les deux versions pour les « personnes non voyantes » « n’ont pas été fournies » par cette liste… Ma réponse n’a pas tardé, assortie d’une copie d’écran où j’ai entouré en rouge la mention m’intéressant :Copie d'écran de la page en lien.

« Merci, c’est parfait ! [émoticône mort de rire à s’en rouler par terre]
« Rassurez-vous, j’ai un bon lecteur d’écran et un zoom puissant.
« Et je tiens toujours mes engagements.
« Bonne fin de soirée. »

Julien Bayou (ou la personne qui gère son compte Twitter) n’a pas jugé bon de me répondre. Mais pourquoi je m’en étonne ?

Tonton @17

Dimanche 31 janvier 2021 à 20 h 30 après le journal du soir sur France 2. « Bernard Tapie est l’invité du 20 h 30 ce dimanche. Grand témoin de notre soirée, il réagira à l’actualité. »
Depuis ce dimanche soir, une question existentielle me hante : qui en a quelque chose à faire des réactions de Bernard Tapie sur l’actualité ? J’en dirais même plus : qui en a quelque chose à faire de Bernard Tapie, à part sa famille et ses proches bien sûr ?

Tonton @16

Je ne sais pas trop ce qu’évoque le Panthéon pour les uns et les autres mais, à moi, il me fait à peu près le même effet que le tombeau de Napoléon soit l’idée d’un vieux truc moche qui fait partie de notre histoire mémorielle. Mais cela doit être plus que cela, Tonton lui-même s’y étant rendu après son élection en mai 1981. Mon bac que je passais à Montpellier était quelques semaines plus tard mais je m’étais débrouillée pour y être, près de lui ; je suis restée coincée rue Saint-Jacques, loin, très loin… Moins loin que Montpellier !
J’avais participé il y a trois ou quatre ans à une manifestation pour que Olympe de Gouge y entre au nom d’une parité qui y est totalement absente ; j’ai vu passer la candidature de Verlaine et Rimbaud retoquée par la famille qui ne souhaitait pas trop afficher leurs amours (c’est ça ?) ; et voilà que désormais, c’est le tour de Gisèle Halimi.
Je crains qu’elle n’y repose pas tant en paix tant ce tombeau national doit receler de machistes brutassons (c’est une hypothèse au vu de l’âge du capitaine et de la prégnance de la domination masculine) et surtout, je ne comprends pas bien la démarche. Certes, le Panthéon a « vocation à honorer de grands personnages ayant marqué l’Histoire de France hormis pour les carrières militaires » (Wikipédia).
Ils sont actuellement quatre-vingt-un ; la liste de ceux qui n’y sont pas est d’autant plus longue ! Alors bien sûr, on peut y installer des symboles, Gisèle Halimi comme tant d’autres, et les débats de qui-y-va-qui-n’y-pas pas avèrent que les oubliés sont tous légitimes à un titre ou à un autre. Je reste néanmoins assez dubitative sur le fait de mobiliser nos forces sur ces entrées, ce d’autant que les décideurs de cela sont de bons petits soldats de l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste.
La question demeure : comment honorer celles et ceux qui ont « marqué l’histoire de France », surtout celles, depuis la Révolution ? En n’oubliant pas ce qu’elles (ou ils) ont dit et fait, déjà ; et ne pas réinventer l’eau chaude à chaque combat. En se levant chaque matin avec l’idée de poursuivre leur action plutôt que de se complaire dans un quotidien domestique.
— En pétant sa gueule à l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste qui nous opprime…
Caddie ! On ne parle pas comme ça sur le blogue, c’est important, la mémoire.
— Pas moins que la révolution !

Tonton @15

Elle est arrivée hier par voie postale. Pas d’effet de surprise, le contenu est indiqué sur le contenant : « Carte électorale – Ne pas faire suivre ».
Oui, chacun est déjà dans les starting-blocks : dans trois semaines auront lieu les élections européennes. J’invite chacun à prendre connaissance du rôle du Parlement européen avant de faire son choix (ici).
Les élections européennes ont un sens particulier pour moi car elles ont été la première élection à laquelle j’ai participé. C’était le 18 juin 1989 (ici). Je venais d’avoir 18 ans et les têtes de listes françaises étaient Laurent Fabius, Valéry Giscard d’Estaing, Simone Veil…
Je me rappelle avoir voté pour Simone Veil. Pour être honnête, j’étais à l’époque en rébellion totale avec mes parents, socialistes convaincus encore à l’époque. Je l’étais encore aussi mais in-envisageable pour moi de voter comme eux. Le PCF était en voie d’extinction, Les Verts avaient Antoine Waechter comme tête de liste… bref la seule personne me paraissant mériter mon vote était Simone Veil : son histoire me touchait et je me disais qu’une personne qui avait son parcours ne pouvait pas être un mauvais choix. Et puis je voulais voter pour une femme. Peu m’importait à l’époque qu’elle était de centre droit : je n’avais aucune idée de ce que cela pouvait impliquer.
Il n’en reste pas moins que, quoiqu’on pense des personnes, nous avions alors comme candidats un ancien président de la République, un ancien Premier ministre et, donc, une ministre de la Santé rescapée des camps de la mort ayant fait voter le droit à l’avortement et première femme présidente du parlement européen… Une autre époque.

Tonton @14

À la réflexion, je daterais le hiatus entre la vie politique française et moi (ici) à l’élection de Sarkozy à la présidence de la République (2007). Il me semble que c’est peu ou prou à cette période que la « politique spectacle » a damé le pion à « la politique qui met en scène l’intérêt général » ; la nuance est de taille. La personnalité de Sarkozy y est sans doute pour beaucoup, le développement des médias numériques aussi. Les deux allaient bien avec ce besoin de l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste de nous faire consommer toujours plus en nous promettant que notre bonheur dépend de la taille de notre écran plat et de notre consommation de paires de chaussures d’Asie ou de billets d’avion.
L’élection d’un président-bulle, tenant d’un libéralisme empreint de violence sociale et de défense des profits (tangibles ou symboliques) personnels, n’est ainsi que l’aboutissement d’une entreprise de contrôle social, forme presque achevée de démocratie totalitaire sur fond de développement d’un modèle économique et social délétère pour le plus grand nombre (comme pour la planète) avec les médias, plus aujourd’hui que l’école, comme appareil idéologique d’État le plus efficient. Ils se mettent ainsi au service du personnel politique (et inversement), mettant en spectacle les élections, invitant toutes et tous et hen à se mêler de ce qui est désormais un jeu sur fond de sondages, de réseaux sociaux bien organisés, un jeu de télé-réalité à l’échelle nationale d’où l’analyse intellectuelle et les savoirs fondamentaux sont exclus.
France TV info proposait ainsi de « la jouer » comme Macron et Philippe en composant le « gouvernement idéal ». J’ai également entendu, versant artistique de l’opération de contrôle de l’électorat, une « journaliste » devant l’Élysée qui attendait le « casting » du prochain gouvernement, comme si gouverner était un « saop » destiné à faire monter l’audimat. À quand les Giscard (juste parce que ça rime) de la politique ? Et le festival de Strauss-Kahn (la rime, toujours) ? Ah ! les Folies Messmer. Ça avait tout même plus de cuisse !

Tonton @13

Cette présidentielle m’a mise K.-O. ; je suis sonnée et triste, n’ayant rien vu venir de la résistible ascension du candidat Macron. J’avais dit à Isabelle il y a quelques mois que je pensais qu’il était un bulle ; je le pense toujours mais il est président de la République, comme d’autres gagnent le concours de la Star Ac’ ; quelques mois et l’on est chanteur populaire là où je croyais que « L’art, c’est comme le chinois, cela s’apprend. » (Picasso) Et l’on n’apprend pas le chinois en quelques mois même en méthode Assimil, à moins de ne chercher à pratiquer la langue que pour de menues conversations poissardes.
Aurions-nous un menu président qui nous prépare un septennat poissard ? Les législatives nous en diront plus et les semaines à venir, pour le coup, vont être passionnantes. Je suis sonnée, triste, et curieuse. Ma curiosité, pourtant, ne compense pas le reste. J’écrivais le 8 mai à Isabelle qui a accueilli le 7 mai mon désarroi d’avoir dû voter blanc (vote dont je me suis expliquée ici), « Il faut que je trouve un moyen de vivre dans ce monde que je ne comprends pas. » Je vais trouver ; je sais. Ma vie est action. Rebondir. Agir. « Ce monde que je ne comprends pas » ; je dois y réfléchir. Vous avez des idées ?

Tonton @12

Clé des muséesEn visitant le site historique du Morvan, j’ai reçu une plaquette de l’opération la « Clé des musées », associant seize d’entre eux dans la région pour bénéficier du tarif réduit. Chacun est présenté avec un petit texte, une photo, des précisions pratiques… Deux sont situés à Château-Chinon, musée du costume et musée du septennat (dédicace particulière ici à Cécyle !) Ce n’est pas leur seule particularité, car ce sont les seuls où ne sont pas indiqués les tarifs pleins et réduits, mais « Tarifs Famille : 2€ par parent et gratuité pour tout enfant jusqu’à 16 ans »… Que payent les adultes non-parents ? Et les enfants de plus de seize ans sans enfants ?…
Encore un effet de la paternité de Mazarine ? Même de la tombe, l’esprit de Tonton ne cesse de hanter la région…

Tonton @11

J’étais, mercredi 7 mars 2012, au meeting d’interpellation des candidats à l’élection présidentielle initié par quarante organisations féministes. Un grand moment militant ! Une belle soirée de mobilisation comme je n’en avais pas vécu depuis bien longtemps — le Bourget, 1988… « Jaurès, Blum, Mitterrand ! »… Je m’égare !
Pas tant que cela. Parmi les candidats présents, François Hollande était le plus attendu. Jean-Luc Mélanchon a été le plus « dragueur », Éva Joly la plus technique, Philippe Poutou le plus débonnaire et François Hollande le plus… Démago ? C’est en tout cas ce que j’ai crié, dans le feu de l’action, avant de récupérer à mon profit les encouragements de deux dames derrière moi : « François président ! », hurlaient-elles et je couvrais le « président » par « Mitterrand », ou le « François » toujours par « Mitterrand »…
Voilà pour l’amusement.
Au fond, Françoise Hollande n’avait pas grand-chose de novateur à dire, récupérant pour l’occasion le discours féministe du PS que l’on n’avait pas entendu depuis… Yvette Roudy. Elle était d’ailleurs dans la salle, longtemps applaudie avant l’arrivée de son champion, et pendant : les trublions dans mon genre profitaient de la moindre référence à une femme par François Hollande pour l’interrompre en scandant le prénom de celle-ci ; « Ségolène ! Ségolène ! » ; oui, j’ai osé.
À la fin de son intervention, François Hollande s’est levé et est venu sur le devant de la scène, invitant les femmes du PS présentes (les plus connues) à le rejoindre. Yvette Roudy était du lot. Il lui a donné le micro, savourant les bravos qui accompagnaient son geste. Elle a tout de suite orienté son propos improvisé sur les violences faites aux femmes, dénonçant leur multiplication, « dans les banlieues », les « voyous »… On n’a guère entendu la suite. Le dérapage a tout de suite été couvert par une salle qui, cette fois, criait fort plus par « protection » que par « indignation », sentant le dérapage venir, souhaitant, par respect pour la grande militante, l’arrêter au plus vite.
Ouf ! On y est arrivés. Yvette Roudy n’a pas eu le temps de dire les horreurs que l’on pressentait. François Hollande a repris le micro, bafouillant un à bientôt assez gêné. Gageons que ceci lui apprenne à ne pas trop instrumentaliser les égéries sur le déclin. Quant à Yvette Roudy, il ne lui reste même plus Lisieux pour pleurer. Tant pis.

Tonton @10

Campagne de publicité "Parole de premiers"C’est par une campagne d’affichage sur un mur de ma rue que j’ai découvert une émission de LCI intitulée Paroles de premiers. Autour de Michel Field, deux « premiers » analysent la campagne, électorale cette fois. Mais quels « premiers » ? « Premiers » de quoi ? « Premiers » tout court ? « Premiers » en tout ? Les meilleurs, ceux devant tout le monde, l’élite ?…
Ce n’est pas dit, mais montré : Jean-Pierre Raffarin et Lionel Jospin, anciens occupants du poste de « Premier »… ministre.
L’un a glosé sur la défense de la France d’en bas, mais est-elle opposée à celle d’en haut ou à celle des « premiers » ? En tous les cas, pas de risque de confusion : un « premier » ne fait pas partie de cette France passée du bas aux oubliettes avec le passage à la trappe médiatique de l’expression raffarinesque.
L’autre a surtout été le « premier » (et jusqu’ici le seul) candidat de gauche à s’incliner devant un candidat d’extrême droite à la présidentielle et ainsi échoué à passer le « premier » tour depuis 1981. Parient-ils tous sur l’amnésie supposée de la population (pour ne pas dire du peuple, terme plus en vogue) en matière politique ? Enfin, pas pour ce qu’ils étaient, puisqu’il suffirait de les voir pour comprendre le titre de l’émission. Mais pour l’assumer, il faut bien croire en la faculté d’oubli de leur programme et leurs échecs. Par quel cynisme peuvent-ils accepter de se poser en « premiers » dont la parole a forcément une valeur en soi pour une campagne électorale que l’un a si lamentablement perdue quand l’autre s’est toujours vanté de ne pas être coupé de la France des derniers ?
La politique ne cesse d’utiliser les ressorts de la publicité en privilégiant les effets d’annonce sans même tenir compte de leurs sens, mais depuis quand ? Ah ! oui, depuis Jacques Séguéla pour François Mitterrand, jamais « premier », seulement président.

Tonton @9

À l’instar des commentateurs politiques après l’annonce de candidature de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, je me suis interrogée sur le slogan annoncé : « Une France forte ». Car si le mot « France » est un incontournable d’un sortant, je suis surprise que Sarkozy n’ait pas également utilisé le mot « président ».
Giscard, en 1981, disait « Il faut un président à la France ». Mitterrand, lui, en 1988, incarnant totalement la fonction (il était, même pour ses adversaires « Le président »), s’est payé le luxe d’une « Génération Mitterrand » particulièrement efficace et d’une « France unie ». Chirac, pour sa réélection en 2002, s’est contenté de la France « La France en grand, la France ensemble » mais personne n’a jamais contesté son exercice de la fonction.
Car tel me semble être le problème électoral de Sarkozy : il a bien du mal à incarner la fonction à laquelle il prétend alors qu’il l’a exercée pendant cinq ans et quand on lui en accorde le bénéfice, c’est pour en contester l’exercice. « Génération Sarkozy » aurait donc été ridicule… et vu le personnage, j’aurais fait quelque chose de type « Votre président pour la France », afin d’affirmer ce qu’il n’est pas et tenter d’en convaincre les électeurs en les impliquant personnellement (et réduire la distance)…
Quand on pense à ce que coûtent ses « experts en comm’ », je me dis que soit ils sont très mauvais, soit c’est à moi de jeter mon tablier de « responsable de la propagande » ! Qu’est-ce que tu dis Isabelle ? Que je l’ai déjà jeté en 2001 ? Oh ! pardon. J’avais oublié… Ouf ! Éva Joly à toutes ses chances.