Archives de catégorie : Solitude @

Solitude @7

Caddie, barré de tricolore, avec en slogan : 20222 avec Caddie, amour, gloire et roulettes !Il est de moins en moins probable que je mouille la chemise dans cette présidentielle, si tant est que je ne la mouille pas chaque jour dans un activisme permanent, que ce soit dans mon écriture, dans mes engagements, ou dans mes cours de judo. Mais la question qui se pose est ici : pour qui vais-je voter (sous-entendu « au premier tour ») ?
J’ai décidé il y a quelques semaines de me concentrer sur les programmes plutôt que sur les personnes tant mes griefs sont grands à l’égard des uns et des autres. Cela reste assez compliqué de faire le distinguo. Il y a des manières de dire, de faire, des parcours politiques qui peuvent me rendre l’un impossible, d’autres plus acceptables. En un mot, c’est compliqué.
J’ai publié ce microbillet Twitter :

« À 66 jours du 1er tour, mon idéal politique est à la croisée des programmes de @Anne_Hidalgo, @Fabien_Roussel & @yjadot. Si je me place du point de vue de l’#accessibilite, je vote blanc ; … de la fidélité, Anne Hidalgo ; … de la révolte, Fabien Roussel ; …. de… non, pas lui. »

Quelques jours plus tard, celui-là :

« Je lis beaucoup sur Twitter qu’il faut répondre à « l’urgence démocratique » sans qu’un mot ne soit dit sur l’#accessibilité aux programmes électoraux donc au débat démocratique ; 20 % des électeurs… Ça devrait faire bouger la suffisance #validiste, non ? »

Jamais je n’aurais imaginé que l’accessibilité pût guider mes choix politiques ; c’est sans doute grâce à la prise de conscience qu’étendue à la question plus large de l’inclusion, elle touche tant de personnes que les pauvres-petits-gn’handicapés que nous sommes forment aujourd’hui une avant-garde qui détient la clé du changement sociétal auquel nous sommes nombreux à aspirer.
Quid de la révolution écologique en laquelle j’avais beaucoup espéré après le renoncement de Lionel Jospin à un projet socialiste ? Quid ? en effet tant elle fait l’impasse sur ces questions ce qui ne devrait ontologiquement pas le cas. Autrement dit, que Anne Hidalgo ou Fabien Roussel confondent PMR, situation de handicap et personnes handicapées (je fais court) ne me surprend pas ; que les Verts fassent de même, c’est beaucoup moins acceptable ; leur programme est certes plus complet que les autres ; mais comme la question n’est pas considérée comme transversale et que le document n’est disponible qu’en pdf, cela dit tout de leur implication réelle (ce que leur pratique politique à Paris confirme). Quant à l’idée censément saugrenue de pouvoir voter pour le PCF… Vous voulez que je vous dise ?
Allez, en un mot : entre la GPA et le nucléaire, je choisis le nucléaire ! Et entre un « LGBTQIA » branchouille qui ne connaît pas les mots « lesbienne », « homosexuel », « homosexualité » et réduit les femmes à des poules pondeuses, je préfère un rien avec en mémoire les combats, en France, des communistes pour les libertés (et pour la culture aussi, grande oubliée de cette campagne).

Note. J’ajoute que je dois au PCF le « y » à mon prénom ; ce n’est pas rien !

Solitude @6

La lune se reflète dans l'eau d'un lacPendant les vacances, j’ai passé une grande partie du temps avec Helgant. J’étais donc seule puisque sans autre bipède à proximité. Cela intrigue souvent les personnes des gîtes que je loue. L’une d’elles m’a demandé si je n’allais pas m’ennuyer seule.
Et là, scandale ! Je n’ai pas le temps de rêvasser qu’il est déjà le soir. Je lis un peu, me promène avec Helgant, nous flânons et le temps file, j’ai à peine un moment pour écrire des billets pour le blog. Sans regarder la télé ou autre distraction chronophage, je n’ai pas la possibilité de m’ennuyer !
Je me demande si je ne devrais pas poser une réclamation, je vais chercher à qui : seule, je ne m’ennuie pas alors que ça devrait être la norme, les promesses ne sont donc pas tenues. Pire, je n’ai même pas le temps de lire tout ce que j’ai apporté ou de marcher des heures. C’est n’importe quoi cet ennui.

Solitude @5

Marcher longtemps me fait du bien. Ma chair y trouve un équilibre. Mon esprit s’envole vite, au péril parfois de mes trajectoires et franchissements de carrefour. Il me fait vivre dangereusement. C’est ainsi.
Je pars souvent dans des conversations écrites ou verbales imaginaires, laissant mon désir s’exprimer, mes émotions se dire. J’ai ainsi entendu cette question traverser mes envies d’un baiser.
­— Mais sur quoi tes relations amoureuses achoppent-elles ?
J’aime bien les jolies phrases. La question n’a pas tout de suite été formulée ainsi. À force de la travailler, les réponses sont venues au nombre de trois.
— Parce que mon équilibre est fragile et que je mords dès que je le sens en danger réel ou supposé. Parce que mon mode de vie est une somme de choix politiques qui rend souvent difficile l’établissement d’espaces de partage ne serait-ce que parce que mes choix sont par nature sujets à contestation. Parce que la vie quotidienne à deux m’ennuie et que mon désir s’y corrompt vite.
J’ai bien aimé me sentir responsable du point d’achoppement. J’ai passé les arguments à la moulinette de ma vie sentimentale et des relations où c’est moi qui suis partie. Cela collait bien. Mon doute aujourd’hui n’en est que plus grand. Et, fort étrangement, mon espoir aussi.
Bigre.

Solitude @4

Métro, boulot, dodoJ’ai été surprise, l’autre soir, d’entendre un message audio de la RATP invitant les voyageurs à vérifier qu’ils n’avaient « rien oublié à bord ». Il s’agissait de faire de la prévention attentat, bien sûr, et surtout de la prévention contre l’afflux d’appels signalant des colis suspects : en moyenne sept par jour donnent lieu à une intervention des démineurs, celles-ci prenant en moyenne quarante minutes pendant lesquelles la circulation des métros sur la ligne concernée est stoppée. J’ai trouvé ces infos dans un article non daté, mais visiblement récent, qui a disparu depuis (20 mai 2017).
Donc, j’ai été surprise… par le texte de l’annonce. « À bord » m’évoque en effet plus un bateau ou un avion ; il est vrai pourtant que l’on dit aussi « à bord de ce train ». Antidote me confirme que « à bord » concerne tout véhicule même si cela évoque plus historiquement le bord d’un navire soit son côté. Il était un peu tard après une soirée où j’avais espéré quelqu’une qui n’est pas venue et je me suis mise à imaginer que mon métro devait affronter la grande crue, nouvelle arche de Noé… puis qu’il allait décoller et m’emmener à l’autre bout du monde pour des retrouvailles câlines avec la Soufrière.
L’hiver me rend décidément bien nostalgique, la fatigue aussi. Le printemps transformera-t-il la nostalgie en renaissance ? C’est le lot du printemps non ? Gageons qu’il n’oublie pas que je suis une belle plante même si je pique beaucoup et fleurit peu !

Solitude @3

Ah ! si une bergère passait...

En vacances à la montagne, j’ai suivi une conversation entre mon hôte au gîte et un de ses amis à propos des loups croqueurs de bêtes d’élevage. Il a été question de différents aspects de la question, dont l’équipement de bergers en fusils, les loups semblant ne plus avoir peur des hommes, car ils n’ont plus de raison de les craindre.
Celui qui habitait en montagne dit que si cela peut se comprendre, c’est assez risqué, car en gros de nombreux bergers ne sont pas forcément toujours équilibrés. Pourquoi ? C’est « à force de passer plusieurs mois sans voir une fille », dit-il en ajoutant immédiatement « ou sans voir un gars si c’est une fille ». Il n’y a pas eu de précision supplémentaire d’autres cas possibles.
Ah ! dommage pour le fantasme, car je n’aurais pas refusé de croiser le chemin d’une bergère pendant mes randonnées…

Solitude @2

Il y a dans le célibat une grande autonomie et indépendance, que beaucoup de gens en couple envient parfois, mais la différence sociale est pesante. De plus, on a trop tendance, comme là, à opposer solitude et couple. Ne pourrait-on pas pouvoir vivre une relation sans pour autant être « dans » une relation ?
En effet, souvent, je comprends que des couples sont encore debout par peur de la solitude, sans tenir par des raisons plus essentielles. Sans rencontrer quelqu’un qui donne vraiment envie de se lancer dans un « truc » (vie ? relation ? aventure ? déjà plusieurs manières de nommer et souvent de vivre) à deux, est-on condamné au célibat ? Je ne parle pas que de sexe, mais même là, ce n’est pas si facile…

Solitude @1

« La solitude me pèse », m’écrit une amie. Je ne sais quoi lui répondre. Elle me pèse aussi, surtout quand j’aspire à la rompre. J’ai longtemps associé « vie à deux » et ordre social, considérant que l’ordre social a besoin de cellules policées pour réguler les liens entre les individus. L’État ne peut y suffire, les institutions (au sens large) privées et publiques non plus. La famille joue, dans ce contexte, un rôle coercitif majeur, la famille, le couple d’abord, puis son extension.
Je n’ai ainsi jamais considéré la création du Pacs comme l’expression de l’ouverture d’esprit des pouvoirs publics mais bien comme l’outil de la pacification de nos mœurs et la pleine participation des homosexuels au maintien de l’ordre social. Quant au mythe (oui, j’ai bien écrit « mythe ») du grand amour, celui qui dure toujours et que l’on trouve au centre de la production culturelle et artistique relayée par les médias, il me paraît être l’ « appareil idéologique » au service de cet ordre : pendant que l’on cherche l’autre, et/ou que l’on « construit » (comme on le ferait d’une maison) une relation, une famille, l’ordre social n’est pas contesté avant de devenir incontestable.
Si l’on suit cette logique, la solitude peut devenir un acte protestataire, une manière d’être au monde qui conteste l’ordre social. Est-ce que cela console ? Loin s’en faut !