Archives de catégorie : Pucer @

Pucer @55

Vous avez aimé les aventures de Monsieur Flanagane ? (L’épisode précédent, c’est par ici). Alors vous allez aimer les mails des vieux ami·e·s inconnu·e·s.
En effet, en tant que travailleur indépendant, je suis très souvent démarché, notamment par courriels, pour divers produits, prestations ou autres services à destination des entreprises. Certains envois se font très accrocheurs. Illustrations avec deux extraits de mails reçus après plusieurs sollicitations de personnes que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam :
– « Frédéric, comme vous n’avez pas répondu à mes différents messages, peut-être êtes-vous malade ? Recontactez-moi pour me donner de vos nouvelles et me rassurer. »
– « Frédéric, malgré mes relances, vous ne m’avez pas recontactée. Pouvez-vous m’appeler juste pour me confirmer que vous avez bien reçu mon email ? »
Qui ne tente rien n’a rien…

Pucer @54

Un jour sans télétravail, je quitte mon bureau après 19 heures, nouvelle heure du couvre-feu. Je prépare mon attestation puis range mon portable pour discuter avec un collègue. Et là, d’un coup, je me rends compte que j’ai coché par habitude la case « Animaux de compagnie ». Je ressors donc le téléphone pour refaire une attestation et cocher « Activité professionnelle ».
Je venais de discuter avec Cécyle d’une action de mon employeur visant à favoriser l’accompagnement des agents voulant devenir formateurs de chiens-guides venant travailler avec lesdits chiens pour les habituer aux transports et au bureau. Et j’avais hâte de retrouver Helgant.
Arrivée à la maison, j’ai d’ailleurs ressorti le téléphone pour refaire une attestation, tout en prenant la laisse pour accompagner Helgant faire ses besoins. Je n’ai pas fait d’erreur de case cette fois.

Pucer @53

J’ai passé les deux premières semaines de confinement à Royan, sur la côte Atlantique. J’ai dispensé des cours à distance tous les jours, en gros de 9 heures à 17 heures.
Là où je logeais, ni wifi, ni ethernet. Mon inquiétude était double : d’une part, le réseau 4G était faible, d’autre part, aurai-je assez de data pour assurer ma semaine de cours ?
Après un premier cours en utilisant la plateforme Zoom, j’ai été rassuré. Concernant le premier point, le réseau était parfaitement suffisant. Quant à la quantité de data, j’ai été très surpris du peu de volume utilisé pour une après-midi continue, avec utilisation de la caméra durant toute la séance et connexion à distance permanente au poste informatique de mon « élève ».
Ensuite, les cours ont eu lieu via Teams de Microsoft et même constat avec moins d’utilisation de la caméra mais échanges de nombreux supports avec ma vingtaine d’élèves.
De quoi me donner plus de souplesse pour envisager de nouveaux déplacements professionnels.

Pucer @52

Les nouvelles technologies ne sont pas toujours les alliées de nos libertés même si on a l’impression parfois qu’elles nous facilitent la vie. Il en est ainsi de la biométrie et je crains qu’après les éternuements de circonstances, il ne soit de plus en plus difficile d’échapper aux identifications par nos empreintes (digitales ou autres), nos rétines, notre visage ou nos crottes de nez. Dans ce contexte, le débat s’intensifie aujourd’hui autour de la reconnaissance faciale. On nous vante son efficacité en matière de sécurité publique en doublant avec des arguments de vie quotidienne : plus besoin de papiers, de codes ou autres : on sourit au terminal de paiement et hop ! les courses sont payées.
Avec la généralisation du port du masque, il semble pourtant que le sujet marque le pas. Nous sommes tous des imbéciles aux yeux de certains décideurs mais on est quand même en mesure de comprendre qu’avec un masque sur le nez, cela ne marche pas. On peut tous espérer que cela ne va pas durer mais le temps que ça dure, il faut bien faire progresser ces technologies fructueuses pour les entreprises qui les développent. Sur quel argument ? Les déficients visuels, bien sûr ! N’est-ce pas une population qui serait ravie d’avoir une oreillette qui lui glisse à l’oreille le nom de la personne qui s’approche et s’apprête à dire bonjour ?
Cela le serait, en effet, et j’ai dans mon téléphone intelligent une appli qui fait cela, ou du moins qui le tente. C’est une appli qui dit clairement qu’elle n’est pas au point, et qui compte sur moi pour s’améliorer, je suppose. Je suis médisante bien sûr, c’est pour aider les (pauvres petits) handicapés que ces technologies se développent à grands frais. Un exemple ? Facebook ! Non ? Eh bien si ! Facebook, qui n’est pas spécialement accessible basse vision, ni sur navigateur ni sur appli, vient aujourd’hui au secours des déficients visuels avec ses lunettes connectées. Quel altruisme ! J’en reste baba.

Pucer @51

Comme beaucoup, je suis « enregistrée » dans des pharmacies et établissements de santé qui pratiquent l’avance de frais, sécurité sociale et mutuelle. Pour la sécurité sociale, ma carte Vitale se met à jour toute seule. Par contre, pour la mutuelle, je présente chaque début d’année la nouvelle carte valable un an. Depuis le 1er janvier, j’ai fait cela dans ma pharmacie plus une autre dans le quartier, à l’hôpital Saint-Joseph, dans un centre de radiologie et dans deux centres de soin. Chaque fois, tout s’est bien passé.
Voulant faire une commande en ligne avec ordonnance dans une pharmacie à prix cassé, j’ai dû joindre une attestation sécurité sociale et le scan de ma carte mutuelle. Je l’ai donc sortie du petit porte-carte où, en ces temps de contrôle tous azimuts, je transporte une partie de mes papiers. Hors confinement et autre couvre-feu, je les conserve dans mon portefeuille, posé sur une étagère de mon bureau. Il en est de même pour ma carte Vitale et ma carte de mutuelle.
Mon scan fait, j’ouvre le pdf et tombe en arrêt devant la date de validité de ma carte de mutuelle. C’est celle de l’année dernière. Je n’avais pas remarqué tant c’est écrit petit et il fallait bien qu’elle soit plein écran sur l’ordi pour que j’y lise quelque chose. Je vérifie sitôt si celle de 2021 ne serait pas dans mon portefeuille. Elle y est, bien au chaud. J’en conclus que je l’y ai rangée quand je l’ai reçue au lieu de la mettre dans le porte-carte ; et que six personnes censées vérifier que j’étais à jour de mes droits n’y ont vu que du feu. C’est rassurant, finalement.

Note. Pour vous donner une idée de la taille des polices, ce document mesure 105×85 mm.

Pucer @50

On se plaint beaucoup du complotisme dans les parages alors qu’on y trouve de nombreux avantages.
La preuve : je me suis fait dépister à la Covid-19 avant de rejoindre mes parents pour Noël. Un long coton-tige dans le nez, un œil qui pleure un peu mais surtout je capte désormais très bien la 5G.
Joyeuse année 2021.

Pucer @49

Je vous avais promis un troisième épisode dans le feuilleton « Paris Habitat au pays des hackers », le voici. Je vous renvoie au premier, et au second, si vous n’avez pas suivi.
Toute correspondance étant couverte par le secret, je ne peux pas reproduire la réponse qui a été faite par une responsable de mon bailleur à mon interpellation sur la préservation de mes données personnelles après l’attaque subie par son réseau informatique. Mais j’ai eu une réponse, très vite, qui m’a fait rire. Celle-ci, en trois lignes, avait vocation à m’assurer que mes données personnelles n’étaient pas sorties des disques durs mais une coquille s’est glissée dans le texte, perfide coquille qui faisait dire à mon interlocutrice le contraire de ce qu’elle souhaitait.
Dois-je considérer que la coquille dit l’indicible, soit que des données personnelles ont été volées, ou que les gestionnaires des réseaux ignorent si tel a été le cas ? Je n’ai pas l’habitude de considérer que les institutions publiques, par principe, mentent ; elles s’arrangent parfois avec la réalité mais guère plus. Je n’ai de toute façon pas le moyen de vérifier. J’accorde donc volontiers le bénéfice du doute à mon bailleur en restant vigilante, bien sûr.
L’affaire est close ? J’espère.

 

Pucer @48

Mon téléphone sonne.
« Bonjour. M. Flanagane ?
– Ah non désolé.
– Ce n’est pas M. Flanagane ?
– Non pas du tout, c’est M. R.
– Bonjour M. R. J’avais une proposition à faire à M. Flanagane mais comme elle n’est pas nominative, je peux également vous en faire bénénéficer…
 »
Depuis plusieurs mois, je reçois régulièrement des appels pour ce « M. Flanagane ». Une erreur de numéro dans un fichier ? Que nenni. Il s’agit en fait d’une technique utilisée par des commerciaux manifestement dépourvus de talents marketing pour tenter de vous vendre un produit, un service ou une prestation.
Après deux ou trois appels de ce type il y a plusieurs mois, les conversations sont aujourd’hui bien plus courtes :
« Bonjour. M. Flanagane ?
– Ah non. Bonne journée.
 » et je raccroche.
Quant à ma liste de numéros de téléphone bloqués, elle est bien plus longue.

Pucer @47

Alors que je voulais payer en ligne mon loyer le 2 novembre 2020, j’ai découvert que le site de mon bailleur était hors service. C’était un dimanche. Je ne m’en suis pas inquiétée. Le lundi, un mail que j’avais envoyé le vendredi à mon gardien m’est revenu, et le site était toujours inaccessible. J’ai un peu fouillé les actualités, les comptes Twitter et Facebook. Rien. Aucune info. Le 7 novembre 2020, je n’ai pas résisté à faire une petite blague sur Twitter. Aucune réaction.
Mon gardien étant en congé, j’ai dû attendre le 12 novembre pour avoir confirmation que le réseau de mon bailleur avait subi une attaque importante. Rien n’était rétabli, ni le site, ni l’espace locataire, ni les mails, ni l’intranet… Les lignes de téléphone semblaient également avoir été touchées. Mon gardien n’avait aucune info. Il utilisait son portable et était sérieusement bloqué dans ses communications avec sa hiérarchie, les prestataires, les services techniques…
Rien ne s’est passé jusqu’au 25 novembre 2020, si ce n’est un article de ZdNet le 17 novembre 2020 qui confirmait l’ampleur des dégâts. Ce 25 novembre donc, je reçois un mail d’une responsable de mon bailleur…

« Cher-e locataire
« Le paiement par carte bancaire n’est plus disponible sur votre espace location en ligne pour le moment. Nous nous excusons pour la gêne occasionnée. »

Suivaient les moyens de paiement restant possibles, et une phrase indiquant que « les équipes de proximité » restaient mobilisées. Le sang de Caddie n’a fait qu’un tour. Il m’a commandé la réponse suivante, avec mes élues préférées en copie, bien sûr, et Ian Brossat (qui ne répond jamais mais est néanmoins l’adjoint à la maire en charge du logement).

« Chère madame,
« (puisque je suis « chère » locataire)
« Ce n’est pas sans un certain plaisir que je reçois votre mail qui m’indique le meilleur moyen de payer mon loyer, moi qui trépigne depuis plus de trois semaines face au site de Paris Habitat désespérément hors service. Je comprends qu’il y a urgence, j’ai désormais vingt-cinq jours de retard. Je vais sans doute opter pour le virement, en espérant récupérer rapidement le RIB nécessaire ; ma banque mettant 48 heures à enregistrer un bénéficiaire, je vous prie par avance de m’excuser du délai supplémentaire que cette procédure engendre.
« Cela dit, mon plaisir aurait été décuplé si vous aviez eu l’obligeance de m’informer il y a trois semaines des soucis informatiques de Paris Habitat ; il aurait atteint son acmé si vous aviez aujourd’hui considéré qu’il était important de me rassurer sur la sécurité de mes données personnelles, coordonnées bancaires comprises, celles que je vous confie depuis des années. N’avez-vous pas, d’ailleurs, une obligation légale à le faire ? Je l’ignore, mais je trouve particulièrement cavalier que Paris Habitat se comporte vis-à-vis de ses locataires comme si de rien n’était, comme si une attaque crapuleuse n’avait pas eu lieu, comme si tout allait pour le mieux chez le meilleur des bailleurs du monde.
« En plus de témoigner du mépris de Paris Habitat à l’égard de ses locataires et de leurs données personnelles, le choix du silence est de nature à encourager la rumeur, les fake, au péril de la qualité de la « relation locataire ». Pour ma part, je me contente de mettre en copie de ce mail monsieur Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris en charge du logement et madame Carine Petit, mairie du 14e, les sachant l’un et l’autre très attachés à nos libertés et à la bonne gestion de nos immeubles, ainsi que notre gérante et les responsables de notre amicale de locataires. Je ne manquerai pas, croyez-le bien, de saisir les services de la Cnil ainsi que le médiateur de la Ville de Paris si vous décidiez de ne pas répondre à ma demande d’information, aussi à l’intention de tous les locataires, dans les deux mois qui viennent.
« Merci à vous.
« Très bonne journée !
« Cécyle Jung »

Et ? Ce billet est déjà long… Feuilleton !

Pucer @46

J’écoute beaucoup de musique et dispose d’un abonnement de « streaming » sur Deazer depuis de nombreuses années déjà. J’y avais d’ailleurs créé deux listes de lecture lors de l’écriture en direct de mes Feuillets, notamment une qui vous dira un peu la musique qui m’accompagne considérant que, depuis 2012, d’autres titres ont enrichi mon univers. Un temps, le site en ligne m’envoyait des messages très réguliers pour m’inviter à installer une appli sur mon ordinateur.
Je n’en voyais pas bien l’intérêt (et ne le vois toujours pas) mais j’ai fini par le faire en espérant que cela éviterait que la musique soit coupée et l’enceinte Bluetooth déconnectée à la mise en veille de l’écran de mon ordinateur. Ce n’est pas le cas (et c’est très agaçant) ; au moins, cela m’évite de me loguer à chaque écoute considérant que j’efface mes cookies à chaque fermeture de mon navigateur.
Globalement, je trouve cette appli mal fichue. Je n’y trouve pas facilement ce que je cherche et notamment les nouveautés. Chaque rubrique n’affiche que quatre albums avec une étiquette texte que je ne lis pas. C’est aussi pour cela que je préfère les sites aux applis, au moins, le zoom du navigateur pallie les insuffisances d’accessibilité. Là, j’utilise le zoom-écran de l’iMac, efficace mais pas toujours facile à piloter.
Il y a pourtant quelque chose que je lis très bien, c’est le titre des rubriques « Pour vous », « Playlists recommandées », « Écouté récemment », « Genre », « Nouveautés choisies pour vous », « Les sorties de la semaine », « 100 % fait pour vous », etc. Et là, franchement, j’ai envie de sortir mon revolver tant le « pour vous » m’évoque l’envie de passer mon chemin. Oh ! je sais, un algorithme me surveille et va me proposer des titres en fonction de ce que j’ai pu écouter et aimé.
Eh bien ! c’est justement cela que je lui reproche : 1/ d’espionner ma consommation de musique ; 2/ par son algorithme, de considérer que mes goûts ne peuvent pas évoluer, s’adapter, changer de genre au fil du temps, de la météo et de ce que j’ai mangé à midi. Qu’est-ce donc que ce monde où le « pour vous » est un resucé sans saveur de ce que j’ai pu aimer un jour ? Celui dans lequel je vis ; je sais. Mais pas celui dans lequel j’ai envie de vivre. Je garde Deazer car je sais que tous les vendeurs de musique en continu (c’est du commerce, hein, n’essayer pas de me faire croire autre chose) fonctionnent de la même façon mais, franchement, j’exècre ce modèle de nivellement culturel organisé. Sachez-le.

Note. Si vous connaissez un fournisseur de musique qui croit que la culture n’est pas une bouillie prédigérée, faites-moi signe ; merci !

Note 2. En écrivant ce billet, Daezer a tenté de se rattraper et j’ai découvert ce joli titre qui, à l’instant, me fait rêver. Et demain ?