Archives de catégorie : Pucer @

Pucer @60

Copie d'écran de la configuration de Face Id. Mon visage au centre d'un cercle à moitié vers. Une consigne (bouger) la tête) écrite en dessous.Dans ma quête d’outils numériques accessibles, j’ai acheté d’occasion un iPad Pro, grand écran, avec l’idée qu’il pourrait m’apporter plus de confort visuel sur certaines tâches que mon iPad air ou mon ordinateur de bureau qui ont pris de l’âge. D’emblée, j’ai rencontré un problème : configurer le déverrouillage avec « Face ID », la reconnaissance faciale domestique.
Dans un premier temps, je me suis retrouvée à devoir cadrer mon visage dans un cercle dont il sortait dès que je tentais de lire les instructions. Ballot. J’ai donc lu la doc, trouvé une simulation, et reproduit l’opération à partir de ces éléments. Cela a fonctionné mais… cela ne fonctionnait pas. J’ai recommencé plusieurs fois, vu dans la doc que l’on pouvait désactiver la fonction « Exiger l’attention pour Face ID » ; judicieux pour une albinos tant mon attention est réduite par ma basse vision et mon nystagmus.
La reconnaissance s’est mise à fonctionner… une fois sur dix. Frédéric m’a donné des conseils, sans succès. Nous avons décidé de prendre un verre pour comprendre le dysfonctionnement. Est-ce que je n’avais pas tendance à obstruer la caméra ? Une fois qu’il m’a dit où elle était, je ne l’ai plus fait sans que cela ne fonctionne mieux. Il a donc configuré pour lui, j’ai reconfiguré pour moi ; cela fonctionnait très bien pour lui ; pas pour moi.
Quel mystère !
Nous étions à deux doigts de croiser nos agendas pour nous retrouver au SAV d’un Apple store quand Frédéric, sagace, a compris là où le bât blessait. En bon valide, il place l’iPad à distance de valide pour le déverrouiller quand moi, en bonne bigleuse, je le place à distance de bigleuse, empêchant à la caméra de m’identifier ! Depuis, je m’entraîne à le déverrouiller « de loin » ! Pas si facile. Quant à la généralisation de ces systèmes de reconnaissance, mon nystagmus en rigole d’avance ; moi, un peu moins.

Pucer @59

Ma nouvelle carte vitaleMa carte Vitale date de mathusalem. C’est la version sans photo, la première que j’ai eue, je pense. Elle a fini par se casser. Je me suis connectée sur le site d’Améli pour en demander une nouvelle : impossible ! J’en ai déjà une… Je suppose que je dois dire qu’elle est cassée. Comment ? Une rubrique me permet de la déclarer volée ou perdue, d’après l’intitulé. Ne trouvant pas autre chose, je regarde là et constate que je peux déclarer qu’elle a un « dysfonctionnement ».
Ce que je. On m’indique dans le formulaire que l’autre sera désactivée, j’imagine quand j’aurai la nouvelle. Un accusé de réception en ligne confirme ma démarche, sans autre explication (comme me suggérer d’imprimer une attestation de droits le temps d’avoir ma nouvelle carte ; cela m’aurait aidée). J’attends.
Dix jours plus tard, je reçois un courrier postal qui m’indique que je peux demander une nouvelle carte Vitale, par courrier ou en ligne… N’était-il pas possible de me le dire en ligne ? On aurait gagné du temps et je n’aurais pas utilisé frauduleusement ma carte chez le dentiste si j’en crois la notification en ligne m’intimant l’ordre de la renvoyer à la Sécurité sociale ?
Dix jours encore et je reçois ma nouvelle carte (je choisis la photo de mon passeport, pour faire le pendant du Navigo accompagnant). Ouf ! L’histoire se termine vite ; mais, une fois encore, la démarche est plus complexe que je ne l’imaginais dans des aller-retour numérique-papier assez surprenants.

Pucer @58

Scan d'un morceau du courrier, avec mon nom et le numéro de donateur.Le plus souvent possible, je consulte des médecins, fais mes examens et reçois des soins dans des structures publiques, mutualistes ou relevant de fondations reconnues d’utilité publique ; il n’y a pas de dépassement d’honoraires et l’état d’esprit correspond mieux à ma conception de la santé. Dans ma liste d’établissements de type à proximité de chez moi, il y a l’Institut Arthur Vernes, fondation reconnue d’utilité publique.
Il y a quelques jours, je reçois un courrier postal à cet en-tête. Y a-t-il eu un problème (administratif ou médical) avec une consultation récente ? J’ouvre. Il s’agit d’un appel aux dons, nominatif avec un « numéro de donateur ». Je ne me souviens pas avoir donné mon accord pour recevoir ce genre de courrier ; et je suis surprise que cet Institut tape dans son fichier de patients pour se constituer un vivier de donateurs.
On peut considérer que, comme je bénéficie de soins gratuits et de qualité, je suis légitime à donner un petit quelque chose à Noël. Mais c’est la sécurité sociale et ma mutuelle qui paient les soins, pas l’Institut. Il a des frais ? Bien sûr. Moi aussi. Mais surtout, cette confusion entre un fichier patients et un fichier donateurs me pose un problème. Vous avez dit RGPD ? Je vais creuser.

Pucer @57

Ma carte bancaire a été renouvelée au mois de septembre à son arrivée à échéance. Au fil des années, j’avais plus ou moins bien mémorisé mon code, après avoir longtemps eu un code que je connaissais très bien. J’avais aussi réussi à retenir l’essentiel des numéros de la carte, sauf les quatre premiers que je mélangeais régulièrement.
Arrive ma nouvelle carte : code identique et seuls quatre numéros n’ont pas changé, les premiers. Misère.

Pucer @56

Dans le cadre de mon invalidité surnuméraire, j’ai pensé me faire livrer quelques commissions. Mes voisines achètent fruits et légumes frais, les font cuire ; et la bande de Caddie et des Mouton assure l’épicerie et les produits non courants. Isabelle m’avait proposé de prendre HelCar pour une virée en supermarché ; au vu de ma liste, j’ai pensé me faire livrer.
J’espérais jouer sur les « livraisons gratuites » à la première commande. J’ai regardé le site de Carrefour et ai constaté que la livraison est gratuite dès 50 euros d’achat aux PMR. En prenant quelques courses pour la voisine, ça fera le compte. J’appelle le service ad hoc ; une dame très gentille me répond ; tout est bouclé en moins de dix minutes. Chapeau bas.
Je me rends sitôt sur le site pour regarder comment ça marche. Je repère une rubrique « Mes achats fréquents » ; et qu’est-ce que je trouve ? Tous les produits que j’achète d’ordinaire en magasin. J’en suis baba. Cela va être très pratique, forcément… en même temps, Big brother is watching Caddie !
— Tout ça, c’est pour me piquer mon taff !
T’inquiète Caddie, dès qu’on peut, on y retourne ensemble au magasin. Pour l’instant, on fait copine avec Carrefour en ligne…
— On se fait livrer une ligne ?
Caddie ! Tais-toi.

Pucer @55

Vous avez aimé les aventures de Monsieur Flanagane ? (L’épisode précédent, c’est par ici). Alors vous allez aimer les mails des vieux ami·e·s inconnu·e·s.
En effet, en tant que travailleur indépendant, je suis très souvent démarché, notamment par courriels, pour divers produits, prestations ou autres services à destination des entreprises. Certains envois se font très accrocheurs. Illustrations avec deux extraits de mails reçus après plusieurs sollicitations de personnes que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam :
– « Frédéric, comme vous n’avez pas répondu à mes différents messages, peut-être êtes-vous malade ? Recontactez-moi pour me donner de vos nouvelles et me rassurer. »
– « Frédéric, malgré mes relances, vous ne m’avez pas recontactée. Pouvez-vous m’appeler juste pour me confirmer que vous avez bien reçu mon email ? »
Qui ne tente rien n’a rien…

Pucer @54

Un jour sans télétravail, je quitte mon bureau après 19 heures, nouvelle heure du couvre-feu. Je prépare mon attestation puis range mon portable pour discuter avec un collègue. Et là, d’un coup, je me rends compte que j’ai coché par habitude la case « Animaux de compagnie ». Je ressors donc le téléphone pour refaire une attestation et cocher « Activité professionnelle ».
Je venais de discuter avec Cécyle d’une action de mon employeur visant à favoriser l’accompagnement des agents voulant devenir formateurs de chiens-guides venant travailler avec lesdits chiens pour les habituer aux transports et au bureau. Et j’avais hâte de retrouver Helgant.
Arrivée à la maison, j’ai d’ailleurs ressorti le téléphone pour refaire une attestation, tout en prenant la laisse pour accompagner Helgant faire ses besoins. Je n’ai pas fait d’erreur de case cette fois.

Pucer @53

J’ai passé les deux premières semaines de confinement à Royan, sur la côte Atlantique. J’ai dispensé des cours à distance tous les jours, en gros de 9 heures à 17 heures.
Là où je logeais, ni wifi, ni ethernet. Mon inquiétude était double : d’une part, le réseau 4G était faible, d’autre part, aurai-je assez de data pour assurer ma semaine de cours ?
Après un premier cours en utilisant la plateforme Zoom, j’ai été rassuré. Concernant le premier point, le réseau était parfaitement suffisant. Quant à la quantité de data, j’ai été très surpris du peu de volume utilisé pour une après-midi continue, avec utilisation de la caméra durant toute la séance et connexion à distance permanente au poste informatique de mon « élève ».
Ensuite, les cours ont eu lieu via Teams de Microsoft et même constat avec moins d’utilisation de la caméra mais échanges de nombreux supports avec ma vingtaine d’élèves.
De quoi me donner plus de souplesse pour envisager de nouveaux déplacements professionnels.

Pucer @52

Les nouvelles technologies ne sont pas toujours les alliées de nos libertés même si on a l’impression parfois qu’elles nous facilitent la vie. Il en est ainsi de la biométrie et je crains qu’après les éternuements de circonstances, il ne soit de plus en plus difficile d’échapper aux identifications par nos empreintes (digitales ou autres), nos rétines, notre visage ou nos crottes de nez. Dans ce contexte, le débat s’intensifie aujourd’hui autour de la reconnaissance faciale. On nous vante son efficacité en matière de sécurité publique en doublant avec des arguments de vie quotidienne : plus besoin de papiers, de codes ou autres : on sourit au terminal de paiement et hop ! les courses sont payées.
Avec la généralisation du port du masque, il semble pourtant que le sujet marque le pas. Nous sommes tous des imbéciles aux yeux de certains décideurs mais on est quand même en mesure de comprendre qu’avec un masque sur le nez, cela ne marche pas. On peut tous espérer que cela ne va pas durer mais le temps que ça dure, il faut bien faire progresser ces technologies fructueuses pour les entreprises qui les développent. Sur quel argument ? Les déficients visuels, bien sûr ! N’est-ce pas une population qui serait ravie d’avoir une oreillette qui lui glisse à l’oreille le nom de la personne qui s’approche et s’apprête à dire bonjour ?
Cela le serait, en effet, et j’ai dans mon téléphone intelligent une appli qui fait cela, ou du moins qui le tente. C’est une appli qui dit clairement qu’elle n’est pas au point, et qui compte sur moi pour s’améliorer, je suppose. Je suis médisante bien sûr, c’est pour aider les (pauvres petits) handicapés que ces technologies se développent à grands frais. Un exemple ? Facebook ! Non ? Eh bien si ! Facebook, qui n’est pas spécialement accessible basse vision, ni sur navigateur ni sur appli, vient aujourd’hui au secours des déficients visuels avec ses lunettes connectées. Quel altruisme ! J’en reste baba.

Pucer @51

Comme beaucoup, je suis « enregistrée » dans des pharmacies et établissements de santé qui pratiquent l’avance de frais, sécurité sociale et mutuelle. Pour la sécurité sociale, ma carte Vitale se met à jour toute seule. Par contre, pour la mutuelle, je présente chaque début d’année la nouvelle carte valable un an. Depuis le 1er janvier, j’ai fait cela dans ma pharmacie plus une autre dans le quartier, à l’hôpital Saint-Joseph, dans un centre de radiologie et dans deux centres de soin. Chaque fois, tout s’est bien passé.
Voulant faire une commande en ligne avec ordonnance dans une pharmacie à prix cassé, j’ai dû joindre une attestation sécurité sociale et le scan de ma carte mutuelle. Je l’ai donc sortie du petit porte-carte où, en ces temps de contrôle tous azimuts, je transporte une partie de mes papiers. Hors confinement et autre couvre-feu, je les conserve dans mon portefeuille, posé sur une étagère de mon bureau. Il en est de même pour ma carte Vitale et ma carte de mutuelle.
Mon scan fait, j’ouvre le pdf et tombe en arrêt devant la date de validité de ma carte de mutuelle. C’est celle de l’année dernière. Je n’avais pas remarqué tant c’est écrit petit et il fallait bien qu’elle soit plein écran sur l’ordi pour que j’y lise quelque chose. Je vérifie sitôt si celle de 2021 ne serait pas dans mon portefeuille. Elle y est, bien au chaud. J’en conclus que je l’y ai rangée quand je l’ai reçue au lieu de la mettre dans le porte-carte ; et que six personnes censées vérifier que j’étais à jour de mes droits n’y ont vu que du feu. C’est rassurant, finalement.

Note. Pour vous donner une idée de la taille des polices, ce document mesure 105×85 mm.