Archives de catégorie : M’sieur, M’dame @

M’sieur, M’dame @18

En cette Journée internationale des droits des femmes, il est grand temps d’aborder ce douloureux problème du robinet des dames. Oui, vous lisez bien : le robinet des dames. Explication.
Depuis plusieurs années, dans le cadre de mon activité libérale, je donne des cours de management et de communication dans une école parisienne. Cette année, mon volume horaire a considérablement augmenté, ce qui est une excellente chose.
Comme vous le savez, la covid a bouleversé le déroulement des cours. Pour ma part, depuis avril, tous ont eu lieu en distanciel jusqu’à la semaine dernière où j’alternais présentiel et distanciel.
Toujours est-il que, même pour les cours en distanciel, je vais dans les locaux de l’école car les travaux de façade chez moi rendent impossible leur réalisation depuis mon appartement.
Les premiers cours en distanciel sur place ont donc eu lieu lors du deuxième confinement mais à l’école, pas de cantine ni de self et tous les commerces alentours étaient fermés. J’ai finalement trouvé un endroit où acheter à manger mais point de thé ni de café pour relancer la machine après le déjeuner.
J’interroge une des rares personnes présentes dans les locaux sur ce dramatique sujet et elle m’indique un endroit dans les couloirs de la partie administrative où se trouve une machine à café. Eurêka !
L’utilisation de la machine est simple et j’ai même le droit d’utiliser le café fourni. La seule contrainte est de filtrer l’eau avant de la verser dans la machine. Pour cela, une petite carafe filtrante est à disposition, charge au dernier utilisateur de la remplir. Et c’est là que les choses se compliquent. Pour remplir la carafe, pas d’autre choix que de le faire au robinet dans les toilettes, or ces robinets ne sont pas du tout adaptés au remplissage d’une telle carafe : il faut la pencher à quasiment 90 degrés ce qui limite énormément son remplissage. Bref, jusqu’à présent, cela suffisait pour ma seule consommation mais depuis la fin de ce second confinement, il y a de plus en plus de personnes présentes…
Enfin, la semaine dernière, je croise une dame avec la carafe remplie jusqu’au bord ! Les yeux écarquillés, je lui demande où se trouve ce robinet permettant de remplir convenablement cette fichue carafe. La dame me répond qu’il y a effectivement un robinet bien plus pratique pour remplir cette carafe et qu’il se trouve dans les toilettes des dames justement et que donc, je ne pourrai pas y aller.
C’est ainsi que j’en conclus que le robinet des dames est bien pratique pour remplir les carafes filtrantes. Amen.

M’sieur, M’dame @17

Dimanche en début d’après-midi, je zappe en buvant mon thé et je tombe sur une émission que j’ai vaguement déjà vue il y a longtemps : « Recherche maison ou appartement ». Le principe est simple : des gens ne parvenant pas à trouver leur maison ou appartement font appel à un·e agent·e spécialiste en immobilier pour les aider dans leurs recherches.
Il est alors question d’un couple d’une bonne quarantaine d’années qui vit ensemble depuis deux ans. Elle a quitté son sud natal et son ex-mari pour vivre avec monsieur, trois enfants en garde une semaine sur deux, dans une petit village à côté de Beaune. La maison dont ils sont locataires est trop petite. Elle rêve d’un appartement, plutôt moderne et en ville. Elle ne supporte pas les rues vides de son petit village et est prête à rogner sur les mètres carrés pour accéder à son rêve. Lui préfère une maison avec pierres et poutres apparentes, au calme à la campagne notamment pour gagner en surface pour les enfants qui grandissent et qui aujourd’hui partagent la même chambre.
L’agent immobilier, plein de bonne volonté, se demande bien comment il va pouvoir satisfaire les deux. Suspense.
Il leur propose plusieurs biens assez superbes alliant tant bien que mal des souhaits de l’un et l’autre. Peine perdue : monsieur est plutôt conciliant mais madame est rigide quant à ses souhaits. Et lorsque le dernier bien présenté semble faire consensus, patatras : madame aperçoit le cimetière depuis l’un des balcons en se penchant, à 500 mètres. Madame ne supporte pas cette idée du cimetière à proximité.
L’agent immobilier baisse finalement les bras en constatant ne pouvoir rien faire de plus tant que le couple n’aura pas trouvé un terrain d’entente. Toute la petite famille retourne donc dans son logement initial trop petit en pleine campagne où personne n’est content. Tout ça pour ça.
Bon dimanche. Sous vos applaudissements.

M’sieur, M’dame @16

Je suis au rayon vrac d’un supermarché. J’ai de la chance, ce que je cherche est à hauteur d’yeux. Je m’applique à verser un peu de maïs à pop corn dans un sac en papier. J’entends un homme derrière moi qui m’interpelle.
— Ah ! c’est bon pour la prostate les graines de courge.
Je me tourne à demi. Il doit avoir dans les 70 ans. Il attend ma réponse.
— Je n’ai pas de prostate.
Il doit faire partie de cette moult gent qui associe ma coupe de cheveux au genre masculin. Il ne se démonte pas.
— Mais, pour votre mari.
— Je n’ai pas de mari.
— Bah ! vous pouvez en acheter un. C’est pratique un mari. Ça fait des travaux.
— Je n’ai pas besoin de mari pour faire des travaux ; j’ai une perceuse.
Il repart sans dire au revoir. Je ne peux pas vous dire sa tête. Croyez bien que je le regrette.

M’sieur, M’dame @15

Hier soir, j’ai eu l’honneur d’être invité par Cécyle à dîner !
Après un excellent dîner, arrive le moment de l’addition. Dans l’agitation d’un samedi soir en plein cœur de Paris, je réussis à demander l’addition à la très agréable serveuse. Elle nous la dépose, repart, Cécyle et moi poursuivons notre conversation. Cécyle sort sa carte bancaire et la dépose sur l’addition. Après un moment, nous nous levons pour partir, la serveuse nous voit et naturellement, elle s’approche avec le terminal CB. Elle y introduit la carte de Cécyle qui était de son côté de la table et me la tend pour composer le code. Je réponds que la carte est à la jeune fille. Elle semble gênée une fraction de seconde et la tend à Cécyle.
En voyant la serveuse arriver avec la machine, je me suis douté qu’elle me la tendrait… Il faut dire que je suis habitué : grand buveur de thé, lorsque j’en commande un dans un café et que je suis avec une amie qui, elle, commande un café, systématiquement au retour des commandes le ou la serveur·se donne le thé à mon amie et le café finit en face de moi. Les stéréotypes ont décidément la vie dure.

M’sieur, M’dame @14

Vous savez déjà que je lis mon horoscope tous les matins. Après une période de désabonnement sans raison, je me suis réabonnée en indiquant que je suis un homme. Je préfère que l’on me dise que je vais rencontrer une fille plutôt qu’un garçon. Mon horoscope ne connaît pas l’homosexualité, se révèle régulièrement sexiste ; je le sais ; je m’accommode et fais ma sauce, ce qui va bien à l’objet.
Ce matin (28 mars), pourtant, je reste coite.

« L’horoscope du jour Gémeaux
« Si vous avez des enfants, ou si vous partagez votre vie avec quelqu’un, c’est une excellente journée pour cesser d’interpréter ce rôle de « père dans la peau de la femme » que vous jouez sans doute bien souvent ! Inversez les rôles et acceptez aujourd’hui qu’on s’occupe un peu de vous. Si vous pouviez en sus reconnaître que tout ne s’écroule pas lorsque vous lâchez un peu la bride… Quoiqu’il en soit, comptez sur cette journée lunaire pour vous ouvrir les yeux ! »

Ce « rôle de « père dans la peau de la femme » » ; je m’y perds, si je puis dire. Quelqu’un peut-il m’éclairer ?

M’sieur, M’dame @13

Samedi soir, 20 heures, je rentre de la super Marche du siècle (plus de cent mille personnes à Paris, pas un gramme de violence !) Je double deux hommes, la cinquantaine buveuse, à l’angle de la rue du Château et de la rue de l’Ouest.
— M’sieur, s’il vous plaît !
Je m’arrête, me retourne. Ils me dévisagent.
— Oh ! pardon, m’dame.
— Bonsoir mesdames.
Ils rigolent. Ils cherchent un bar, rue Maison Dieu. Je ne la situe pas exactement mais sais qu’elle est du côté de la rue Raymond Losserand, un peu plus haut. Je leur indique de prendre la rue du Château sans plus de détails, leur montrant juste la bonne direction. Celui des deux qui m’avait interpellée me montre son écran de portable (que je ne vois pas) et explique à son copain qu’il faut partir de l’autre côté.
Je sors Petit 6. Pendant ma recherche, j’explique que s’ils partent de l’autre côté, ils vont dans le 15e, via la place de Catalogne, fort jolie d’ailleurs avec sa planche à eau. Le gars insiste. Je leur montre mon écran. Il ne regarde pas, préférant le sien. Je montre à son copain en détaillant le chemin. Il acquiesce, indique à l’autre que j’ai l’air de bien savoir… Je m’en vais en leur souhaitant une bonne soirée. J’entends.
— Par là.
— Mais la dame a dit…
— Laisse tomber.
Je tourne la tête, il partent dans le mauvais sens. Bonne soirée de vadrouille, messieurs !

M’sieur, M’dame @12

Aujourd’hui, Cécyle m’a dit avoir reçu un message électronique qui débutait par « Monsieur… »
J’ai moi-même parfois reçu des courriers, dont des courriers postaux, adressés à « Madame Frédéric Z » ou même avec mon prénom dans sa version féminine « Madame Frédérique Z ». Alors, en cette période de grand débat national, je pose la question (naïve ?) : « A quoi cela sert-il de « genrer » ainsi systématiquement un patronyme ? Et pourquoi tout questionnaire, en ligne par exemple, débute par une interrogation sur le genre ? Quel est l’intérêt ? » Je pose la question.

M’sieur, M’dame @11

Patton et les habitants de l’aquarium chez Petit Mouton ont eu des cadeaux. Patton aurait bien aimé un sous-marin, mais je n’en ai pas trouvé. À la place, des copaiiiiins sont arrivés. Des requins-marteaux et des poulpes : les grands dans le grand aquarium, les petits avec Patton.
D’autres copaiiins n’étaient pas disponibles. Leur point commun à tous : un parent et un enfant. Loin des slogans vantant deux parents (un papa et une maman ou deux papas ou deux mamans, voire plus), Playmobil a choisi, au moins pour certains de ses animaux : un seul parent. Bien sûr, il y a une série « Family fun » et une boîte « Mariage ». Mais, cette fois, il s’agit bien d’une famille monoparentale. L’histoire ne dit pas s’il s’agit d’un père ou d’une mère.
Reste que ce sont des vrais copaiiiins et un de chaque suffit bien. Bientôt, des copaiiiins espadons ?

M’sieur, M’dame @10

Je suis à une réunion sur un projet dont un des axes de communication est l’inclusion et la lutte contre les discriminations, notamment sexistes. Il y a majoritairement des hommes mais plusieurs femmes, du côté des organisateurs, et deux, dont moi, côté supports techniques institutionnels. Le représentant du projet conclut la réunion par un enthousiaste « Merci messieurs ! »
La lutte contre les discriminations est un long chemin…

M’sieur, M’dame @9

Ma nouvelle coupeQuelques jours après un passage chez le coiffeur pour un rafraîchissement, par trois fois, des employés de magasin m’ont appelée « Monsieur ».
La première avait besoin de ma pièce d’identité pour vérifier mon nom. À sa lecture, devant son écran, sans me regarder, elle a énoncé tout haut mon prénom, montrant qu’elle se rendait compte de sa méprise.
Le second n’a pas fait de commentaire, laissant couler comme s’il n’avait rien dit.
Le troisième s’est tout de suite repris en s’excusant en souriant.
Que signifie cet usage de l’appellation genré, très répandu dans la vie sociale ? Il n’est pas un marqueur de personnification du rapport à l’autre quand il n’y a que la civilité contrairement à la civilité suivie du nom. Dans des époques de réflexion sur les genres, n’est-ce pas un sujet à interroger ?