Archives de catégorie : Individu @

Individu @11

Drapeau anarchiste suspendu a une porte.Après le dépôt d’une préplainte suite à l’occupation de ma cave pour commerce illicite, j’ai rapidement été en contact avec le commissariat de mon arrondissement. Ne pouvant me déplacer, ma plainte a été prise par téléphone et des agents sont venus chez moi me la faire signer. Cet équipage était composé de deux policiers, un jeune et un qui avait passé la quarantaine. On discute un peu de la vie du quartier, le plus âgé connaissant l’histoire de notre îlot, et l’action judiciaire conjointe engagée par une quinzaine de locataires en 2006 face aux occupations de nos halls (une dizaine de personnes chaque soirée).
— C’était calme depuis…
— Disons qu’un équilibre s’est établi, équilibre qui est en train de se rompre. C’est aussi le sens de mon action. Je me moque de qui fait quoi tant que cela ne touche pas directement les locataires.
— C’est rare que les gens portent plainte.
— Et le plus drôle, c’est que ce sont les deux gauchistes de la cage d’escalier, ma présidente d’amicale et moi, qui le font le plus souvent considérant que la sécurité est un droit social.
— Gauchiste ?
Je l’invite à se retourner et à regarder le drapeau suspendu dans mon entrée. Il rit.
— En effet !

Individu @10

Je cherchais un sujet de billet et voilà que Le Parisien me le sert sur un plateau : « Migrants à Paris : « Nous sommes mis à la porte de notre gymnase ». » « Notre » gymnase ; pas celui de la collectivité publique ? « 1500 enfants privés de gymnastique » ; pauvres choux ! c’est vrai que c’est important la gymnastique, alors que la sécurité de cent cinquante personnes qui vivent dans la rue, c’est dérisoire. Des « personnes » ? non, pardon, des « migrants » ; ça change tout, bien sûr. De la xénophobie ? Pensez ! Le 16e est accueillant et ne souhaite simplement pas être « pris en otage » (le vocabulaire est décidément choisi).
Oh ! que je suis en colère. Ne le serais-je pas si la Ville réquisitionnait mon tatami pendant trois mois ? Je serais dépitée, c’est sûr, mais je ne me vois pas contester une réquisition alors que la vie de personnes est en danger. Peut-être que je profiterais du temps libéré pour m’engager dans l’accueil des migrants ? Je l’ignore. Il n’est pas question de me faire passer pour plus généreuse que je ne suis ; il s’agit simplement de dénoncer l’instrumentalisation de mille cinq cents enfants dans une action purement et simplement xénophobe.
— Détends-toi…
Tu as raison, Caddie ! C’est l’heure de notre révision. Tu es prêt ?

Individu @9

J’ai déjà évoqué dans plusieurs billets ce trait propre à la domination masculine qui consiste à infantiliser les femmes en les nommant plus volontiers par leur prénom que par leur nom de famille (ici, et lala). Savez-vous qu’il en est de même pour les personnes en situation de handicap ? Le patriarcat n’est pas directement en cause, sauf à considérer que l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste cultive les procédés d’exclusion et de discrimination afin de bien séparer le bon grain de l’ivraie, histoire d’asseoir la hiérarchie sociale qui sied si bien au profit capitalistique.
Exemple.
J’ai répondu à une proposition de visite exceptionnelle d’un bâtiment d’ordinaire fermé au public. J’ai indiqué, au moment de ma réservation, que je suis malvoyante afin de savoir si un accueil particulier était prévu. Il l’était et mon interlocutrice, dès sa réponse, m’a appelée par mon prénom, avec un ton particulièrement chaleureux, signant également par son prénom. Elle n’a pas failli à cette règle tous nos échanges durant.
Entre temps, Isabelle s’est également inscrite à cette visite. Son interlocutrice, la même que moi, lui a servi du « madame + nom de famille » tout au long de leurs échanges avec un ton courtois, sans plus, signant de son nom patronymique et de sa fonction. Elle n’a pas non plus failli à cette règle.
On me dira peut-être que la dame a voulu être gentille car je suis handicapée. Ben oui ; car je suis handicapée… Isabelle ne mérite pas moins de considération que moi ; et moi, j’ai aussi un nom de famille. N’est-il point ?

 

Individu @8

Le 18 septembre dernier, je suis allée à la réunion du Comité local de sécurité en représentation de mon amicale de locataires. Je crains toujours ces réunions dont il ressort que je vis au Far West, ce qui ne correspond pas à la perception que j’ai de mon quartier. Certains de mes voisins, en effet, rivalisent toujours de faits (avérés ou non) qu’ils émaillent de commentaires destinés à noircir le tableau. Cela me met toujours en rogne et je me fais à chaque fois remarquer en dénonçant les dérives sécuritaires et l’absence de réelle politique sociale.
Cette réunion n’a pas échappé à la règle, ce d’autant qu’était présent un représentant du FN, ancien militaire, bien connu dans le quartier pour ses prises de position aussi racistes que sécuritaires. Je le soupçonne d’ailleurs (sans preuve, j’avoue) de participer à l’apparition de tags xénophobes dans le quartier, dont j’ai parlé ici. Une fois encore, l’homme a d’emblée désigné le foyer de travailleurs comme directement responsable de l’insécurité et des trafics. Il a d’ailleurs parlé de « foyer Sonacotra » ; toute une mythologie !
Il a ouvertement stigmatisé ces travailleurs, à majorité noirs, on l’aura compris, comme étant au cœur des trafics, insistant sur les dangers que ce foyer cristallisait, utilisant le terme de « faune » à l’endroit de ces riverains et de leurs visiteurs, demandant à mots couverts sa fermeture ou moins celle de la salle de prière qu’il héberge. Le propos n’était pas ouvertement raciste (pas d’injures directes) mais truffé d’insinuations et de suggestions de « Grand Nettoyage » ; c’est tendance.
À la fin de la réunion j’ai profité de la cigarette que fumait madame ma maire pour la remercier d’avoir fait enlever les tags en question et lui faire remarquer qu’un délit avait été commis devant trois OPJ (dont le commissaire en personne) sans que ce monsieur ne fît l’objet d’un rappel à la loi, en l’espèce celle qui condamne l’incitation à la haine raciale (). Notre conversation était privée ; je ne peux donc m’en prévaloir. Dans la foulée, j’ai interpellé une femme policier encore présente, lui faisant la même remarque, insistant sur le fait que nos « jeunes » n’étaient pas forcément les seuls délinquants du quartier. Elle a souri, gênée… très gênée.
Des voisins étaient là ; ils m’ont tirés par la manche pour que l’on rentre ensemble. J’irai à la prochaine réunion si je peux. Ce monsieur raciste sera-t-il recadré s’il recommence (il ne s’en privera pas, convaincu de son impunité). Suspens.

Individu @7

Je vous avais raconté l’histoire de cet homme qui avait tenté de m’embrasser dans l’ascenseur… ici. L’histoire a une suite.
Un après-midi d’août, je rentre chez moi et rencontre dans le hall une de mes voisines, vieille dame au look un peu néo-soixante-huit, gentille mais toujours en souffrance. On discute un peu. J’appelle l’ascenseur. Il vient. Je le laisse repartir une fois. Je le rappelle, il revient. Je fais trois pas à l’intérieur et s’y glisse alors derrière moi un homme qui salue de manière bizarre ma voisine, puis moi. Je le reconnais ! C’est le gars de la dernière fois.
Je ressors aussitôt de l’ascenseur, indiquant à mon interlocutrice que j’ai oublié de lui dire quelque chose. Les portes se ferment. Je lui explique alors que cet homme a essayé de m’embrasser. Elle prend un air coquin.
— Vous embrasser ? C’est chouette !
— Il ne m’a pas demandé mon avis.
— Oh ! quand un homme veut nous embrasser, c’est gentil…
— Pas forcément.
On s’est arrêtées là. Elle a senti que le terrain n’était pas forcément consensuel. Cela m’a fait pensé à la réaction de certaines femmes que je connais, pourtant féministes, qui, au moment de l’affaire DSK, ont pu avoir un discours ambigu sur le consentement de Naffisatou Dialo, insinuant qu’une relation sexuelle avec un gars comme Dany-soap-kiki, cela ne se refuse pas. Une question de génération ? Je ne sais pas. Je sais juste que l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste utilise l’atteinte sexuelle comme outil de coercition. La fameuse « culture du viol » ? Je n’aime pas l’expression tant il me semble que la chose est plus politique que culturelle. Mais, c’est vrai ; les deux reviennent parfois au même !

Individu @6

Samedi 29 avril, je suis rentrée un peu plus tard que d’ordinaire après avoir partagé une pizza avec Sarah. Oh ! pas si tard. Il était à peine dix heures quand j’ai franchi le seuil de mon immeuble. Dehors, nos jeunes gens étaient là, comme tous les soirs : scooters, rires, musique, chichons, blabla… Je n’ai pas prêté attention à celui qui m’a emboîté le pas quand j’ai ouvert la porte avec mon passe. La chose est fréquente et je n’ai aucune vocation à vérifier qui entre et sort.
Arrivée à ma boîte aux lettres, je me suis souvenue que j’y avais laissé un courrier. Je l’ai ouverte, ce que je ne fais d’ordinaire pas en soirée histoire de ne pas trop diffuser mon nom (donc l’emplacement précis de mon logement). J’ai pris l’ascenseur, ce que je ne fais d’ordinaire pas ; un souci de genou m’y contraignait. C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience qu’il y avait un gars.
Il était souriant. Il est monté en premier. Il m’a fait signe d’appuyer sur le bouton de mon étage avant d’appuyer sur le dernier étage ; la chose m’a surprise, sans que je ne l’interprète. Il s’est mis à me parler par geste ; j’ai compris qu’il était sourd-muet. J’ai montré ma canne blanche pour lui indiquer que je suis bigleuse et que je ne comprends pas ses gestes. Il a fini par me tendre la main. Je l’ai serrée. Il s’est alors approché et a avancé le visage pour m’embrasser.
Ma réaction a été vive mais calme, mains immédiatement en position (basse) d’attaque de jujitsu, jambes légèrement fléchies et pieds bien en appui. Il a reculé, faisant un geste d’apaisement. L’ascenseur arrivait à mon étage. Je suis sortie en lui faisant face, ne me suis pas dirigée vers ma porte mais placée dans un angle mort dos à la porte de l’escalier. J’ai attendu que l’ascenseur reparte pour entrer chez moi.
Je ne peux pas dire que j’ai eu peur ; je me suis simplement sentie agressée. J’ai pensé appeler la police sachant qu’il squattait sans doute le palier du 7e, ce qui est fréquent. J’avais envie de dormir ; je me suis mise au lit, j’ai regardé mes mails, mon fil Facebook. 23 heures. Extinction des feux. Et là. Là. La machine à trouille s’est mise en marche. Avait-il vu quelle boîte aux lettres j’ouvrais ? Peut-être aurais-je dû partir de l’autre côté de l’ascenseur qui donne sur cinq logements contre deux côté cage d’escalier ? Allait-il tenter d’entrer chez moi la nuit ? Allais-je le recroiser sans le reconnaître ? Étais-je en danger ? Était-ce un simple gars qui tente sa chance en usant de son handicap ou un pervers multirécidiviste recherché par toutes les polices du monde ?
Autant dire que j’ai peu dormi. J’écris ce billet le lendemain. J’espère dormir ce soir. Je n’ai pas peur, là : il fait jour ; et je ne veux pas avoir peur ; mais il me reste cette sensation désagréable d’avoir été agressée. Très désagréable.

Individu @5

L'invention du sauvageDe novembre 2011 à juin 2012, le musée du quai Branly a présenté une exposition intitulée L’invention du sauvage avec un commissaire général, Lilian Thuram, le footballeur, président de la fondation “Éducation contre le racisme” et deux commissaires scientifiques, Pascal Blanchard, historien et chercheur associé au CNRS et Nanette Jacomijn Snoep, responsable des collections Histoire du musée du quai Branly.
Le parcours s’attache à montrer les conceptions racistes développées depuis le XVIe siècle jusqu’au XXe. Il s’agit d’abord des questionnements sur la découverte d’un autre physiquement et culturellement différent lors des grandes découvertes. Très vite, la curiosité sert de fondement à des théories raciales, dégénérant vite en hiérarchie. Je connaissais certaines pratiques : phrénologie, présentation d’individus dans des zoos, spectacles mettant en scène une vision occidentalisée du « sauvage »… Toutefois, la richesse des archives donne un aperçu très intéressant et souligne l’ampleur de cette mentalité où la découverte d’un autre évidemment différent glisse vers un autre fondamentalement inférieur. Des typologies se mettent en place : on montre le quotidien des Africains, le travail des Asiatiques, le courage des Indiens… Les clichés sont créés, reproduits, mis en scène. L’exposition est très intéressante et met en perspective le colonialisme et l’instrumentalisation politique autant que les orientations scientifiques et la curiosité des foules, dont l’écho se retrouve dans les reality-shows d’aujourd’hui. La mise en contexte permet de ne pas être dans la condamnation pure et simple, un peu facile à des années de distance, mais de donner à comprendre quel est le terreau de ces comportements et pensées pour pouvoir les analyser ici et maintenant.
La dernière salle présente une vidéo de témoignages de discrimination. Lilian Thuram explique dans un entretien à Regards : « Dans l’exposition, on voit les gens exhibés, mais on entend très rarement leur parole. » Mais, ce n’est pas seulement la parole des « gens exhibés » que l’on entend. On dérive de la différence « raciale », typée physiquement, indélébile, au rejet de l’autre pour des considérations moins « immédiates » avec notamment le récit d’homosexuels et de transsexuels.
C’est à mon sens regrettable, car on y mélange des rejets de l’autre se fondant sur des sphères très différentes : de la normalité, de la norme, de l’humanité. La notion de sauvage n’est pas seulement construite en rapport à ce qui est différent dans une civilisation donnée, mais à ce qui est hors de toute civilisation. Ce n’est plus seulement considérer que l’autre est contre-nature, mais qu’il n’est pas de même nature. Ce n’est plus rejeter l’autre à la marge ou hors de la société, mais considérer que d’emblée il ne peut pas en faire partie. Ce n’est pas seulement rejeter l’autre parce qu’il fait des choix différents qui se voient (et de ce fait, il peut être rejeté alors qu’avant il était accepté, passant de bon copain ou collègue sympa à « pédé » par exemple), mais parce qu’il est différent et cela se voit quoi qu’il fasse.
Définir la spécificité de la construction du sauvage pour ensuite effacer ce qui la fonde est dommage. Les bonnes intentions ne sont pas les meilleures conseillères.

Pour conclure sur la différence entre considérer l’autre dans la société ou comme en dehors, je vous laisse le soin de relire quelques extraits du fameux Discours de Dakar de Nicolas Sarkozy du 26 juillet 2007 :
« Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.
Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance.
Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. »

Individu @4

À propos de la manière de désigner les gens, mon billet sur la manière de nommer Nafissatou Diallo par Le Parisien m’a rappelé un autre événement du même type qui m’avait marquée.
Dans le cadre de mes activités associatives près de mon amicale de locataires, je suis en contact avec les responsables administratifs de Paris-Habitat, notamment la gérante de l’immeuble et le responsable de la sécurité. À une époque où nous nous croisions beaucoup, nous avions remarqué, ma présidente et moi, qu’ils m’appelaient tous (à l’exception notoire de mon gardien), « Cécyle », alors qu’elle demeurait toujours « Madame L. » (son nom de famille étant dit en entier).
Elle est veuve, mère de quatre enfants, hétérosexuelle présidente et enseignante. Je suis célibataire sans enfant, lesbienne, secrétaire et on ne sait pas trop ce que je fais dans la vie. Imparable !

Individu @3

En lisant Le Parisien du 4 août 2011, j’ai été arrêtée par le titre d’un article page 4 : « L’appel des avocats de Nafissatou aux employées d’Air France ». « Nafissatou » ? Cette femme n’aurait-elle donc qu’un prénom ? Dans le chapeau, on trouve « Kenneth Thompson », « Douglas Wigdor » et « Dominique Strauss-Kahn », des hommes donc, qui ont un nom entier, eux. Dans le texte, Naffisatou Diallo retrouve son nom et s’appelle même parfois « Mme ». Ouf !
Je décide pourtant d’éplucher les titres du Parisien de ce 4 août. Sur la page d’en face, je trouve « Aubry » et « Royal », sans prénom, et tout au fil du journal des femmes et des hommes, désignés soit par leur nom entier (prénom + nom), soit par leur nom seul à l’exception de… deux enfants ! « Hommage à Pau pour le meurtre inexpliqué d’Alexandre, 13 ans » (page 10) ; « Qu’est devenue Maddie ? » (Supplément Le journal de l’été).
Voilà. C’est acquis. La victime de ce viol présumé très médiatisé est assimilée à un enfant, ce qui peut avoir pour effet de la rendre sympathique, mais aussi irresponsable… Je crois pourtant que cela va au-delà : retirer son nom (de famille) à une femme, c’est surtout la sortir de ce qui la rend respectable et la rattache soit à son père, soit à son mari. Elle est ainsi chair disponible, objet sexuel à disposition de qui en voudra. N’est-ce pas messieurs… ?

Individu @2

Autocollant CécileCécyle a réagi sur mon utilisation du mot individu dans un de mes billets. Elle m’a dit avoir son idée en tête depuis un moment, mais que je l’écrive lui a permis de publier sa note sur le sujet. Elle s’insurge contre le choix du mot individu, péjoratif, à la place de personne.
Elle cite Antidote, que je reprends pour une autre définition d’individu « Être humain considéré comme l’unité élémentaire dont se composent les sociétés, les collectivités. »
C’est vrai que j’aurais pu choisir personne, définie notamment par Antidote par « Être humain considéré en lui-même, dans son individualité. ».
Toutefois, dans mon idée, il s’agit bien de critiquer le message publicitaire qui s’adresse à des individus, c’est-à-dire des entités séparées regroupées en des « cibles » mercatiques et non à des personnes que l’on considère pour elles-mêmes, avec leur propre faculté de raisonner et de pouvoir s’opposer à ce que des sociétés, commerciales, veulent donner à croire à la société, consommatrice, pour le fonctionnement de son système. Ce sont les individus qui incarnent globalement un système dans lequel des personnes se débattent et débattent.
Ce ne sont pas des personnes dont il est question là, celles qui peuvent être si malfaisantes, suspectes, peu fréquentables, voire non grata… Ces personnes qui, ici, sur ce blog, peuvent être bienveillantes.