Archives de catégorie : Incyclicité @

Incyclicité @38

Le vélo est un nouveau dieu parisien. Il est loué, parfois adulé, comme la solution. Je suis moi-même passée du vélo occasionnel au vélotaf à l’occasion d’un changement de bureau le rendant effectivement plus rapide que les transports en commun pour mes trajets. Pour autant, je suis souvent atterrée par l’attitude incivique de certains cyclistes.
Mais, je dois dire aussi que tous les discours du monde sur le fait que le vélo c’est la simplicité de déplacement n’occulte pas que c’est une organisation. Il faut prévoir tout le matériel et le transporter. J’ai un vélo à assistance électrique grâce à mon genou. J’enlève à chaque arrêt la console qui permet de gérer l’assistance et la batterie, qui est un des éléments les plus chers du vélo (je viens d’en racheter une, je le mesure donc bien). J’ai un casque et des gants. Et il faut transporter les antivols.
Je vais donc au travail avec un sac qui va dans le panier puis que je transporte dans les couloirs. C’est une des raisons pour lesquelles il m’est parfois plus pratique de prendre les transports quand je ne vais pas directement au bureau.
Peut-être suis-je trop prudente, mais mes vingt ans dans la sûreté me portent à croire que je suis plutôt réaliste. Ce qui est une forme assez adaptée de prudence. Et j’y tiens à mon cher vaillant Vélectro.

Incyclicité @37

Il y a quelques jours, Frédéric faisait un billet sur un son et lumière aux Invalides, pointant un commentaire tendancieux à propos de Napoléon (le premier) et son tombeau, je cite : « Lorsque l’on entre en ces lieux (comprendre « pour visiter le tombeau de Napoléon »), on oublie toutes les controverses pour entrer dans une méditation profonde… » J’ignore à quelles « controverses » il était fait référence, Frédéric a pensé au fait que l’Empereur était un esclavagiste ; c’était aussi un fou sanguinaire, à la pensée totalitaire, etc.
Cela dit, au moins pour l’esclavagisme, je ne sais pas en quoi ce serait une « controverse », euphémisme sans doute de la part des auteurs du son et lumière tant ce me semble un fait incontournable. Même en ignorant l’euphémisme, je ne vois pas trop comment ledit tombeau pourrait porter à la méditation. L’endroit est froid, tapageur, pompeux et, pour le moins, dans une esthétique qui m’échappe totalement.
J’avoue d’ailleurs que je n’aurais jamais eu l’idée de visiter ledit tombeau sans une envie urgente de faire pipi.
— T’as fait pipi sur le tombeau de Napoléon ?
Presque, Caddie, presque. Tu connais la chanson, « Pas pipi à Paris » ? Cette fois-là, j’étais également avec Sarah et, faute de trouver des sanisettes, nous sommes entrées dans le musée des Invalides dans lequel j’accède gratuitement avec ma carte d’invalidité. Nous en avons profité pour regarder vite fait une expo sur… je ne sais plus, il y a avait des uniformes et objets militaires ; et faire un crochet par le tombeau de Napoléon, puisque nous y étions.
Je garde un souvenir soulagé de ma miction, c’est tout. Pour ce qui est de ma méditation, chaque fois que je remonte l’avenue de Breteuil, je fais une triangulation « à plat » avec mes tours et on se régale d’apostropher le dôme des Invalides pour traiter l’esclavagiste qu’il héberge. Le dôme n’y est pour rien, bien sûr ; mais ça nous amuse, avec mes Tour, surtout quand il nous raconte qu’il fuit un peu et fait pipi sur le tombeau à la moindre occasion.
— Justice est faite !
Il faudrait plus que ça, Caddie ; mais c’est un bon début.

 

Inclyclicité @36

EXCLUSIF. Coronavirus : les poissons agités retournent dans le bocal !

Le Parisien du 2 avril 2020
De notre envoyé spécial dans le 20e arrondissement.

Pour le plus grand soulagement des autorités sanitaires, plus une écaille ne rôde dans les eaux de Paris. Récit.

Hier, mercredi 1er avril 2020, de nombreux Parisiens ont constaté la disparition subite de leurs poissons d’aquarium. Craignant une nouvelle source de propagation du virus, les autorités municipales ont obtenu de la Préfecture de police, occupée à matraquer le moindre virus suspect en liberté, une délégation de compétence judiciaire pour mener l’enquête. Des agents masqués et palmés ont ainsi sillonné nos rues en quête de la moindre goutte d’eau pouvant laisser supposer le passage d’un réfractaire. Pendant ce temps, une équipe de zoologues émérites a été mandatée pour étudier les causes possibles de cette volatilisation.
C’est grâce à la perspicacité du professeur Caddiefishfiletofish, un Écossais, que les agents masqués et palmés ont été mis sur la piste d’un exil par les canalisations d’Eau de Paris dont la pureté n’est pas à démontrer. Devant l’ampleur du phénomène, il a en effet déclaré en se grattant la roulette, « Si vis piscem, para l’épuisette. » Aucun doute n’était permis et c’est bien dans le grand réservoir de Montsouris que tous les poissons d’aquarium ont été retrouvés.
Interrogés par les autorisés, les fugitifs ont indiqué qu’ils s’étaient retrouvés là pour la fameuse représentation théâtrale Pisse la culture qui célèbre chaque 1er avril la drôlerie humaine. Face à l’inconscience de ce rassemblement, il a été proposé un confinement de quatorze jours que le conseil zoologique a finalement considéré comme inutile tant que chacun regagnait son aquarium dans les plus brefs délais pour ne pas en sortir avant l’année prochaine.
Merci au professeur Caddiefishfiletofish et aux agents municipaux masqués et palmés d’avoir mené une mission si délicate avec tant de zèle et de réussite. Chacun est désormais en sécurité et peut s’ennuyer en rond.

Petit Koala, grand reporter.

Incyclicité @35

— Diiiiiiiiis, t’as vuuuuuuuuu çaaaaaa ?
— Quo*iiiiiiiiii* ?
— Leeeeees Poisson !
— Ben quo*iiiiiiiiii* l*eeeee*s Poissons ?
— Ils soooooont partiiiiiiiis.
— Hein ? K’es’c’k’stitoire ? En plein confinement ?
— Pouuuuuuurtant Caddie a diiiiit faut rester confinééééé et bastaaaaaa !
— Qu’est-ce qu’*ooooooo*n va fa*iiiiiii*re… ?
— Mais on va paaaaaaaaas dééééééééénoncer les Poisson.
— Ben vl’a l’tuile J’suis sur une urgence, les Mouton, un antivirus, l’Cupid-19, pour avaler l’carte bleue d’tous ceux qu’achètent plus d’deux kilos d’pâtes par semaine.
— C’est rigoooooooloooooo ! On peut t’aiiiiiider ?
— Nan, c’est bon Petit Mouton, j’assure.
— Et pour l*eeeeeeee*s Poisson ?
— On va d’mander à Caddie d’l’récupérer avant verbalisation. Surtout qu’y a aggravation quand c’st en bancs organisés.
— Viiiiiiiite Caddie !

Incyclicité @34

68 euros. Je dois 68 euros à la Ville de Paris. Les Mouton en sont tout retournés ; Isabelle, je ne vous en parle pas. Je vous raconte.
Un jour de grève, j’ai rendez-vous avec Sarah pour visiter l’expo Soulages au Louvre. J’y vais à moitié à pied et en transports. Sur place, je compte y faire pipi (c’est le souci quand les temps de transports s’allongent : trouver où faire pipi). Perdu ! Le plus grand musée du monde est fermé, victime d’une action (légitime) de la part de mes camarades de la CGT (bravo !)
Nous décidons donc d’aller à pied jusqu’à Bastille en utilisant les Berges (voies piétonnes basses le long de la Seine) ; Sarah y trouvera un métro ; moi un bus. Nous passons à deux reprises devant des toilettes publiques gratuites (merci Bertrand Delanoë) mais fermées. Je me tords un peu d’envie de pipi et suis inquiète car, une fois arrivée à Bastille, il me faudra encore une bonne heure en bus pour rentrer. Sarah me désigne un conteneur.
— Va derrière.
— Tu crois ?
Je suis embêtée mais je n’ai guère le choix, les sanisettes en surface n’étant pas si nombreuses et souvent en panne. Reste la solution du café. J’avais déjà payé un thé 4,60 euros en attendant Sarah (d’où le pipi, je sais). J’ai donc cédé à l’appel du conteneur et uriné sur la chaussée (je n’ai pas jeté mon mouchoir en papier par terre, je l’ai mis dans une poubelle ; ouf !) Aucun agent verbalisateur n’est passé à ce moment-là (tout le monde se plaint qu’ils ne sont pas assez nombreux ; parfois, c’est utile).
Mais quand même ; les récriminations de Isabelle et ma mauvaise conscience me font devoir 68 euros à la Ville. Je veux bien les payer, mais fomente déjà mon recours pour contrainte (article 122-2 du Code pénal équivalent de la force majeure), manquement à l’obligation de salubrité (si la Ville me verbalise pour épanchement d’urine, elle doit me permettre de ne pas le faire) et rupture d’égalité (des urinoirs sont installés uniquement pour les hommes) conjointement à un manquement aux obligations de sécurité (une femme qui ne peut changer de tampon risque le choc septique). Alors, cette amende ? Qui me la colle ?
Bon, j’avoue, je suis tranquille : la DPSP ne peut verbaliser qu’en flagrance mais cela me donne une idée. Pendant les grèves, j’ai souvent interpellé (sans succès) Paris en commun sur le manque cruel de sanisettes surtout quand le temps de trajet est allongé (ce qui est le cas d’un trajet piéton). J’espérais que la multiplication des équipements, déjà commencée pendant la mandature d’Anne Hidalgo avec l’ouverture de nombreuses toilettes publiques dans les parcs et jardins (qui ferment à 17 heures l’hiver), soit inscrite au programme.
Je propose donc de lancer le « Manifeste du million* de pisseuses pour la multiplication des toilettes publiques ». Je suis sûre ; ça va faire le buzz !

* C’est une estimation personnelle du nombre de femmes en âge d’uriner sur la voie publique à Paris faute de toilettes publiques à proximité.

Incyclicité @33

Je rentre (à pied) un soir autour de 22 heures. Il y a très peu de circulation. Je remontre une longue rue à une voie entrecoupée de nombreuses petites transversales utilisées principalement par les riverains. À chacune, je marque l’arrêt. À la troisième, je remarque un véhicule qui s’avance au ralenti sur ma gauche alors que j’ai un pied sur la chaussée. Je m’arrête néanmoins et, sans remonter sur le trottoir car une voiture est garée à ma gauche, je m’installe sur la première lame du passage piéton, les deux pieds côte à côte, prête à le laisser passer. Je préfère être vivante plutôt que de l’obliger à respecter le Code de la route.
Il avance encore et pile… au milieu du passage piéton. Traverser m’oblige à le contourner, par l’avant ou par l’arrière. Je ne bouge donc pas. Dix ou vingt secondes, pas plus et il fait une marche arrière pour dégager le passage. Je traverse. Quand je suis sur l’autre trottoir, vitre ouverte, il m’apostrophe :
— Vous n’avez rien d’autre à faire que d’embêter les gens !
Ce n’est pas faux, surtout en ce qui concerne les automobilistes, mais quand même… Je me retourne, ouvre les bras, indiquant qu’il s’est arrêté au milieu du passage piéton.
— Je me suis arrêté parce que vous avez posé le pied sur la chaussée.
Six points, mon gars ; j’avais le pied sur le passage bien avant que le nez de ta voiture ne s’y pointe… Je n’en dis rien et reprends ma route, sans faire ce commentaire. Il est tard, je ne suis pas en position de force.
— Vous êtes née pour faire chier le monde, vous !
Il part alors, assez fort, dans une diatribe dont j’ai oublié les termes, mais de plus en plus insultante. Je regrette parfois de ne pas avoir toujours ma canne blanche en main ; ou un sifflet avec un carnet à souche ! Si au moins je lisais les numéros des taxis… Tant pis.

Incyclicité @32

Je me suis abonnée à un opérateur de scooters électriques. C’était gratuit, j’ai pu avoir une petite leçon de conduite de scooter (c’était avant que je passe le BSR et bien avant que je reprenne le pilotage d’une moto).
À ce jour, je n’ai jamais utilisé mon abonnement. Je reçois toujours des promotions. À Pâques, cet opérateur a lancé un grand jeu avec des cadeaux sous la selle : des cookies, du crédit d’utilisation des deux roues et… des bouteilles de champagne ! De l’alcool offert pour la conduite de scooter ? Oui.
Misère.
C’est encore la preuve, hélas, que la vocation commerciale, quels que soient les moyens pour attirer les clients, prime sur une quelconque participation aux messages essentiels de la sécurité routière. Personnellement, j’aurais proposé d’offrir des gants. Il est aujourd’hui obligatoire en France de rouler avec des modèles certifiés CE, et je vois que la majorité des utilisateurs de scooters en flotte libre de cet opérateur roulent mains nues. Pourtant, ces équipements sont essentiels à la sécurité des conducteurs, même lors d’une simple chute.
On comprend qu’une société a ses priorités. Flatter ses clients en flattant leurs penchants contraires à leur propre sécurité est un choix. Il est désolant.

Incyclicité @31

Frédéric nous a parlé récemment de ses soucis de locataire confronté à des mictions dans son ascenseur (ici). J’aime bien le sujet. Dans mon immeuble, nous sommes face au même type de désagrément ; j’avais d’ailleurs fait un billet sous un autre angle () dont je reprends l’illustration, parlante (à défaut d’être odorante) ; et un autre, évoquant le moyen de savoir qui fait quoi (lala).
Chez moi, ce sont « les jeunes » qui sont montrés du doigt. On leur doit certainement les canettes, les pipes à eau et les emballages de kebab. Mais l’urine… Je pense plutôt que ce sont des chiens que mes voisins évitent de sortir, ou qui cherchent à discréditer les fameux « jeunes » (qui n’ont pas besoin de ça). J’avoue avoir été tentée par le test génétique, pour les disculper surtout.
Je ne m’y suis jamais employée, aussi parce que je ne fais pas une affaire de cette malpropreté même si je prends tous les jours l’escalier. Quand mes voisins m’en parlent, j’argue que les flaques sont petites, trop petites pour un adulte qui urine normalement, et souvent placées exactement sur les mêmes marches, ce qu’un humain ne chercherait pas. Autre argument : elles surviennent les jours de grande pluie ou grand froid.
Ceci étant, je ne considère pas les chiens comme responsables mais bien leurs maîtres qui cachent leurs mauvaises manières derrière ces « jeunes ». J’ai d’ailleurs remarqué que depuis que ces derniers n’occupent plus les escaliers (certains sont en prison, d’autres interdits d’arrondissement), les petites flaques d’urine sont moins fréquentes, sans être totalement absentes. Serait-ce à dire que c’est plus difficile de faire pisser son chien dans l’escalier quand il n’y a personne pour servir de coupable ?
J’ignore si c’est là une question de dignité ; c’est en tout cas l’expression d’une belle hypocrisie !

Incyclicité @30

Un vendredi soir, début janvier, j’ai croisé dans ma cage d’escalier un Vélib, « garé » contre la main-courante. Outre qu’il était sans doute volé (cela ne me regarde pas mais quand même), le fait qu’il soit au milieu du passage constitue un réel danger pour les locataires en cas d’évacuation d’urgence. Nous avions déjà eu des vélos de « free floating » ; mon gardien en avait retiré un ; j’avais interpellé deux gamins en train d’en garer un autre, et leur avais expliqué les dangers d’un tel parking les mettant face à leurs responsabilités. Cela avait semblé fonctionner.
Pour ce Vélib, mon gardien étant en week-end, j’ai appelé le samedi matin la société gestionnaire. Un monsieur charmant mais quelque peu surpris de mon appel a semblé prendre les infos que je lui donnais, l’adresse, l’étage, mon nom, mon téléphone en cas de besoin. Sur mon insistance, il m’a indiqué qu’il faudrait une semaine pour venir le chercher. Une semaine ? Le lundi matin, je m’étais décidée à en parler à mon gardien mais le Vélib avait filé.
Quinze jours sont passés et rebelote ! Le Vélib est revenu ; son numéro indique que c’est bien le même. C’était encore un vendredi. Le samedi, Isabelle m’a suggéré les urgences de mon bailleur, ou le GPIS en soirée. Le temps que l’on discute, le Vélib avait disparu. Lundi, j’ai appelé mon gardien pour lui demander conseil sur la meilleure personne à joindre. Il ne savait pas trop quoi me répondre. Le GPIS lui a paru une bonne solution. Interviendront-ils si le problème se pose de nouveau ? Suspens.
Tout cela peut sembler bien dérisoire ; un pauvre Vélib dormant dans une cage d’escalier. Je ne lâcherai pourtant pas l’affaire. Je sais combien il est facile de déclencher un feu ; j’en ai fait l’expérience. L’actualité récente nous rappelle combien les incendies font de victimes et je veux pouvoir évacuer mon logement dans de bonnes conditions au cas où. Mon gardien m’a promis de faire remonter l’information pour que Vélib Métropole soit saisi du problème, récurrent de ce qu’il m’a dit. Un microbillet Twitter y aidera-t-il ?

incyclicité @29

Avec l’appli DMR (voir mon billet ici), je signale de nouveau, quand je les repère (pas toujours facile), les épaves de vélo. En voici une que je ne pouvais pas rater avec son gros panneau jaune ! Je ne l’ai donc pas ratée et l’ai signalée, en indiquant que cette épave avait été repérée par les agents de la Ville mais non enlevée.
« Bien fait ! » diront les amateurs de publicité sauvage. C’est amusant, mais bon, quand même. Si la Ville pouvait au moins enlever les épaves signalées, ce serait déjà ça. Le cas n’est pas rare. Il y en a une ainsi que je surveille depuis un mois et qui vient d’être enlevée comme si mon billet était efficace avant d’être publié. Merci !