Archives de catégorie : Grand homme @

Grand homme @45

Caddie sous la neigeCaddie a appris que « La loi simplifie le changement de nom de famille (…). Chacun, à ses 18 ans, pourra demander en mairie de choisir son nom de famille pour garder celui de sa mère, celui de son père, ou les deux. » Cette nouvelle l’a complètement excité mais aussi dépité. Les Mouton ont compris que c’est parce que Caddie n’a pas de nom de famille et ne connait ni son papa ni sa maman. Ils ont essayé de lui en trouver un avec les mots qui lui tiennent le plus à cœur : Président ? Dentagueule ? Couderoulet ?
Après concertation, il a été décidé de lui laisser son seul, son vrai nom. Pour le rassurer, la bande lui a expliqué que son caractère unique, sa grandeur, sa magnificence, son talent incomparable permettait de l’identifier avec ce seul nom. Il n’y a pas à dire, Petit Mouton est un amour, car supporter Caddie dans une grande séance de flatterie est un exercice épuisant. Ah ! le dévouement des amis…

Grand homme @44

L'allée centrale du square, une tonelle en fer sans végétation, guère plus.J’ai évoqué, dans un précédent billet, la séance du Conseil de Paris du 10 février 2022 où se suivaient trois délibérations d’hommage à trois femmes, Simone de Beauvoir, Félicie Hervieu et Louise Abbema. Sur Twitter, je me suis réjouie sitôt de l’intrusion de Félicie Hervieu dans un square du 14e que je fréquente beaucoup, non sans aller chercher qui était cette dame dont j’ignorais tout, jusqu’au nom. En même temps, j’ai tendu l’oreille, écouté par le fait avec attention (et un peu d’effarement) ce qu’il se disait de Beauvoir, ai souri aux réponses de Laurence Patrice puis ai reconnu la voix enjouée de Geneviève Garrigos qui s’est mise à parler de Louise Abbema… Et Félicie ?
J’ai fait un nouveau microbillet Twitter pour m’en étonner avant que Laurence Patrice ne m’explique fort gentiment qu’aucun orateur n’étant inscrit, aucun échange ne pouvait avoir lieu. J’attends donc avec impatience son propos lors de l’inauguration de cette allée (qui devra se faire sans les jolis feuillages de notre tonnelle, récemment remise à neuf et bien nue) mais l’idée m’a traversé l’esprit d‘écrire ces quelques lignes qu’un ou une élue du 14e aurait pu avoir l’obligeance de prononcer lors de ce conseil, au moins pour saluer le travail entrepris par Laurence Patrice pour que la mémoire des femmes s’invite dans notre présent.
J’ai trois minutes, je crois ; je les prends.

« Mes chères collègues (pardonnez-moi mes chers, mais il semble que la mémoire des femmes vous importe peu ; je vous néglige donc à la hauteur de votre dédain),
« Jusqu’à ce matin, j’ignorais tout de la personne de Félicie Hervieu dont le square de l’abbé Lemire va accueillir la mémoire sous la forme d’une allée qui traverse de part en part cet espace vert longiligne, coincé entre des logements SNCF et les vestiges de la radiale Vercingétorix. Une femme qui vient fendre un ecclésiastique ; l’idée d’emblée me fait sourire et me plaît ; elle ne pourra que doper ma joie ces matins où je côtoie le lever du jour sur un appareil de sport, pile dans l’axe de cette petite farce féministe.
« Seriez-vous donc une farceuse, Laurence Patrice, à nous proposer ce mariage bucolique d’une pécheresse et d’un confesseur ? Vous l’êtes, j’en suis sûre mais moi, je ferais bien d’aller regarder qui sont ces deux-là avant de me laisser emporter par une rhétorique creuse. On ne voit souvent dans les plaques et les noms de voies que le moyen de se repérer dans la ville ; c’en est un aussi de se repérer dans l’histoire et découvrir, pour aujourd’hui, que les destins de l’abbé Lemire et de Félicie Hervieu sont déjà liés et que la venue de Félicie dans le square de l’abbé n’est que justice, et sagacité.
« Je ne vais pas conter leur histoire, je n’en connais que leur fiche Wikipédia ; c’est peu, mais assez pour comprendre que l’abbé Lemire s’est inspiré de l’action sociale de Félicie Hervieu pour se voir accorder la paternité des jardins ouvriers, là où elle en a eu l’intuition et la première mise en œuvre. Les femmes ont l’habitude de se faire voler leurs brevets ; l’abbé n’y est pour rien, sans doute, mais puisqu’il s’agit ici d’honorer la mémoire d’une femme, n’oublions pas que c’est dans une quadruple vie qu’elle a eu cette inspiration, menant de front son métier de sage-femme, la mise au monde et l’éducation de ses sept enfants, son soutien à l’entreprise de son mari et la création d’œuvres sociales émancipatrices.
« Je m’arrête là, admirative de la vie et de l’action de toutes ces femmes qui me donnent aujourd’hui le goût et l’opportunité d’être une femme libre, engagée et résolue à défendre celles et ceux que l’ordre bourgeois, hétérosexiste, raciste et validiste opprime. Merci à vous, Laurence Patrice, de m’avoir permis de connaître Félicie Hervieu, comme tant d’autres. Quand je suivrai cette allée, dorénavant, je ralentirai mon pas pour goûter la douceur de la liberté. »

 

Grand homme @43

L'image est la couverture du livre de Gaspard Koenig intitulé La fin de l'individu. Cela fait plusieurs fois que j’emprunte à la bibliothèque des essais dont les auteurs ont choisi de s’exprimer à la première personne de façon très marquée. Sur différents sujets qui m’intéressaient, je me suis retrouvée avec des textes tournant au récit de « Nunuche découvre la neige ». Surfant sur des sujets d’actualité brûlante (les fraudes alimentaires, l’intelligence artificielle…), les auteurs brodent sur leurs voyages, leurs lectures, leurs « aventures » (où ils sont souvent assez ridicules) en essayant de leur donner un sens dans leur critique des technologies ou expérimentations.
L'image est la couverture du livre Manger du faux pour de vrai.Au final, j’ai plus parcouru que lu, sautant des passages, cherchant les idées intéressantes, peu nombreuses. Ce narcissisme où les auteurs veulent aguicher en se présentant comme des candides allant révéler les secrets détenus par des margoulins ou des initiés est d’une vanité bien loin de ce cher Candide. Une façon aussi de remplir des pages avec peu d’éléments factuels ou d’analyse.
Misère.

Grand homme @42

Helgant est allongé sur un canapé-lit. Lors des vacances à la campagne, j’ai eu l’occasion de cohabiter avec divers insectes. Un soir, l’un d’entre eux tournant dans la chambre m’empêchait franchement de dormir. J’ai donc décidé d’agir à grand renfort de torchon puis d’insecticide.
Helgant, allongé sur le lit me regardait avec attention, un peu intrigué. Puis, au bout d’un moment, grand chasseur, s’est aussi décidé à agir. Il s’est levé, puis a bondi… pour changer de pièce.
Avec Helgant, mon berger préféré, je suis bien protégée. Sauf des insectes.

Grand homme @41

L'image est une des illustrations du jeu Travian legends par ses concepteurs.Je participe depuis quelques semaines à un jeu de stratégie en ligne. Mon héros s’appelle, bien sûr, Helgant. C’est un homme et dans mes quelques échanges avec les autres joueurs, je joue le jeu de parler pour lui. Il y a une messagerie en ligne et un site de tchat auquel je participe pour mon alliance.
Ce qui me frappe, c’est que même s’il y a un enjeu de concurrence, de conquête, de guerre, la majorité des joueurs sont sympas, arrangeants, parfois très généreux. Ils sont d’âges variés, allant de jeunes hommes à une bonne partie de pères d’adolescents qui interrompent parfois leur participation aux échanges pour les aider à leurs exercices de maths.
Les joueurs les plus agressifs, qui attaquent les villages des autres pour les détruire, sont parfois appelés « rageux » et peu appréciés. Récemment, un joueur a écrit à tous les membres de l’alliance en mettant en exergue aussi les femmes, comme on dit « Parisiens et Parisiennes ».
Bref, moi qui aime la stratégie, je m’y sens bien. Et Helgant ne se défend pas mal du tout. Un héros, comme Thésée.

Grand homme @40

Depuis plus d’un an que le covid-19 fait la roue sur terre, il en a été diffusé des assertions sur ce micro-organisme, la « parole scientifique » se substituant volontiers à la « preuve scientifique », démontrant, si cela en était besoin, que nous vivons dans un monde de toute-puissance où se mélangent une volonté de contrôle absolu sur les choses comme sur le vivant et un besoin d’en faire étalage médiatique. Cela n’est pas propre au virus, il est plus certainement l’expression de ce que l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste produit de processus de domination nourris de violences sociales, économiques, culturelles, intimes…
Je comptais faire un billet pour constater combien, plus d’un an plus tard, nous n’en savions finalement guère plus sur ce virus en dépit du déferlement de ces verbiages scientifico-politiques qui alimentent les actualités, constatant au passage que les affirmations péremptoires à force de contradiction par le réel (efficace des masques, traitements de perlimpinpin, découvertes miracles sitôt avortées, etc.) semblaient diminuer (je n’en ai pas fait le compte, c’est juste un sentiment peut-être lié à mon déficit d’intérêt) ; docteur Mouton et docteur Caddie ont d’ailleurs cessé de se moquer de la science à deux balles dans leurs fameuses conférences scientifiques (une, deux, trois, quatre, cinq) ; cela ne leur semblant plus nécessaire, ou moins urgent.
Je comptais, et voilà que France info nous sert l’article qu’il me fallait « Covid-19 : un an après, ce que l’on sait (désormais) et ce que l’on ne sait (toujours) pas du virus ». Je ne suis pas capable de juger la qualité des informations qu’il contient mais je dois avouer qu’il conforte mon sentiment que l’on ne sait rien, ou pas grand-chose sur le sujet qui m’intéresse le plus : le mode de propagation du virus. Vous remarquerez que dans la première partie, les « gouttelettes et aérosols » sont mis en cause comme vecteur principal mais que les mains sont moins stigmatisées alors que j’avais compris qu’elles étaient une sorte de boîte de Petry cause majeur de transmission ; je continuerai à me les laver, ainsi que le nez, comme je l’ai toujours fait contre toutes les formes de « contamination » (je n’aime pas ce mot, trop connoté péjorativement), virales, bactériennes, etc. ; ce qui m’a toujours profité.
Dans la deuxième partie, cette analyse est infléchie dans le point « Pourquoi l’épidémie se propage-t-elle de façon aussi hétérogène ? » Le manque d’études est mis en cause, manque sans doute lié au fait que c’est plus glorieux de trouver le vaccin, le médicament, que de trouver le moyen de se protéger les uns les autres. Je remarque aussi ce qui est dit de la source animale de l’épidémie, et de la solution radicale que l’on nous propose si on la trouve : on tue l’animal. J’avais envie de conclure que l’humilité était en marche mais que serait l’humilité face à ce virus qui se fonderait sur un spécisme d’une telle violence (pléonasme) ? Je n’ai plus désormais qu’à compter sur le covid-19 (et ses potes) pour continuer à nous jouer tant de tours que l’on cède enfin en acceptant notre impuissance et en construisant un monde qui rompt avec toute logique de domination.
Hardi virus ! Je suis avec toi dans ce difficile combat.

Grand Homme @39

Ces derniers jours, plusieurs personnes ont demandé la patte à Helgant. En vain. Il ne la donne quasiment jamais quand on lui demande, c’est lui qui la tend (quand il aimerait des caresses ou des friandises).
Helgant serait-il peu recommandable avec ce comportement ? Les Mouton savent bien que non. Au contraire, Helgant sait montrer patte blanche. Plus encore, il est vraiment très malin, admirent ses copains : il peut montrer quatre pattes blanches. Mais comme il est modeste, il ne veut pas abuser. Comme dit Petit Agneau des Prés-salés, Helgant est élégant, physiquement et moralement, jusqu’au bout des griffes.

Grand Homme @38

OuafbonOuafjour ! C’est ouafmoi, Helgant, le plus beau des ouafchiens du ouafmonde.
Je voulais m’excuser que j’ai fait ouafpipi dans le ouaflit pendant que ma maîtresse était sous la ouafdouche. Elle est si gentille. Les Mouton m’ont expliqué que ouafpipi c’est pipi ; moi, c’était juste parce que j’étais superouafcontent de pouvoir entrer dans la ouafchambre où je ne vais jamais et me rouler dans son ouaflit. Depuis, je dors dans mon ouafpanier et je fais juste ouafpipi sous le nez de l’épicier qui nous crie toujours dessus.
Faut que je vous dise aussi. Avec les Mouton on est superouaffiers ! Petit Koala nous a montré le OuafBulletin officiel de la Ville ; la ménagère de Caddie a expliqué que c’est écrit par la reine Anne, de sa ouafmain propre. Eh bien, elle a écrit que ma maîtresse, elle est horsouafclasse ! Ça veut pas dire qu’il y a ouafpéno ; au contraire ; c’est un ouafbut encore plus fort que tous les ouafbuts déjà marqués ! On a essayé avec la ouafbande de faire pareil ; on a eu peur de casser le ouafaquarium alors on s’est dit qu’on allait faire un ouafbillet pour dire qu’on est superouaffier !
— On est d’accoooord Heglant ! Trop foooooot !
— Et plus encore f*oooo*t !
— Ça, elle nous l’épate !
— C’est qu’elle roule qui pierre !
Merci la ouafbande ! Un ouafpipi et ouaffoooot pour tout le ouafmonde !

Grand homme @37

J’ai le bonheur que Helgant partage ma vie. Nous avons beaucoup sillonné le quartier à son arrivée. Il était stressé, mais on arrivait à se promener un peu loin. Très vite, il a raccourci les trajets pour ne plus vouloir avancer que sur quelques mètres. Un jour, un mois et demi après son adoption, il s’est échappé de son collier pour courir… jusque devant l’immeuble. J’ai eu peur qu’il ait un accident ou s’échappe loin.
J’ai essayé maints subterfuges pour faciliter les promenades avant de faire venir une vétérinaire spécialisée en comportement. Après des discussions, nous sommes arrivés à la conclusion d’un phénomène fréquent en comportement canin : Helgant se comportait comme le chef de meute qu’il ne voulait pas être. Autant en intérieur, il arrivait à maîtriser, autant en extérieur, c’était bien trop pour lui, d’où un stress insupportable.
Le traitement est implacable : il me faut prendre le rôle de cheffe de meute pour souligner combien je maîtrise la situation, dedans comme dehors. Quelques déplacements de meuble, des changements d’habitude et du temps, voilà le cocktail qui devrait l’aider.
Cela n’est pas facile, mais je m’y tiens. Une vie agréable et heureuse avec le plus beau chouchou de ma meute est le plus beau des enjeux.

Grand homme @36

Je ne crois pas avoir encore évoqué ici la disparition de Juliette Greco.
J’ai rencontré Juliette Greco en 1993… musicalement parlant bien sûr. A l’époque, elle traversait un long passage à vide depuis plus de dix ans mais venait de sortir un nouvel album, Rubans rouges et toiles noires, qui allait la remettre sur le chemin du succès, chemin qu’elle ne quitta plus jamais. Moi non plus je ne la quitterai plus…