Archives de catégorie : Extravagance parisienne @

Extravagance parisienne @67

Je vais au commissariat pour faire valider ma procuration aux élections. Une agente d’accueil note sur un bout de papier le code de validation et prend ma CNI. J’attends puis un agent en uniforme revient et m’indique qu’il a un problème avec son accès au réseau dans ce commissariat qui n’est pas le sien habituellement. Je peux aller dans un autre commissariat ou revenir quand ce sera un autre collègue qui aura bien les droits d’accès.
Il me rend ma carte d’identité et me tend le papier que je prends machinalement. En le retournant, je lis un nom, un prénom, un code postal, un numéro de téléphone et la mention « vol de papier ». Mais non, je ne l’ai pas volé ! C’est la police qui m’a donné des indications personnelles. Ce n’est pas leur faute, le RGPD des brouillons n’existe pas encore.

Extravagance parisienne @66

Un tabouret japonais posé au sol dans un couloir de cave.Je suis récemment descendue dans ma cave avec Frédéric pour y chercher des livres pour la signature au Bar’Ouf du 13 juin et déposer une poussette de ma voisine qui ne rentre pas dans la sienne. Arrivée devant la porte, je suis surprise de la grosseur du cadenas… et ma clé ne rentre pas ! Je remarque alors posé juste à côté un tabouret japonais très reconnaissable, et qui m’appartient. On devise un peu avec Frédéric pour arriver à la même conclusion : quelqu’un a ouvert ma cave en brisant le cadenas, sorti le tabouret, et l’a refermée avec son propre cadenas.
Je précise ici que mon immeuble est connu pour ses trafics en tous genres et, d’emblée, sans doute parce que je regarde les séries policières à la télé, j’imagine que ma cave sert d’entrepôt pour… ? Je songe sitôt appeler la police mais commence par mon gardien qui me promet de venir dès le lendemain faire sauter le cadenas en place et m’en poser un autre. Quant à la police, « Elle ne viendra pas pour ça. » J’en discute un peu avec Frédéric et nous sommes d’accord : il est important de la prévenir, des marchandises illicites pouvant être présentes dans ma cave et je ne suis d’emblée pas fan d’une procédure pour recel ou complicité.
Je compose le 17. À mon récit en trois phrases, l’opérateur me passe le commissariat de mon arrondissement qui, après que j’aie donné mon adresse, me répond « Je vous envoie une patrouille. » Trois agents sont là dix minutes plus tard. Ils ne peuvent pas ouvrir la cave à ma place mais partagent mon analyse de la situation. Ils m’invitent à les rappeler si, le lendemain, je trouve dans ma cave des choses qui ne sont pas à moi.
J’espère que les occupants sans titre de ma cave vont récupérer leurs affaires dans la nuit. Il n’en est rien. Au matin, mon gardien fait sauter le cadenas et trouve très vite des petits sachets vides qui pouvaient avoir contenu du shit (je ne sais pas, je n’en ai jamais vu) et conclut que ma cave sert de zone de reconditionnement. Je rappelle la police qui arrive l’heure suivante. Je leur ouvre la cave. Un policier me désigne une petite sacoche en me demandant si elle m’appartient. Ce n’est pas le cas. Après les formalités judiciaires d’usage, il l’ouvre, y trouve un couteau, une balance, d’autres petits sacs vides. Il ramasse ceux éparpillés sur les étagères où sont bien rangées mes affaires (des documents, des livres, et des babioles).
Je ne sais pas quelles suites judiciaires aura cette affaire ; j’ai déposé une préplainte pour effraction et occupation de ma cave. Pour ce qui est des « suites locales », je suis allée discuter avec l’éducateur qui gère notre secteur (je préfère la prévention à la répression). Dans la soirée, une voisine a entendu des gars de chez nous (comme on dit) s’engueuler car l’un n’aurait pas fait son taff et mis les autres dans l’embarras. J’avoue, cela m’amuse beaucoup.

Extravagance parisienne @65

Logo handicap visuelJe constate tant d’atteintes à mes droits et faits de discriminations à raison de mon handicap visuel (ce que constate également la Défenseur des Droits dans un avis récent) qu’il me faut bien, de temps à autre, me réjouir de certaines avancées. J’ai parlé récemment de mon assureur militant et je vous parlerai bientôt des travaux que nous avons eus dans notre hall ; aujourd’hui, je voudrais saluer deux initiatives où l’accès au droit et l’accessibilité basse vision se rejoignent.
La première concerne la MDPH 75 qui a joint une très jolie « Notice voie de recours » à une décision qu’elle m’a transmise : les voies de recours sont expliquées simplement, avec toutes les informations nécessaires. C’est juste écrit un peu petit mais cela passe bien une fois scanné et agrandi.
La seconde concerne le CAS-VP 14 qui, lui, a joint à une demande de prestation, une notice expliquant comment scanner un document avec un téléphone et l’envoyer par voie numérique. Là également, le document est clair, l’explication facile à comprendre. C’est écrit en quasi gros caractères, à l’exception d’une adresse mail et d’une URL (dommage !)
Ces démarches sont des premières (je fréquente l’un et l’autre sous diverses appellations depuis 1981), à tel point que j’ai montré ces documents au Médiateur de la Ville de Paris à titre d’exemple de bonnes pratiques (en lui indiquant les points à améliorer). Tout cela est donc super, chouette, extraordinaire… surtout quand on sait que MDPH signifie maison département du handicap, et CAS-VP centre d’action sociale de la Ville de Paris, des administrations parisiennes en première ligne dans la mise en œuvre pour deux millions de Parisiennes et de Parisiens de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.
— 2005, tu dis ?
Oui, Caddie. 2005.

Note. Je tiens à disposition de qui le souhaite un scan de ces documents.

 

Extravagance parisienne @64

Un blo de blender, avec de la poudre de noisette et, au milieu, une noisette entière.Je fais régulièrement des sablés aux noisettes et farine d’épeautre ; les deux se marient à merveille. Je n’utilise ni poudre de noisette ni noisettes achetées décortiquées (j’ai remarqué qu’elles sont souvent rances). La première étape de ma recette est donc de casser des noisettes (une cinquantaine) ; puis de les broyer avec le blender ; ni trop ni trop peu ; quand il reste des petits morceaux, cela ajoute au caractère goûteux de ces biscuits.
Dans le blender, il se passe un phénomène (physique ?) assez surprenant : quels que soient la vitesse que j’utilise, et le temps (aléatoire mais toujours moins d’une minute), il reste toujours une noisette entière, fière comme Artaban au milieu des autres réduites en quasi-poudre. Je m’en amuse à chaque fois, et la croque. Est-ce la part de la cuisinière qui résiste ainsi ? Si vous une explication technique compréhensible pour la néophyte des lois physiques que je suis, je prends !

Extravagance parisienne @63

Depuis cet été, je m’emploie à maîtriser les fonctions vocales de Petit 7 et utilise beaucoup le casque que j’ai eu tant de mal à trouver. Je dicte ainsi de plus en plus mes messages texte, notamment quand je suis dans la rue.
Une pression longue sur le bouton principal du casque.
— Dis Siri ; peux-tu envoyer un message à Petit Mouton, s’il te plaît ?
— Que souhaitez-vous dire ?
— Coucou [virgule] je suis avec Caddie [point] On va chez Tang [point] Il fait un froid de canard [point d’exclamation] Veux-tu des citrons s’ils sont pas chers [point d’interrogation]
Vous l’aurez compris, je dicte la ponctuation au même titre que le texte. Cela fonctionne très bien, mieux souvent que le texte lui-même mais interpréter Siri est toujours amusant.
Avant-hier, j’avais un rendez-vous téléphonique avec une personne qui souhaitait avoir recours au médiateur. J’appelle en numéro masqué. Beaucoup de personnes rechignent à répondre. Je laisse donc un message vocal, indiquant que je rappelle dans cinq minutes…
— Bonjour madame Martin [virgule] je suis la représentante du médiateur [point] Vous avez pris rendez-vous avec moi ce matin [point] Je vous…
Et là, j’ai bafouillé, me rendant compte que j’étais sur un répondeur vocal et non en train de dicter un message texte à Siri. J’ai eu du mal à garder mon sérieux sur la fin du message. J’ai rappelé. La dame m’a répondu sans remarque particulière. Ouf !

Extravagance parisienne @62

Depuis quelques années déjà, j’anime ma page Facebook et celles d’associations que je soutiens par mon action bénévole. J’alimente ma propre page manuellement ou en utilisant une moulinette qui récupère les contenus du blogue notamment. Pour les associations, j’utilise des outils de programmation de publications propres à Facebook afin de proposer des contenus tous les jours à horaires fixes (le matin, et le soir, pour la plupart).
C’est ainsi que j’ai pu remarquer que, chaque année, je zappe le 31 octobre, comme si ce dixième mois de l’année ne comportait que trente jours. Ce n’est en général que la veille, lors de ma petite séance de vérification de programmation, que je m’en rends compte. Cela m’intrigue. Cette date ne correspond à rien dans ma vie, au moins rien dont j’ai conscience, ni un anniversaire, ni un décès, ni un événement heureux ou malheureux. Rien.
Cette énigme est encore plus complexe que celle de mon réveil à 7 h 04 pendant le confinement de printemps. Cette précision d’horloger a cessé depuis, mais je me réveille autour de 7 heures tout de même, et non plus une ou deux heures plus tôt selon la saison. L’hypothèse du voisin est sans doute la bonne. Mais ce 31 octobre qui disparaît du calendrier… Non, vraiment, je ne sais pas. Vous avez des idées ?

Extravagance parisienne @61

Grâce à Helgant, on se promène dans le quartier. Et j’en découvre quelques endroits et quelques bizarreries. Ainsi, au coin de la rue, ce magnifique passage temporaire non effacé devant lequel des barrières ont été installées.
Caddie a adoré la photo. Il dit que c’est un passage protégé… des piétons. Il l’a immédiatement dédicacé à sa ménagère, avec une pensée particulière pour des super potes qu’il a décidé d’appeler anonymement CD. Si on a des private joke sur ce blog maintenant, où allons-nous !

Extravagance parisienne @60

Je lis dans Que choisir de mai 2020 (je suis un peu en retard) la question d’un client qui, ayant renversé un pot de peinture dans un magasin, se voit contrait de le rembourser. C’est légal dit l’association de consommateurs, art 1240 du Code civil. Bigre.
L’autre jour, dans l’un de nos magasins, Caddie cherchait un tube de dentifrice. Les prix sont affichés en haut des produits, sur le mur pour ceux de la dernière étagère. Le dentifrice était là. Les boîtes dissimulaient le prix. Pour aider Caddie (il reste petit de taille), j’ai donc poussé une boîte de la main droite pendant que Petit 6 jouait de la loupe (on est très au point tous les trois).
Et là, j’entends un bruit de choses qui tombent, un cri, suivi d’une succession de récriminations. Je comprends très vite que la boîte que j’ai poussée, par effet domino, a déplacé une boîte de brosses à dents et une autre de dentifrice pour enfant en bout de rayon qui ont atterri sur une dame qui était à une caisse automatique séparée du rayon par un présentoir en carton de crèmes solaires.
Caddie rigolait (il milite contre les caisses automatiques) ; Petit 6 était gêné, tout de même ; et moi, après avoir entendu la dame dire à qui lui demandait qu’elle n’est pas blessée mais que c’est quand même n’importe quoi ce magasin, j’ai embarqué mes deux compères comme si de rien n’était. C’est quel article du Code si le dentifrice avait blessé cette dame ? Je ne préfère pas savoir.

Extravagance parisienne @59

Ma voisine la plus proche est une femme que j’aime beaucoup. Elle vit sans doute à l’antithèse de ce que je suis mais cela ne change rien. Nous avons mis des années à nous apprivoiser. Aujourd’hui, je crois que l’affection est réciproque autant que sa présence me rassure. Elle est là, je le sais, proche, attentionnée. J’ai souvent l’impression de lui donner moins que ce qu’elle me donne, au moins matériellement ; elle m’apporte souvent à manger ; c’est plus compliqué pour moi parce qu’ils sont nombreux. Alors, j’essaie d’avoir des attentions, pour elle seule, comme glisser un rocher au chocolat dans la casserole que je lui rends.
Pendant le confinement, elle a été très présente, m’appelant chaque jour pour prendre des nouvelles. Elle est restée très confinée, son mari étant malade. Et elle nettoyait, nettoyait, nettoyait… Je l’ai dépannée d’un peu de javel, de vinaigre blanc, lui ai trouvé des gants qui lui manquaient, et de la crème pour prendre soin de ses mains. J’ai cherché à la soutenir, de l’autre côté de la porte. Elle n’a jamais renoncé à me donner à manger dans des plats qui protégeaient les plats qui protégeaient les plats… Son goût pour le propre ne date pas du covid-19 mais celui-ci l’a fortement encouragé. Elle a toujours nettoyé le palier, installé pour moi (qui n’ai rien demandé) un paillasson devant la porte qui mène aux escaliers. Depuis trois mois, elle désinfecte ma poignée, ma sonnette, le bouton de l’ascenseur…
Elle est comme ça. Je ne l’encourage pas mais la remercie. Plusieurs fois, ces derniers jours, elle m’a parlé de changer les paillassons. Elle a changé les siens, m’invitant à faire pareil. J’ai vu chez elle, elle a fait des « sas » dans son couloir, avec changement de chaussures à chaque. Elle est assistante maternelle. Elle porte le masque quand elle reçoit les enfants qu’elle garde. Elle m’a reparlé du paillasson. J’ai senti que c’était important pour elle. Cela ne l’est pas pour moi. Je le lui ai dit ; elle l’a bien entendu ; et je suis allée acheter un paillasson au bazar d’à-côté ; j’ai pris le rouge, pour l’assortir aux siens.
Le soir, comme souvent, elle m’a apporté le pain qu’elle fait, encore chaud : un véritable pousse au beurre ! Elle l’avait à demi emballé dans un alu. J’ai goûté le pain, en ai gardé un morceau pour le petit-déj’, congelé le reste. L’alu, je l’ai secoué au-dessus de la poubelle et l’ai plié en quatre pour le réutiliser. Ouh là là ! si ma voisine savait… Elle ne saura pas et nous continuerons à vivre chacune nos vies, dans le partage de ce que nous sommes, paillassons assortis en prime !

Extravagance parisienne @58

Depuis hier, les parcs et jardins parisiens sont à nouveau ouverts au public. Le petit parc dans lequel niche notre jardin partagé a lui réouvert ce dimanche. Pas la grande foule dans l’après-midi mais quelques habitants du quartier qui y retrouvent leurs habitudes.
Cependant, dans l’allée menant au jardin partagé, une petite dizaine de gamins s’est installée. Ils devaient avoir entre 13 et 15 ans, pas plus. Certains sont assis sur les bancs attenants et d’autres ont apporté leur chaise pliante. Ne supportant manifestement pas la quiétude du lieu, ils font entendre leur musique mais pas trop forte (même si ça contraste vraiment avec l’ambiance locale mais bon).
Je suis resté environ 1 heure 30 à m’affairer et durant toute cette période, j’ai eu droit à une compilation musicale des années 80, 90 et 00. C’était assez drôle de voir ces encore enfants danser (oui, ils dansaient aussi) sur des airs que j’avais moi-même entendus plus jeune.
Par contre à leur âge, je ne fumais pas et moins encore dans des lieux interdits comme dans les parcs.
Ô tempora, ô mores !