Archives de catégorie : Dixit @

Dixit @17

Copie d'écran d'une page de France cultureIl n’est pas rare que l’on m’envoie des podcasts à écouter, ou que j’en croise lors de recherches, sur les comptes Twitter que je suis… Pendant le premier confinement, j’avais cherché aussi des podcasts ou des fictions radiophoniques à écouter, histoire de me reposer les yeux. Le verdict à chaque fois est sans appel : je décroche au bout de 30 secondes et si je tente de m’accrocher, je ne comprends pas ce qui est dit.
Cela peut sembler étrange, même à moi-même : j’adore écouter la radio ; quand je regarde la télé, je ne fais qu’écouter ; tout ce que l’on me conseille est de qualité et sur des sujets qui m’intéressent. Et pourtant… Isabelle m’a envoyé récemment deux podcasts de France culture en m’indiquant à quelle minute cela pouvait m’intéresser. En général, quand elle m’envoie quelque chose à lire, je lis dans la demi-journée… là, ça fait quatre semaines, et je n’ai pas écouté.
Ce soir, je me lance avec l’idée de tout écouter. Je suis dans ma cuisine, j’ai du temps. Je lance le premier ; au bout de cinq minutes, je décroche. Je tente le second, pareil. Je mets de la musique pour finir ma cuisine et m’installe devant mon ordi pour écouter le passage suggéré par Isabelle. Je ne fais rien d’autre. Ça commence à parler, une phrase, deux… qui parle ? Pour dire quoi ? Je ne comprends pas ; je m’accroche et décroche.
J’essaie de comprendre.
* Premier élément : de tout temps, je n’ai jamais réussi à écouter la radio ou la télé en différé. Au début des cassettes audio ou VHS, j’enregistrais des émissions ou des films pour les écouter plus tard. De mémoire, ce n’est jamais arrivé. Autrement dit, pour moi, la radio et la télé, ce n’est que du direct. Si je le rate, impossible d’y revenir. Si aujourd’hui je reçois un appel au milieu d’une série ou autre, je ne sais pas arrêter ma box et redémarrer quand la conversation est terminée : je choisis de répondre ou non au téléphone ; si je réponds, tant pis pour la série ; je ne saurai pas la fin ; qu’importe !
* Pour faire ce billet, j’ai remis ces deux podcasts pour tenter de cerner ce qui me rebute :
1/ Je ne comprends pas le sujet : entre le titre et la présentation écrite, je coince et quand je lis « Se dépasser, chercher l’indéfini progrès, s’accomplir en réalisant toutes ses potentialités, s’augmenter, s’approfondir en activant le vivant en nous, s’éveiller en laissant émerger son corps dans un approfondissement de soi, jusqu’à devenir hybride, ni entièrement naturel ni réduit à un corps machine. », à part me dire que l’auteur se la touche, je ne sais pas de quoi il est question. Quand j’écoute, c’est pareil, des gens parlent ; de quoi ? Pour dire quoi ? Mystère.
2/ À la réflexion, je comprends que je ne peux pas comprendre quelqu’un sans savoir qui il est, afin de pouvoir situer son propos dans la grille d’analyse qui est la mienne. Dans ces émissions, le locuteur est souvent nommé a posteriori de son propos, ou en cours ; et les locuteurs s’entrecroisent ; et même quand je sais qui parle, quand il s’agit de produire du savoir, j’ai besoin de connaître la qualité (je n’ai pas d’autres termes) de celui qui me dit quelque chose pour que cela fasse sens. Cela m’arrive souvent d’ailleurs à la télé de lâcher un documentaire car le nom des intervenants est en sous-titres illisibles pour moi.
J’imagine que ces deux points ne me sont par personnels et que la psychosociologie aurait à y dire. En attendant, je me prive de tas de trucs très intéressants ; je le regrette souvent… surtout quand j’ai besoin de me reposer les yeux.

Dixit @16

Début août, j’ai reçu une troisième relance de l’UFC Que Choisir m’invitant à me réabonner au magazine, mon abonnement s’étant terminé en juin. Ce courrier m’a bien agacée. Voici la réponse que j’y ai apporté, adressée au directeur de diffusion qui m’avait écrit..

« Monsieur,
« Abonnée au magazine Que Choisir depuis plus dix ans, j’ai décidé de ne pas renouveler mon abonnement en juin 2021. Pourquoi ? Peu vous chaut puisque, dans aucune de vos relances, vous ne me posez la question ; vous poussez même la fatuité commerciale jusqu’à émettre des hypothèses sur les « regrets » que je pourrais avoir, insistant sur le « dommage » que je pourrais subir à ne plus lire le magazine et sur ma supposée procrastination face à l’achat de nouveaux numéros.
« Soyez-en surpris, j’imagine, mais sachez que je reste une fidèle lectrice de Que Choisir ; en me désabonnant ? Non, je ne me suis pas mariée avec une autre lectrice, ni ne vais lire le magazine en bibliothèque, ni ne l’achète en kiosque, ni ne le vole… Ouh là là ! mais que se passe-t-il ?
« Il se passe tout simplement que j’ai pris un abonnement numérique ce que vous semblez ignorer en continuant à me faire des relances par courriers dont les autres abonnés paient, bien sûr, la production et l’acheminement. Drôle de pratique commerciale pour une association qui défend les consommateurs ; vous ne trouvez pas ?
« J’ajouterai pour finir que si j’ai basculé sur le numérique, c’est parce que je suis déficiente visuelle et de plus en plus en difficulté de lire votre version papier. J’ai maintes fois écrit pour signaler que les maquettes sont de moins en moins lisibles, ce qui est assez surprenant au vu du nombre de retraités qui sont bénévoles à Que Choisir ; sans doute excluez-vous ceux dont la vue baisse avec l’âge ? C’est ce que je me dois de conclure.
« Au plaisir de lire les articles en ligne en mode liseuse car votre site n’est pas lisible sans. J’ai dit RGAA ? C’est ça.
« Bien cordialement, »

J’adore ma formule « fatuité commerciale », une première. Je vous dirai si elle fait mouche.

Dixit @15

Fin août, je me suis rendu nuitamment aux Invalides pour un spectacle en son et en lumière sur l’histoire du lieu au travers les âges.
Je n’insiste pas sur la beauté formelle de ce spectacle, elle était indéniable. Le fond du propos m’a semblé lui plus problématique, c’est le moins que l’on puisse dire.
Déjà, rapprocher graphiquement sur une même façade la fleur de lys de la monarchie (Louis XIV ayant fait bâtir les premiers bâtiments), l’aigle impérial de Napoléon et la croix de Lorraine de de Gaulle était audacieux quoi que l’on pense des uns et des autres mais entendre des propos comme : « Lorsque l’on entre en ces lieux (comprendre « pour visiter le tombeau de Napoléon »), on oublie toutes les controverses pour entrer dans une méditation profonde… », c’est un peu fort de café comme auraient pu dire les esclavagistes !

Dixit @14

De passage à la mairie du 3e jeudi, je patiente dans une salle d’attente juste à côté d’une salle où une dame que je ne vois pas s’entretient avec une assistante sociale.
L’assistante sociale sort de la salle et cherche une revue dans la salle où je patiente. La dame que je ne vois pas dit : « Vous n’êtes pas trop fatiguée avec les grèves ? Si vous aviez été une jeune fille, vous seriez venue dormir chez moi, vous auriez pris mon petit lit… mais vous êtes sans doute mariée avec des enfants. »
Pour la petite histoire, l’assistante sociale lui a gentiment répondu qu’elle était effectivement mariée.

Dixit @13

Je suis dans l’espace boulangerie d’un supermarché où les produits sont en vitrine avec deux personnes qui servent. D’ordinaire, je me sers dans les espaces libre-service ; c’est le seul moyen de choisir sereinement ce que je veux car je peux saisir les produits pour les identifier. Ce n’est pas le cas dans ce supermarché.
Quand j’arrive, il n’y a aucun client. Les deux serveurs s’affairent. Je tourne et retourne pour tenter d’évaluer ce qu’il y a, ce qu’il m’irait. Un homme arrive, puis une femme. Un employé s’adresse à la femme qui répond que le monsieur était avant elle. Et moi ? Qu’importe, je ne sais toujours pas ce que je veux. L’homme ne bouge pas. La femme l’interpelle de nouveau. Il s’avance, achète son pain et repart.
La femme se fait servir à son tour. Personne ne m’a encore rien demandé. J’ai enfin choisi mon pain (je suis là depuis cinq bonnes minutes), ignorant ce qui est derrière les serveurs, me contentant des baguettes mises devant. Le service dure un peu, la dame se plaint du client avant elle.
— Mais vous l’avez vu ? Il ne m’a même pas regardée !
— Vous auriez pu passer…
— Non, il était arrivé avant moi et j’ai de l’éducation…
Et moi ?
Un échange nourri s’en ensuit avec les deux serveurs sur les malotrus qui méprisent leur prochain. Je retiens ma remarque. J’ai un cours de judo qui m’attend.

Note. Je sens la question poindre : mais pourquoi ne demandes-tu pas ?
— Bonjour monsieur. Je voudrais un produit salé ou du pain mais j’ignore quoi. Pouvez-vous me dire ce que vous avez en me disant à quoi ça ressemble (taille, aspect, forme…) et le prix ?
Je vous laisse regarder le nombre de produits salés et pains dans une boulangerie pour vous laisser répondre à la question posée.

Dixit @12

Les statistiques de visite de mon site cyjung.com indiquent les sources d’entrée et, quand il s’agit de moteurs de recherche, de quelques mots clés. Je ne sais pas comment Spip sélectionne ceux qu’elles me montrent. Ce 31 mai 2018, Spip me gâte… et les internautes m’affligent.

« 99 visites Google (96)

« pousse ta merde salope »
→ [#32] La femme qui féminise « connard » dans le métro (V-01)
« en temps que de besoin »
→ En tant que de (besoin, raison)
« Tres jeunes elle se fait des foncer par du sese »
→ La jeune fille qui ne veut pas se faire couper en morceaux (V-01) »

Note 1. Vous pouvez lire « [#33] La femme qui féminise « connard » dans le métro (V-01) » ici, et « La jeune fille qui ne veut pas se faire couper en morceaux (V-01) », .
Note 2. Tout cela n’était pas inutile ; j’ai corrigé trois coquilles dans la numérotation des titres de mes nouvelles en [e-criture].

Dixit @11

Lors du Printemps des assoces de l’Inter-LGBT, nous avons pris un verre avec Frédéric. Le bénévole à la caisse m’a d’emblée tutoyée. J’en ai fait la remarque à Frédéric, tout autant dépité que moi. La question est : qu’est-ce qui autorise ce jeune homme à me tutoyer ? La proximité de nos orientations sexuelles ? La participation à un événement identique ? Je l’ignore.
Je remarque que la méthode est très courante sur les réseaux sociaux. Les invitations sont faites à « tu », comme si l’on était de vieux potes. Une dérive glose-biche (tiens, c’est pas mal écrit comme ça, glose ma biche, ça leur va bien à ces tutoyeurs branchouilles) ? Je le crains. Je le remarque aussi dans les commentaires, les mails… Ma réaction est alors de systématiquement répondre en vouvoyant (à l’oral aussi). Mes petites résistances me font du bien !

Dixit @10

bitchAlors que je fais ma revue de presse pour Media-G.net, je découvre cet article de 20 Minutes, puis beaucoup d’autres sur le même sujet. « Google ne traduit plus le mot gay par des insultes  : Pédé, tapette, tafiole, queen ou faggot. Tels étaient les synonymes de gay ou homosexuel proposés par Google Translate. Des traductions maladroites voire homophobes selon le Collectif international de défense des droits des homosexuels All Out. »
Pour tout dire, j’avais vu passer l’info la veille sur Facebook sans réagir mais sans doute que le café était efficace ce matin et une question s’impose en même temps que ce billet : mais comment peut-on « nettoyer » ainsi un dictionnaire et sacrifier des mots sur l’autel de la lutte contre l’homophobie quitte à renier un pan entier de la culture homosexuelle en supprimant « queen » et « tapette » par exemple ? Bien sûr que les homos sont des fiottes et les lesbiennes des brouteuses de gazon, comme les femmes sont des putes (« bitch », en anglais, cf illustration), les arabes et les juifs (à deux époques différentes certes) des ratons, les noirs des négros, les Asiatiques des Niakoués, j’en passe et des plus usités !
Autrement dit, comment peut-on imaginer qu’en supprimant ces mots d’un dictionnaire on supprimera l’homophobie, le sexisme, le racisme, l’antisémitisme et tout ce que l’argot exprime de discrimination, de stigmatisation de la différence et de bêtise ? Ah ! supprimer la bêtise… La période des vœux (pieux) est passée. Dommage !

Note : Caddie demande si à la place d’ « enculé » (son injure favorite à l’égard de ses congénères poussifs), c’est plus correct de dire « trou du cul » ? Je vous laisse lui répondre.

Dixit @9

Envoyé spécialJe suis tombée par hasard sur un « Envoyé spécial, la suite », samedi 12 avril 2014. Il était question d’agriculteurs. La chaîne les avait filmés il y a vingt ans, et revenait les voir.
Une agricultrice disait dans le reportage d’il y a vingt ans (je cite de mémoire) « Les premières années seront beaucoup de sacrifices ; dix ans, je pense ; dix ans de sacrifices. » Et dans le reportage d’aujourd’hui, elle commentait (toujours de mémoire) : « C’était les paroles d’une jeune agricultrice qui ne savait pas ; c’est toujours des sacrifices ; ce sera toujours des sacrifices »…
Je vois bien de quoi il est question, à travers ce mot de « sacrifice » : une présence sans discontinuer sur l’exploitation, pas de vacances, pas de soirées à l’extérieur, un certain isolement, une ceinture que l’on serre quand le marché vacille et que les intempéries s’en mêlent… Pourtant, le terme me choque, ou me surprend.
Cette femme disait avoir choisi son métier et ne semblait pas le regretter. Les contrariants auxquelles elle faisait référence me semblent bien des contraintes, et non des « sacrifices », en plus de ne pas forcément être considérées comme tels pour tous les agriculteurs. Un petit détour par le Grand Robert m’amène à considérer que je me trompe à rejeter le terme de « sacrifice » dans cette situation : « Renoncement ou privation volontaire (en vue d’une fin religieuse, morale, esthétique, ou même utilitaire). » Ce qui me gêne, pourtant, c’est combien l’utilisation de ce terme, sans doute à cause de sa forte implication morale et religieuse, renvoie à « avec tout ce que j’ai fait pour toi ; je me suis saigné aux quatre veines » avec la sentence qui tombe « ingrat » !
Alors oui, cette agricultrice fait des sacrifices. Mais c’est « volontaire ». On est d’accord, madame ?

Dixit @8

À l’instar d’Isabelle, il m’arrive de participer à des échanges sur des pages Facebook auxquelles je suis abonnée. C’est ainsi que j’ai récemment indiqué à un internaute (de sexe masculin si j’en crois son prénom) que traiter Marine Le Pen de « grosse salope » était une injure sexiste et demandé à un second qui l’a traitée de « Povre fille » s’il aurait traité son père de « Povre garçon ». Le choix des mots que l’on utilise m’a toujours semblé être un préalable à tout combat politique. J’étais d’autant plus contrariée par ces deux commentaires qu’ils sont sur une page d’action féministe, qui a réagi après moi, et fort mollement à mon goût, et uniquement sur le premier commentaire.
Le premier m’a fort gentiment répondu que ma démarche était « casse burnes » et évoqué « flicage » et « censure ». Je lui ai demandé pourquoi il s’emballait, insinuant que j’avais dû toucher juste. J’ai eu droit à une longue réponse du même acabit que ce qui précède, d’où il ressort que ma démarche qui consiste à considérer Marine Le Pen comme un être humain digne du respect que je porte à tout être humain relève de « visions schizoîdes et intellectualisantes ». Je savais déjà que je voyais autrement, mais là. Je suis vernie !
Quant au second commentaire, un autre internaute que celui qui avait posté le commentaire original, toujours de sexe masculin, s’est permis une attaque personnelle, m’invitant à ne pas devenir une « povre écrivaine ». J’ai simplement répondu que je n’acceptais pas qu’il me parle sur ce ton. Il semble qu’il ait été vexé car plus loin, il parlait d’ « Action directe » et je lui ai répondu « Action française »… Il m’a insultée de nouveau en réponse en des termes somme toute assez abscons, mais je conclus néanmoins à la volonté de m’injurier. N’est-ce pas un délit, d’ailleurs, l’injure publique ?
Plusieurs heures après ces échanges, la page qui abrite ces commentaires n’a toujours rien répondu… J’ai hésité à le signaler à l’association-mère tant il me semble que laisser passer ce genre de commentaire, et les réponses blessantes et sexistes qui m’ont été faites, est contraire aux engagements mêmes de cette association. Je me contenterai de ce billet, rassurée par Isabelle : oui, rassurée car, dans un premier temps, je me suis trouvée un peu sensible à me sentir blessée. Elle m’a confirmé que ces messieurs étaient effectivement blessants. De purs produits de la domination masculine, avec moi qui peine à me situer en tant que victime, préférant penser que je suis fragile en ce moment ? On est en plein dedans !