Archives de catégorie : Changement @

Changement @30

Helgant en pension fait connaissance d'autres chiens.

Étant présidente de bureau de vote pour les élections régionales, je savais devoir passer deux dimanches très occupés hors de chez moi. Cela me semblait long pour Helgant. Après avoir réfléchi à différentes options, j’ai retenu une pension canine à la campagne.
Je l’ai d’abord déposé pour deux jours. Il est beaucoup resté dans son coin, à l’écart de la trentaine de chiens présents sur place.
Pour la période suivante, j’ai demandé son avis à la vétérinaire comportementaliste qui avait vu Helgant il y a quelques mois, car pour m’organiser, il était question que je l’y laisse une semaine. Pour elle, cela serait positif pour sa sociabilité en général. Donc, suite à ses conseils, c’est l’option que j’ai retenue. Pendant ce laps de temps, j’ai reçu des vidéos de Helgant. J’ai appris qu’il se mêlait plus aux autres chiens et commençait à jouer avec eux.
Ces expériences ont été compliquées pour moi en raison d’erreurs ou incompréhensions avec les responsables de la pension. En tous les cas, elles ont été positives pour Helgant. Je trouve que ça se passe un peu mieux dehors, mais on reste à quelques mètres de la maison. En revanche, chez la vétérinaire, c’était notable : il a même sauté de lui-même sur la table en attrapant une friandise et il salivait bien moins d’anxiété. En vacances, il partage un grand terrain avec deux vieux chiens recueillis de la SPA après des maltraitantes et ils s’entendent bien.
Je pense que ça n’a pas toujours était facile, mais plutôt agréable pour lui. En tous les cas, ça a été long pour moi. On est bien tous les deux dans la pension de Petit Mouton.

Changement @29

Je suis en fauteuil avec un chapeau, une veste et un pantalon de pluis, le pied emballé dans un sac poubelle.J’ai suffisamment de proximité avec le monde des handicapés (un monde mis à part par le validisme ordinaire), par mon handicap visuel, bien sûr, mais aussi pour avoir fréquenté des handicapés physiques, pour savoir combien la vie en fauteuil roulant nécessite d’adaptations voire de renoncements. Couplé au handicap visuel, c’est un pur bonheur… c’est tout du moins ainsi que j’ai envie de le vivre durant ces six semaines de plâtre ; et le mois ou deux de marche compliquée à suivre.
J’ai un gros atout dans ma manche : je sais m’adapter. Je ne le mesure pas toujours vis-à-vis de ma déficience visuelle mais les trois confinements sont venus me le rappeler. La rupture a été plus brutale cette fois : je partais prendre un train ; en une fraction de seconde, j’ai perdu cette mobilité de proximité qui fait ma fierté et une bonne part de ma qualité de vie. J’ai tout de suite réclamé un fauteuil plutôt que les cannes qui m’étaient proposées : descendre d’un cran ne me pose pas de problème d’ego (l’image de soi, vous savez) et c’était le gage de pouvoir utiliser à fond ce qui me reste : deux bras, une jambe, un genou… et un cerveau au taquet.
Dès mon lit d’hôpital, j’ai commencé à faire des abdos dans mon lit, des pompes verticales sur le déambulateur, profitant de la moindre occasion pour adapter ma musculature de judoka. Rentrée chez moi, l’objectif a été d’aller chez le kiné en fauteuil : 500 mètres en faux plat montant sur la moitié. Il m’a fallu dix jours pour trouver le bon trajet, vaincre mes appréhensions. Aujourd’hui, ma position sur le fauteuil de location a changé. Mes abdos poussent les roues en même temps que mes bras ; et je fais le plus difficile en marche arrière avec la jambe valide en propulseur. Je ne vois pas où je vais, certes ; mais en fait, cela ne me change guère !
Je me prépare désormais à la reprise de la marche ; multipliant les exercices pour ne pas (trop) perdre de musculation dans la jambe immobilisée tout en ménageant mon genou. En même temps, j’ai pris soin de me garantir une alimentation riche en fibres, calcium et vitamines en dépit de l’insistance des repas livrés à me faire manger du trop gras trop salé. Je limite ma consommation de sucres ajoutés. J’espère ne pas avoir pris de poids et ce régime me garantit un transit que l’immobilité et le riz servi à gogo menacent.
Mon moral, forcément, suit le mouvement. J’ai des bons et mauvais jours, comme tout un chacun. Je crains la reprise de la marche. Être active physiquement et intellectuellement me dope ; mes amis et mes voisins me font un bien fou ! Je peux ainsi prendre prétexte de chaque chose pour mener une nouvelle expérience, qu’il s’agisse de faire ses courses en ligne, de vaincre un trottoir trop incliné latéralement, ou d’observer le monde à hauteur et vitesse de fauteuil. Je sors parfois uniquement pour cela tant cette observation est passionnante, tant les personnes sont des mines d’humanité dont je me délecte, que celle-ci me réjouisse ou me révolte.
Il est encore un peu tôt pour en faire le bilan mais je sais déjà que ma vision, déjà assez optimiste de la vie, vire au ravissement, dans mes joies comme dans mes colères. Mon écriture, forcément, s’en ressentira. Ma relation aux autres, aussi. Je ferai sans doute encore moins de cadeaux mais suis désormais en capacité d’accepter la moindre offrande avec l’idée de prendre le temps d’être à l’autre et l’aimer. N’y voyez aucun altruisme de ma part ; c’est juste que je mesure combien le moindre souffle d’air est une joie à qui sait s’en ouvrir les poumons.

Changement @28

Dans la décision d’adopter un chien pesait beaucoup la question des contraintes, dont le sortir pour ses besoins. Ce qui signifie aussi devoir ramasser ses déjections.
Un temps de ma vie professionnelle, j’ai participé à la lutte contre les propriétaires de chiens indélicats. Je ne m’imaginais pas pour autant à leur place, et pas seulement par respect de l’espace public et de ses usagers. Une des raisons est que je ne pouvais m’imaginer propriétaire de chien, car j’avais une horreur, une véritable répulsion physique, pour lesdites déjections. Longtemps, même voir un chien crotter dans la rue me dégoûtait profondément. C’était le summum de ce qui m’était insupportable de voir.
Donc, dans ma décision d’adoption, était en jeu ma capacité à dépasser cette répugnance profonde. D’autant qu’il n’était pas question de ne pas ramasser, sur du bitume ou du gazon.
Sans doute qu’aimer son animal aide à y arriver, mais le fait est que, passer les premiers moments, cela ne me pose plus de problème. Bon, parfois le matin à jeun, ce n’est pas folichon…
Helgant n’a pas permis de retrouver les racines psychologiques ou d’élaborer d’autres clarifications de ce qui a pu m’arriver au stade anal. Mais il m’a permis de dépasser cette répugnance. En somme, il n’est pas psychanalyste, mais plutôt expert en TTC (thérapie comportementale et cognitive). C’est un de ses multiples talents.

Changement @27

Je sais que vous appréciez particulièrement la saga « chaudière » qui a pris un tour nouveau avec le récapitulatif de charges 2019 reçu pendant le confinement (ici). Celui-ci faisait apparaître un rappel par locataire de 133 euros pour une provision de 105 euros. Ouille ! L’affaire, pour cette fois, s’est réglée en deux mois. Forte de mon expérience sur la récupération des 28 000 euros de charges d’eau sur le précédent exercice (), j’ai rapidement pu avoir des explications auprès de notre bailleur : 60 % étaient imputables à un rattrapage de l’exercice précédent sur lequel une facture n’avait été ni imputée ni provisionnée ; 40 % (58 euros) étaient le produit d’une erreur de facturation…
Une fois ceci établi, il a fallu batailler un peu pour que cette « erreur » soit rétrocédée aux locataires dès ce mois de juillet, le gestionnaire souhaitant qu’elle soit corrigée sur le récapitulatif de charges 2020 édité en avril 2021 et récupéré en juin 2021. Les locataires n’ayant pas vocation à servir d’organisme de crédit, j’ai sollicité la directrice territoriale qui a su dépasser les procédures comptables automatiques et tous les locataires n’ont pas eu à s’acquitter de cette erreur.
Cet épisode, outre sa fin heureuse, a été l’occasion d’échanger sur les dysfonctionnements de gestion autant que sur nos soucis du quotidien en évoquant des solutions à moyen et long terme. Nous avons notamment évoqué la question du débit de nos chaudières et il m’a été dit que cette question serait intégrée dans les prochains appels d’ordre. Je m’en réjouis autant que je suis fière de participer à l’amélioration de notre cadre de vie. On me trouvera peut-être crédule mais j’agis toujours avec l’idée que l’on peut faire avancer les sujets. Dans quelle mesure ? Je l’ignore mais m’en moque. Tant que cela bouge dans le bon sens, même d’un cheveu, mon action garde du sens.

Changement @26

Ah ! le four combiné, après avoir utilisé un four à micro-ondes et un four traditionnel séparément, me réserve encore des surprises. Je sais maintenant utiliser les deux fonctions. Mais, j’ai encore du mal à intégrer une différence et en mode four traditionnel, j’ai eu plusieurs fois une cuisson expresse ! Il m’arrive de me faire encore avoir : programmant le four comme d’habitude, je ne m’habitue que peu à peu à ce que le bouton pour déterminer le temps de cuisson compte en secondes, comme le micro-ondes, et non en minutes, comme le four traditionnel. Même en mode marmite norvégienne, c’est insuffisant… Je crois que Cécyle en conviendra, c’est dire.

Changement @25

Un après-midi, j’ai un appel de ma banque. Une employée m’annonce qu’elle va me passer ma conseillère financière qui va me proposer de changer de carte bancaire pour l’offre supérieure en payant moins cher, avec un prix garanti à vie. La femme m’annonce une carte dénommée « I…» alors que je sais que la carte de l’offre au-dessus de celle que j’ai s’appelle « P… ». Je suis intriguée. L’employée va en quête de la conseillère, qui n’arrive pas. Elle reprend donc le téléphone et cherche vainement les informations complémentaires. Je l’entends feuilleter une brochure. Le seul argument qu’elle trouve et me répète est l’assurance perte de bagages lors des voyages en avion. Ce qui ne m’intéresse pas particulièrement.
Quelques minutes après, elle hèle sa collègue la conseillère qui est revenue dans les parages. Celle-ci me parle d’emblée de la carte « P… » et évoque ce changement de tarif super préférentiel. Je m’étonne. J’argumente et me rends compte, avec elle, qu’elle ne connaît pas mon dossier. Avec l’option que j’ai depuis des années, je paye déjà moins cher. L’offre n’est donc pas du tout intéressante pour moi.
C’était presque touchant cet appel très amateur, pas forcément rassurant, mais il souligne une certaine humanité des personnels de ma banque.

Changement @24

J’ai lu un article écrit par des déficients visuels qui pointait le fait que le terme de « distanciation sociale » était malvenu puisque la seule « distanciation physique » suffit à nous protéger du covid-19. Je n’ai pas noté la référence. À rechercher cet article, je découvre que je ne suis pas seule à considérer que « distanciation physique » suffit largement à dire qu’il faut s’écarter les uns des autres parce que le covid-19 est un virus sauteur, pardon, volant ; ou les deux.
Une fois admis que ce choix de l’adjectif « social » n’est pas le plus proche de la réalité de l’éloignement prescrit (on peut avoir une distance physique importante tout en ayant une distance sociale nulle ; et inversement), on peut s’interroger sur ce choix des pouvoirs publics.
Hypothèse n°1 : celles et ceux (sans doute ceux) qui ont décidé sont des imbéciles qui ne savant pas causer comme il faut. Je ne le pense pas. Le mâle dominant domine aussi par la langue. Ce me semble une évidence.
Hypothèse n°2 : ce choix lexical constitue un choix politique. C’est la conséquence logique de ce qui précède, dans un contexte où la nécessaire lutte contre le covid-19 s’accompagne d’une politique inutilement liberticide et coercitive (exemple).
Après deux mois de confinement, comment imaginer que les tenants de l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste n’aient pas la tentation de maintenir les femmes au foyer, les vieux aux Ehpad, une bonne part des travailleurs loin de la machine à café, et les autres à se saluer de loin ? Alors, bien sûr, on peut se b(a)isouiller « en famille », tant celle-ci a su démontrer depuis le 19e siècle son efficacité en matière d’exploitation, de contrôle social et d’acculturation sclérosante pour les personnes. Ce choix révèle donc la volonté des hommes blancs de poursuivre dans la voie du « monde d’avant » et que leur discours sur le « changement » a la même valeur que les antédiluviennes promesses électorales de François Hollande. C’est dire !

Note. Chacun appréciera, dans ce contexte, la notion de « gestes barrière » ; barrière contre qui ? le virus ou le lien social ?

Changement @23

Après de grandes réflexions, des hésitations, des péripéties, je me suis décidée pour des travaux dans mon appartement. Puis il y a eu le confinement qui a décalé mes projets. L’un d’eux concerne la cuisine. Les meubles d’une grande chaîne suédoise ont vieilli et vont être tous changés, ce d’autant que la conception de la cuisine avait été pensée par et pour des plus grands que moi. L’objectif est donc d’enlever les meubles hauts et d’en rajouter en bas.
Durant le confinement, j’ai eu besoin d’avancer sur ce projet. Juste après le 11 mai, même si c’est plus long et compliqué pour des amateurs relativement à des artisans, avec de l’aide précieuse, j’ai démonté la plus grande partie des meubles. Un jour, deux meubles hauts ont été enlevés et cela m’a fait un bien fou.
Plus d’espace, plus de lumière… Même si je vis quelques semaines dans un appartement avec des meubles sans portes, des endroits abîmés, une installation minimum, je m’y sens bien. Cette étape m’a permis d’avancer et c’est comme une transition, me permettant de m’habituer à la future configuration. J’en apprécie déjà les avantages.
Le vrai chantier va bientôt commencer, voilà une autre histoire.

Changement @22

Depuis le temps que cela me trotte dans la tête, c’est décidé, je change de fournisseur d’électricité ! Historiquement chez EDF comme l’ensemble des Français, j’ai longtemps espéré (pour diverses bonnes et mauvaises raisons) que ce fournisseur traditionnel prenne le virage de pratiques écologiquement vertueuses. Ceci n’arrivera pas en l’état. Changement de braquet donc.
J’avais récupéré lors d’une précédente Marche pour le climat un prospectus de Greenpeace concernant justement l’électricité dite « verte », c’est-à-dire en synthèse n’utilisant pas d’énergie fossile dans la production d’électricité. Je l’avais précieusement conservé notamment après avoir constaté qu’EDF était plus que lanterne rouge, au même rang que des Total, Engie…

En France, EDF produit et fournit une électricité essentiellement nucléaire. Cette technologie est non seulement polluante mais aussi dangereuse. Par ailleurs, en Europe, EDF détient encore des parts dans de nombreuses centrales à charbon, fioul et gaz. En prime, malgré des effets d’annonce, EDF investit en réalité beaucoup moins dans les énergies renouvelables que dans le nucléaire. Carton rouge.
La plaquette renvoie à un site Internet plus complet (ici).
Trois fournisseurs sont dans le peloton de tête : Énergie d’ici, Ilek et Enercoop. Après lecture des informations concernant ces trois fournisseurs, ma préférence se porte sur Enercoop (coopérative, circuits courts…) (ici)

Nous recommandons ce fournisseur d’électricité. Enercoop vous permet de consommer une électricité véritablement renouvelable et de soutenir des petits producteurs indépendants. De plus, Enercoop est une coopérative : plus de la moitié des bénéfices sont réinvestis dans l’entreprise, notamment dans des projets citoyens d’énergie renouvelable. Et les producteurs et les consommateurs participent ensemble aux prises de décision.
Je pars sur une première estimation du coup au regard de ma consommation : pas de surprise, c’est un peu plus cher que l’électricité via EDF. Le site annonce une moyenne de 8 € supplémentaires par mois, je suis à un peu plus (près de 10 €) mais ayant pris une estimation de consommation haute, cela restera à affiner. Et puis je le vois comme un excellent prétexte pour me lancer un nouveau défi : réduire ma consommation d’électricité pour atteinte un montant égal au prix d’EDF !
C’est parti pour la souscription !

Changement @21

1 384 662 signataires à la pétition de soutien à l’action judiciaire contre le gouvernement lancée par les associations Notre Affaire à Tous, La Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France. Il est encore possible de signer ici.
1 384 662 signataires, c’est à peu près cent fois moins de couverture médiatique que pour les actions des Gilets Jaunes, pourtant dix fois moins nombreux au plus fort de leur action. Le succès de ce soutien n’en est que plus fort !
Ah ! oui, j’allais oublier : 1 384 662 signataires… et aucune infox relayée massivement.