Archives de catégorie : Apéro @

Apéro @17

Ah, un cola !Novembre est le mois sans tabac ; janvier cherche à devenir le mois sans alcool en dépit de l’absence de soutien du ministère de la Santé. Cela viendra sans doute un jour ; en attendant, l’alcool tue en gardant une image très positive. J’ignore si ce « mois sans » a permis à certains de modérer leur consommation, ou simplement de se rendre compte qu’ils consomment beaucoup (trop) mais j’ai vu passer beaucoup de reportages et de témoignages sur la difficulté de ne pas boire en société.
L’essentiel était centré sur les jeunes, considérés comme plus vulnérables que les vieux, plus sensibles à l’alcool comme outil de socialisation. Je sais combien pourtant, à tout âge, il est difficile de ne pas boire d’alcool pour l’éprouver régulièrement. Je sais me défendre, ça va ; mais il faut à chaque fois se justifier et essuyer quelques quolibets. C’est lassant. Et je constate que les résistants sont rares.
Exemple. Mi-décembre, je suis allée boire un verre dans mon bar préféré. En rentrant, j’ai fait le microbillet Twitter suivant :

Le bar était plein. J’ai observé les allées et venues des commandes. En une heure, j’ai vu passer deux sodas, en plus du mien. Mes voisines de table, par exemple, ont bu deux pintes chacune le temps que je boive mon soda. Je ne suis pas près d’embrasser une fille dans un bar !

Et ailleurs ? Ce n’est pas gagné non plus !

Apéro @16

Une semaine où je n’étais pas à mon bureau mais en formation dans un autre quartier, j’ai fréquenté plusieurs jours de suite un restaurant administratif. Le détail des plats, salades, desserts y est indiqué. Deux fois, un dessert maison me tentait mais à chaque fois il y avait de l’alcool. La première fois, c’était du cognac, la seconde du kirsch.
C’était des recettes pouvant très bien se passer d’une goutte d’alcool. Cela me semble problématique à plusieurs titres : des personnes n’aiment pas l’alcool, des personnes ne supportent physiquement pas l’alcool, des personnes ont besoin d’être éloignées de l’alcool en raison de tendance addictive, des personnes ne veulent pas consommer d’alcool en raison de convictions personnelles… Il n’y a pas pléthore de desserts, je trouve donc que c’est une bien mauvaise décision dans un restaurant destiné à des agents et dont l’employeur devrait intervenir pour faire cesser ces pratiques. C’est une question de santé publique et de responsabilité vis-à-vis des salariés.

Apéro @15

La Vie en Hétéronomie, qui va bientôt fêter ses huit ans, est à la pointe des actions du quotidien visant à changer le monde. Chacun sait. Mon billet du 9 août dernier se penchait par exemple sur le moyen le plus pratique pour consommer l’eau des fontaines de Eau de Paris. Un commentaire de mon frère suggérait l’utilisation, pour la fabrication de prototypes, du papier de briques alimentaires.
J’ai ainsi profité d’un curry de légumes aux noix de cajou et lait de coco pour tester son idée. Bingo ! Isabelle a pu apprécier l’objet à la fontaine de la place de l’Hôtel de Ville. Depuis, ce verre pliable est dans une de mes poches et je m’en suis servie l’autre soir sur l’île de la Cité en rentrant du judo alors que j’avais oublié ma gourde au dojo. Il reste maintenant à Eau de Paris, qui avait apprécié mon billet, à installer plus de fontaines et développer le concept du verre en papier consigné et recyclable.
Hajime !

Apéro @14

Je marche beaucoup dans Paris. Qu’il fasse chaud ou non, j’ai très souvent de l’eau sur moi. La question de son transport quand je n’ai pas de sac (j’utilise beaucoup mes poches) est complexe. J’ai acheté un petit sac à dos de trek qui peut transporter une gourde jusqu’à 1 litre, et quelques effets, comme un étui à lunettes, un chapeau, une écharpe… Mais parfois, je n’ai pas envie de porter ce sac, surtout quand je pars juste marcher. Et toujours cette question : comment transporter de l’eau ?
La Ville de Paris propose des fontaines publiques dans les squares, parcs et jardins, et parfois dans la rue. J’y remplis ma gourde quand je sais où elles sont situées : elles ne sont pas toujours faciles à trouver et la carte interactive récemment mise en ligne est un modèle de non-accessibilité numérique ; elle ne m’aide donc pas. J’ai testé l’appli ; c’est déjà mieux (ouf !) Cela dit, quand je n’ai pas de gourde, je fais comme tout le monde ; je bois dans le creux de ma main. Ce n’est pas pratique, chacun sait.
J’ai donc pensé que si je disposais d’un gobelet pliable à glisser dans une poche, ce serait très pratique. Il en existe des télescopiques, en plastique, pour la rando ; déjà un peu gros pour une poche, et en plastique. J’ai cherché un modèle en carton… Je n’ai rien trouvé. Mon frère m’a aidée et a trouvé, à partir du magnifique prototype que j’ai fabriqué (en illustration), des substituts [les liens sont devenus invalides,  NdCy 27 septembre 2021]. Cela se vend en grande quantité !
Alors j’ai eu une idée… Et si Eau de Paris faisait fabriquer des gobelets pliables et réutilisables en carton pour inciter à consommer l’eau des fontaines et ne pas acheter de bouteilles en plastique ? L’idéal, d’un point de vue durable, serait des distributeurs qui permettraient de vendre ces gobelets en les consignant : 1 euro le gobelet, 50 centimes la consigne. Si certains les jettent, d’autres se feront un plaisir de récupérer la consigne ce qui évitera beaucoup de déchets inutiles.
J’ai entendu dire que des élus souhaitent que la Ville interdise la vente de bouteilles d’eau en plastique en invitant touristes et Parisiens à utiliser les fontaines : avec une cartographie accessible, des fontaines en grand nombre (notamment dans la rue les espaces verts étant fermés la nuit) et distribuant de l’eau été comme hiver, et des gobelets pliables et réutilisables en carton, je me mets à rêver… et m’en vais partager ce billet avec Célia Blauel, présidente de Eau de Paris avec cette question :
— Qu’en penses-tu ?

Note. Si quelqu’un a une idée de quel type de carton je pourrais utiliser pour m’en fabriquer à l’unité ; il faudrait qu’il résiste un peu à l’eau. Dites-moi.

Apéro @12

Je suis toujours assez effarée de voir combien les associations sportives LGBT que je suis dans mon fil d’actualité Facebook sont friandes de soirées alcoolisées. J’avais déjà fait un billet à ce sujet à propos de Sous le short des filles. Je recommence, cette fois avec le TIP qui pratique l’euphémisme avec force : « Happy hour prolongée jusqu’à minuit pour les sportifs et bonne humeur garantie ! »
Quelle jolie manière d’annoncer que l’on va pouvoir se bourrer la gueule à peu de frais en sous-entendant que grâce à cela, la soirée sera pleine de bonne humeur ! Parce que c’est connu, celles et ceux et hen qui ne boivent pas sont des personnes tristes et peu fréquentables. Que le TIP se rassure ! Je n’avais justement pas l’intention de venir. Je préfère trinquer avec mes judokas qui pratiquent aussi l’alcool à gogo mais me laissent boire ma camomille sans me considérer comme infréquentable.

Apéro @10

Que choisir novembre 2014Dans Que choisir du mois de novembre 2014, un article d’une colonne évoque une étude récente sur les manières de limiter les risques d’infarctus. Il n’est question que des hommes, sans que ce point ne soit souligné par l’auteur de l’article, alors que l’on sait que les femmes en sont tout autant victimes. Passons. Ce n’est pas ce que je voulais relever.
Les facteurs de moindre risque sont listés : alimentation riche en fruits, légumes et légumineuses, consommation modérée d’alcool, pas de tabac, quarante minutes de marche ou de vélo par jour, pratique d’un sport au-delà d’une heure par semaine… Et le journaliste de conclure. « Certes, cela fait beaucoup de comportements raisonnables et on serait tenté de penser qu’ils vivent peut-être plus longtemps mais que la vie doit leur paraître beaucoup plus longue. »
Ah bon ? Mais pourquoi ? N’y aurait-il pas d’autres plaisirs et occupations que de manger des chips et des cacahuètes avec force bière vautré dans son canapé une clope au bec en se disant que le sport c’est bon à la télé ? C’est mon tour de plaindre ce journaliste dont j’ignore l’espérance de vie mais dont la dégénérescence cérébrale est déjà bien avérée.

Apéro @11

Alcool à 90°À Avignon, j’ai découvert comment il est possible de se fabriquer de l’alcool de fruits, enfin de l’eau de vie, sans alambic. Il convient d’acheter de l’alcool à 90° non modifié. Mais, celui-ci a été taxé en avril 2011 par les douanes, semble-t-il en raison du trop grand nombre de litres vendus par certaines pharmacies. Les autorités suspectaient sans doute que des officines alimentaient des petits réseaux de production de spiritueux, contournant la loi sur la distillation maison.
Avec la taxe, le prix a été énormément augmenté et les pharmaciens ont plus ou moins boycotté la vente de l’alcool à 90° non modifié. On m’a confié la mission d’en trouver à Avignon. Je me suis donc rendue dans plusieurs pharmacies. Selon les officines, on m’a expliqué que la vente était maintenant interdite, dans une autre qu’il n’y en avait plus avec un sourire que Cécyle a estimé menteur (genre, vente réservée aux habitués), dans une troisième, le fournisseur n’avait pas cet alcool dans ses listes… C’est seulement dans une minorité de cas que j’ai pu acheter une bouteille. J’ai eu l’impression d’être une trafiquante en cherchant à acheter un produit légalement vendu avec l’estampille « Droits acquittés ».

Apero @9

Ah, un cola !Je reçois une invitation d’un groupe de filles qui font la promotion du sport lesbien.

« Hello les shortives !!
« Vous pensiez que l’on vous avez (sic) oublié ?! Hé bien, non, on vous propose une soirée le vendredi 17 octobre à partir de 19h30 à l’Okubi, notre petit repère où la bière et le mojito ne sont pas chers ! (…) »

Je dégaine aussitôt mon clavier.

« Bonsoir,
« Me permettez-vous une petite remarque que vous risquez de trouver réac ? Tant pis pour moi, j’ai l’âge.
« Je vous cite : « la bière et le mojito ne sont pas chers ».
« Et l’eau à bulles et les sodas ?
« Faire ainsi la promotion de l’alcool quand on sait combien l’alcoolisme fait des dégâts chez les femmes, toutes lesbiennes et sportives qu’elles peuvent être, me semble relever d’une irresponsabilité coupable.
« Bonne soirée à vous et à bientôt pour un verre soft.
« Cy Jung, écrivaine et judoka »

Quelques jours plus tard…

« Merci Cécyle Jung pour ta remarque que nous comprenons parfaitement mais en fait on s’était davantage attachées au ton du mail qui se voulait festif (ce qui ne s’accommode pas toujours avec le ton de la prévention).
« À l’avenir, nous veillerons donc à ne pas oublier les buveuses d’eau à bulles et de sodas !
« En espérant que tu viendras boire un soft pendant la soirée. »

Ah ! le cliché de l’alcool « unique » festif ! Misère.

Apéro @8

Ah, un cola !Puisque je trie beaucoup dans le cadre de mon déménagement prochain, j’ai regardé ce que j’avais comme bouteilles. Dans plusieurs, il ne restait qu’un fond, dont je me demandais ce que j’allais faire quand j’ai mieux regardé. Je pouvais en dater depuis quand j’en avais certaines (six ou sept ans), mais pour d’autres, je ne me rappelais pas la provenance. La plupart de ces bouteilles étaient restées tellement longtemps sans être touchées qu’il y avait des dépôts au fond. L’alcool était imbuvable. J’ai donc pu procéder par un grand ménage par le vide.
Je pense qu’il y a vraiment peu de chance que je devienne alcoolique un jour, ouf !