Archives de catégorie : Agit-prop’ @

Agit-prop’ @37

Logo la loi de 1901 a 120 ansIl y a cinq ans, j’ai adhéré à une association LGBT (dont je tairai le nom, des fois, je suis gentille) (quoique) dont la cause me touche sans que je ne sois très active ; l’idée était de marquer mon soutien, sans intention de participer avec celle d’être mieux informée de ses activités. J’ai reçu confirmation de mon adhésion par la plateforme Helloasso puis… plus rien ; ou pas grand-chose : aucun mot de bienvenue, un mail dans l’année m’annonçant une action de collecte de fonds, pas de convocation à l’assemblée générale ni autres informations sur la vie de l’association.
J’ai décidé de ne pas réadhérer. J’ai bien fait ! Depuis, je reçois un mail tous les deux mois m’invitant à telle ou telle action, à faire un don, adhérer, etc. Parfois, j’ai même droit à un communiqué de presse ! N’est-ce pas extraordinaire ? On me rétorquera que c’est une association, que les bénévoles font ce qu’ils peuvent, que, que, que… Je gère et adhère à suffisamment d’associations pour savoir que ce n’est pas le bénévolat qui est en cause, mais que souvent un fonctionnement en mode « entre-soi » pénalise le développement associatif, la satisfaction des ego et le besoin d’appartenir à un groupe soudé semblant à certains plus essentiels que la cause qu’ils sont censés défendre. Dommage.

Agit-prop’ @36

Le débat suite à l’annonce par la mairie de Lyon de proposer uniquement des « repas sans viande » dans les cantines scolaires pour gérer plus facilement leur distribution en ces temps de mesures sanitaires accrues a fait ressurgir un argument massue par ses contradicteurs : « C’est une position idéologique ! » Oh ! le vilain gros mot, « idéologique » dont les écologistes sont régulièrement affublés. Un dictionnaire s’impose.
Il y a la définition philosophique de Destutt de Tracy et celle, qui est celle que je donnerais, « Système d’idées, de croyances, de doctrines propres à une époque, à une société ou à un groupe social. » [Antidote]. Je (re)découvre au passage les définitions péjoratives, celle qui fait de l’idéologie un dogme, ou celle qui considère comme idéologie toute « Philosophie vague et nébuleuse, basée sur des idées creuses » [Antidote].
J’avoue que ces deux dernières me sont totalement étrangères tant, pour moi, les idéologies sont des systèmes d’idées indispensables à la compréhension du monde donc à l’action politique ; mais qu’importe ! J’imagine que l’argument de la « position idéologique » s’oppose au pragmatisme, comme si celui-ci était exempt de toute idéologie qu’il s’agisse de défendre un choix politique, ou de le contester.
À force que les uns et les autres décrient la dimension idéologique de l’action politique, celle-ci se vide de sens et ouvre la porte à des idées politiques sur fond d’un « bon sens » qui renvoie à la réaction et aux populismes (de droite comme de gauche). Il me vient à l’instant une sentence dont j’ignore d’où elle vient : Il faut avoir le courage de ses idées. Je cherche dans mon navigateur et tombe sur…

« Il faut toujours avoir le courage de ses propres idées, et ne pas craindre les conséquences, parce que l’homme est libre uniquement quand il peut exprimer sa propre pensée, sans se plier aux conditionnements. » Charlie Chaplin.

Ça me va très bien !

Note. Je ne suis pas parvenue à sourcer correctement cette citation. Vous savez ?

 

Agit-prop’ @35

La magie du rangement est un best-seller. Je peux dire que je l’ai parcouru, car je l’ai plus que feuilleté mais pas entièrement lu, sautant quelques passages. Son auteure, Marie Kondo, explique qu’elle s’est passionnée toute petite pour le rangement et a mis peu à peu au point une méthode. Car comme le dit le slogan « La vie commence après avoir fait le tri. » Donc, le tri, c’est la vie. Elle a une clientèle en tant que consultante et a publié cet ouvrage où elle explique comment procéder.
Premier point : l’essentiel, la base de tout, est de faire du vide en… jetant. Oui, il faut jeter, des vêtements, des livres, des papiers administratifs, etc. Certes trier passe effectivement pas le fait de séparer ce que l’on veut ou doit garder du reste, mais réemploi, recyclage, don sont anecdotique voire considérer comme négatif quand c’est se débarrasser sur quelqu’un de proche de ce dont on ne veut plus. Elle indique qu’il est d’ailleurs bien de jeter tous ses papiers comme les feuilles de paie une fois que l’on a touché son argent. C’est peut-être tout à fait acceptable au Japon mais en France, cela peut être problématique, car « Les bulletins de salaire, contrat de travail et certificats de travail doivent être conservés jusqu’à la liquidation de la retraite. » (site du ministère de l’Économie et des Finances). En cas de perte, il est possible de réclamer des doubles à son employeur, si ce n’est pas une boite qui a depuis fermé. Considérer que tout est à prendre littéralement pour l’ensemble du monde me semble un peu problématique.
Mais, il y a aussi des perles sur la vision du monde de Marie Kondo, assez normative quant à la manière de s’habiller. Je ne citerai qu’un extrait :

« Le véritable gaspillage n’est pas de jeter des vêtements que vous n’aimez pas, mais de les porter alors que vous vous efforcer de créer l’espace idéal pour votre mode de vie rêvé. C’est justement parce que personne ne vous voit qu’il faut renforcer l’image de soi en portant des vêtements qui vous plaisent.
« Idem pour les pyjamas. Une femme devrait porter pour la nuit quelque chose de féminin ou d’élégant. Le pire serait de mettre un survêtement débraillé. Il m’arrive de rencontrer des gens qui traînent tout le temps dans cette tenue, de jour comme de nuit. Si le jogging est votre tenue de tous les jours, vous allez finir par ne plus faire qu’un avec lui, ce qui n’aura rien de séduisant. Ce que vous portez à la maison influe sur l’image de soi. »

Voilà qui me donne d’un coup envie d’une vie rêvée en jogging débraillé.

Agit-prop’ @33

Comme le disait pour ses vœux Frédéric, on parle beaucoup de complotisme avec cette inévitable question posée à un « analyste » sur France info : a-t-il augmenté ou est-ce que l’on en parle plus ? Il a répondu que l’on en parle plus mais il me semble que cela revient au même. Je ne referai pas le débat sur « Si l’on parle de l’extrême droite, on fait son lit ; si on n’en parle pas, on la laisse gonfler au chaud sous la couette. » ; ce débat-là n’a pas de fin. Je remarque simplement que le sujet ne m’intéresse pas au sens où, sachant que le complotisme est un moyen politique au service de l’extrême droite, je préfère agir en étant au monde là, avec mes convictions en étendard, valorisant mes solutions, plutôt que m’arcbouter sur celles des autres.
C’est un choix, et il peut être contesté. Il n’est d’ailleurs pas « total » car je surveille du coin de l’œil quelques réseaux dont l’objet est de démonter les thèses complotistes, afin de me tenir au courant des idées et des fausses informations auxquelles je peux être confrontée. J’en ai d’ailleurs fait deux communiqués [+7], un sur le premier point, l’autre sur le second. Cette « surveillance » ne va pas jusqu’à lire ou regarder ce qui circule de complotiste, les rares documentaires que j’ai vus me faisant penser à de la (très) mauvaise science-fiction et je n’ai jamais été adepte du genre. Il y a aussi beaucoup de délires à l’évidence paranoïaques et je ne suis pas psychiatre ; face aux dérives de santé mentale, je ne sais que prendre soin et m’interroger sur pourquoi on en est arrivé là.
C’est dans ce contexte que j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres (celle qui est dans le hall de mon immeuble) deux petits bouts de papier perdu au milieu des publicités pour des féticheurs que je garde ; ils protègent ma boîte, vous l’aurez compris. Pour le coup, cela n’a pas très bien fonctionné (je remarque aussi que les courriers « désagréables » n’ont jamais diminué et les « agréables » augmenté ; rien ne vaut une bonne sorcière albinos pour se protéger, en voilà la preuve). Les deux petits bouts de papier, à l’évidence découpés à la main (les soirées sont longues pour certains), proposent des textes courts : le premier dénonce l’air de rien un « fichier géant » sur les personnes vaccinées ; le second donne juste le nom d’un « collectif » avec une URL de site.
J’avais vu passer la création d’une base de données sur la vaccination qui ne me paraît pas plus contestable que d’autres autant que très utile pour mesurer, s’il y a lieu, les effets négatifs du vaccin ; je ne connaissais pas l’existence du collectif. Je n’ai pas tout de suite compris de quoi il s’agissait, ce d’autant que l’usage des majuscules m’a fait lire « reniflo covid » ; une histoire d’écouvillon ? L’in-accessibilité basse vision nuit à tous, c’est couru. Je ne me suis pas plus concentrée sur ce collectif une fois que je l’ai identifié ; cela ne m’intéresse toujours pas. Par contre, le fait qu’il ait des petites mains pour glisser des petits bouts de papier à l’air de rien dans les boîtes aux lettres me rappelle que nous avons dans le quartier une cellule active de « bons petits fachos », comme on dit.
L’air de rien, c’est le plus efficace en matière d’action politique. C’est d’ailleurs mon air préféré. Allez viens, Caddie ; je mets mon chapeau de pluie Monop’ et on se balade ?
— N’oublie pas la canne blanche, ça fait encore plus rien.
Je n’oublie pas.

Agit-prop’ @32

Début novembre, j’ai lancé ma première pétition en ligne. J’en suis surprise moi-même ; j’en signe beaucoup, le droit de pétition me semblant une liberté fondamentale mais c’était la première fois que j’en lançais une moi-même. J’étais convaincue, forcément, que ça allait faire un tabac, ce d’autant que je l’avais partagée sur Facebook et Twitter. Eh bien, comment dire…
— T’as fait un bide !
C’est ça Caddie, pire même, un bide total ! J’avais pourtant mis une belle image, un texte soigné, revendicatif mais pas agressif, mais seules sept personnes l’ont signé avec moi.
— T’as vu que j’ai signé, moi !
Oui. Caddie, merci.
— Remarque, c’était compliqué ! Frédo a dû s’y reprendre à trois fois…
Tu crois que c’est pour ça qu’il y a eu si peu de signataires ?
— Forcément, oui !

Agit-prop’ @31

Maman me faisait remarquer que le « déconfinement » (néologisme récent) est plus difficile à vivre que le confinement. Elle arguait du fait que si elle avait attrapé le virus pendant le confinement, cela aurait été un « coup de pas de bol » ; mais que maintenant, on lui en imputerait la responsabilité pleine et entière. Il me semble que cela traduit le poids de cet état d’entre deux dans lequel nous sommes englués, voire d’entre trois. Un entre deux « confinement » « monde d’après » ; un entre trois « monde d’avant – confinement » et « monde d’après ».
Il est clair en effet que nous ne sommes pas (encore) dans « l’après » ; le serons-nous un jour ? Cela dépend de l’« après quoi » on parle. Un « après confinement » ? On y est, dans ce qu’il a de frustrant tant les activités reprennent au compte goutte, et tant celles qui reprennent ne sont pas forcément les plus intéressantes au sens de ce qui intéresse tel ou tel, ou de ce qui est intéressant au vu de nos engagements.
Un « après virus » ? On n’y est clairement pas. Même si l’on est très optimiste, comme je le suis, le virus circule toujours et la « deuxième vague » peut arriver. Cette situation est d’autant plus anxiogène que le gouvernement joue de cette peur pour libérer l’économie de marché tout en maintenant les personnes sous le joug d’un État policier. L’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste ne peut manquer cette occasion d’asseoir son contrôle sur les personnes, leur consentement étant acquis par la situation sanitaire.
Si l’on n’y prend garde, cet « après virus » va durer, comme dure encore l’« après Charlie » et l’« après 11 septembre » vers toujours plus d’autoritarisme et d’effacement des diversités au nom de la survie économique et de la sécurité (du pays plus que des personnes). Par ricochet, le « monde d’après », celui qui rime avec écologie, développement durable et raisonné, égalité des droits, libertés individuelles et collectives est voué à passer à la trappe. C’est le seul qui m’intéresse. Plus le déconfinement avance, plus je pense que c’est foutu (alors même que j’ai dit que je suis optimiste).
J’en suis à me demander si l’on est véritablement dans un « après ». Le covid-19 est le produit direct du libéralisme, de la consommation de masse et de tout ce qui va avec. Il est donc dans l’avant ; le confinement et le déconfinement, itou. Si le « monde d’avant » se confond dans le « monde d’aujourd’hui », comment croire qu’il y aura un « monde d’après » ? En considérant qu’un virus n’a aucun caractère révolutionnaire et en revenant au combat politique ? Je ne vois que ça.

Note. En illustration, la photo d’une terrasse chauffée prise le 4 juin 2020 à Paris.

Agit-prop’ @30

Bonjour, c’est Caddie, avec Petit Koala qui fait la technique.
Vous avez remarqué ? C’est la chienlit ! On nous confine et, en même temps, on s’apprête à spolier les travailleurs sans rien faire pour sauver la planète ! Parce que bon, entre nous, ce coronaminus, c’est pas un truc de Chinois ; si c’était le cas, pensez bien qu’ils l’auraient vite fait mené à la baguette et qu’il ne serait pas arrivé jusqu’à nous ! Forcément, z’ont trop d’inutile en plastoc à nous vendre pour nous faire rester chez nous à regarder les usines s’arrêter de tourner.
Non, ce machin qui nous prive de câlins, c’est un truc de la casse sociale de la biodiversité, du réchauffement climatique et de la surexploitation des richesses de la nature. Y a qu’à regarder Paris ! On a une si belle nature à la mairie, si bien préservée, qu’on s’en tire super bien et que la Paltoquet, il a dû remballer sa rombière dans une surblouse percée pendant que nous, on a su montrer nos pec’ à l’adversité et nous serrer à fond les coudes. Coudre coude au corps, c’est pas si facile mais bon ; on sait quel chas enfiler ; c’est l’essentiel.
Bon, je parle trop ; c’était pour vous dire qu’aujourd’hui, c’est le 1er Mai, fête des Travailleurs ! Avec ma ménagère albinos, on va sortir le drapeau rouge et noir à la fenêtre (ici). Elle veut chanter Le temps des cerises, moi je préfère l’Internationale anti-points que j’ai écrite récemment. Je vous remets les paroles :

« Debout, les damnés de Vulcain,
« Debout, les forçats de la retraite à points,
« Les semestres pleurent la nouvelle misère,
« C’est la marche de l’injustice et des galères.
« Du point faisons table rase,
« Foule de copaiiins, debout, debout,
« La retraite va changer de base,
« Le Paltoquet n’est rien, soyons tout.
« C’est la lutte sociale,
« Groupons-nous et demain,
« La retraite à points, Sera mise au coin ! »

Super, non ?
Allez Camarades ! On lève le poing contre le point ! Et que pète le libéralisme mondial !

Agit-prop’ @29

Dans un numéro de Cash Investigation, intitulé « Qui profite de nos impôts ? », Élise Lucet et son équipe enquêtent sur des dispositions fiscales pour étudier si elles ont permis d’atteindre leurs objectifs. Il est notamment question du CICE, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi. Élise Lucet reçoit François Hollande pour lui parler du bilan de ce dispositif, qu’il a contribué à mettre en place. Elle lui demande s’il trouve normal que la taxe carbone, une taxe écologique, ait été utilisée pour financer le CICE, mesure visant à financer les entreprises pour financer l’emploi, mais sans obligations et sans contrôle prévu quant à l’utilisation des fonds économisés grâce à cet avantage fiscal. Ainsi une entreprise de la grande distribution aurait grâce au CICE financé des caisses automatiques, pas franchement pourvoyeuses d’emplois. D’autres ont largement augmenté la rémunération de leurs cadres que celle de leurs employés et surtout plus qu’elles n’ont recruté de nouveaux salariés.
Bref, Élise Lucet demande à François Hollande s’il lui semblait normal qu’une taxe écologique ait servi à doper la compétitivité des entreprises. Il rétorque que c’est « une bonne idée ». Pour lui, il est positif « que la nature soit la plus respectée possible et le travail le plus encouragé possible », il s’agit de « sauver la nature » et « favoriser l’emploi ». Visiblement pour lui peu importe le type d’emploi et surtout son domaine. Avec une taxe sur les énergies carbone, il est donc tout à fait possible de favoriser des entreprises participant pleinement à l’exploitation des énergies carbone, voire développant des technologiques encore plus énergivores. Quel bel enfumage !

Agit-prop’ @28

La grève, toujours… Je sais mais je suis fan !
À l’occasion d’un cours de judo, nous devisons sur les grèves, forcément. Un de mes partenaires, plus opposé aux désagréments de la grève qu’à la grève elle-même et partagé sur les revendications, lance.
— Que l’on fasse grève, je comprends ; on défend son beefsteak. Mais donner aux caisses de grève ! Qui peut être assez abruti pour faire ça ?
— Moi.
J’aurais voulu arrêter cet instant où j’ai entendu son cerveau enregistrer l’information et voir se matérialiser l’inconcevable. C’était absolument délicieux.

Note. Il n’a pas dit « abrutis » mais c’est le mot que j’ai retenu. Il était plus incrédule qu’insultant.