À table ! @82

Un sandwich wrap dans son emballage dans ma main.J’ai vécu il y a quelques jours une expérience commerciale surprenante. Je rentrais du judo, faisant un bout à pied pour me détendre. J’avais à la maison de quoi dîner mais il m’arrive parfois d’avoir envie de manger quelque chose d’industriel trop-gras-trop-salé-trop-sucré (pléonasme), le tout en marchant. Je ne sais pas à quoi cela correspond à part rompre avec l’habitude de ma soupe maison et mes assiettes de crudités. Cela me permet aussi de me dire que je préfère ce que je fabrique moi-même et de lever l’illusion du bon-tout-prêt cher, calorique et contraires à mes idéaux.
Sur ma route, il y avait un Monoprix ouvert jusqu’à 22 heures… il était 20 h 55, une heure où d’ordinaire je me refuse à mettre les pieds dans un commerce… sauf pour manger. Ouf ! ma conscience syndicale était sauve. J’entre dans le supermarché et ma première surprise est de constater qu’il n’y a pas un client (au moins dans mon champ de vision, réduit, il est vrai). Je tombe directement sur le rayon des sandwichs. Après un long examen (je prends, je regarde de quoi il s’agit avec le zoom du téléphone, je cherche la DLC et le prix, je repose, prends le suivant…), je me décide pour un wrap. J’adore ! Ça ressemble à du carton sucré ; exactement ce qu’il me fallait.
Je cherche une caisse, les fais toutes : fermées et pas une caissière en vue (basse) ! Je m’inquiète et sors ma canne blanche (ça aide à se sentir moins égarée). Un chaland me double et fonce vers les caisses automatiques. Je le suis. Il a déjà payé le temps que je me gratte la tête. Que faire ? Partir sans payer ? Renoncer à mon sandwich ? Je vais à l’accueil et y trouve un humain en la personne du vigile. Il m’explique qu’il faut utiliser les caisses automatiques.
— Je ne peux pas, elles ne sont pas accessibles.
Je n’en sais en fait rien mais le suppose. Le vigile m’accompagne.
— C’est simple, vous scannez le code-barre.
Je pose mon sandwich sur le plateau devant le scanner. Le vigile insiste.
— Il faut scanner !
— Scanner quoi monsieur ? Avec quoi ?
Il soupire, prend mon sandwich et le tourne dans tous les sens pour trouver le code-barre caché sous la couture du plastique (le coquin !) Il scanne, une fois, deux fois… cinq fois ; ça ne passe pas. « Simple » as-tu dit mon gars ? Je rigole sous mon masque en taisant toute remarque. Le vigile attrape l’espèce de pistolet qui permet de scanner ; il tente ; en vain. Il se met alors à saisir le numéro sur la machine ; perdu. Il active enfin un moteur de recherche où il recopie consciencieusement le nom du produit.
— 4,39 euros ! [de mémoire]
Pour 180 g de carton… Je lui tends un billet de 10 euros. Il commence une phrase…
— Il faut mettre le…
Il s’arrête net, prend mon billet, paie et me rend la monnaie. On se dit au revoir et je m’en vais manger mon wrap en marchant, troublée par cette expérience d’un magasin sans caissières. C’est ça le progrès dans la grande distribution ? La prochaine fois, je testerai la nouvelle sandwicherie à quelques pas ; c’est compliqué car je ne vois pas ce qu’ils proposent mais qui sait, peut-être auront-ils l’amabilité de tout me décrire ?

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