Archives quotidiennes :

Pauvres chéris ! @14

Un matin de janvier, vers 8 h 30, on sonne à ma porte, de ce genre de coup de sonnette qui fait faire un bond sur sa chaise ; je vais ouvrir et trouve sur le palier ma voisine en discussion avec un homme pistolet de gel anti-cafard bien en main. Je n’avais pas vu l’affiche, ma voisine non plus. Il commence par la voisine, je papote avec elle. Au moment où il va pour rentrer chez moi, une autre voisine sort avec son chien.
— Ah ! Vous êtes là. Je vous ai mis un mot. Je descends juste le chien cinq minutes.
Sans m’adresser la parole, l’homme lui indique qu’il va faire son logement. Elle acquiesce, s’en excuse auprès de moi ; pas lui. Lorsqu’il sort de chez elle, il se dirige vers le fond du couloir pour faire un premier logement, un second… Cette fois, j’y vais et demande à la voisine chez qui il est si je peux « parler au monsieur qui se moque de moi ». Il me répond depuis l’appartement qu’il fait les autres logements puis revient chez moi.
Je lui fais remarquer que je l’attends sur le pas de ma porte depuis bientôt un quart d’heure. Il le prend de haut, m’indiquant que je n’ai qu’à attendre. Le ton monte. Je me mets en colère, lui précisant que je rentre chez moi appeler mon gardien et ne lui ouvrirai pas.
— Appelez le gérant ! C’est mieux. Ou la mairie !
J’appelle mon gardien, lui précise d’emblée que je suis en colère mais pas contre lui, et lui raconte l’histoire avant de conclure.
— J’en ai marre de ces éjaculateurs précoces avec leurs petites seringues de liquide blanchâtre qui se prennent pour des inséminateurs à la vue de toutes ces femmes qui ouvrent leur porte. J’ai passé l’âge d’une PMA !
— Madame Djung…
Pas sûr que mon gardien s’en remette.