Archives mensuelles : novembre 2020

Réclamation @81

Durant ce second acte du confinement, j’ai acheté un truc sur Internet. À l’origine, il s’agissait de récupérer la chose directement au magasin mais le commerçant étant en confinement en région m’avertit d’un envoi par livraison. Quelques jours après, je reçois un mail de sa part avec un numéro de suivi mais sans mention du nom du livreur. Après avoir essayé, sans succès, quelques compagnies de livraison connues, je lui envoie moi-même un message pour en savoir plus. La réponse ne tarda pas. Il s’agissait de la société DPD. Je retrouve le site, saisis le numéro de suivi : le récapitulatif indique qu’il manque des informations de livraison. N’ayant pas la possibilité de compléter ces infos, je les appelle.
« Despédés bonjour ». J’avoue que cela fait une drôle d’impression de s’entendre accueilli de la sorte. Mais je reste concentré et précise ma demande. Mon interlocutrice vérifie alors mon « dossier » et me répond avoir toutes les informations nécessaires et que le colis sera livré le lundi entre 8 heures et 11 heures.
Le fameux lundi, point de livraison le matin, et rien l’après-midi non plus. Je rappelle en soirée. « Despédés bonsoir ». On a beau savoir, on ne s’habitue pas. Ma nouvelle interlocutrice vérifie à son tour les informations relatives à ma livraison et m’indique qu’il manque mon adresse. Rien que ça. Je lui fais part de mon étonnement d’autant que, précisais-je, j’ai appelé trois jours avant. Bref je lui donne mon adresse et, après avoir tout saisi, elle m’invite à être « plus attentif la prochaine fois ». Je me suis alors un peu mis en colère en lui indiquant qu’effectivement, il fallait que quelqu’un soit plus attentif mais que cela semble d’avantage concerner ses services que moi-même.
Quoiqu’il en soit, mon colis a finalement été livré le lendemain. « Despédés au revoir » 😉

Croissance @10

En 2017, j’avais décidé de calculer mon « prix de journée » sur quatre mois de commissions avec de savants calculs pour retirer les repas que je ne prenais pas chez moi. J’étais arrivée à 6 euros par jour, estimant alors que je pouvais tirer ce prix.
Ces trois dernières années, par ce motif et aussi par souci de manger toujours mieux en réduisant mon empreinte carbone, j’ai infléchi mon comportement : je ne mange plus aucun plat préparé et fabrique le plus possible, j’achète des invendus à prix soldés sur plusieurs « filières », finis les casseroles de ma voisine (qui est ravie de moins jeter), et fais mes courses au jour le jour sans stocker. J’ai aussi décidé de manger un peu moins, de toute façon moins sucré et moins animal.
C’est dans ces conditions que j’ai refait cette année l’opération « calcul du prix de journée » entre juillet et octobre 2020. Je pensais sincèrement qu’il aurait baissé au vu de mes nouvelles pratiques (notamment l’achat d’invendus soldés) mais j’arrive à 7,06 euros, soit une augmentation de 17 %. C’est énorme, bien loin du taux d’inflation calculé par l’INSEE.
Attention ! Ces taux ne sont évidemment pas comparables, leur base de calcul n’étant pas le même, le mien ne prenant en compte que les dépenses courantes (alimentation et entretien du corps et de la maison). Selon l’enquête Budget des familles 2017, une personne seule dépense annuellement en moyenne pour ses « produits alimentaires et boissons non alcoolisées » 4429 euros par an. J’étais, sur ma base 6 euros/jours, à 2190 euros en incluant l’entretien du corps et de la maison (qui ne me coûtent vraiment pas cher). Je suis donc à moins de 50 % de la dépense moyenne.
Cela me confirme que je consomme peu, beaucoup par choix. Cela ne me dit rien sur l’augmentation de 17 % que je constate. Je peine à trouver des chiffres pertinents. Un article des Échos indique une hausse des produits alimentaires de 1,8 % entre 2017 et 2018, et de 2,9 % entre 2018 et 2019. Je trouve une autre référence parlant elle de « produits frais », qui correspond plus à ce que j’achète (au moins 80 % de mon alimentation, dont la majorité en fruits et légumes). Il est question d’une hausse de 18 % de ceux-ci après le premier confinement de 2020 ce que confirmerait une étude de Que Choisir qui conclut à une augmentation de 6 % à 12 % des fruits et légumes en avril 2020.
Je n’ose imaginer, dans ces conditions, ce que serait mon budget si je consommais des produits frais bio et achetais hors circuit invendus, promos et fort discompte ! Je ne choisis pas toujours ce que je mange mais au moins, je n’ai pas le sentiment de me faire arnaquer à chaque sortie commission. Arnaquer ? Je vous invite à comparer les prix dans les commerces autour de chez vous et on en reparle.

Canette @36

J’ai décidé de changer le parquet de mon appartement. Il était abîmé, avec des traces datant de mes prédécesseurs, et avait beaucoup jauni par endroit. L’artisan qui est intervenu a vu une date écrite par les poseurs sur le sol : 2002. Ce parquet aura donc mérité d’être changé.
Il l’avait d’autant plus que les poseurs n’étaient pas des professionnels. Première surprise : l’isolant phonique avait été posé à l’envers. Heureusement, il était de très bonne qualité et il a pu être récupéré, retourné dans le bon sens. Seconde surprise : à des endroits où le bois semblait « jouer » et se dilater en créant des creux et bosses, des cales de pose en plastique étaient restées sous le parquet. L’artisan en a retrouvé huit. C’est plus que le nombre total qu’il en a pour travailler. Le bricolage recèle bien des surprises… aux autres.

Fenêtre @26

Mon téléphone sonne.
— Bonjour, mademoiselle Jung ?
— Non.
— Ah ? Je cherchais à joindre Cécyle Jung…
— C’est moi.
— Mademoiselle Jung, donc ; je vous appelle de la part de votre fournisseur de gaz.
— « Mademoiselle » n’est plus usité depuis au moins cinq ans.
— C’est pourtant ce qui est écrit dans mon contrat.
— Il est donc caduc…
— Ah ? Bon… [soupir agacé] Votre fournisseur de gaz a quelques questions à vous poser. Vous avez trois minutes ?
— Non.
— Ah ! au revoir madame.
— Au revoir monsieur.

Question @9

Lundi dernier, le ministère de l’Intérieur annonçait la glaçante augmentation de 16 % des violences conjugales en 2019. 142 000 victimes dont 88 % de femmes. Et tout porte à croire que ces violences seront encore plus nombreuses cette année en raison des deux périodes de confinement.
Ce même lundi midi, je regarde les infos et ces chiffres sont repris. Étant en train de préparer mon déjeuner, je prends moins de dix secondes pour m’assurer que rien ne brûle sur le feu et me retourne vers les infos pensant y trouver un reportage sur cette augmentation… Et effectivement, il y avait bien un reportage sur les violences mais pas du tout sur les violences conjugales : il s’agissait d’un reportage sur les violences à l’encontre des forces de l’ordre (par ici la police). Alors surtout, pas de méprise : je suis aussi révolté par les violences à l’encontre des forces de l’ordre que par les violences conjugales mais je me suis retrouvé bien circonspect en me demandant comment (et pourquoi) en moins de 10 secondes, on avait pu d’une part passer de l’un à l’autre (en cliquant ici à 4’26 de la vidéo) et d’autre part consacrer aussi peu de temps aux premières pour, du coup (si j’ose dire), en passer autant aux secondes.

Vérité syndicale @37

Dans les propositions d’astuces de mon téléphone, je tombe sur « Comment regarder une vidéo en travaillant ». Le manque d’attention et les difficultés de concentration sont pointés depuis un moment par de nombreux scientifiques comme des méfaits des outils numériques, liés à l’hypersollicitation cognitive. Beaucoup dénoncent ce qui relève de manipulations pour vendre plus : de matériels, de données, d’espaces publicitaires, etc.
Qu’un membre des GAFAM explique comment augmenter un peu plus ces conséquences négatives souligne combien ces enjeux sont lucratifs au détriment des utilisateurs les plus enclins à être influencés. Voilà de bonnes raisons pour se méfier de ces « astuces » !

Foot @16

Je suis allée sur la page Facebook de la Fédération française de judo au début du confinement chercher des infos sur les clubs. Les cours enfants reprendraient-ils après les vacances ? pourrions-nous faire du street-judo ? Il n’y avait rien. Cela ne m’a pas tant étonnée, la FFJDA s’intéresse peu aux clubs, hormis pour compter les licences.
J’allais quitter la page quand quelque chose m’a frappée : l’image du bandeau. On y voit à gauche deux garçons censés, je suppose, être en posture judo. C’est sans doute tout « mimi » pour la photo qu’il nous regarde, pardon regarde en l’air mais ce n’est pas ce que l’on apprend aux enfants : soit ils regardent leur partenaire, soit l’endroit où ils vont le faire chuter. On en est loin, si loin que cela fait très « chiqué ».
Si l’on regarde mieux, on se rend compte que celui de dos prend une garde croisée à gauche (on attrape normalement le revers en face de sa main, revers gauche main droite, donc, et inversement). En combat, la garde croisée est passible d’un Shido (point de pénalité) si elle n’est pas immédiatement utilisée pour attaquer. Pour les enfants, le démarrage des combats se fait « garde prise », non croisée ; et nos deux judokas n’ont pas bien l’air d’être en plein combat ni en mode attaque. Je remarque également que celui de face est mal fagoté ; il a l’air torse nu sous son kimono ; ce qui est normal pour un garçon. Pour le coup, on voit ce qui doit être son slip dans l’entrebâillement de son kimono. Est-ce bien raisonnable ?
Les enfants ont du mal à attacher pantalon et ceinture ; c’est donc l’un des premiers enseignements judo ; être bien habillé, par respect pour son partenaire, et pour sa propre intimité. Si un enfant est ainsi habillé sur mon tatami, je lui en fais sitôt la remarque et il ne reprend le judo que quand son kimono est bien mis. La petite fille qui fait du judo avec le haut gradé, à la droite de l’image, elle, est bien habillée et tient correctement la garde. Ouf ! Par contre, elle a conservé ses lunettes ; pas terrible ! Avec la chute annoncée, elle va les casser, se blesser… On apprend donc aux enfants à faire du judo sans lunettes. Ils les mettent lors de l’explication ; et les retirent pour les exercices et les combats.
Ma dernière remarque sera sociologique : deux garçons qui font du judo ensembles (un blanc, un plus noir, pour la petite touche « melting-potes » qui ne correspond à aucune réalité) et une petite fille qui s’éclate sur la cuisse d’un haut gradé, un homme bien sûr ; elle ne doit en effet pas rêver ; elle ne le sera jamais.
C’est ça l’image que la FFJDA est capable de donner d’elle-même et du judo ? Je le crains.

Vérité syndicale @36

Je regarde une série en « replay ». Elle est précédée et entrecoupée de publicités. Plusieurs sont pour une société de livraison de repas. L’une d’elles montre une cliente qui va accueillir un livreur. Ce dernier porte un masque, mais elle… n’en a pas, affichant un sourire bien visible.
Quel mépris pour les livreurs ! Voilà comment une société envisage les conditions de travail des autoentrepreneurs mal payés qu’elle fait rouler face à une clientèle-reine qui peut se permettre de pas les respecter. Un cynisme à l’image de cette société et ses pratiques prédatrices.

Va chez l’gynéco ! @42

J’ai consacré un billet à la procrastination appliquée au soin de mon genou droit. Il annonçait des examens. Je les ai faits et suis retournée voir ma médecin. Le verdict était sans appel : mon genou souffre de différents maux liés à l’âge mais rien qui explique la douleur que je traîne depuis quelques mois. Ma médecin m’a donc orienté vers un rhumatologue afin de, je cite, « faire un bilan global ». Mon entourage sportif a été unanime : « Tu vas voir, il va te dire d’arrêter le sport et te prescrire des infiltrations. »
J’y suis allée quand même. Je suis entrée dans son cabinet, canne blanche en main. Sans m’avoir dit bonjour, il me fait asseoir.
— Qu’est-ce que qui vous amène ?
— Bonjour docteur. J’ai un problème au genou.
— Ah ! le genou [Knock, pareil ! NdCy] Depuis combien de temps ?
J’explique en deux phrases que cela fait un certain temps mais que je viens le voir pour une douleur particulière déclenchée par un exercice de judo, IRM et radio à l’appui, que mon médecin ne comprend pas, que je n’arrive plus à courir.
— Vous n’arrivez pas à courir ? C’est la tendinite de la patte d’oie ! Il faut faire des infiltrations.
S’il le dit juste en me regardant dans le blanc des yeux ! Mon kiné, bien sûr, avait fait la même hypothèse il y a trois mois, vérifié, et conclut que ça n’y ressemblait pas, le radiologue, ma médecine traitante et sa remplaçante itou. J’ai un peu argumenté. Il a contesté le bien fondé de l’IRM, examiné mon genou sans s’intéresser à la douleur que je décrivais et m’a renvoyé dans mes foyers avec une ordonnance d’infiltration, et « un traitement en attendant » : patchs, comprimés, crème.
Grâce à l’éclairage de mon pharmacien, j’ai compris que ce « en attendant » était constitué d’antalgiques à base de codéine, prescrite sans qu’il ne s’inquiète des déséquilibres liés à ma déficience visuelle. Je n’ai donc rien pris de cela, suis retournée voir ma médecin traitante qui m’a prescrit huit jours d’anti-inflammatoires et envoyée chez un médecin du sport. Je n’ai évidemment pas arrêté mon activité physique sauf que… deux jours plus tard, mes lombaires ont décidé que j’avais besoin de repos ; trois semaines a dit le kiné après un week-end à me traîner chez moi, les larmes aux yeux à chaque pas en dépit des anti-inflammatoires et des antalgiques.
La vengeance du rhumato ? Misère.

Route @18

Le lendemain de l’épisode dit « de la banane » (retrouvez ledit billet en cliquant sur ce lien), je repars à l’assaut de La Défense sans encombre cette fois-ci.
Arrive le moment du retour. S’il a plu dans l’après-midi, le ciel semble plus clément pour reprendre la route. Le début du trajet est toujours agréable : ce qui était à l’aller une côte un peu pénible à monter en fin de parcours devient une descente bienvenue au retour.
La piste cyclable est protégée mais je reste prudent tout de même car il y a deux croisements avec les véhicules motorisés et les conducteurs de voitures ayant tendance à penser qu’ils sont non seulement les seuls usagers de la route mais aussi qu’ils ont toujours tous les droits et toutes les priorités, c’est potentiellement dangereux. Le premier de ces croisements est la sortie de la station-service où j’avais trouvé la veille la fameuse clé à molette. Je ralentis donc à son approche et j’aperçois un véhicule qui s’avance de la sortie. Il marque l’arrêt au « Stop » juste devant la piste donc je continue. Mais au moment où je passe, il avance brusquement et vient heurter mon vélo sur la roue avant. Je ne peux alors rien faire d’autre que d’essayer d’accompagner la chute. Je viens heurter le capot du véhicule, tombe puis glisse sur la route. Le feu en face est rouge donc, ouf, aucun véhicule ne vient vers moi. Avant de comprendre ce qu’il s’est passé, je me relève, récupère mon, vélo et me mets sur le trottoir. Le chauffeur de taxi (oui, c’était un taxi) sort de son véhicule et une personne qui était à la station vient vers moi. Tous deux me demandent si tout va bien, si ma tête a heurté le véhicule, si j’ai mal ailleurs. Ma tête n’a rien heurté, j’ai un peu mal à la jambe, pas celle que le véhicule a touché mais l’autre, celle qui a d’un côté heurté la route et, de l’autre, reçu le vélo. Rien de grave apparemment mais je suis un peu sonné, un peu groggy. J’engueule le chauffeur et là, j’ai droit à une série d’explications de sa part qui, si je l’avais eue avec moi, aurait donnée à la clé à molette une utilité toute pratique. Attention, c’est un festival :
– « Je savais ce matin que je n’aurais pas du prendre la route car je ne le sentais pas. »
– « D’ailleurs, je voulais rentrer chez moi car rien ne va depuis tout à l’heure. »
– « J’étais justement en train d’en parler au téléphone avec un ami lorsque je vous ai heurté. » (je n’en croyais pas mes oreilles alors je lui ai fait répéter plusieurs fois et à plusieurs moment !)
– « J’ai appris aujourd’hui un décès dans ma famille. »
Je lui ai demandé en quoi ça l’autorisait à venir me couper la route et à être un danger public… J’attends toujours la réponse.
Au final, plus de peur que de mal (quelques beaux hématomes). Le chauffard de taxi a payé la réparation du vélo (la roue avant était morte) et m’a ramené chez moi dans son taxi. Pour la petite histoire, on a mis bien plus de temps dans son véhicule que je n’en mets à vélo pour faire le même trajet. Pour la grande histoire, la prochaine fois (j’espère qu’il n’y en aura pas), j’appelle les flics.