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Manque @13

J’aime me découvrir des béguins, le désir me dit que je suis vivante et me porte à écrire ; deux choses indissociables. Je ne force jamais à leur « réalisation » avec cette formule « En fin de journée, l’autre peut me manquer ; mais quand je me lève à 7 heures pour faire du sport, le manque tombe. » J’ai déjà dû écrire cela mille fois, un peu pour m’en convaincre sans doute tant je peux éprouver un manque de peau et de chair, ce d’autant que cela va faire six mois que je n’ai pas fait de judo en club, occasion irremplaçable de se faire taler la chair pour la calmer un peu.
Cet été, j’ai eu un gros béguin, et deux petits, les trois tout à fait inaccessibles. C’était plus évident pour les deux petits que pour le gros, mais je n’ai souffert de rien (hormis des petits coups ponctuels de manque, forcément), profitant de l’occasion pour me plonger dans un nouveau roman rose. Le contexte était idéal : du temps libre, un semi-confinement pour cause de canicule et, le croyais-je, une pause dans mes activités sportives qui me libérait deux heures supplémentaires. Mais, durant ces douze jours, j’ai senti physiquement le manque, dans les veines de mes avant-bras (ma souffrance psychique commence toujours par des douleurs à cet endroit-là, j’ignore pourquoi).
Je m’en suis un peu inquiétée, le manque devenant obsédant surtout en soirée tant c’est d’ordinaire un moment de la journée où j’avais perdu, avant le confinement, l’habitude d’être chez moi. Je sentais ma chair réclamer, mon esprit incapable de sublimer même si mon débit d’écriture a atteint un niveau rare. Et puis, ce 15 août, j’avais décidé de reprendre mes activités sportives : cinquante minutes de gym-judo au square. J’écris ce billet après le café du retour. Je sens déjà les vertus apaisantes de l’activité. Tout à l’heure, je sentirai les courbatures. De nouveau, ma chair m’appartient.
Verdict ? O.K. pour les béguins, mais je dois éviter de cumuler avec une pause sport !