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Paris @61

Je suis de plus en plus sensible à la question de la lisibilité des documents que je reçois en tant que personne déficiente visuelle. Au début du confinement, j’avais épinglé par mail le directeur de la Dases de Paris dont le courrier, consacré à la pandémie et aux mesures de protection à prendre, était écrit dans une police si fine que même scanné et grossi, je ne pouvais le lire. Il avait fait amende honorable dans le quart d’heure suivant l’envoi de mon mail.
Il n’en a (pour l’instant) pas été le cas du directeur général de mon bailleur qui envoie à tous les locataires un courrier peu lisible alors qu’il concerne directement des personnes qui peuvent peiner à lire. J’ai pu vérifier la chose auprès d’une voisine âgée que je suis allée voir pour l’aider à comprendre un autre courrier reçu : elle n’est ni bête ni de mauvaise composition : simplement, « c’est écrit bien petit », comme nos avis d’échéance, et tout le reste.
Voici le texte du mail que j’ai envoyé ; je vous dirai si j’ai une réponse.

« Monsieur le directeur général,
« C’est avec grand intérêt que j’ai découvert dans mon avis d’échéance d’août 2020 votre courrier destiné à m’annoncer une bonne nouvelle : la signature d’un accord locatif TPS+. Je m’en réjouis, notamment pour toutes les personnes en situation sociale difficile qui sont locataires dans nos immeubles. Elles sont nombreuses. Vous n’ignorez d’ailleurs pas que ces locataires sont souvent (pas toujours), des personnes âgées dont beaucoup à la vue déclinante et des personnes qui, à raison de leur parcours personnel, maîtrisent mal la langue écrite.
« Je suis moi-même déficiente visuelle, en basse vision et, je dois vous l’avouer, la première chose qui m’est sautée aux yeux une fois votre courrier en main c’est… que je ne pourrais pas le lire. Non ? Eh bien si monsieur le directeur général ; pour des raisons de charte graphique, j’imagine, votre courrier privilégie une esthétique validiste plutôt qu’un accès du plus grand nombre. La police utilisée est du 11… ? Guère plus.
« Vous relèverez avec moi le caractère cocasse de la situation : vous écrivez à des personnes qui ont pour beaucoup des difficultés de lecture, personnes qui sont les premières intéressées par le contenu de votre courrier, dans une configuration illisible pour elles. Comment espérer, dans ces conditions, qu’elles comprennent l’avantage financier de TPS+ ? En ce qui me concerne, je vous rassure : je dispose des outils qui permettent de pallier ce manquement à une communication inclusive.
« Je relève d’ailleurs que nos avis d’échéance et autres documents sont également écrits de manière peu lisible pour le plus grand nombre. Il me semble que si vous souhaitez des locataires citoyens, réceptifs à l’action des équipes de Paris Habitat, je vous suggère de passer en police 14, avec l’interligne qu’il faut ; cela augmenterait, je vous l’assure, le taux de lecture de l’ensemble des courriers que nous recevons. Ne me répondez pas qu’il s’agirait d’un problème de place… un bon graphiste saura s’en accommoder sans augmentation du nombre de pages.
« Je reste à votre disposition, monsieur le directeur général, si vous avez besoin de compléments d’information sur la communication inclusive.
« Bel été vous ! »

Note. Le directeur général de Paris Habitat a fait répondre son assistante. Je dois relire sa réponse parce qu’il y a des choses qui me chiffonnent. Je vous dirai.