Archives mensuelles : août 2020

Rentrée @9

C’est la rentrée ! Comment le sais-je ? Facile : la rentrée, c’est quand le monsieur qui devait être là à partir du 20 juillet pour débuter notre ravalement de façade, celui pour qui on a tous débarrassé péniblement nos balcons, celui qui a finalement laissé deux personnes seules monter un échafaudage original et impressionnant fait de deux plateaux qui s’élèveront d’étage en étage, celui donc qui apparaît le 28 août et dont la première phrase sur le chantier toujours en attente est :
« Ah mais c’est le bordel sur les balcons ! »

Bigleuse @122

Toujours dans le cadre de mes feuilletons estivaux, je reviens sur mon billet où j’évoquais le manque de lisibilité des supports de communication de mon bailleur avec ses locataires ; j’ai donc reçu une longue réponse de l’assistante du directeur général. Celle-ci faisait état d’une bonne volonté évidente, avec une maîtrise partielle du sujet. Je lui ai donc répondu sur les aspects de sa réponse que je trouvais discutables en lui mettant quelques copies d’écran pour être plus explicite puis, quelques jours plus tard, ai envoyé la photo d’un nouveau support illisible* affiché dans mon hall (ci-contre) avec un lien sur le point de mon article sur la communication numérique basse vision qui parle des textes.
Ce second mail m’a valu une réponse de la « Responsable pôle communication digitale » qui me remercie des informations transmises, m’annonce la refonte de leurs « outils digitaux » et m’invite à lui faire part de toute nouvelle difficulté que je pourrais rencontrer. Le langage utilisé, très convenu, me fait douter des conséquences réelles de mon expertise. Mais, qui sait ? Je resterai donc attentive et ne manquerai pas de poursuivre cet échange autant que de besoin. Je vous dirai.

* Il s’agit d’une affiche indiquant les gestes de prévention covid-19 dans nos immeubles. Je ne peux en dire plus. Je ne la lis pas.

Manque @13

J’aime me découvrir des béguins, le désir me dit que je suis vivante et me porte à écrire ; deux choses indissociables. Je ne force jamais à leur « réalisation » avec cette formule « En fin de journée, l’autre peut me manquer ; mais quand je me lève à 7 heures pour faire du sport, le manque tombe. » J’ai déjà dû écrire cela mille fois, un peu pour m’en convaincre sans doute tant je peux éprouver un manque de peau et de chair, ce d’autant que cela va faire six mois que je n’ai pas fait de judo en club, occasion irremplaçable de se faire taler la chair pour la calmer un peu.
Cet été, j’ai eu un gros béguin, et deux petits, les trois tout à fait inaccessibles. C’était plus évident pour les deux petits que pour le gros, mais je n’ai souffert de rien (hormis des petits coups ponctuels de manque, forcément), profitant de l’occasion pour me plonger dans un nouveau roman rose. Le contexte était idéal : du temps libre, un semi-confinement pour cause de canicule et, le croyais-je, une pause dans mes activités sportives qui me libérait deux heures supplémentaires. Mais, durant ces douze jours, j’ai senti physiquement le manque, dans les veines de mes avant-bras (ma souffrance psychique commence toujours par des douleurs à cet endroit-là, j’ignore pourquoi).
Je m’en suis un peu inquiétée, le manque devenant obsédant surtout en soirée tant c’est d’ordinaire un moment de la journée où j’avais perdu, avant le confinement, l’habitude d’être chez moi. Je sentais ma chair réclamer, mon esprit incapable de sublimer même si mon débit d’écriture a atteint un niveau rare. Et puis, ce 15 août, j’avais décidé de reprendre mes activités sportives : cinquante minutes de gym-judo au square. J’écris ce billet après le café du retour. Je sens déjà les vertus apaisantes de l’activité. Tout à l’heure, je sentirai les courbatures. De nouveau, ma chair m’appartient.
Verdict ? O.K. pour les béguins, mais je dois éviter de cumuler avec une pause sport !

Intox @12

J’utilise des applications météo. Parfois, il y a de drôles de surprises.
Ainsi, alors que je voyais qu’il bruinait et me demandait s’il allait pleuvoir longtemps, je regarde l’une qui propose le temps actuel et la prévision de la pluie dans l’heure à venir à partir du moment de consultation.
L’image présente la situation de « Maintenant » : un nuage avec de la pluie en dessin et un fond de pluie un peu drue. Juste en dessous « Précipitations dans l’heure » ne donne que des nuages blancs ce qui indique « Pas de pluie ».
J’ai testé, en prévoyant un coupe-vent : la pluie ne s’est pas arrêtée dans la minute. Allo, Petit Koala ? Y a un bug à débusquer !

Fenêtres @24

À l’instar de Frédéric, je vous propose un feuilleton de l’été. Plusieurs en fait. Celui-ci s’appelle « casque audio ». J’espère que le feuilleton de Frédéric aura une fin plus heureuse que la mienne, pas tant dans son résultat mais dans ses attendus. Il espère que Fraisier s’est trouvé une nouvelle maison ; je désespère des discours inclusifs qui se finissent en boudin validiste.
Suite à mes déboires en magasin, l’appel téléphonique d’une « responsable univers » (j’aurais dû me méfier, sans doute venait-elle de Mars) me parle d’un geste commercial. Je lui demande de m’envoyer un mail, lui réponds en indiquant le modèle de casque que je souhaitais acheter puis lui envoie le billet susmentionné pour qu’elle sache que dans son enseigne les vendeurs considèrent comme « galère » de servir les personnes malvoyantes…
Elle me répond quelques jours plus tard qu’elle est absente et qu’elle transmet à son collègue « qui se fera un plaisir d’effectuer un geste commercial de 10% sur votre futur achat du casque. » La belle affaire ! J’ai attendu cinq jours et envoyé la réponse suivante.

« Bonsoir madame,
« Il me semble que monsieur D. se soit privé du plaisir de correspondre avec moi pour m’indiquer la démarche à suivre pour faire valoir cette remise, par exemple. Remarquez, il a eu du nez. Je lui aurais répondu que si c’était pour me faire l’aumône, vous auriez pu vous en dispenser. Ma démarche initiale ne visait aucun « geste commercial ». Vous m’avez indiqué au téléphone vouloir en faire un « substantiel » ; votre substantialité traduite en valeur marchande porte ombrage aux excuses que vous avez formées oralement pour Boulanger ; elle serait même de nature à les invalider (si vous me permettez ce terme, en la circonstance).
« Quel dommage ! Vous ne trouvez pas ?
« Tout cela ayant assez duré (j’ai vraiment besoin de ce casque), je vais procéder à son achat chez le concurrent le plus direct de Boulanger considérant que je retiens de cette histoire que le discours d’inclusion se transforme en « galère », pour moi avant tout. Mes prochains achats s’en souviendront, et mon blogue s’en fera, bien sûr, l’écho. Je sais, mon univers sait être aussi impitoyable que le validisme ordinaire. Croyez bien que je le regrette sincèrement.
« Bonne soirée à vous
« Cécyle Jung »

Zut alors, le nom du magasin a échappé à mon anonymisation de ce mail ! Trop tard. Google a tout absorbé. Je vous dirai s’il y a une suite.

Cuisine @35

« Il faut prendre du recul avec ces images. La vocation de L214 est de faire des images sensationnelles qui ont vocation à promouvoir un monde sans élevage et un monde végétarien donc il faut prendre du recul. » Marie-Pierre Pée, présidente du comité interprofessionnel du foie gras, qui, comme chacun le sait, n’a aucun objectif ni aucune arrière-pensée.
Retrouvez les détails de l’histoire en cliquant là.

Jardinage @26

À propos de resucé (mon billet de mercredi), à l’occasion de deux paniers de récup dans des supermarchés, j’ai fait l’expérience de la nourriture ultratransformée. C’est un peu comme la musique finalement : les aliments portent des noms différents qui sont de belles promesses (en l’espèce « Taboulé au poulet », « Sandwich œuf crudités », « Poulet tandori ») et, au final, tout a la même saveur voire la même consistance (c’est-à-dire pas de goût au point qu’on ne peut pas dire si c’est bon au nom ; et mou). C’était assez étrange : sandwich le midi, taboulé le soir, poulet le lendemain et j’ai vraiment eu l’impression de manger la même chose. Seul le riz accompagnant le poulet avec un bon goût de riz. Ouf.
Cette pause faite, je me suis remise à la cuisine que j’aime avec une véritable bénédiction en point d’orgue. Ma cousine, pardon « mes cousines », habitent une maison avec un jardin où elle cultive des tomates. À l’occasion d’une soirée parisienne où nous nous retrouvons toujours avec joie, je lance :
— Tu m’as apporté des tomates ?
Elle s’en est excusée, désolée de n’y avoir pas pensé et a suggéré que ma cousine (bah oui, deux cousines dans la même maison, ça peut égarer le lecteur) qui travaille à La Défense m’en apporte. À peine une semaine plus tard, me voilà en route en métro avec Cabas (délégué par Caddie) chercher mes tomates à La Défense « en face de la tour EDF ». La tour EDF… un truc de valide, je pense et je partais exactement dans le sens inverse quand un policier m’a arrêtée : il était en train d’installer un périmètre de sécurité pour un « objet suspect ». Mes tomates ? C’est vrai qu’elles y étaient fort incongrues.
Bon prince, il m’a désigné ladite tour sans se formaliser que je lui dise que j’étais malvoyante et ne comprenais pas en quoi c’était si évident qu’il s’agissait de la tour EDF.
— C’est écrit dessus… Vous voyez les tours ?
— Oui.
— Vous allez sur la rangée de droite, la plus haute.
C’était parfait. J’ai donc retrouvé ma cousine, récupéré les tomates, une énorme courgette, deux poivrons, une aubergine et une petite boîte de fraises. Il était l’heure de déjeuner. J’ai mangé la tomate qui avait un peu souffert du voyage (un pur bonheur de tomate) et j’ai cru mourir en ouvrant la boîte de fraises : des bonbecs que j’ai boulottés tel quel. J’ai fait des beignets type tempura avec une partie de la courgette, mangé les poivrons en salade avec les tomates, cuisiné l’aubergine au gingembre et cardamome.
Merci mes cousines. Non seulement je me régale mais je suis très touchée de ce cadeau qui vaut tous les diamants du monde. Merci !

Pucer @46

J’écoute beaucoup de musique et dispose d’un abonnement de « streaming » sur Deazer depuis de nombreuses années déjà. J’y avais d’ailleurs créé deux listes de lecture lors de l’écriture en direct de mes Feuillets, notamment une qui vous dira un peu la musique qui m’accompagne considérant que, depuis 2012, d’autres titres ont enrichi mon univers. Un temps, le site en ligne m’envoyait des messages très réguliers pour m’inviter à installer une appli sur mon ordinateur.
Je n’en voyais pas bien l’intérêt (et ne le vois toujours pas) mais j’ai fini par le faire en espérant que cela éviterait que la musique soit coupée et l’enceinte Bluetooth déconnectée à la mise en veille de l’écran de mon ordinateur. Ce n’est pas le cas (et c’est très agaçant) ; au moins, cela m’évite de me loguer à chaque écoute considérant que j’efface mes cookies à chaque fermeture de mon navigateur.
Globalement, je trouve cette appli mal fichue. Je n’y trouve pas facilement ce que je cherche et notamment les nouveautés. Chaque rubrique n’affiche que quatre albums avec une étiquette texte que je ne lis pas. C’est aussi pour cela que je préfère les sites aux applis, au moins, le zoom du navigateur pallie les insuffisances d’accessibilité. Là, j’utilise le zoom-écran de l’iMac, efficace mais pas toujours facile à piloter.
Il y a pourtant quelque chose que je lis très bien, c’est le titre des rubriques « Pour vous », « Playlists recommandées », « Écouté récemment », « Genre », « Nouveautés choisies pour vous », « Les sorties de la semaine », « 100 % fait pour vous », etc. Et là, franchement, j’ai envie de sortir mon revolver tant le « pour vous » m’évoque l’envie de passer mon chemin. Oh ! je sais, un algorithme me surveille et va me proposer des titres en fonction de ce que j’ai pu écouter et aimé.
Eh bien ! c’est justement cela que je lui reproche : 1/ d’espionner ma consommation de musique ; 2/ par son algorithme, de considérer que mes goûts ne peuvent pas évoluer, s’adapter, changer de genre au fil du temps, de la météo et de ce que j’ai mangé à midi. Qu’est-ce donc que ce monde où le « pour vous » est un resucé sans saveur de ce que j’ai pu aimer un jour ? Celui dans lequel je vis ; je sais. Mais pas celui dans lequel j’ai envie de vivre. Je garde Deazer car je sais que tous les vendeurs de musique en continu (c’est du commerce, hein, n’essayer pas de me faire croire autre chose) fonctionnent de la même façon mais, franchement, j’exècre ce modèle de nivellement culturel organisé. Sachez-le.

Note. Si vous connaissez un fournisseur de musique qui croit que la culture n’est pas une bouillie prédigérée, faites-moi signe ; merci !

Note 2. En écrivant ce billet, Daezer a tenté de se rattraper et j’ai découvert ce joli titre qui, à l’instant, me fait rêver. Et demain ?

 

Forêt @12

Alerte enlèvement !
Un petit mais valeureux fraisier récemment installé dans l’un de bacs à plantes Quartier de l’horloge à Paris a disparu (toute l’histoire est à retrouver en cliquant sur ce lien).
Aucune trace d’aucune sorte n’a été retrouvée sur place. Aucune revendication à ce jour n’a été reçue.
Si les ravisseurs ont pour objectif de lui offrir un nouvel espace pour qu’il s’y épanouisse, qu’ils en soient en remerciés. Si ce n’est pas le cas, merci de le déposer anonymement au pied du son ancien voisin, le basilic. Aucune poursuite ne sera engagée.