Archives mensuelles : juin 2020

Changement @26

Ah ! le four combiné, après avoir utilisé un four à micro-ondes et un four traditionnel séparément, me réserve encore des surprises. Je sais maintenant utiliser les deux fonctions. Mais, j’ai encore du mal à intégrer une différence et en mode four traditionnel, j’ai eu plusieurs fois une cuisson expresse ! Il m’arrive de me faire encore avoir : programmant le four comme d’habitude, je ne m’habitue que peu à peu à ce que le bouton pour déterminer le temps de cuisson compte en secondes, comme le micro-ondes, et non en minutes, comme le four traditionnel. Même en mode marmite norvégienne, c’est insuffisant… Je crois que Cécyle en conviendra, c’est dire.

Pucer @43

En relisant mon billet « Changement @24 », j’ai ajouté un lien sur un édito de mon site (de l’époque où j’en faisais) à ma phrase sur la famille. Avant l’épisode covid-19 (que sera-t-il finalement de plus qu’un « épisode » ?), j’avais déjà remarqué combien les « vieux » sont « vissés » par leurs enfants qui n’ont de cesse que de leur donner des injonctions de faire ou ne-pas-faire sans considération de leurs aspirations profondes. Par amour, bien sûr, comme si l’amour était par nature coercitif. Passons.
Cela fait écho, il me semble, au discours ambiant sur les « personnes fragiles » avec toute l’ambiguïté entre leur nécessaire protection et le respect de leurs libertés (et de leur intimité). Sans doute que ma déficience visuelle est au cœur de cette problématique : je me souviens du temps (pas tant révolu) où l’on confinait les personnes handicapées dans des « structures » pour les protéger de la violence du monde. Elles y étaient assistées, sans ressources propres, pour certaines sous tutelle et fondamentalement empêchées d’en sortir. Pour beaucoup, les personnes souffrant d’un handicap mental vivent encore dans ces conditions carcérales. « Mais il faut bien, elles ne sont pas autonomes ! » Qu’en sait-on, au cas par cas ? Quels moyens on se donne pour qu’elles le soient ?
Les personnes âgées, quant à elles, et notamment celles vivants en Ehpad ou en foyers logement, parce que considérées comme « dépendantes » sont empêchées de ce qu’elles pourraient, pour leur protection toujours. Combien y sont mortes durant la pandémie ? Et qui protège-t-on vraiment en confinant les personnes âgées ? Elles ? Ou nous, considérant que si elles attrapent le virus en étant libres de leurs mouvements, nous sommes le maillon suivant de la chaîne de contamination ?
J’exagère, bien sûr ; mais la contrôleure (pourquoi tout le monde dit « contrôleur » ?) générale des lieux de privatisation de liberté a dénoncé les atteintes graves à la liberté fondamentale d’aller et venir dans un hôpital psychiatrique (ici). Qui le fera pour les Ehpad et les établissements hébergeant des personnes handicapées ? Ma réflexion, initiée l’année dernière (), sur l’intérêt d’y trouver un refuge volontaire en est fortement atteinte. Où me mènera-t-elle ? Je l’ignore.

Changement @25

Un après-midi, j’ai un appel de ma banque. Une employée m’annonce qu’elle va me passer ma conseillère financière qui va me proposer de changer de carte bancaire pour l’offre supérieure en payant moins cher, avec un prix garanti à vie. La femme m’annonce une carte dénommée « I…» alors que je sais que la carte de l’offre au-dessus de celle que j’ai s’appelle « P… ». Je suis intriguée. L’employée va en quête de la conseillère, qui n’arrive pas. Elle reprend donc le téléphone et cherche vainement les informations complémentaires. Je l’entends feuilleter une brochure. Le seul argument qu’elle trouve et me répète est l’assurance perte de bagages lors des voyages en avion. Ce qui ne m’intéresse pas particulièrement.
Quelques minutes après, elle hèle sa collègue la conseillère qui est revenue dans les parages. Celle-ci me parle d’emblée de la carte « P… » et évoque ce changement de tarif super préférentiel. Je m’étonne. J’argumente et me rends compte, avec elle, qu’elle ne connaît pas mon dossier. Avec l’option que j’ai depuis des années, je paye déjà moins cher. L’offre n’est donc pas du tout intéressante pour moi.
C’était presque touchant cet appel très amateur, pas forcément rassurant, mais il souligne une certaine humanité des personnels de ma banque.

Paris @58

Après avoir distribué un masque à tous les Parisiens courant mai, la Ville de Paris avait annoncé le déploiement de distributeurs de solution hydroalcoolique sur les Abribus, les Sanisettes, à l’entrée des équipements publics… Isabelle m’a alertée quand elle a vu les premiers, m’expliquant à quel endroit exact les trouver ; puis Sarah m’en a montré directement quelques-uns.
Petit à petit, on en trouve de plus en plus. Je n’en ai vu aucun vide (pour l’instant) ni pris d’assaut. Après que Caddie s’est rendu compte de notre bévue d’avant confinement, on a fait un petit stock à la maison, par crainte aussi que les prix flambent à leur libération au 1er juillet. Nous sommes donc bien équipés pour les commissions et on trouve désormais du gel à l’entrée de tous les commerces.
Pour autant, ces distributeurs sont sacrément utiles car ils permettent de penser à se désinfecter les mains comme ça, en passant, geste qui reste celui dont l’efficacité a été la mieux démontrée. Je les apprécie d’autant qu’ils sont très visibles, faciles à utiliser (ce qui n’est pas le cas, par exemple, des modèles à pédale chez certains commerçants ; allez voir une pédale sans une signalétique adaptée !) et puis, faut dire…
— Oui, dis. Faut pas avoir honte.
D’accord Caddie. Il faut dire donc que ça fait un budget la prévention ! Avec Caddie, on la pratique beaucoup (vaccins non remboursés, activités sportives multiples, alimentation à 80 % de fruits et légumes, etc.) Et là, gel, masques… C’est gentil ma Ville d’y avoir pensé. Merci. Et si…
— Oui, vas-y. Demande !
Bah voilà, on aimerait bien manger un peu plus bio mais c’est quand même cher… On a bien vu avec Caddie les propositions pour la prochaine mandature mais bon, on ne voit pas bien comment ça va se concrétiser pour nous. Notre « prix de journée » était à 6 euros en 2017 (ici) ; il doit être équivalent car Caddie récupère tous azimut les invendus et je cuisine plus ; c’est possible, 6 euros par jour, avec du bio ?

Chouette @40

Le week-end dernier, j’ai quitté la région parisienne pour la première fois depuis plus de quatre mois. Direction ma Picardie natale. C’est avec plaisir que je partage avec vous le chant des oiseaux au bord des étangs dans la vallée de l’Avre.

Kendo @53

Mi-juin, j’ai retrouvé deux amis judokas pour une petite séance de préparation physique et de retour au judo avec bâton, élastiques, poids, tapis, et kimono ! L’un d’eux, ceinture orange, avait prévu de me rejoindre le dimanche suivant pour travailler déplacements et déséquilibres. Je suis arrivée avant lui, ai installé les ateliers et, ne le voyant pas arriver, ai commencé une séance en solo, utilisant le mobilier urbain comme support. Juste à côté était installé le malotru qui fait son sport en musique. J’ai constaté depuis ce billet de l’été 2018 que sa danse est une danse de boxeur ; il vient désormais régulièrement avec un coach ; ils se parlent beaucoup ; à quoi sert la musique ? Je ne sais pas.
J’ai donc fait quarante-cinq minutes de sport en bruit avant que mon partenaire n’arrive. Il avait eu un petit accident de skate (son moyen de transport), perdu son téléphone… il voulait faire du judo quand même. Je lui explique à voix feutrée que le malotru est un malotru. Il s’en émeut moins que moi et nous voilà à enfiler nos vestes de kimono. Je sors ma belle ceinture offerte par Johnny, et mon partenaire passe sa ceinture orange.
On démarre par des séries d’Uchi komi à l’élastique. Je suis face aux deux boxeurs. J’ai la sensation, un instant, d’être dévisagée de manière étrange mais ce n’est qu’une sensation. Ils sont à cinq mètres ; je ne vois pas grand-chose d’eux. Quarante-cinq minutes plus tard, j’arrête notre séance (j’ai déjà une heure et demie dans les pattes), ça me va. On remballe gentiment. Les boxeurs sont partis depuis un bon quart d’heure. Mon partenaire me lance.
— Ça change tout, une ceinture noire.
— Comment ça ?
— Ton gars, je peux te dire qu’après que tu as mis ta ceinture, il ne t’a plus regardée pareil.
J’en rêvais !

 

Charité @22

Depuis la mise en place du confinement, et plus encore après, les pouvoirs publics ont développé un discours assez fort pour indiquer que grand soin est pris des personnes, et notamment ceux en situation de précarité ou de pauvreté. Des allocations ont été avancées, des moratoires annoncés, des délais allongés, etc. Et pendant ce temps, pendant le confinement :
* La Caf m’envoie un « contrôle de votre dossier », comme chaque année depuis dix ans parce qu’elle considère mes droits d’auteurs comme des salaires et s’étonne chaque année que cela ne me procure pas un revenu régulier.
* EDF m’envoie une facture qui avalise son erreur de relevé de novembre 2019 (que j’avais signalé, bien sûr) et me réclame 116 euros indus avant de me prélever début juin une mensualité de 53 euros alors que mon solde positif est de 188 euros !
* Dans le même registre, plusieurs de mes voisins ont reçu des estimations de consommation de gaz à la hausse tout à fait injustifiées. Le confinement a empêché les relevés. Engie en profite : un locataire a vu sa facture doubler alors que d’ordinaire, elle est moindre à chaque régularisation.
* Mon bailleur établit un rappel de charges de l’exercice 2019 avec un rappel de 133 euros imputés à chaque locataire (nous sommes deux cent trente-cinq) sur le poste « chaudière » ; un remake de l’affaire de l’eau ? Il serait question d’une régularisation et d’un bogue…
Sur ces quatre affaires, une s’est réglée cette semaine (Paris Habitat), un seconde semble réglée (la Caf) quoi que, un courrier reçu ce matin m’intrigue. Mon voisin a payé sa facture, trouvant le recours trop compliqué à mener. Je vous tiendrai au courant pour EDF qui n’entend rien. En attendant, vous avez dit bienveillance ? Ça nous promet un sacré monde d’après !

À table ! @64

Dans le cadre des travaux chez moi, j’ai remplacé four et four à micro-ondes par un four combiné. C’était la première fois que j’utilisais un tel four. J’avais lu le mode d’emploi, avec la pléthore de programmes et subtilités.
Pour ma première utilisation comme four à micro-ondes, pas de souci. Pour mon premier plat au four, j’ai aussi bien utilisé les bons boutons. Pourtant, surprise en ouvrant… la cloche en plastique que j’avais mise avait fondu ! Mais oui, c’était en version four donc à utiliser comme le four classique que j’avais jusque-là où il ne me serait jamais venu à l’idée de mettre une cloche en plastique.
J’avais senti une légère odeur, attribuée à une des premières utilisations de ce produit neuf. La cloche était artistiquement fondue sur le plat, sans le toucher et il était mangeable. Au moins, j’ai bien retenu de ne pas mettre de métal dans un four à micro-ondes, mais il va me falloir être vigilante sur la double vocation de l’appareil pour éviter les soucis.

Agit-prop’ @31

Maman me faisait remarquer que le « déconfinement » (néologisme récent) est plus difficile à vivre que le confinement. Elle arguait du fait que si elle avait attrapé le virus pendant le confinement, cela aurait été un « coup de pas de bol » ; mais que maintenant, on lui en imputerait la responsabilité pleine et entière. Il me semble que cela traduit le poids de cet état d’entre deux dans lequel nous sommes englués, voire d’entre trois. Un entre deux « confinement » « monde d’après » ; un entre trois « monde d’avant – confinement » et « monde d’après ».
Il est clair en effet que nous ne sommes pas (encore) dans « l’après » ; le serons-nous un jour ? Cela dépend de l’« après quoi » on parle. Un « après confinement » ? On y est, dans ce qu’il a de frustrant tant les activités reprennent au compte goutte, et tant celles qui reprennent ne sont pas forcément les plus intéressantes au sens de ce qui intéresse tel ou tel, ou de ce qui est intéressant au vu de nos engagements.
Un « après virus » ? On n’y est clairement pas. Même si l’on est très optimiste, comme je le suis, le virus circule toujours et la « deuxième vague » peut arriver. Cette situation est d’autant plus anxiogène que le gouvernement joue de cette peur pour libérer l’économie de marché tout en maintenant les personnes sous le joug d’un État policier. L’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste ne peut manquer cette occasion d’asseoir son contrôle sur les personnes, leur consentement étant acquis par la situation sanitaire.
Si l’on n’y prend garde, cet « après virus » va durer, comme dure encore l’« après Charlie » et l’« après 11 septembre » vers toujours plus d’autoritarisme et d’effacement des diversités au nom de la survie économique et de la sécurité (du pays plus que des personnes). Par ricochet, le « monde d’après », celui qui rime avec écologie, développement durable et raisonné, égalité des droits, libertés individuelles et collectives est voué à passer à la trappe. C’est le seul qui m’intéresse. Plus le déconfinement avance, plus je pense que c’est foutu (alors même que j’ai dit que je suis optimiste).
J’en suis à me demander si l’on est véritablement dans un « après ». Le covid-19 est le produit direct du libéralisme, de la consommation de masse et de tout ce qui va avec. Il est donc dans l’avant ; le confinement et le déconfinement, itou. Si le « monde d’avant » se confond dans le « monde d’aujourd’hui », comment croire qu’il y aura un « monde d’après » ? En considérant qu’un virus n’a aucun caractère révolutionnaire et en revenant au combat politique ? Je ne vois que ça.

Note. En illustration, la photo d’une terrasse chauffée prise le 4 juin 2020 à Paris.

Bonheur @45

De retour à la pharmacie, je retombe sur ma pharmacienne préférée, pas celle-ci mais celle-là.
Seuls dans la pharmacie, nous discutons un peu. Une dame entre et se met derrière la ligne rouge posée sur le sol pour délimiter la « zone de confidentialité ». Ma pharmacienne la connaissant apparemment bien la salue et la dame demande le prix des masques car ayant trois grands enfants, entre les transports et autres, « ça part vite ». Ma pharmacienne lui demande à son tour si elle a récupéré les masques gratuits de la Ville. Elle en a encore en stock et, je cite, « ils sont solides et lavables ». Elle lui explique bien où retrouver le formulaire à compléter (ici) et hop, l’affaire est dans la sac !
Ensuite on a tous les trois parlé voyage en Martinique mais ça, c’est une autre histoire manifestement moins simple que pour les masques.