Archives mensuelles : octobre 2019

Hétéronomie @28

Je suis abonnée depuis des années à Hors-Série, un site né de celui d’Arrêt sur images et qui propose des entretiens filmés. Dans l’un d’eux, intellectuellement très motivant, Judith Bernard, qui reçoit Razmig Keucheyan évoque l’hétéronomie…
Je retranscris le passage concerné et vous laisse découvrir le site, et ses extraits des entretiens, en espérant que vous y trouverez comme moi un intérêt qui vous amènera à vous abonner.
L’échange porte sur la notion d’aliénation.
« (…) sortir de nos besoins artificiels, nous arracher à nos besoins artificiels, ça nous permettrait peut-être de nous arracher à une forme de l’aliénation, et en même temps, on a toujours du mal à voir ce que c’est concrètement l’aliénation. Vous-même vous esquisser des définitions, vous ne vous ne sous-estimez pas la difficulté du terme, vous faites apparaître que l’aliénation, ça désigne en mai 68 la rupture croissante entre les bienfaits supposés du progrès et le mal-être des individus mais du coup, c’est une notion un peu vague (…) L’aliénation, ça suppose qu’il existerait un état désaliéné. Cet état est un peu introuvable. Est-ce que c’est une sorte d’état humain dans lequel il n’y a nul élément hétéronome, nulle contraindre ou nulle affection issue de l’extérieur ? Qu’est-ce que c’est un état désaliéné ? Comment on pourrait le définir en plein ? »
Je vous laisse écouter la suite. Bonne réflexion !

Adieux @40

Ma banque m’a fait rire. Non ? Si si… Dans un message sur mon compte en ligne, elle m’informe que les garanties de mon assurance de compte changent « Votre garantie Sports et Loisirs est remplacée par la garantie Forfait Décès accidentel. » Je trouve le changement de couverture surprenant ; ont-ils eu vent que mon activité sportive a baissé de 20 % entre les saisons 2017-2018 (336 heures) et 2018-2019 (271 heures) ?
J’ai interrogé Caddie qui m’a juré n’en avoir rien dit à mon conseiller financier, ce d’autant qu’il me sait affectée par cette baisse d’activité. C’est vrai que j’avais atteint un seuil depuis octobre 2014 (+ de 360 heures/an) qui m’était de moins en moins bénéfique : grosse fatigue ; risque de blessures. Mais quand même… Je me sens un peu vieillir et ma banque en rajoute, garantissant désormais mon décès plutôt que mon activité.
— Mais non ! Elle a juste peur qu’à trop faire du sport tu aies un accident.
C’est un peu la même chose, Caddie ; tu ne trouves pas ?
— C’est que…
T’inquiète Caddie, je vais m’en remettre. Rappelle-moi juste au 1er novembre de désigner le bénéficiaire de ce « capital forfaitaire de 2500 euros en cas de décès accidentel garanti ». Je ne vaux décidément pas cher autant que je dois mourir dans certaines conditions. Lesquelles ?
Verdict le 1er novembre… la Toussaint. Je suis cernée !

Souvenirs @14

Gros matou avec lunettes de soleilLa semaine dernière, alors que je discutais avec Cécyle (nous parlions « bit » mais ça, c’est une autre histoire ici), une remarque de Cécyle a fait écho à un de mes souvenirs d’enfance… Ce souvenir concernait un petit chat que nous avions chez mes parents lorsque j’étais enfant.
Ce petit chat un jour a disparu. Une semaine. Deux semaines… nous pensions que nous ne le reverrions plus.
Trois semaines plus tard, un soir, nous avons pourtant entendu des miaulements à la porte. Le petit chat était de retour. Il était tout maigre et surtout, il lui manquait les trois quarts d’une de ses pattes avant. A priori, il avait dû se faire prendre dans un piège (nous habitions un petit village où la pratique était fréquente) et avait finalement pu se libérer en sacrifiant sa patte.
Nous l’avons soigné et rapidement, il a repris sa vie de patachon, battant la campagne à courir la gueuse sur ses trois pattes et un quart. Il gambadait partout l’air de rien. Partout ? Non car tous les soirs, il se postait devant le frigo dans la cuisine et il se mettait à miauler comme si on lui arrachait une autre patte. Dans le même temps, il boitait à se casser la figure comme si c’était un « chat tronc ». Cependant, une fois nourri, il repartait en courant comme si de rien n’était.
Vous pensez bien que depuis, j’ai un regard très soupçonneux sur toutes les formes de handicap 😉

Souvenirs @13

Le jeune judoka qui habite la résidence universitaire dans laquelle j’ai emménagé en arrivant à Paris en septembre 1981 a tenu sa promesse (ici) ; il m’a fait visiter le bâtiment et offert un thé dans sa chambre. Tout a été rénové, repensé et j’ai eu du mal à retrouver les cheminements. Le resto U a disparu, la cafète et la loge aussi. Dans les étages, de vastes cuisines en bout de couloir remplacent les réduits sans fenêtre au centre du bâtiment. Chaque chambre dispose désormais de ses propres sanitaires sans avoir augmenté leur surface. Et forcément, le gros poste téléphonique en face de l’ascenseur avec son panneau de liège pour les messages n’est plus.
C’était étrange. Je n’ai éprouvé aucune nostalgie, peut-être parce que tout était tellement bouleversé que ce n’était plus le lieu où j’ai habité les sept premières années de ma vie parisienne. J’étais au final simplement contente de ce thé partagé et des conversations politiques que nous avons eues. Les jours suivants, quelques souvenirs sont remontés ; l’odeur pestilentielle de la loge où vivaient, avec leurs trois chiens, un couple de gardiens revêches mais adorables ; le veilleur de nuit avec qui je refaisais le monde et qui n’hésitait pas à monter me chercher à 2 heures du matin quand papa appelait en état proche du suicide ; les cafards que je faisais griller sur la plaque électrique de la cuisine ; les douches si chaudes et si fortes que j’en rêve encore ; les fuites d’eau, les pannes électriques… et tous les échanges avec mes voisins.
Ce sont les relations que j’ai eues, faciles ou difficiles, heureuses ou malheureuses, avec les uns et les autres qui ont construit une bonne part de ma relation aux autres. On se croisait beaucoup : téléphone, sanitaires, cafète, resto U… et j’aurais tant d’histoires à raconter que dix ans de blogue n’y suffiraient pas. J’y ai appris l’amitié, le conflit de loyauté, la peur, le chagrin, le partage, le mépris, la haine, l’entraide, les gentils, les méchants, les salopards et les indéfectibles soutiens. Et m’est revenu cet épisode de ma vie en résidence universitaire où, forte d’une solide formation en droit constitutionnel, j’avais écrit la constitution de la République libre de la chambre 722 qui régissait l’entrée et le séjour dans mes onze mètres carrés.
Je dois avoir ce texte quelque part. Où ? Je garde le souvenir d’un règlement opposable destiné à me protéger de la violence du monde, à défendre ma liberté et mon autonomie, et à m’assurer au maximum de relations paisibles en éliminant de mon entourrage celles et ceux qui me pourrissaient la vie. C’était il y a plus de trente-cinq ans. Je n’ai décidément pas changé !

 

Ailleurs @39

Lors de mon séjour à Cambridge, juste avant de prendre mon train de retour pour Londres, j’ai pris un petit-déjeuner anglais dans un pub. Lorsque le serveur a apporté mon assiette, il s’est rendu compte que j’étais Française. Il s’est mis à échanger en français, très content de me dire qu’il avait habité un an à Nanterre et travaillé dans un bar à Pigalle. À mon départ, il m’a dit qu’il avait été très content de parler français.
Je dois ajouter que je suis assez contente que ce serveur n’ait pas perçu mon accent lors des quelques mots que nous avions échangés lors de ma commande.

Hoax @14

En allumant ma télévision vendredi 11 octobre 2019, je suis tombée sur l’édition spéciale de FranceTV Info consacrée à l’arrestation des empreintes digitales présumées de Xavier Dupont de Ligonnès. Pendant une heure, en boucle, les journalistes experts en criminologie et autres experts en livres qui vendent du sensationnel se relaient à l’antenne aux côtés de policiers à la retraite et même d’un psychiatre ; de la grosse artillerie. Entre deux interviews, d’anciens reportages sur cette « affaire » sont rediffusés.
Chacun y va de ses convictions sur les mobiles, la vie, l’état d’esprit du tueur (il est rappelé parfois qu’il est présumé tueur sans que cela n’infléchisse des discours imprégnés de la conviction de sa culpabilité) en rivalisant de commentaires sur du rien. C’est intéressant les commentaires sur du rien, cela dit beaucoup de choses. J’ai retenu par exemple qu’en descendant de l’avion, quand il a vu les policiers écossais, il s’est senti perdu et n’a opposé aucune résistance. Était-il soulagé d’être arrêté ? Le psychiatre a répondu oui. Mais comment a-t-il échappé à la police ? Il avait forcément des complices, l’un l’a dénoncé. Une histoire d’argent, sans doute. Il en faut de l’argent, pour mener une telle cavale…
Je n’ai pas tout retenu. J’étais affligée de la place que prenait cette arrestation encore plus que de ces commentaires sur du rien qui avaient un caractère risible. Plus aucune autre actualité n’existait. Le lendemain matin, au réveil, rebelote. France info (radio cette fois) est aussi en « édition spéciale ». Je veux bien que le meurtre d’une femme et de quatre enfants fasse jaser dans les chaumières ; et parlons-en, si besoin ! Mais parlons de féminicide et d’infanticides dans le mariage bourgeois ; car des victimes, bien sûr, il n’en a jamais été question.
Parlons-en, donc, mais nul besoin d’en faire une « édition spéciale », ce d’autant que l’arrestation du siècle a fait pschitt une fois les résultats des analyses ADN connus. Nous avons eu droit au mea culpa de la rédaction de France télévision, et aux excuses de son PDG. L’argument utilisé est celui du « temps médiatique » différent du « temps judiciaire », comme si nos bons journalistes (ils ne sont d’ordinaire pas si mauvais) n’étaient pas directement responsables de leurs choix éditoriaux. Les « Français » ont-il appelé en masse les rédactions pour exiger une « édition spéciale » sur cette arrestation ou les rédactions des chaînes tout-info se sont-elles tiré la bourre pour faire le buzz ?
Les médias grand-public portent l’entière responsabilité de l’information qu’ils diffusent. Il leur appartient de ne pas céder à l’audimat et d’avoir conscience qu’ils manipulent l’opinion en même temps qu’ils la gavent de tout ce qui entretient l’ordre établi. Je rêve ? Oui, je rêve. Et j’aime ça.

Souvenirs @12

J’ai croisé hier ma voisine du dessus. Il y a quelques années, j’ai eu des soucis de nuisances sonores avec elle : à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, des bruits intempestifs ressemblant à des déplacements de meubles que l’on aurait fait glisser sur le sol se faisaient entendre. L’affaire s’était envenimée, le couple (la jeune femme vivait alors avec son ami de l’époque dans ce petit studio d’environ 35 m2) refusant d’admettre sa responsabilité et moi étant de moins en moins ouvert à l’échange et à la concertation au fur et à mesure que la situation perdurait. Bien que ce logement social ait été attribué à la jeune femme, c’était toujours monsieur qui répondait à mes plaintes ou aux courriers recommandés (quand ils allaient les chercher) ou qui venait me voir quand j’avais interpellé le gardien et le syndic…
Au bout de quelques mois la situation s’est finalement calmée. J’ai su en croisant ladite voisine dans le hall de l’immeuble peu de temps après que le couple était séparé. Elle avait même qualifié son ex de « mec aux grands pieds », expliquant ainsi le bruit dont je me plaignais. Elle m’avait alors indiqué qu’elle avait également mis des tapis partout. Le changement avait effectivement été radical. Je suis même devenu son héros après avoir recueilli une nuit l’un de ses chats qui était tombé sur mon balcon (heureusement pour l’animal, j’ai un balcon).
J’ai donc croisé cette voisine hier soir alors que je ne l’avais pas revue depuis plus d’un an. Elle était accompagnée d’une pimpante enfant qui s’est avérée sa fille. Elle doit avoir entre 2 et 3 ans et, au regard du (relatif) calme qui perdure, j’en ai conclu que le père de cette petite fille n’était pas le « mec aux grands pieds ». Je croise les doigts (et pas seulement les doigts de pied) pour la suite.

Bééé @18

J’ai eu le privilège de rencontrer une grosse mitre (terme emprunté à Hugo) de la communication numérique, le genre Diafoirus (Molière, cette fois ; merci Frédéric) dont le discours m’a portée à quitter son bureau au bout de dix minutes, considérant que nos conceptions de la communication numérique et de son accessibilité n’étaient pas conciliables. Je ne vous en dis pas plus, j’ai une certaine obligation de réserve à respecter mais je voulais ce billet car ce rendez-vous m’amène à une réflexion sur le lien politique entre ce que l’on considère être la fonction d’un site Internet et le monde dans lequel on souhaite vivre. À toute chose, malheur est bon.
La version 1 de mon site Internet a été mise en ligne par une amie en 1998, à une époque où l’on se connectait avec des modems 56k et une vitesse de navigation qui ferait pleurer les internautes d’aujourd’hui. Les sites étaient très légers. Peu d’images. Quelques .gif animés pour faire joli. Des textes mis en forme a minima. Mais quel bonheur ! Internet ouvrait sur une quantité infinie d’informations.
À l’époque, les sites étaient fabriqués par des informaticiens qui écrivaient du code et mettaient les informations « en dur » : pas de bases de données ; le texte des articles était directement saisi au milieu du code HTML. Pour corriger une faute d’orthographe, il fallait faire les yeux doux à son webmasteur, seul capable d’accéder au code. Petit à petit, il a été possible d’intervenir directement grâce à des outils de plus en plus grand-public. Ça a été la folie ! Tout le monde avait sa page perso ou son site, moi le mien.
On ne se posait pas la question de l’accessibilité notamment visuelle ; les techniciens étaient aux manettes et leur objectif principal était de mettre de l’information à disposition, pas de produire des sites « vendeurs ». Quand les particuliers se sont emparés de l’Internet, cela s’est un peu dégradé, chacun y allant de sa mise en couleur plus ou moins lisible. Et plus la technique s’est développée (CMS, Flash, etc.), moins les sites ont été lisibles, les communicants prenant le pas sur les techniciens.
Sans rien maîtriser de la technique, ils se sont approprié Internet au profit des entreprises, des commerces et des administrations, rivalisant d’approches visuelles qui privilégient la forme sur le fond. Les pages perso ont disparu. Les blogues sont de plus en plus éphémères. Les informations sont désormais concentrées sur des sites commerciaux, médias ou administratifs où l’image (fixe ou animée) domine. Le but n’est plus d’informer ; il est de faire voir qu’on est le plus beau.
Juste un exemple, que je n’emprunte pas à la grosse mitre de l’autre jour mais à une autre, du même genre. Il avait été fait remarquer à un infographiste professionnel que les logos handicap sont bleus, pour des raisons de lisibilité démontrée. Sauf que lui les préférait verts sur sa maquette, le bleu tranchant avec sa vision du beau. Le beau était plus important que l’information et son accès.
À quoi sert un site Internet ? À donner des informations accessibles à tous, ou à être plus beau que les autres sites au péril de l’accessibilité ? N’est-ce pas finalement l’ordre du monde qui est ici résumé, un monde qui oppose le beau ou fonctionnel, parce qu’il ne s’agit pas d’esthétique mais de concours de grosses quéquettes ? Je suis persuadée que l’on peut faire un site répondant aux normes RGAA en proposant à tous une navigation agréable à partir du moment où l’on ne considère pas l’accessibilité à toutes les informations par tous comme une contrainte, mais comme un défi.
Cela requiert un peu de créativité et d’intelligence… Et ainsi va l’ordre du monde : ceux qui défendent le plus beau sont en fait dans la reproduction grégaire de ce monde qui les fait se croire beau (gratification contre service rendu à l’ordre) à défaut d’être créatifs et intelligents. C’est tellement plus facile d’être dans l’imitation d’un modèle que dans la création d’un autre monde, en l’espèce inclusif et respectueux des personnes.
Dois-je en conclure par cette question, montre-moi ton site et je te dirai qui tu es ? Voici le mien. Verdict ?

 

Savoir @21

Mon défi d’accéder à une grande école a échoué au niveau de l’admissibillité. Je suis déçue et frustrée de ne pas pouvoir défendre mon expérience et ma carrière à l’oral devant le jury. Pour autant, j’ai été soulagée d’avoir le résultat, car, quel qu’il soit, cela devenait pesant de l’attendre et la fin de l’incertitude était bienvenue. J’ai donc trié et rangé les documents mis de côté pour préparer les cinq oraux qui potentiellement m’attendaient.
J’aurai mes notes pour me permettre de mieux comprendre ce qui n’a pas marché. Pour autant, comme j’ai pu le dire à des amis, « J’ai aimé ce jury. » Ce jury qui a choisi les sujets des écrits a mis en avant la protection des données de connexion, l’égalité femmes-hommes, l’importance des corps intermédiaires dans la démocratie, la lutte contre la pauvreté, le prix de l’eau… Tous ces sujets à forte dimension sociale ont confirmé mes motivations en me lançant dans la préparation de ce concours pour défendre une politique attentive aux personnes, à leurs conditions de vie et à leurs libertés individuelles. Je ne le ferai pas comme énarque, mais je le ferai autrement, ailleurs.

Biodiversité @22

En attendant le bus (c’est rare mais ça m’arrive), j’ai vu cette publicité pour une entreprise de livraison de repas à domicile. Le texte : « Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Un monde à refaire, Pas (sic) la vaisselle. » J’étais la veille et l’avant-veille place du Châtelet pour soutenir les activistes de Extinction Rébellion (je raconte ici) qui, sous une pluie battante, nous invitent à changer le monde en exigeant :

« La reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles et une communication honnête sur le sujet.
« La réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2025, grâce à une réduction de la consommation et une descente énergétique planifiée.
« L’arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres, à l’origine d’une extinction massive du monde vivant.
« La création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place pour atteindre ces objectifs et garante d’une transition juste et équitable. »

Ils utilisent des toilettes sèches (j’ai testé !), trient leurs déchets (j’ai constaté) et sans doute plein d’autres choses comme toutes les personnes qui savent que changer le monde nécessite que nous engagions chacun une réflexion sur l’impact de nos consommations sur l’épuisement des ressources et l’exploitation des peuples. Et pendant ce temps, des je-ne-sais-quoi vont utiliser un service de livraison de repas à domicile par une société qui exploite les livreurs et souvent aussi les restaurants sur l’argument que ne pas faire la vaisselle (utiliser du jetable) laisse plus de temps pour changer le monde.
Deux jours plutôt, nous mangions dans un restovite avec Isabelle. Quatre de ces livreurs étaient là. Un venait chercher un donut. Oui, un seul donut commandé par Internet et livré à domicile. Les mots me manquent pour qualifier une telle attitude. Et cette question me vient : comment pouvons-nous faire converger les personnes qui se font livrer un donut et celles qui se font saucer place du Châtelet ? Je l’ignore, mais il le faudra pour que le monde change ne serait-ce que parce que aujourd’hui les premiers sont forcément plus nombreux que les seconds.