Archives mensuelles : septembre 2019

Adieux @39

Je suis très choquée par le suicide de la directrice d’une école maternelle de Pantin, dans l’enceinte de son école. Elle est morte à 58 ans. Le choix du lieu de sa mort n’est pas le fruit du hasard. Elle a choisi de mourir là où sa souffrance est née et a été nourrie. Son histoire me renvoie à une autre. Mon chagrin et ma colère en sont démultipliés.
J’ai vu passer l’information sur Twitter. J’ai cherché pour en savoir plus et ai trouvé cet article de 20 Minutes. Je lis « Elle voulait que tout soit parfait c’est ce qui l’a tuée » ; non, ce n’est pas « ce qui l’a tuée ». Je comprends qu’il est difficile d’accepter que le suicide soit pour quelqu’un la seule issue à sa souffrance. Mais cette personne n’est pas responsable de sa souffrance ; elle en est la victime et le suicide n’en est que la terrible solution.
Ce genre de commentaire est aussi un moyen de dédouaner l’institution, la belle institution qu’est l’Éducation nationale et pour laquelle j’ai une grande admiration. Mais il faut accepter l’idée que celle-ci n’a pas pris soin de cette directrice, et de tant d’autres. À force de galvauder le métier d’enseignant, et par extension celui de directeur, enseignant déchargé ou non de classe pour mener des tâches administratives, d’en exiger toujours plus, on produit de la souffrance ; une souffrance qui n’a parfois pas d’autre issue que le suicide.
Les parents, aussi, dans les exigences qu’ils formulent en écho à la pression économique et sociale dont ils sont eux-mêmes l’objet, ont une responsabilité. Nous avons tous une responsabilité, celle du monde dans lequel nous vivons. Rien n’est inéluctable. Ce sont les choix de vie, de société, que nous faisons, ou que nous ne faisons pas, qui produisent (ou non) de cette violence qui cause tant de souffrance.
Je voudrais que chacun ait conscience de cela, des conséquences de ce qu’il consomme, produit, possède ; elles sont certes environnementales ; elles sont aussi humaines. Je voudrais aussi que vous lisiez la lettre de cette directrice d’école. Elle ne comprend aucun pathos, aucune revanche, aucune haine ; elle dit simplement une souffrance qui n’a trouvé d’issue que dans la mort.
Prenez soin de vous. Et, s’il vous plaît, prenez cinq minutes par jour au moins pour vous interroger sur le monde, et votre engagement à renoncer aux violences, celles qui vous font souffrir et sont inhérentes au monde. Merci.

M’sieur, M’dame @15

Hier soir, j’ai eu l’honneur d’être invité par Cécyle à dîner !
Après un excellent dîner, arrive le moment de l’addition. Dans l’agitation d’un samedi soir en plein cœur de Paris, je réussis à demander l’addition à la très agréable serveuse. Elle nous la dépose, repart, Cécyle et moi poursuivons notre conversation. Cécyle sort sa carte bancaire et la dépose sur l’addition. Après un moment, nous nous levons pour partir, la serveuse nous voit et naturellement, elle s’approche avec le terminal CB. Elle y introduit la carte de Cécyle qui était de son côté de la table et me la tend pour composer le code. Je réponds que la carte est à la jeune fille. Elle semble gênée une fraction de seconde et la tend à Cécyle.
En voyant la serveuse arriver avec la machine, je me suis douté qu’elle me la tendrait… Il faut dire que je suis habitué : grand buveur de thé, lorsque j’en commande un dans un café et que je suis avec une amie qui, elle, commande un café, systématiquement au retour des commandes le ou la serveur·se donne le thé à mon amie et le café finit en face de moi. Les stéréotypes ont décidément la vie dure.

Agit-prop’ @26

Chronique d’un cafouillage annoncé.
Le samedi 21 septembre 2019, j’avais décidé de participer à la manifestation Climat. Je pars à pied de chez moi à 13 h 30. J’avais regardé les chaînes tout-info en déjeunant. Elles s’interrogeaient dès 12 h 30 sur l’endroit où seraient les « Black blocks », considérant qu’ils n’étaient pas à proximité des Champs-Élysées avec les Gilets jaunes. Restaient deux solutions : la manifestation de FO ; celle pour le Climat. FO a une culture de la manifestation, service d’ordre à l’appui. J’ai d’emblée pris les paris sur la manif Climat.
J’ai ainsi choisi d’arriver par la tête de la manifestation, via la rue Auguste Comte ; une petite précaution qui permet de bien sentir les choses. À partir de l’angle du boulevard Raspail et du boulevard du Montparnasse (sur le trajet de la manifestation FO) (1) où se pressent des CRS, des gardes mobiles et des véhicules de police urbaine, des petits groupes de piétons prennent la même direction que moi. Ils sont à chaque fois entre cinq et dix. Ils parlent fort, entre eux ou dans leur téléphone. Ils viennent tous de Madeleine et des Champs, disent rejoindre la manif Climat pour pouvoir continuer à manifester. Un groupe évoque la présence assurée de « Black blocks ». Je remarque aussi des jeunes hommes, pantalon et tee-shirt noir, blouson à la main, assez pressés.
À l’angle de l’avenue de l’Observatoire (3), je suis arrêtée par des gardes mobiles, assez détendus. Fouille de mon sac. Elle est sommaire. Les petits groupes autour de moi passent également sans difficulté. Deux jeunes hommes que j’avais repérés avaient changé de trajectoire rue d’Assas (2), j’ai supposé pour contourner le jardin du Luxembourg par le nord et arriver en queue de manifestation. Je continue et me pose à l’angle de la rue Auguste Comte et du boulevard Saint-Michel (4). Il est 14 h 05. Je vois passer sur le boulevard un cortège de cars de CRS accompagné de quatre véhicules de pompiers (un léger, trois lourds). C’était annoncé dans le dispositif de sécurité ; pas sûr que cela améliore leur image.
Derrière, un long silence puis au loin des voix fortes qui scandent quelque chose. Sitôt, un groupe de CRS à pied passe tranquillement, comme s’ils manifestaient eux-mêmes. Puis un mouvement les parcourt. Ils se mettent sur deux lignes face à la manifestation, des boucliers leur sont apportés. Je décide de bouger et rejoindre le cortège. Je remonte sur le trottoir et arrive à la tête de manifestation. Il s’agit sans doute du cortège de Attac refoulé de Madeleine dont les chaînes tout-info avaient annoncé la présence à Luxembourg dès midi. Leurs slogans sont rodés. Je ne les comprends pas sauf « Révolution ! Révolution ! » Le groupe est très soudé et pas très coloré. Les drapeaux tricolores sont étrangement nombreux. Je les laisse passer et croise sur les trottoirs plusieurs petits groupes de trois à cinq jeunes gens. Certains portent des cagoules. Il est 14 h 15.
Je me pose en peu contre l’école des Mines (5). Nouveau « trou » dans la manifestation puis ce qui semble la manif Climat « officielle » arrive. Je m’approche. Je ne vois pas de banderole de tête, mais une vingtaine de petits groupes de manifestants avec des tee-shirts d’une certaine couleur, ou des petites banderoles de un mètre, des drapeaux colorés… Je prends leur pas. Les slogans anti-Macron sans rapport avec le climat font rage. Au milieu des petits groupes écolos, d’autres tout en noir, sans identifiants, défilent. Je quitte très vite le cortège et décide de rejoindre le point de départ qui n’est pas si loin (6). Il est 14 h 25.
Je presse le pas. Les trottoirs sont de plus en plus encombrés, mélange d’hommes en noir, certains cagoulés, et de manifestants que les médias nomment « familles » : des couples (hétérosexuels), des poussettes, des femmes seules passés soixante ans, des petites bandes de jeunes qui cherchent leurs potes. Je suis en vue du Luxembourg. La manifestation prend des couleurs. Je ne vois pourtant pas de service d’ordre, pas de corde ou de large banderole pour la délimiter. Elle est arrêtée. Elle déborde donc sur le trottoir, envoyant directement les manifestants non aguerris au contact de la tête de manifestation où il ne faut pas être grand clerc pour savoir que cela va dégénérer.
Je me dépêche. Il faut que je trouve une issue ; j’ai passé l’âge d’affronter les forces de l’ordre parce qu’une manifestation est mal encadrée. À ma grande surprise, l’entrée du RER devant le jardin du Luxembourg est en accès libre ; je m’y engouffre, tout de même aux aguets (vous savez, Charonne…) ; je n’y croise aucun contrôle. Les jeunes gens en noir sont donc arrivés par là, sans souci. Ils n’ont d’ailleurs pas pu arriver par Saint-Michel, la station est fermée, comme si la préfecture avait prévu qu’ils pourraient mieux infiltrer la manifestation en arrivant en son cœur. Il est 14 h 35. Je monte dans le RER direction Les Halles. Une demi-heure plus tard, France Info annonce que la manifestation est bloquée et que des affrontements ont lieu.
Ça vous étonne ?
Y a-t-il eu sabotage délibéré de la manifestation Climat par les forces de l’ordre donc du gouvernement ? Cela me semble évident. L’attention (médiatique, policière et politique) a été mise sur les manifestations interdites de Gilets jaunes et les Champs-Élysées. Pendant ce temps, les « Black blocks » s’installaient tranquillement boulevard Saint-Michel, avec la complicité passive d’un dispositif policier qui n’a, dans un premier temps, pris en charge que l’accès à la manifestation par sa tête.
Y a-t-il eu un amateurisme coupable de la part des organisateurs de la manifestation Climat ? Cela me semble tout autant évident. Comment ces organisateurs peuvent-ils croire que la police allait les protéger (allégation que j’ai beaucoup entendue dans les reportages a posteriori) ? Une manifestation, cela s’encadre ; sinon, on met en danger les personnes qui y participent.
J’ai fait un texto à 14 h 35 à Isabelle et Frédéric leur indiquant que je m’exfiltrais de la manifestation par précaution. Je ne l’ai pas fait plus tôt car je ne voulais pas sortir Petit 6 de ma poche. Je suis bigleuse. Je n’ai pas les moyens de renseignement de la police nationale. Mais j’avais pu, dès 14 h 15, assembler tout ce qu’il était nécessaire pour être convaincue que j’avais une demie-heure pour me sortir de là. La liberté de manifester est en danger ; les « Black blocks », après les Gilets jaunes, sont largement instrumentalisés par le gouvernement et le président de la République pour discréditer le mouvement social. Il serait peut-être temps que les organisations en prennent la mesure et se préparent à l’adversité qui s’annonce.

Décroissance @64

Qu’il est agréable qu’il fasse beau ! Le soleil brille, les oiseaux gazouillent, et la planète se meurt. J’exagère, bien sûr, ce n’est pas pour tout de suite, mais pour 2100, un tout petit degré si l’on s’active dès maintenant, jusqu’à sept degrés si l’on ne fait rien.
Les Hétéronautes savent combien je m’active mais je me sens si impuissante face à l’ampleur de la tâche. J’ai donc pensé que je pourrais contribuer un peu plus en mettant au point une danse de la pluie. Maman m’indique que « égorger des pigeons avec les dents » est très efficace… Je ne le sens pas trop, je préfère les assommer, c’est moins gore.
Et puis, j’essaie d’être moins spéciste.
En y réfléchissant bien, je me dis que, finalement, la meilleure danse de la pluie qui soit, c’est moins de consommation, moins de plastique, moins de viande, moins d’énergie fossile, plus de biens durables… Serait-ce à dire que je danse toute la journée ? Je vous y invite ; c’est absolument réjouissant !

Vroum @24

J’ai découvert le plaisir de partir quelques jours de Paris pour aller en bord de mer. Cela me fait beaucoup de bien. Je découvre la Normandie en ma baladant avec Lamoto.
J’aime bien rouler seule. Mais j’aime aussi beaucoup l’usage de se saluer entre motards. Un signe de reconnaissance qui me touche toujours. C’est l’appartenance à un collectif dans lequel je ne me retrouve pas toujours mais auquel je suis contente d’appartenir. C’est aussi de ce fait la sécurité et la simplicité de la solidarité motarde qu’il y a derrière. Et le bonheur d’avoir repris la moto.

Lesbienne @22

En rentrant chez moi en fin d’après-midi, je fais plusieurs aller-retour entre la loge du gardien, l’escalier de deux voisines, le mien, passant plusieurs fois devant deux gars qui discutent. Je les connais mais n’y prête pas attention. À un moment, un m’interpelle.
— Vous ne dites plus bonjour ?
Je m’arrête, viens le saluer. C’est un gars qui m’a interpellée il y a quelques semaines pour me dire qu’il me trouve belle. Gentil. Bavard. En sortant ma canne blanche de ma poche, je lui dis.
— Je vais vous montrer quelque chose.
Je déplie la canne. Il s’excuse sitôt, me demande si je perds la vue ; je lui explique que je suis albinos, blablabla, et l’invite à m’interpeller quand je passe sinon je ne le reconnais pas. Il promet, et part dans une longue tirade pour me dire que je suis une « belle femme qui a du cœur », qu’il est fier d’être mon voisin, … Je le remercie. Il lance.
— Je peux vous embrasser ?
Je recule d’un pas en disant non. Il sourit.
— Je sais, seulement les filles…
S’il sait… Ça fait quand même bizarre de l’entendre.

Bonheur @39

Le bonheur, c’est quoi ? La réponse est trop facile !
Le bonheur, c’est passer une soirée avec Cecyle et Isabelle (déjà rien que ça…) à un concert (ô !) d’Anne Sylvestre ! Découverte de nouvelles chansons ciselées, bouleversantes ou drôles à souhait. Ecoute de plus anciennes les yeux humides d’émotion… Lévitation !

 

 

 

 

Brosse @43

En passant sur le parvis de l’Hôtel de Ville, Isabelle a remarqué les oriflammes installées fin août par la Ville pour rendre visible les victimes des féminicides en France depuis le 1er janvier 2019. L’insupportable compte en est tenu par une page Facebook communautaire Féminicides par compagnons ou ex (ici). Elle m’a envoyé quelques photos où j’ai remarqué que « août » était accentué. Forcément, j’ai eu envie d’écrire au service de communication de la Ville qui, en plus de pratiquer le validisme, pratique le sexisme dans cette contribution typographique à l’ordre bourgeois, sexiste et raciste qui nous opprime. Les deux vont si bien ensemble…
Voici mon courrier, que j’ai également envoyé à Hélène Bidard et Célia Blauel, deux adjointes à la maire de Paris en pointe des luttes féministes. Je ne manquerai pas de vous dire si j’ai une réponse.

Madame,
Je tenais avant toute chose à vous remercier pour ces oriflammes apposées sur l’Hôtel de Ville énumérant les noms des femmes victimes cette année de féminicide, oriflammes qui, par leur puissance évocatrice, sauront, je l’espère, porter les Parisiens autant que les Parisiennes à se mobiliser contre ces violences.
L’écrivaine que je suis ne peut néanmoins vous épargner une remarque typographique qui, au-delà de l’anecdote, porte un sens politique majeur. Je remarque en effet que le nom de mois est écrit avec une majuscule, ce qui est une faute en français. La majuscule est un calque de l’américain, langue internationale qui symbolise le libéralisme mondial et l’exploitation des peuples qui va avec, donc des femmes. Cette majuscule vient donc ternir le message par son empreinte sexiste, considérant que le sexisme est un système d’oppression.
Cette faute typographique (et politique) est malheureusement très fréquente et je trouverais bien que la Ville de Paris n’encourage pas son usage.
Je vous remercie de l’attention que vous porterez à mon message.
Bonne journée
Cy Jung, écrivaine

Déo @28

EDF Bleu cielMon fournisseur d’électricité m’envoie peu de courrier, car je suis mensualisée. J’en reçois un avec détail de la facture de l’an passé, futur échéancier, détail de ma consommation avec un beau camembert en couleur pour m’aider à comprendre la répartition de ce que je paie pour mieux maîtriser ma consommation (c’est mieux pour le porte-monnaie et l’environnement) et il est question de limiter le papier en passant à la dématérialisation.
Dans l’enveloppe, il y cinq feuilles, seulement deux sont recto verso. Peut-être peut-on commencer par cette option d’impression simple et pratique pour tout le monde, non ?

Résistance @17

En décembre 2018, j’ai reçu mon décompte de charges locatives de l’année 2017 (décompte d’ordinaire envoyé en avril) avec un solde à régler au 1er janvier 2019, soit dix jours plus tard. Ce décompte faisait apparaître une augmentation importante de la consommation d’eau des parties communes, la faisant passer pour ma côte-part de 129 euros à 180 euros (j’arrondis). J’ai le plus petit appartement de notre îlot, des voisins ont eu des rappels de charge allant jusqu’à 250 euros (en comptant d’autres postes).
Notre amicale de locataires a sitôt demandé par écrit des explications ainsi que le report de paiement, invitant les locataires à ne pas payer. Un mois plus tard, alors que nous n’avions pas reçu d’explication, les mises en demeure de payer ont plu (du verbe pleuvoir) et les locataires ont tous payé, à l’exception de la présidente de l’amicale et moi-même qui n’avions étrangement pas reçu de mise en demeure de payer.
Mi-février, après un premier échange nourri avec notre bailleur et le soutien de deux de nos élus, nous avons eu confirmation chiffrée de cette hausse, sans plus d’explication : 9 000 m³ d’eau avaient « disparu », pour un montant de 28 000 euros. On est loin de la goutte ! J’ai un peu laissé filer le temps, espérant des explications et un courrier me permettant d’agir (comme une mise en demeure de payer). En juin, mon solde de charges était négatif. Ma dette a été absorbée ; j’en ai profité pour la reconstituer en juillet, et demander de nouveau des explications en justifiant mon refus de payer.
Un nouveau contact a été établi par le bailleur sans qu’aucune explication ne me soit fournie. Début août, j’ai reçu une commande de payer par courrier simple. J’ai sauté sur l’occasion pour saisir la médiatrice de mon bailleur qui lui, a sauté sur ma saisine pour proposer de nouveau un rendez-vous. En février, j’avais refusé un rendez-vous identique, considérant que nous avions droit à une réponse écrite. La médiatrice étant dans la boucle, je n’ai pu cette fois le refuser. Un échange de mails musclés s’en est ensuivi, ce d’autant que j’ai reçu entre temps une mise en demeure de payer, à laquelle j’ai répondu par une mise en demeure d’avoir des explications écrites.
Autrement dit, la guerre était déclarée. Je vous passe les détails juridiques de l’affaire, un véritable cas d’école en matière de mépris du droit. Je n’ai pas plié, alignant les arguments de droit et de procédure. Au final, ce rendez-vous a eu lieu. Le représentant de mon bailleur était seul, la médiatrice ayant eu un empêchement de dernière minute.
Verdict. Ces 9 000 m³ d’eau ont bien disparu dans les égouts. La cause supposée n’a pu être démontrée ; je ne peux donc pas l’écrire pas plus que mon bailleur ne peut imputer cette consommation à son consommateur effectif. Par ailleurs, rien ne permet d’imputer cette consommation aux occupants des trois cent cinquante logements de notre îlot (cela a toujours été mon argument) ; ce rappel de charges n’est donc pas dû et chacun sera remboursé de ce qu’il a payé. Cela a été dit. J’attends maintenant la confirmation écrite mais j’ai bon espoir.
Par le montant en jeu (28 000 euros), c’est une de mes plus belles victoires si j’exclus la négociation ardue pour que, à l’occasion du remplacement de nos fenêtres, des volets soient installés partout, même là où il n’y en avait pas. Depuis longtemps j’engage ce type de réclamation, refusant d’avoir peur, consignant tout par écrit, avançant des arguments de droit. Je sais qu’il faut être formé à cela. Je regrette néanmoins que les uns et les autres acceptent souvent si facilement de payer ce qu’ils ne doivent pas ou renoncent à leurs droits, par… peur ? ignorance ? incompréhension ? paresse ? manque d’intérêt ? grégarisme ? fatalisme ?
Je ne sais pas.