Archives mensuelles : avril 2019

Vérité syndicale @27

Jeudi 25 avril, j’ai regardé, et écouté, la conférence de presse du président de la République. Je prends toujours grand soin d’écouter ou de lire attentivement les gens avec lesquels je suis en désaccord. J’y trouve bien souvent plus de matière à réflexion et à action qu’à écouter ce qu’en disent les médias ou les personnes avec lesquels je suis plutôt sur la même longueur d’onde. Et puis la forme du discours en dit aussi beaucoup sur la façon dont les « idées » prennent vie aujourd’hui… Autre effet collatéral non négligeable : cela permet d’influencer les algorithmes de mes réseaux sociaux pour continuer à me voir pousser des infos différentes de celles venant conforter mes opinions.
Bref, après le long monologue de notre président, parole a été donnée à la presse. Vint le moment pour une première chaîne d’info en continu de poser la sienne (je ne me souviens plus du nom de la chaîne). Je suis immédiatement surpris par le ton agressif de la journaliste pour interroger le président sur un sujet faussement irrévérencieux… Quelque chose sonnait faux.
Juste après, autre chaîne d’info en continu, CNews. Même ton agressif de la journaliste vedette du média qui joue à la représentante du peuple (dans son esprit, il faut bien sûr comprendre « Les Gilets Jaunes ») interpellant le président sur des sujets faussement polémiques dont on connait déjà toutes et tous les réponses verrouillées. Mais justement, les réponses, cette journaliste (comme la précédente du reste), elle s’en fout comme de l’an quarante (1840 bien sûr car 1940, on ne s’en fout pas). Ce qui lui importe, c’est son incarnation du rôle de journaliste rebelle qui porte la parole du peuple opprimé jusque sous les dorures fraichement repeintes du palais de la République ! Isabelle le notait déjà en 2012 (ici) mais 2019 oblige, une arme ultime de cette auto « mariannisation » vient s’ajouter à l’arsenal du « je me donne un genre de journaliste pugnace » : le tweet de la chaîne qui cite le nom de la journaliste et sa question posée comme étant l’essentiel du propos car comme chacun sait, les réponses, quelles qu’elles soient, aux questions, personne n’en a cure.

Tweet de la question de la journaliste de Cnews lors de la conférence de presse du président de la République

« Laurence Ferrari à Emmanuel Macron: « Est-ce que vous pensez avoir péché ? Et si oui, par naïveté, par arrogance ou par inexpérience ? » »

Lu @23

Dans une piscine sétoise, je vois un distributeur de boissons dans le hall. Un panneau l’indique dans la partie « baigneurs » et rappelle qu’il faut être chaussé pour y accéder. Enfin, pardon, il indique « Veuillez vous chausser avant d’accéder aux débiteurs de boissons ».
Les débiteurs ? Ils me doivent donc des boissons ? Effectivement, c’est le cas, si je mets de l’argent. C’est une façon de penser le rapport à la machine, dans lequel prime le rapport commercial sur la simple fonctionnalité de distribution de l’appareil. C’est une vision plus commerciale que technique finalement.

Bigleuse @102

On parle de plus en plus des difficultés financières que peuvent rencontrer certaines femmes pour acheter les protections périodiques dont elles ont besoin : il y a eu la « taxe tampon » ; et de nombreuses collectes spécifiques sont désormais organisées par des associations pour les femmes à faibles ressources, SDF et/ou réfugiées (par exemple ici). Danielle, quand elle s’occupe de la collecte du Marché solidaire, réclame souvent des « produits d’hygiène », en précisant « pour les femmes ». Nommer est ici encore difficile, le sujet ne s’évoquant qu’« en catimini »*.
Cet accès de toutes aux protections périodiques est porté aujourd’hui par des collectivités publiques qui en distribuent gratuitement aux jeunes filles (ici) ou souhaitent le faire comme la mairie du 14e, (pdf). Une question n’a pourtant jamais été abordée et, même si elle me touche de près, c’est la première fois qu’elle se pose pour moi ; celle de l’utilisation de ces protections par les déficientes visuelles. J’en entends déjà ricaner : « Tu exagères ; il n’y a pas besoin de voir quelque chose pour mettre un tampon ou coller une serviette au fond de sa culotte. »
J’aurais été d’accord jusqu’à la semaine dernière. Après avoir épuisé mon stock de protections suite à ma nouvelle jeunesse ovarienne (ici et ), j’ai acheté des protège-slips en prévention de saignements intempestifs et imprévisibles. J’ouvre la boîte, en chope un, retire la languette (rien de sexuel, Frédéric !) et la colle au fond de mon slip spécial judo (un qui tient bien aux fesses), le tout sans avoir besoin d’allumer la lumière.
Quelques heures plus tard, je le retire et suis sitôt intriguée par sa couleur. C’est quoi, ces taches marron-rose ? Je regarde dans tous les sens, renifle (les règles ont une odeur très particulière) et m’en vais chercher mon compte-fils pour tenter de comprendre ce que je vois. Des fleurs ! Ce sont des fleurs roses ! Je sors un protège-slip neuf de la boîte qui me confirme mon diagnostic. Ces imbéciles (il n’y a pas d’autres mots) ont décoré la surface, histoire d’ajouter un peu d’allergène et de m’empêcher de voir si j’ai des pertes ou non.
Pardon ? Vous dites ? C’est pour les rendre plus « jolis », moins « ragnagna » vu que le sujet sort de la sphère intime. J’en pleurerais.

Note (28/04/2019) : Si vous souhaitez participer à une collecte de produits d’hygiène intime, je viens de découvrir ce site.

* Le terme, que l’on connaît dans son sens moderne de « en cachette », désignait initialement les menstrues.

Objectivement @47

Après la déconvenue avec la montre retournant au verger, j’ai pensé m’acheter une Apple Watch neuve. Je vais avec Cécyle dans un magasin de la marque après avoir déjà regardé les produits en ligne et réfléchi aux différentes options.
Me voilà alors avec une belle montre au poignet. J’ai encore à découvrir toutes ses fonctionnalités. Mais, dès la première minute, tout le monde l’a adoptée.
– Elle est beeeeeeelle !
– Yep et c’est d’la super came de techno.
– C’est une copa*iiiiiiii*ne !
– J’aimerais tant que ma ménagère puisse en avoir une, je compense comme je peux, mais je sais, c’est pas pareil. Chacun fait à sa mesure.
– Eh ! T’es top, mon poteau à roulettes ! J’t’assure qu’elle t’aime Caddie, ta ménagère.

Savoir @17

Au théâtre du Soleil, quand on va voir un spectacle, il est possible de manger sur place. C’est très bon, pas cher, simple ; tout comme j’aime. Il y a aussi un petit stand avec une dame qui vend du jus de bissap et du jus de gingembre fait maison. Je l’avais ratée quand j’étais venue voir Kanata avec Sarah. Quand j’y suis retournée avec Isabelle, elle était là. J’ai donc pu m’adonner à la dégustation de ses jus, particulièrement savoureux.
En rapportant nos verres, je lui demande sa recette de jus de bissap, ce jus qui guérit tout (de tout ?) et qui, pas trop sucré, est délicieux. Elle me répond en souriant que c’est un secret.
— Je suis albinos, je peux partager les secrets.
Elle prend un air réprobateur.
— Il ne faut pas jouer avec ça !
Je ris. Elle me dit connaître Salif Keita et nous voilà échanger quelques phrases sur les albinos, le bissap… et finalement, alors que nous partons, elle me glisse, dans un murmure.
— … … … … …
Merci madame, je ferai comme ça.

Note. Si vous voulez en savoir plus sur les sorcières albinos, aidez-moi à trouver un éditeur pour Kito Katoka (ici).

Objectivement @46

Frédéric a été tentateur… Vendant une Apple Watch de la première génération, il m’a donné l’idée de tester cet équipement. Rendez-vous pris, il m’a expliqué les grands principes d’utilisation et nous avons configuré la montre.
Me voilà donc avec une montre Apple. Au bout de quarante-huit heures, elle a montré des signes étranges d’épuisement. Elle était irrémédiablement attirée par un affichage d’inspiration jobsochiraquienne. Des cycles infernaux de pomme, éclair (signe de recharge), fonctionnement normal, pomme… se sont enclenchés. Née pomme, elle est retournée pomme.
Il a fallu se rendre à l’évidence après diverses manipulations, tests, réinitialisations, essais, etc. Après des années de bons et loyaux services, cette Apple Watch avait fait son temps. RIP petite montre. Retourne dans ta boîte devenue cercueil.

Bééé @16

Bébé Doro a montré des signes de fatigue, le clavier ne répondant plus que par intermittence. J’ai donc décidé d’en changer rapidement. J’ai choisi un modèle identique sur le site de mon opérateur, puis opté pour une livraison rapide « retrait en magasin » (« click & collect » en langage impérialiste). J’ai effectué cette commande le lundi 8 en soirée. Le mardi 9, Cousin Doro était disponible en magasin. J’avais quarante-huit heures pour le récupérer ; j’y suis allée le mercredi 10 et, surprise ! le magasin était fermé.
Danielle, qui m’accompagnait, a pu lire l’affichette (que je n’ai malheureusement pas photographiée) indiquant une fermeture du 8 au 10 inclus. À l’intérieur, elle me décrit deux hommes affairés qui ne bronchent pas quand elle toque à la porte close. J’appelle le service client de mon opérateur, qui me renvoie sur un autre numéro, qui me renvoie sur un autre numéro… j’ai enfin une interlocutrice aimable et incrédule face à cette fermeture dont ses ordinateurs n’ont pas connaissance. Elle me promet un rappel dans la demi-heure de sa responsable pour tirer l’affaire au clair et trouver une solution pour que je récupère ce téléphone.
On ne me rappelle pas. Je m’en charge donc, le jour même, puis le lendemain. Mon interlocutrice, cette fois, m’indique sèchement que je n’ai qu’à annuler ma commande et la repasser. Je lui explique que je souhaite simplement qu’un délai de vingt-quatre heures me soit accordé considérant que le magasin était fermé quand j’y suis allée. Le ton monte. J’exige de parler à sa responsable, considérant qu’elle devait me rappeler. J’attends encore et ai une nouvelle interlocutrice.
Je raconte pour la cinquième fois mon histoire. J’insiste sur le fait que d’ordinaire mon opérateur traite mieux ses clients, notamment les déficients visuels. Elle argue ne pas pouvoir proroger ma commande, me suggère de l’annuler, la repasser ; je refuse arguant que cela me fera perdre deux jours minimum dans le renouvellement de mon téléphone hors service, que le temps que je sois remboursée un deuxième débit sera fait sur mon compte, que ma déficience visuelle a besoin d’un téléphone en cas de pépins… Le verdict tombe.
— Je ne peux pas reporter la livraison, ce n’est pas dans notre « process ».
Là, j’avoue que je me suis vraiment mise en colère. Je lui ai demandé si c’était dans son « process » d’envoyer ses clients déficients visuels dans des magasins fermés avant de lui faire remarquer que là, nous étions deux personnes capables d’adaptation, pas des machines, qu’il s’agissait simplement de récupérer un téléphone en boutique pas de l’envoyer sur la Lune avec Apollo 13 (quoique, au vu du résultat…), et autres arguments du genre. Malheureusement, son « process », celui qui savait débiter mon compte en mettant un téléphone à disposition dans un magasin fermé puis m’obligeait à appeler à cinq reprises pour obtenir une fin de non-recevoir, n’était pas amendable.
J’ai dû annuler la commande, en refaire une autre, etc. Cette fois, je me suis fait livrer dans mon nouveau relais-colis, avec des petits gars très sympas qui ont pour « process » de blaguer, rendre service et faire leur travail sans être coincés dans des procédures de l’espace. Mon opérateur m’a bien sûr offert un « dédommagement », baguette magique du « process » censé calmer le client. Eh bien, cher opérateur, sachez qu’il n’en est rien. Mon indignation face à ces procédures qui ne fonctionnent pas tout en étant incontournables n’est pas à vendre. Numéro 1 du service client, vous dites ? Foutaise !

Credo @15

Après la forte émotion du début de semaine (ici), l’heure est venue de nous recentrer sur l’essentiel. Et cela est soudainement possible grâce au bienveillant prospectus trouvé dans ma boîte à lettres ce matin…
Couverture avenante à la photo fraîchement sortie d’une banque d’images américaine ou singapourienne et à l’accroche imparable : « Vous serez le bienvenu ! » Évidemment, j’applaudis la parfaite réussite du ciblage car nulle doute, si j’avais été jeune fille, j’aurais eu la version « Vous serez la bienvenue ! »

Invitation aux réunions des Témoins de Jéhovah le 14 avril dans la Salle du Royaume des Témoins de Jéhovah et le 19 avril au Novotel Paris Les Halles

Mais patatra à l’ouverture : j’aurais tant aimé me rendre à la salle du Royaume des Témoins de Jéhovah mais « la vraie vie à ma portée » et le « discours biblique » qui va avec, c’était le dimanche 14 avril dernier !
Bien sûr, il reste la réjouissante « commémoration annuelle du sacrifice de Jésus Christ » le 19 avril prochain mais la salle du Novotel Paris Les Halles, ça fait moins rêver !

Va chez l’gynéco @37

Vous aurez compris entre les lignes de Caddie, Petit Koala et les Mouton (ici) que j’ai eu la grande surprise d’avoir mes règles en dépit d’une ménopause avérée, taux de FSH à l’appui. Cela m’a fait rire, moi qui ne les avais pas eues depuis une bonne quinzaine d’années suite à un traitement hormonal de l’endométriose. Heureusement que je reçois des filles à la maison pour pouvoir parer au plus pressé !
Je n’étais donc pas inquiète, tous les symptômes étant là : mal de ventre, mal de tête, seins qui ont gonflé et prise de poids deux semaines plus tôt ; libido au taquet. Deux cycles sont ainsi passés. J’avais rendez-vous chez ma gynéco mi-avril. Tout allait bien. À l’occasion d’un rendez-vous chez ma généraliste, je lui en glisse un mot, amusée. Sa réaction m’a laissée pantoise. Du tac au tac, elle me dit que ce n’est pas drôle et m’envoie manu militari faire une échographie pelvienne. Ouille !
En dépit de mes protestations (la sonde et moi, on n’est pas très copine), elle insiste et je prends rendez-vous dans un centre mutualiste. J’ai la surprise d’y être reçue par une gynécologue qui pratique les échographies. Autant dire que ça change tout : mon médecin avait indiqué sur l’ordonnance que je souhaitais éviter la partie endo-vaginale de l’examen. La gynéco-échographe m’interroge.
— Vous avez déjà eu des rapports… ?
Petit silence. Elle poursuit.
— …des pénétrations hétérosexuelles ?
C’est bien la première fois, en quarante ans de consultations gynéco et une petite dizaine de praticiens que mon homosexualité est d’emblée envisagée comme faisant partie des éléments à prendre en compte, ou plus exactement que l’hétérosexualité n’est pas posée comme incontournable. Cela dit, on peut ne pas apprécier ni les pénis ni les sondes endo-vaginales tout en appréciant la pénétration vaginale. Mais ça, c’est une autre histoire, une que la médecine ignore. Comme tant d’autres !