Archives mensuelles : août 2018

Nuage @9

Le feuilleton suite… et fin ?
Avec la canicule, convertie à la fraîcheur des pelouses, j’ai décidé d’aller dîner les soirs de grande chaleur les fesses dans l’herbe. Les parcs et jardins ferment en cette saison à 21 h 30, Montsouris ne ferme pas en été, d’autres espaces verts ne ferment jamais. Cela me laissait le choix de la pelouse et des épopées ! On croit souvent que l’aventure est à l’autre bout de la terre quand finalement, une demi-heure de marche à pied y suffit. C’est meilleur pour le bilan carbone.
J’ai commencé par le parc Montsouris avec l’idée que je pourrais rester tard. La pelouse était agréable bien qu’un peu encombrée. Par contre, j’ai été contrariée par l’idée de m’y faire enfermer, les gardiens bouclant les issues principales à 21 h 15 ; j’ai un peu peiné à trouver une sortie. Le lendemain, j’ai donc décidé d’aller dans les jardins de la cité internationale ; là, l’herbe était sèche et rase ; et l’endroit désert. Je me rends compte que je n’aime pas plus la foule que les zones dépeuplées ; le juste milieu est souvent difficile à trouver.
Pour marcher moins, j’ai ensuite opté pour le square W. Je me suis d’abord installée dans l’amphithéâtre. La présence d’un jeune homme avec un gros chien qui s’amusait à effrayer les gamins m’a fait changer de place. Le chien était sans doute gentil ; je n’avais pas moyen de le savoir ; par contre, son maître ne me semblait guère civil. Je me suis alors assise sur la pelouse où je fais mon sport. C’était bien. Un soir suivant, je suis allée au parc George Brassens. Là, je me suis d’abord établie sur un endroit très prisé des corneilles. Sans être agressives, elles me cernaient. J’ai vite compris que j’étais assise sur leur dîner, soit sous un arbre producteur de sortes de petites pommes qui étaient tombées à terre.
Je suis allée une pelouse plus loin, les corneilles ont repris leur droit à l’instar d’un groupe de paroissiens, d’une église évangéliste je pense, qui se sont mis à chanter des hommages à Jésus sur des rythmes de gospels, lamentations et guitare en prime. Deux agents de la Ville sont passés sans en prendre ombrage, ce qui a eu le don de me contrarier. Que serait-il advenu si ces paroissiens avaient été autres que chrétiens, musulmans par exemple ? On aurait à coup sûr eu droit à une descente du GIGN… deux poids deux mesures ; j’en rage.
Quelques jours plus tard, je suis allée manger ma salade au square Saint-Lambert. Pour cette fois, ce sont des guêpes qui ont un peu gâché la fête. Impossible de prendre une bouchée sans en avoir une sur la fourchette ! Le temps était à l’orage. Est-ce pour cela qu’elles étaient si agressives en dépit d’un déménagement dans un autre square, à quelques centaines de mètres ? Le temps ne l’était pas le vendredi suivant au jardin des Grands Explorateurs pour une soirée d’observation des étoiles mais là, les insectes vivant en ce lieu ont été particulièrement gourmands des peaux humaines.
Depuis, il fait plus frais ; je mange ma salade dans mon salon avec Patton. Pour l’instant, aucune aventure particulière. Mais finalement, la tranquillité n’en est-elle pas une avec ses moments de joie, de solitude, ses grandes et petites satisfactions de l’âme, le temps qui s’écoule et que l’on arrive à savourer, ou pas ? Ça se discute.

À table ! @44

En randonnée, il ne faut pas seulement se restaurer, mais bien sûr s’hydrater. C’est  normal. Pourtant, dans un bar d’Ardèche, on m’a servi une bouteille sortie de quelque fin fond de réfrigérateur. L’étiquette d’une minérale du coin avait bien souffert. Pourtant, l’eau était bonne.
On ne peut pas dire que je ne donne pas de ma personne pour consommer local.

Salade @17

En septembre 2017, j’ai eu le plaisir d’accueillir chez moi des escargots (ici). Petit à petit, ils se sont multipliés, les plantes ont grandi, et j’ai mangé de la salade tout l’hiver pour qu’ils puissent se nourrir. J’en ai volé, aussi, en prenant les feuilles qui traînaient dans les étalages. Et puis, l’été 2018 est venu, avec ses grosses chaleurs. Les escargots n’ont pas résisté ! Ils sont tous morts dans un temps très court : eau trop chaude ; micro-algues ; manque d’oxygène. J’en ai été affectée.
En dépit de l’aide de Isabelle, je ne comprenais pas ce qu’il s’était passé. Je me sentais responsable de cette hécatombe, craignant le manque de soin de ma part. Et puis, je me suis décidée à trouver un nouveau locataire pour l’aquarium. C’est la vendeuse de l’animalerie qui m’a donné la clé. J’en ai été soulagée et suis plus détendue pour accueillir aujourd’hui Patton, un magnifique combattant rouge !
TTBM () l’a tout de suite adopté ! Moi aussi. Je me suis mis des rappels pour ne pas manquer un changement d’eau chaque quinzaine. Je lui en mettrai aussi un verre de fraîche entre deux. Il a droit à cinq granulés deux fois par jour : je les compte avec le compte-fils ; c’est petit ! À la différence des escargots, je le vois bien ! Et déjà, on discute. Je remue l’eau du bout du doigt pendant que je lui parle. Isabelle va me donner des escargots lave-vitres pour entretenir l’aquarium.
Ça me plaît.

Cuisine @31

Salut, c’est Petit Koala. Faut que j’vous raconte ! J’ai vécu une d’ces journées ! Les Mouton n’en sont pas revenus (ils sont encore tout sous l’choc) et heureusement que j’ai eu le soutien de Frédo le Pro des rézos, sinon, j’sais pas comment j’aurais géré l’truc. Faut comprendre qu’ici, on foooot collectif ! Pour le blogue, c’est l’frangin qui aide ; pour le site de Petit Scarabée, c’est Pierre ; et pour les rézos, c’est Frédo. Un sacré p’tit gars !
J’vous raconte. Vendredi, dans la matinée, une Hétéronaute vigilante nous informe qu’une publication a disparu de la page FakeCook de Petit Scarabée où l’on publie l’blogue ; rend’vous compte, un billet de not’ Principalate sur des bondieuseries envolé, pfuit ! Celui-là. On a tout de suite pensé à un FakeCooker qui aurait signalé l’billet, offusqué par les images d’étiquettes d’angelos à l’air ! C’était quand même bizarre. Et là, on s’est rendu compte qu’un article du LexCy(que) avait disparu aussi ; pour une fois, j’l’avais lu, ça me concernait. Y avait pas de quoi fouetter une ligne de code ! Vraiment pas.
Il fallait agir. On a pensé qu’un malotru voulait nuire en signalant les publications. Et vous connaissez FakeCook ; sont prompts à caviarder d’abord, et réfléchir ensuite. Et pour ce qui est de la réflexion, on voit bien qu’y sont pas nés au pays des Lumières ! Caddie m’a rapporté qu’ils prennent l’Origine du monde pour un vulgaire réchaud ! Ça m’a vraiment semblé bizarre quand on sait que l’humanité a attendu plusieurs millénaires avant de découvrir le feu.
Frédo m’a bien aidé à écrire à ces mal embouchés d’l’étiquette. Y fallait trouver l’bon formulaire sans trop d’espoir d’réponse ! N’ont aucune éducation ces gens. Après, je me suis rendu compte que ce n’était pas deux mais cinq publications qu’avaient disparu ! pfuit ! Alors là, j’ai pensé à un bogue car si on avait un malotru dans les canaux, y avait guère de logique dans ses signalements ; remarquez, la logique de nuire se code mal ;  enfin, moi, j’sais pas comment on fait. Pendant ce temps, Petit Scarabée flippait ; normal ; c’est important que son travail soit connu.
Avec la bande, on envoyait plein de câlins. Pendant ce temps, l’Frédo, il cherchait des infos, donnait les conseils. Un ami, j’vous dis ! Et dans la soirée, il nous a tous sauvés la nuit ! Il a découvert un article indiquant l’probable bogue ; deux heures plus tard, tout était revenu. Les copaiiins programmeurs de FakeCook ont fait du beau boulot ! C’est quand même dommage que leur talent soit mis au service du Grand Capital ! Ils seraient si bien avec nous dans not’ rézo d’amour et d’foooot.
À la r’voyure, Hétéronautes ! Ici, on aime gratis.

Nuage @8

Grâce au malotru et au jardinier souffleur de sable, j’ai découvert qu’il faisait plus frais de faire ma gym directement sur l’herbe. C’est un peu plus dur mais, avec le tapis et la grosse serviette, ça le fait. Même sans, d’ailleurs, quand je reviens de dérouler et que je fais mes étirements au sol. Avec la canicule, toute la fraîcheur était à prendre.
Ce lundi de pic de chaleur, j’étais en place quelques minutes avant 7 heures. En arrivant, je remarque un peu d’eau au sol, le long des pelouses près de l’espace de jeux pour enfants. Une fuite ? Cela arrive souvent. Je continue et installe Caddie au milieu de cette pelouse qui nous accueille désormais. Je pose le bâton, sors le tapis, que je laisse plié en quatre pour faire des exercices de stepper, cherche les poids et… et…
— Tchouuu… tchouuu…
Je tourne la tête ; le jet du tourniquet me frappe de plein fouet ! Aussitôt, je pense que les jardiniers sont planqués, qu’ils se vengent que j’ai signalé leur usage abusif du ramasse-feuilles… Caddie me suggère de déguerpir plutôt que de crier au harcèlement. Ce que nous, sous les jets croisés du premier tourniquet et d’un second qui semble s’être déclenché quand j’ai commencé à bouger après l’instant de surprise. Nous sommes trempés. Fraîcheur garantie !
Alors, vengeance ou pas vengeance du jardinier ? Tout ce que je peux dire, c’est que cela ne s’était jamais produit… et pas reproduit depuis !

Déo @26

À New York, j’ai visité quelques bazars genre « Tout à 1 euro ». Il y a des pépites de « mauvais goût », de gadgets « inutiles », de petites choses utiles, sympas et pas chères. C’est une découverte du quotidien qui m’intéresse comme parcourir les supermarchés.
Parmi les choses les plus étonnantes, je suis tombée en arrêt devant des produits religieux : cadres avec photos hologrammes et stickers pour décorer ses murs. Jésus à différents âges ou Jésus et Marie, on ne sait quoi choisir.
Y en a-t-il qui achètent la planche d’autocollants que pour les angelots nus ? Je ne sais pas, mais c’est troublant ces angelots sexe à l’air à côté du Christ sur la croix. Est-ce encore un lien avec les scandales de pédophilie dans l’Église ou est-ce que je vois le mal partout ?

Bigleuse @90

À l’occasion d’un jeu de piste dans le 15e, je discutais avec une jeune femme qui travaille dans une association où il est question d’actions solidaires. Nous parlions accessibilité. Elle m’explique que dans son association, basée dans le 20e, un groupe travaille à l’établissement d’une carte interactive des lieux accessibles : commerces, espaces de loisirs, lieux culturels, etc. Je lui ai demandé de préciser si c’était de l’accessibilité fauteuil ou tous handicaps. Ma question l’a surprise. J’ai précisé.
— Pour les déficients sensoriels, rien n’est accessible. Qui maîtrise la langue des signes ? Quant aux malvoyants, ils ne peuvent pas faire leurs courses en toute connaissance de cause, vu le peu de lisibilité des étiquettes de prix ; sans parler des aveugles. Et manger au restaurant ? Peu de cartes sont lisibles. Il y a aussi tous les établissements de restauration rapide avec leur menu derrière les serveurs, en hauteur…
Elle n’avait pas envisagé les choses sous cet angle.
Quelques jours plus tard, je me baladais avec Isabelle et nous avions envie d’un goûter. On s’est arrêtées dans un restovite qui dispose de bornes de commandes en libre-service. Et là, fière comme Artaban, j’ai montré à Isabelle que je pouvais passer seule la commande : deux frappés chocolat ; un light ; une eau à bulle. J’avais fait le test avec Sarah au printemps dernier avec une glace, elle a suggéré que c’était peut-être lisible. Cela l’était.
Cela peut sembler dérisoire, mais cette possibilité de passer moi-même commande, de choisir sans chercher à diminuer la contrainte de la personne obligée de lire le menu par un choix rapide, de savoir vraiment ce que je vais manger et boire, de pouvoir même suggérer quelque chose à l’autre, eh bien oui, c’est très satisfaisant. Bien sûr, je ne suis pas rapide (Isabelle a un peu trépigné) mais je peux le faire.
C’est aussi ça, la liberté. Je rêve d’un monde qui me la donnerait sans toujours devoir quémander. Chiche ?

 

Route @13

Lors de mes dernières vacances, j’avais prévu une virée à Marseille pour voir des amis après les longues randonnées. Billets pris, tout était calé. Arrivée à Marseille le samedi 14 juillet et retour à Paris le mardi suivant.
Le samedi matin, me voilà à la gare de Mende une bonne demi-heure avant le départ pour Nîmes où m’attendra la correspondance. Je me prépare donc sereinement à un périple de plusieurs heures vers le Sud, jusqu’à ma déconfiture devant la suppression de tous les trains partant de cette gare. Une affichette indique une grève régionale ce jour-là et la veille, sans compter des perturbations le lendemain pour « défaut de production ». J’étudie les informations et me rends vite compte qu’il n’y a aucun car pour aller jusqu’à Nîmes. Ceux qui vont dans cette direction s’arrêtent bien avant.
Plusieurs personnes sont comme moi, surprises. D’autres ont eu cette désagréable nouvelle la veille et attendent quelqu’un venant en voiture pour un transport en covoiturage trouvé via une appli dédiée. La prochaine voiture allant dans le Sud part à 17 heures de Mende. À la gare, il n’y a personne au guichet, jour férié oblige. Le numéro surtaxé est très occupé et ne me permet que de dépenser des euros en vain. L’application SNCF me confirme qu’il n’y a aucun moyen de rejoindre Marseille le jour même. Je pourrais le lendemain en journée (neuf heures trente de trajet !) ou en soirée en moins de temps, donc en arrivant à Marseille pour y passer moins de quarante-huit heures. L’amie à Marseille évoque la location d’une voiture pour venir me chercher à Nîmes si je peux y arriver, mais le loueur du coin est fermé, jour férié oblige.
Bref, je retourne les solutions dans tous les sens et opte pour l’une d’elles, plus radicale, mais me permettant de ne pas rester bloquée ou de passer trop de temps dans les transports durant ce week-end enchaînant fête nationale et finale de la coupe du monde de football avec l’équipe de France. Je reprends le travail le mercredi matin. J’ai la possibilité de rejoindre Clermont-Ferrand en car (plus de trois heures) pour y prendre un train (plus de trois heures) dans lequel il reste des places, ce qui n’est pas le cas de tous les trains, après une attente à la gare (d’une heure trente).
Cécyle commande mon billet de chez elle et je vais donc déjeuner à Mende avant d’entamer mon périple. J’arrive fourbue à Paris vers minuit. En rentrant chez moi, je me penche à la fenêtre et vois le feu d’artifice sur la Tour Eiffel. Me voilà abruptement de retour. Cela a été un peu rude, car sans décompression entre mes journées en solitaire et ma vie parisienne. J’étais déçue de ne pas avoir vu les amis à Marseille et profité de leur connaissance et amour de la ville pour la découvrir auprès d’eux et me régaler de la mer après la montagne.
Le lundi, je suis passée dans une boutique SNCF où l’employée était très sympathique. Elle m’a expliqué comment me faire rembourser les billets non utilisés et tenter un remboursement de ceux achetés pour rentrer en dédommagement. Il n’y a plus qu’à attendre…
Cela finit donc bien avec des amis pour m’aider à réfléchir et choisir, de l’argent pour avancer le prix des billets, de l’amitié pour dépasser cette déception. J’ai de la chance d’avoir tout cela, c’est précieux, pas seulement financièrement parlant.

Nuage @7

La suite du feuilleton
Alors que je suis sur le rameur, le malotru en point de mire et sa musique en fond sonore, j’entends un moteur démarrer dans l’espace pour enfants. Que se passe-t-il ? Le bruit est assez désagréable pourtant je ricane ; il couvre largement la musique du malotru qui plie sitôt ses affaires et déguerpit.
Je finis ma série de dix minutes et me déplace sur un autre appareil plus proche du ponton. Je comprends alors que le jardinier est en train de balayer le sable éparpillé avec un… ramasse-feuilles ! Oui, un ramasse-feuilles soufflant qui soulève le sable. Oh ! le joli nuage de poussière. AirParif a justement annoncé un pic de pollution ce matin. Le sable qui vole. Les gaz du moteur à essence. Le bruit. J’en reste baba et fuis à mon tour pour me réfugier sur l’herbe à l’autre bout du square.
En rentrant, je fais un mail à Valérie Maupas, conseillère du 14e en charge des espaces verts, avec Carine Petit, notre maire, en copie, et Célia Blauel qui n’échappe à aucune de mes réclamations. Aucune réponse de madame Maupas. Dix jours plus tard, après avoir constaté que le jardinier utilise toujours un ramasse-feuilles mécanique pour balayer du sable, je passe au cran supérieur, et interpelle cette fois Pénéloppe Komitès, adjointe à la maire de Paris en charge des espaces verts. Je n’ai pas eu plus de réponse et ce jardinier n’a pas modifié ses méthodes de nettoyage, au péril de sa santé en même temps que de la mienne.
Misère…