Archives mensuelles : juin 2018

Cuisine @30

Alors, les Mouton, vous n’auriez pas quelque chose à nous dire ?
— Chuuuuut !
Vraiment rien ?
— Ch*uuuuuu*t !
Eh bien ! Ça bosse dur chez les Mouton. Il faut dire que Isabelle part en randonnée sac au dos et qu’ils ont décidé de s’occuper du parcours, des hébergements, des copaiiiines Tiiiiiques et P*uuuu*ces à prévenir de ne pas piquer… Cela en fait du travail !
Nous vous souhaitons donc de bonnes vacances. À bientôt en Hétéronomie pour de nouvelles aventures ! Quand ? Allez savoir !

Hétéronomie @23

J’ai découvert la revue Quel sport ? à l’occasion de la publication de mon communiqué d’appel au boycott de la Coupe du monde de football, communiqué que vous trouverez ici si vous souhaitez vous joindre à cette action. Un rédacteur de la revue m’a contactée pour me signaler le dernier numéro paru, « TOTAL FOOTBALL Une arme de diversion massive » de Fabien Ollier. Vous le trouverez .
Le hasard n’existant pas, ce numéro comporte un article « Le judo : une fabrique d’armes à forme humaine » que je me suis empressée de lire. Et voilà que son premier paragraphe utilise le mot « hétéronomie », me donnant l’occasion rare d’alimenter cette ligne de billets plutôt réservée à Isabelle.
Voici ce paragraphe.

« Le sport-spectacle de compétition, est une pratique physique orientée par le principe de rendement compétitif, par la hiérarchisation ou la sérialisation inégalitaire (élimination des losers, valorisation des winners), par la discrimination des individus à partir de critères physiques (anthropométrie de classement, déclassement, reclassement ; typification selon l’âge, le sexe, la validité, le niveau, etc.). C’est ce qui fait de lui le support et le vecteur des idéologies principales de la droite : le struggle for life individualiste, la compétition comme base naturelle de la société, le culte de la réussite personnelle, le respect des hiérarchies et des placements dans l’ordre social, l’hétéronomie comme principe. Ajoutons à cela que le judo, comme la boxe ou d’autres sports de combat, transforment le corps nu de l’être humain en une arme capable de mettre à mort son prochain (étranglement, arm-lock, ippon, etc.). Cela fait de lui la matrice d’un corps d’agression de l’autre, « d’hommes sans armes qui se font leur propre instrument de combat » comme disait Sartre dans la Critique de la Raison dialectique. Voilà qui pose de nombreux problèmes sur le plan éthique… ou qui en tout cas devrait en poser aux prétendus Sensei ! »

Lu @18

Courant juin, je me suis retrouvée avec quelqu’un venant de récupérer un téléphone portable, prêt à le rendre à sa propriétaire. Le téléphone vibre et des notifications s’affichent.
Je me rends compte alors à quel point ces apparitions sur l’écran en veille peuvent être une porte d’entrée sur la vie privée, voire intime, de quelqu’un. La facilité de lecture pour le destinataire induit donc une vulnérabilité de ses informations personnelles à partir du moment où l’écran peut être lu par autrui. Décidément, les contreparties de ces outils numériques peuvent être lourdes de conséquences.

Biodiversité @12

À l’occasion, de la Journée internationale de visibilité de l’albinisme, Genespoir, association française des albinismes, a lancé une action sur les réseaux sociaux : les personnes nous soutenant devaient publier une photo d’eux avec un doigt dans l’œil (ou presque) le tout accompagné d’un tag #LAlbinismeCaMeRegarde ; ce choix de l’œil est aussi une manière d’insister sur le fait que le plus embêtant pour un albinos européen est sa déficience visuelle, ce que tout le monde (ou presque) ignore.
Plus de cent photos ont été publiées sur Facebook (ici). Au fur et à mesure que les photos sont arrivées, j’ai été choquée par le fait que certaines d’entre elles montraient des personnes affublées d’oreilles et de nez de lapin, de cornes en tout genre. J’en ai été blessée. L’albinisme est une maladie stigmatisante dans ses caractères visibles (couleur des cheveux, de la peau ; nystagmus), était-il vraiment besoin d’en rajouter ?
Avant d’exprimer publiquement mon sentiment d’offense, j’ai demandé à un ami albinos qui sait parler aux d’jeunes, à Isabelle et à Sarah leur avis, cherchant à savoir si ces stigmates avaient un sens particulier. La réponse a été unanime : ils sont liés aux égoportraits (selfies, en anglais), les applications proposant ces modifications de photos ; ils sont une pratique courante sur Instagram, une forme de reconnaissance pour les d’jeunes. Pire, ils seraient drôles et seraient un moyen de dédramatiser un sujet difficile.
Bigre.
Je ne crois pas que l’albinisme soit un sujet si difficile. Je remarque également que, dans notre album, sur les dix photos maquillées avec oreilles et autres attributs de lapin (réels ou figurés par des étoiles), une seule représente un albinos ; s’ajoutent trois photos avec cœurs, fleurs, flammes (dont une avec un albinos), une dernière avec des perruques roses. Ce qui m’amène à me contredire : sujet difficile… pour qui ?
Je ne peux également succomber aux arguments de la jeunesse qui irait de pair avec un grégarisme né et au caractère « ordinaire » de la chose. J’ai toujours l’espoir d’une jeunesse qui voudrait changer le monde plutôt que d’obéir sans réfléchir à des modes qui stigmatisent les personnes (entre autres).
Reste à savoir pourquoi cela me blesse. Parce que l’albinisme est en lui-même stigmatisant et que ces maquillages non valorisants ne font qu’en rajouter une couche. Quand j’étais gosse, on se faisait les cornes pour désigner un exclu ; et l’on ne manquait pas de faire référence aux lapins pour évoquer ma maladie. Cela explique-t-il mon sentiment d’offense ? Il n’en faut parfois guère plus pour raviver la blessure narcissique.
Au moins, je me console en me disant que j’ai fait un bel égoportrait de lesbienne albinos qui trône en tête de l’album. C’est chic, non ?

Grand homme @24

Cécyle m’envoie un article intitulé « Joan Baez refusée à l’entrée d’une boîte parisienne : « On ne pratique aucune discrimination », assure le directeur adjoint ». Le texte indique que l’artiste a été refusée à l’entrée d’une boîte de nuit parce qu’elle portait des ballerines et que c’était dangereux, car il peut y avoir des morceaux de verre par terre. Les physionomistes ne l’ont pas reconnue et elle ne s’est pas présentée. Elle sortait d’un concert qu’elle venait de donner à l’Olympia.
Je réponds à Cécyle « C’est très drôle. L’argument sécurité est génial, faut appeler la préfecture pour une vérification, car s’il y a souvent du verre cassé, c’est dangereux pour tout le monde en cas de chute, surtout avec des talons hauts à moins que ce soit aussi refusé à l’entrée. Des ballerines comme mise en danger. Pauvre club « populaire » branchouille. C’est clair que les vieux hippies n’ont qu’à aller se coucher. J’adore le truc de « elle n’a pas dit qui elle était ». C’est sûr que ce n’est pas du tout discriminatoire de juger de l’entrée d’une personne selon qu’elle est connue ou pas. Ce qui me ferait rire c’est de savoir si les gars à l’entrée auraient su qui est Joan Baez si elle s’était présentée. »
Cécyle a tenté une petite expérience avec un de ses judokas : il ne connaissait pas Joan Baez. Au moins, je suis sûre que lui ne pratique pas de discrimination selon l’âge ou la popularité. Il ne ferait pas un bon physionomiste, il est trop gentil.

Réclamation @75

Mon médecin étant en vacances, sa remplaçante m’a prescrit un antihistaminique différent de celui que je prends d’ordinaire. Le conditionnement de ce médicament m’a choquée. J’ai pensé écrire au fabricant ainsi qu’à la Haute autorité de santé.
Voici mon message (j’enlève le nom du médicament, sans importance).

« Je viens de découvrir avec surprise le conditionnement de Xxx 10 mg, La boîte comporte trois plaquettes en PVC (avec alu) de cinq comprimés là où dix rentreraient tout autant ; en imaginer une concentration supérieure ne seraient par farfelu. D’autres médicaments de la même classe pharmaceutique se présentent en plaquettes avec quinze jours de comprimés, avec deux plaquettes dans une boîte. Le conditionnement de Xxx 10 mg ne semble donc pas justifié par sa nature. Je ne comprends pas que la HAS autorise un tel conditionnement délétère pour l’environnement sans justification médicale. »

J’ajoute à ce commentaire que le fait d’avoir deux boîtes pour un mois de traitement au lieu d’une me coûte 50 centimes de franchise médicale en plus par mois. Ce n’est pas forcément rien, au moins sur le principe de l’accès au soin.
Je n’attendais pas vraiment de réponse, et j’en ai eu une du fabricant.

« Nous avons bien enregistré votre plainte dans notre système et nous vous remercions de nous en avoir fait part.
« Notre spécialité est conforme aux spécifications enregistrées dans une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) approuvée par les autorités de santé.
« Nous prenons en considération néanmoins votre remarque. Celle-ci a été transmise pour évaluation au service concerné. »

M’en voilà ravie. J’ignore si cela changera quelque chose mais au moins, j’aurai essayé. Ne faut-il pas toujours essayer, sur de petites choses, si l’on veut changer le monde ? J’y crois.

Soldes @13

Je me rends à une « Fête de la récup’ » dans le centre de Paris. Très vite, je me rends compte qu’il s’agit de différents étals d’objets d’occasion avec une poignée de réussites de réemploi. Il y a des stands de vente assez classiques (livres, vêtements, jeux…) et des pièces reconstituées avec des meubles et des objets. Il est possible de les acheter et de revenir les chercher. C’est un peu comme le vide-grenier qu’il y avait ce même jour en bas de chez moi, mais avec un vernis de respectabilité socio-écolo.
Les objets présentés dans les reconstitutions peuvent être achetés, mais sont à prendre à la fin de l’événement qui dure deux jours. Pour tout achat, il faut une petite fiche où le vendeur marque le prix et dont il garde le double. Chacun va payer à une caisse avec son ticket.
En regardant mieux, je m’aperçois que certains objets exposés ont des fiches avec numéro de téléphone de l’acheteur, voire également son nom. Il n’y a pas une loi qui tente de protéger les données personnelles ? Mince, c’est seulement sur Internet. Dommage qu’il n’y ait pas aussi l’adresse et l’étage, cela aurait encore plus simple pour faire de la récup’ directement au domicile. Mince, c’est vrai, ça s’appelle du vol.
Que de mauvais esprit ! Je suis trouble-fête.

Paris @49

Je dois avouer que, parfois, le désespoir me gagne. Je vis à Paris, dans une ville très engagée pour la mixité sexuelle, sociale, « ethnique » (c’est comme ça qu’on dit et je n’ai guère d’autre mot ; j’en suis marrie) ; et les bogues sont d’autant plus énormes ! Et insupportables.
Je me baladais sur mon fil d’actualité Faceboook et… patatras ; pire qu’un nid de poule sur un parcours de déroulé ! Une image illustre l’appel à la journée de la propreté, action visant à impliquer les Parisiens dans la lutte contre les dépôts sauvages d’ordures, d’encombrants et de déchets de chantiers, les déjections canines non ramassées, les mégots, les tags… Tout ce qui salit Paris.
Sur l’image, une femme tient une pelle, un homme noir un sac poubelle. La réalité ? C’est vrai, nous vivons dans une société où les femmes (blanches et noires) font le ménage et où les éboueurs sont plutôt noirs. Est-ce cela le message que veut faire passer la Ville ? Qu’il ne faut rien changer et que si l’on veut une ville propre, les femmes et les hommes noirs doivent s’y mettre.
J’en pleure.

Aïe ! @26

King kong théorie a marqué Cécyle et moi. Cela reste un livre important que la célébrité actuelle de Virginie Despentes avec sa trilogie Vernon Subutex a relancé dans les médias. Une adaptation théâtrale est actuellement présentée à Paris.
Quelle ne fut pas ma stupeur quand j’ai découvert cette annonce via une affiche sur les colonnes Morris ! Enfin, c’est plutôt l’affiche elle-même qui m’a frappée. On y voit le dessin d’un sein nu de profil auquel est accroché un piercing de la représentation symbolique de la femme.
Ce livre est libérateur, pour une vision politique de la défense des femmes, opposé à leur marchandisation. Ce dessin ramène chaque femme a un sein comme une vulgaire pub racoleuse. Ce sein que les violeurs et autres oppresseurs des femmes que dénonce Despentes veulent attraper de force et exhiber comme des trophées de leur domination. C’est l’antithèse de ce que représente ce texte pour moi.

Dixit @12

Les statistiques de visite de mon site cyjung.com indiquent les sources d’entrée et, quand il s’agit de moteurs de recherche, de quelques mots clés. Je ne sais pas comment Spip sélectionne ceux qu’elles me montrent. Ce 31 mai 2018, Spip me gâte… et les internautes m’affligent.

« 99 visites Google (96)

« pousse ta merde salope »
→ [#32] La femme qui féminise « connard » dans le métro (V-01)
« en temps que de besoin »
→ En tant que de (besoin, raison)
« Tres jeunes elle se fait des foncer par du sese »
→ La jeune fille qui ne veut pas se faire couper en morceaux (V-01) »

Note 1. Vous pouvez lire « [#33] La femme qui féminise « connard » dans le métro (V-01) » ici, et « La jeune fille qui ne veut pas se faire couper en morceaux (V-01) », .
Note 2. Tout cela n’était pas inutile ; j’ai corrigé trois coquilles dans la numérotation des titres de mes nouvelles en [e-criture].