Archives mensuelles : mai 2018

Objectivement @42

J’ai toujours bu beaucoup de tisanes (froides) et bois de plus en plus de thé (surtout du sencha dans lequel j’ajoute du gingembre frais). Jusqu’à la fin de l’année dernière, j’utilisais une théière que j’ai toujours eue, avec une boule à thé. Je faisais mes infusions à base de vrac dans une veille casserole et utilisais beaucoup de sachets dans la théière. J’ai eu envie d’une théière avec un filtre central pour varier les plaisirs, pouvoir ajouter du vrac aux sachets, par exemple.
En janvier, Isabelle m’a offert une magnifique théière de ce type. Elle était en verre, très fin, jolie et d’une marque connue. En la lavant, quelques semaines plus tard, j’ai remarqué qu’elle était fendue. J’en ai été fort dépitée et Isabelle m’a offert cette fois une théière moins jolie mais d’aspect plus robuste. Deux mois passent, cette fois, et alors que je verse de l’eau sur un mélange d’infusions, je l’entends claquer. L’eau était trop chaude, à l’évidence ; comme la première fois (sans que je ne m’en rende compte sur le coup). Suis-je donc la seule à emplir les théières en verre avec de l’eau tout juste sortie d’une bouilloire ?
Isabelle m’assure qu’elle le fait et sa théière tient le coup depuis plusieurs années. J’en conclus que je suis maudite et ralouille en renonçant à cet ustensile pourtant bien pratique. Sa dangerosité commence à m’inquiéter, en plus de son obsolescence rapide. Sarah me suggère alors une théière électrique… Le prix est un peu dissuasif ; mais c’est joli et au moins, c’est elle qui décide de la température de l’eau. Je vais voir en magasin. Sa fonction bouilloire me convainc avec l’idée de remiser la mienne. Je l’achète, expliquant à ma carte bleu que je vais avoir 55 ans et que, quand même… Caddie promet d’être économe ces prochaines semaines. L’affaire est dans le sac !
À l’instant où j’écris ces lignes, je savoure une infusion thym, romarin, lavande et badiane. Un régal ! Il m’a fallu lire la doc trois fois pour comprendre le fonctionnement, notamment pour arrêter le mode « maintien au chaud » ou utiliser celui « infusion » pour mon sencha. Quant à la fonction bouilloire, elle risque d’être en volume insuffisant pour mes bouillotte l’été prochaine. Je verrai bien. Et Fessenheim ? Ah ! Fessenheim. On ne gagne pas à tous les coups.

Anniv’ @33

– On a coooooomptéééééé sur les ongloooons, c’était compliquééééé.
– Mais on y *eeeeeee*st arriv*éééééé*…
– Ça, chapeau les Mouton, bravo de bravo ! 55, ça s’fête.
– Beeeeen 54 ou 56 aussiiiii !
– Oui, j’sais pas pourquoi il y a un truc sur l’dizaines et les moitiés d’dizaines.
– On f*êêêêêêê*te tous les ziversaires !
– Suuuuuurtout de nooooot’ Cécylou.
– Yep ! Allez, on y va !

Joye*uuuux treziversaiiiii*re,
Nos béééééé*s les plus sincèèèèè*res,
La bande t’souhaite un…
Joye*uuuux bonziversaiiiii*re,
55 buuuuu*ts, sois fièèèèè*re,
La bande t’fête un…
Joye*uuuux ziversaiiiii*re,
Youpiiiiii*, traaaaa*lal*èèèèère !

Bigleuse @87

Lors de la présentation au Magazine de la santé de l’exploit d’un alpiniste chinois qui a vaincu l’Everest à 69 ans en étant amputé des deux jambes (ici), l’un des animateurs de l’émission utilise la formule « malgré son handicap ». Ne serait-ce pas plutôt « avec son handicap » ?
« Malgré » indique certes qu’il a vaincu l’Everest même s’il était handicapé, ce qui peut laisser supposer que son handicap était effectivement une difficulté particulière. Pour autant, il me semble que cette préposition exclut le handicap de l’exploit alors même que c’est le handicap (en plus de l’âge) qui fait la valeur de l’exploit. Ne peut-on d’ailleurs pas imaginer que sans ce handicap cet homme n’aurait pas cherché à vaincre l’Everest à 69 ans ?
Quoi qu’il en soit, à titre personnel, je réalise tous mes exploits avec mon handicap qui, dans sa définition première, indique un « désavantage ». Dans les courses de chevaux, il s’agit de mettre plus de poids ou de distance aux meilleurs coureurs. Dans la vie, s’agirait-il de mettre une infirmité aux meilleurs humains ? Bien sûr !

Paris @48

L’affichage sauvage sur certains murs à proximité de mon quartier est un sport très couru. Il y a plusieurs mois, des riverains, isolés ou en association, je ne sais plus, ont obtenu l’autorisation de décorer un mur d’angle, informant par affichette leur projet. Pendant deux ou trois jours, j’ai vu le travail prendre forme.
Cette fresque a longtemps été respectée. Qu’elle soit considérée comme jolie ou pas, elle mettait de la couleur de façon agréable sur quelques mètres d’un mur ingrat devenant alors support d’une œuvre artistique. Les autres étaient toujours largement encollés sur les murs à côté. Le respect de cet îlot était manifeste. Ça, c’était jusqu’à… jusqu’à ce qu’un imbécile écrive dessus à la bombe de peinture « On a libéré le mur, vous pouvez recoller vos affiches ! » Quelques affiches ont été collées, mais uniquement à la marge. Ce ne sont pas des affiches commerciales, mais contre la loi asile, donc de personnes qui prônent un certain vivre ensemble tout en ne respectant pas ce que d’autres font justement pour enjoliver ce bout de quartier.
Aucune affiche n’a été reposée directement dessus pour l’instant. C’est comme si le graffiti sur la fresque était collectivement perçu comme du vandalisme et que les colleurs habituels, respectant un certain vivre ensemble, rejetaient cette dégradation. Au moins, ça me console.

Bigleuse @86

J’avais réussi, lors d’un précédent échange, à ce que la « Maison de la vie associative et citoyenne du 14ème (sic) Paris » assortisse les publications infographiques (une image qui fait texte) de sa page Facebook d’un court texte indiquant la nature de l’info et ses données générales.
Le gestionnaire de cette page a dû changer ; elle publie désormais sans texte ses infos dans des images. Je remarque que le sujet est sensible, autant pour moi que pour les gestionnaires de pages Facebook. Ils sont très peu nombreux à comprendre où se situe le problème, ce qui donne cette conversation absurde (ici) avec ladite Maison des associations qui ne sait pas écrire 14e (un autre de mes dadas, l’écriture abrégée du « ième »).

« Cy Jung, écrivaine. Page officielle. Je n’arrive pas à lire votre publication (je suis malvoyante). Vous m’aidez ?
« Maison de la vie associative et citoyenne du 14ème (sic) Paris : Bonjour, vous pouvez venir a (sic) la Mvac 14 ou nous contacter par téléphone pour plus d’informations.
« Cy Jung, écrivaine. Page officielle. Mais je ne sais même pas de quoi ça parle ! Je ne peux pas lire le contenu d’une image. »

Pas de réponse… J’ajoute un lien sur l’AVH qui fait ses recommandations en la matière ; ce lien est aussitôt supprimé. Je m’en plains. Rien ne se passe. Drôle de pratique de la « vie citoyenne » que voilà : censure et non-inclusion ; tout va bien, madame la maire ?

Dans le même registre, j’ai signalé le caractère illisible d’une infographie () au Groupe F. Autre dialogue.

« Cy Jung, écrivaine. Page officielle. Malheureusement, les personnes déficientes visuelles ne le verront pas. On sait pourtant que les femmes handicapés (sic) sont particulièrement victimes de violence. Ajouter le texte brut leur donnerait accès à l’infirmation.
« Le Groupe F OK, merci pour la remarque ! On a fait un article complet ici. »

Je suis le lien.

« Cy Jung, écrivaine. Page officielle. Vous avez mis des images dans votre article… Leur contenu texte ne sera pas lu par une personne déficiente visuelle. FDFA pourra vous aider à rendre vos visuels accessibles. »

Eh oui ! Le Groupe F a choisi de remplacer une infographie par d’autres infographies… Misère ! Ce que je ne comprends pas, c’est l’acharnement à l’exclusion de la part de groupes et institutions qui agissent pour l’égalité. Un choix politique ou une paresse coupable ? Allez savoir !

Aïe ! @25

Dans le métro, je vois une campagne d’affichage pour un parc zoologique. Pour attirer le visiteur, des attractions sont lancées. L’une d’elles est une tyrolienne au-dessus des animaux, dont des lions. L’accroche est « Pour rugir de plaisir » avec un lionceau la gueule bien ouverte.
Certes, je dois dire que ce genre d’envol a tout pour me plaire, car c’est 500 mètres de traversée des airs. Mais, cela me gêne que les animaux puissent être ainsi mis en scène et surtout qu’ils vivent avec des zigotos d’humains partout autour d’eux, même dans les airs. Celui qui peut vouloir exprimer son plaisir dans cette activité me semble plus l’humain que le lion.

Réclamation @74

EDF Bleu cielJ’ai reçu, début mai, l’échéancier de mon fournisseur d’électricité. Les mensualités y étaient calculées sur une base annuelle de 275 euros, soit 25 euros par mois. Ma facture annuelle 2017-2018, pourtant, avérait une dépense réelle de 242,00 euros avec un avoir de 125,00 euros suite à l’encaissement par mon fournisseur d’électricité du chèque énergie dont je suis bénéficiaire.
J’ai donc demandé par mail un re-calcul de mon échéancier sur une base de 117 euros. Sans réponse au bout de huit jours, j’ai appelé. La dame a bien compris mon propos mais avait un souci : il y avait une « boule rouge » sur le chèque énergie et elle ne pouvait le prendre en compte dans le calcul de mes échéances.
Une « boule rouge » ? Ouh là là ; c’était grave. Étais-je bien sûre d’avoir fait le nécessaire ? Je lui lis le mail de mon fournisseur d’électricité qui indique avoir pris en compte ledit chèque. Le ton monte un peu. La « boule rouge » indique un problème (sous-entendu que je n’aurais pas fait ce qu’il faut ou n’aurais pas vraiment droit à cela)… Je l’ai invitée à se renseigner car, de mon côté de l’écran, la boule était verte. Ce que elle.
J’ai patienté près d’une dizaine de minutes. Enfin, la réponse et venue. Le chèque énergie ne peut être rétrocédé ; il est un avoir qui viendra en déduction de mes échéances. La dame omet de s’excuser pour ses précédentes insinuations mais recalcule mes échéances (que je ne paierai donc pas à concurrence de mon avoir) sur la base de ma consommation réelle. Merci !

Dixit @11

Lors du Printemps des assoces de l’Inter-LGBT, nous avons pris un verre avec Frédéric. Le bénévole à la caisse m’a d’emblée tutoyée. J’en ai fait la remarque à Frédéric, tout autant dépité que moi. La question est : qu’est-ce qui autorise ce jeune homme à me tutoyer ? La proximité de nos orientations sexuelles ? La participation à un événement identique ? Je l’ignore.
Je remarque que la méthode est très courante sur les réseaux sociaux. Les invitations sont faites à « tu », comme si l’on était de vieux potes. Une dérive glose-biche (tiens, c’est pas mal écrit comme ça, glose ma biche, ça leur va bien à ces tutoyeurs branchouilles) ? Je le crains. Je le remarque aussi dans les commentaires, les mails… Ma réaction est alors de systématiquement répondre en vouvoyant (à l’oral aussi). Mes petites résistances me font du bien !

Ailleurs @28

Travaillant, notamment, dans la prévention, je ne peux que m’incliner devant la beauté de ce panneau « Danger » visiblement victime d’un sacré coup. J’ai beaucoup aimé cette démonstration par l’exemple, associé à une certaine esthétique, sur une plage de l’océan atlantique.
Je reste toujours un peu queer au fond.