Manque @8

Cela devait arriver.
Je suis rentrée du judo le jeudi 2 novembre, seule. Ce n’était bien sûr pas la première fois que je faisais ce trajet seule. C’était la première fois que je savais que je ne le ferais plus jamais avec Daniel.
Pendant quinze jours, j’ai fait front. Je lui ai tenu la main en réa, je l’ai vu mourir, j’ai partagé avec mes amis judokas des moments durs, forts, sans faiblir, j’ai expliqué à chacun ce qu’il s’était passé, j’ai affronté le regard incrédule et malheureux de deux de ses élèves de 8 ans à la médiathèque, j’ai tenu bon à l’enterrement voyage en voiture compris, je me suis consolée sur les tatamis, dans les pots après, me délectant de toutes les marques d’affection et de tendresse de mes amis judokas, de Petit Mouton, Isabelle, Sarah, M… J’ai guetté James Blunt dans ma playplist et l’ai retrouvé comme le signe que Daniel était monté au ciel.
Un ange. Daniel était un ange. Reviens mon ange. Déjà je me sens un peu perdue sur le tatami mais que je doive manger le petit paquet de biscuits que j’avais toujours pour toi dans le métro, c’est trop dur ! Sont pas bons mes gâteaux ?
Je pleure. Nous sommes le 3 novembre quand j’écris ce billet. Je pleure. Des grosses larmes. Des sanglots. Des qui déchirent le cœur. J’ai pleuré pareil hier dans le métro. Je me demande même si je n’ai pas pleuré en dormant.
Je pleure.
Hier, dans le métro, j’ai aussi pensé à ma-Jeanine ; je me suis souvenue du vide quand je n’ai plus pu lui envoyer un texto avec le menu de mon pique-nique. Le même vide. Le même manque.
Je pleure.

4 réflexions sur « Manque @8 »

  1. vincent

    Je vous envoie tout l’amour et toute mon affection, Cécyle.
    Je lis avec attention tous vos postes ici, ainsi que ceux de votre amie Isabelle.
    Comme vous le devinez, ceux concernant la perte de Daniel sont particulièrement … douloureux.
    Douleur que l’on éprouve, en souhaitant qu’elle ôte autant à la vôtre… tout en sachant que ça ne marche pas.
    J’aurais souhaité que cela ne se soit jamais produit. Mais mon impuissance à cela est flagrante et coupable.
    Chaleureux embrassements d’un hétéronaute qui compatit littéralement.
    Vincent <3

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    1. Cécyle Auteur de l’article

      Merci Vincent pour votre très gentil message qui me touche beaucoup.
      Je crois qu’il existe un « effet ricochet », qui permet de diluer la peine, quand chacun, de proche en proche, en prend un peu, sans se faire du mal, juste en acceptant la peine de l’autre. Merci de faire cela.
      Quant à nos impuissances respectives… la loi de la vie.

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  2. Hélène

    Ma chère Cécyle, je veux bien prendre un ricochet parmi les innombrables qui font ta douleur. Et quel bel hommage que tu as écris à ton ange Daniel.
    Mille bisous.

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