Archives mensuelles : novembre 2017

Voiture @17

Je ne suis vraiment pas très habituée à circuler en voiture. La dernière preuve : comme je cherchais dans la pochette d’un véhicule le bip d’ouverture de porte du parking, j’ai emprunté un boitier. Lorsque j’ai eu besoin d’ouvrir avec, ça n’a pas marché.
Quelqu’un m’a gentiment fait remarquer que j’avais en fait pris les clés de la voiture, un petit boîtier avec des pictogrammes pour ouvrir et fermer et une clé rétractable. Ah ! ben, oui, une fois que l’on me l’a dit, je me suis rappelé de la différence.

Écrivaine @34

Autant je n’ai jamais eu envie d’avoir un compte personnel sur Facebook, autant ma page officielle (ici) est un outil de communication qui m’est devenu indispensable. Les articles de mon site et les billets en Hétéronomie y trouvent une importante visibilité. Je publie aussi des photos, crée des événements, poste parfois de courts commentaires d’actualité ; autant de choses qui donnent une autre dimension à mon écriture et à mes engagements.
Mais Facebook est parfois sévère avec moi. J’ai par exemple publié une nouvelle inédite ressortie de mon disque dur, une nouvelle collector dans la veine de mes roses (). Elle a été vue cinquante-neuf fois et « liké » uniquement par Isabelle dont le soutien est indéfectible. Vingt-quatre heures plus tard, j’ai publié une info indiquant que je serais en grève le 16 novembre (lala) ; cette publication a été vue soixante-trois fois et « likée » par quatre personnes.
Cela serait-il une invitation à ce que je me mette en grève continue et que je cesse de publier des nouvelles ? Bigre.

M’sieur, M’dame @9

Ma nouvelle coupeQuelques jours après un passage chez le coiffeur pour un rafraîchissement, par trois fois, des employés de magasin m’ont appelée « Monsieur ».
La première avait besoin de ma pièce d’identité pour vérifier mon nom. À sa lecture, devant son écran, sans me regarder, elle a énoncé tout haut mon prénom, montrant qu’elle se rendait compte de sa méprise.
Le second n’a pas fait de commentaire, laissant couler comme s’il n’avait rien dit.
Le troisième s’est tout de suite repris en s’excusant en souriant.
Que signifie cet usage de l’appellation genré, très répandu dans la vie sociale ? Il n’est pas un marqueur de personnification du rapport à l’autre quand il n’y a que la civilité contrairement à la civilité suivie du nom. Dans des époques de réflexion sur les genres, n’est-ce pas un sujet à interroger ?

Individu @9

J’ai déjà évoqué dans plusieurs billets ce trait propre à la domination masculine qui consiste à infantiliser les femmes en les nommant plus volontiers par leur prénom que par leur nom de famille (ici, et lala). Savez-vous qu’il en est de même pour les personnes en situation de handicap ? Le patriarcat n’est pas directement en cause, sauf à considérer que l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste cultive les procédés d’exclusion et de discrimination afin de bien séparer le bon grain de l’ivraie, histoire d’asseoir la hiérarchie sociale qui sied si bien au profit capitalistique.
Exemple.
J’ai répondu à une proposition de visite exceptionnelle d’un bâtiment d’ordinaire fermé au public. J’ai indiqué, au moment de ma réservation, que je suis malvoyante afin de savoir si un accueil particulier était prévu. Il l’était et mon interlocutrice, dès sa réponse, m’a appelée par mon prénom, avec un ton particulièrement chaleureux, signant également par son prénom. Elle n’a pas failli à cette règle tous nos échanges durant.
Entre temps, Isabelle s’est également inscrite à cette visite. Son interlocutrice, la même que moi, lui a servi du « madame + nom de famille » tout au long de leurs échanges avec un ton courtois, sans plus, signant de son nom patronymique et de sa fonction. Elle n’a pas non plus failli à cette règle.
On me dira peut-être que la dame a voulu être gentille car je suis handicapée. Ben oui ; car je suis handicapée… Isabelle ne mérite pas moins de considération que moi ; et moi, j’ai aussi un nom de famille. N’est-il point ?

 

Pucer @33

Dans mon nouveau travail, il y a souvent des rencontres avec des habitants. À la dernière réunion, un riverain ne m’était pas inconnu. Nous en sommes venus à nous dire que nous nous connaissions puis à retrouver que c’est dans le cadre de l’associatif. Nous discutons alors un peu en aparté.
Quelques jours après, il m’envoie un message via Facebook : « Hello, Facebook est fort quand même. Jamais avant on ne m’avait proposé ton profil. Nous sommes fliqués… » Oui, c’est très fort. D’autant que nous avons beaucoup d’amis en commun depuis longtemps. Décidément, cela se confirme, pas besoin de vidéosurveillance, une généralisation de Facebook suffirait.

Déo @23

Vous connaissez ce libraire qui fait une chronique livres le vendredi au Magazine de la Santé ? Il ne sait rien dire sans que ce soit « hyper » ou « extraordinaire », ce qui constitue des arguments littéraires d’une pertinence à toute épreuve. Il aime bien les clichés, aussi, et ne finit jamais ses phrases…
Ce vendredi 3 novembre, il parle d’un livre hyper hyper extraordinaire hyper sur la vie de Marie Curie avec des photos inédites. Notre fin libraire désigne la photo d’un homme avec qui Marie Curie a eu une histoire difficile « Le petit jeune qui était avec Marie Curie… le lâche, c’est lui. » Il continue et nous emmène sur le terrain de la réussite sociale de Marie Curie, « C’est une femme, en plus, qui… Je trouve qu’à l’époque actuelle où il se passe plein de choses… entre… les… voilà, … les femmes… elle a réussi par elle-même, sans compromission. Elle a eu un courage incroyable. »
Fait-il référence aux discriminations et aux harcèlements des femmes au travail rendus visibles ces dernières semaines ? C’est ce que je comprends. Mais alors, de quelles compromissions parle-t-il ? Le harcèlement sexuel en serait-il une ?
Je vous laisse imaginer combien je le traite devant ma télé !

Manque @8

Cela devait arriver.
Je suis rentrée du judo le jeudi 2 novembre, seule. Ce n’était bien sûr pas la première fois que je faisais ce trajet seule. C’était la première fois que je savais que je ne le ferais plus jamais avec Daniel.
Pendant quinze jours, j’ai fait front. Je lui ai tenu la main en réa, je l’ai vu mourir, j’ai partagé avec mes amis judokas des moments durs, forts, sans faiblir, j’ai expliqué à chacun ce qu’il s’était passé, j’ai affronté le regard incrédule et malheureux de deux de ses élèves de 8 ans à la médiathèque, j’ai tenu bon à l’enterrement voyage en voiture compris, je me suis consolée sur les tatamis, dans les pots après, me délectant de toutes les marques d’affection et de tendresse de mes amis judokas, de Petit Mouton, Isabelle, Sarah, M… J’ai guetté James Blunt dans ma playplist et l’ai retrouvé comme le signe que Daniel était monté au ciel.
Un ange. Daniel était un ange. Reviens mon ange. Déjà je me sens un peu perdue sur le tatami mais que je doive manger le petit paquet de biscuits que j’avais toujours pour toi dans le métro, c’est trop dur ! Sont pas bons mes gâteaux ?
Je pleure. Nous sommes le 3 novembre quand j’écris ce billet. Je pleure. Des grosses larmes. Des sanglots. Des qui déchirent le cœur. J’ai pleuré pareil hier dans le métro. Je me demande même si je n’ai pas pleuré en dormant.
Je pleure.
Hier, dans le métro, j’ai aussi pensé à ma-Jeanine ; je me suis souvenue du vide quand je n’ai plus pu lui envoyer un texto avec le menu de mon pique-nique. Le même vide. Le même manque.
Je pleure.

Fenêtres @17

J’ai effectué les mêmes démarches de changement d’offre de fournisseur Internet que Cécyle. La prise de rendez-vous pour la venue d’un technicien n’a pas été des plus simples. À chaque fois, il m’était annoncé que, comme l’opérateur de la fibre dans mon immeuble n’étant pas mon fournisseur, il ne fallait pas un rendez-vous un samedi, seul jour possible pour moi. À chaque fois, les employés étaient insistants, précisant que la connexion ne marcherait pas dans la journée, m’annonçant l’impossibilité de me connecter pendant plusieurs jours, voire semaines. J’ai tout de même gardé mon choix, car cela n’aurait pas été la première fois que j’aurais eu une coupure de prestation.
Je jour du rendez-vous, j’ai attendu dès le début de matinée un technicien qui m’a appelée quelques heures plus tard pour me dire qu’il ne viendrait pas, car il était chez un client pour lequel il devait passer toute la matinée. Lui aussi m’a redit qu’il y aurait un problème de connexion en cas d’intervention un samedi, etc.
J’ai donc demandé un second rendez-vous, toujours un samedi. La date m’a été confirmée quelques jours avant le jour dit par un appel téléphonique d’une employée qui m’a rappelée quelques minutes après pour m’annoncer que le rendez-vous ne pouvait pas être maintenu… parce que l’opérateur dans mon immeuble était différent (avec cette fois un autre nom que la première), etc. J’ai encore une fois maintenu mon choix.
Le jour dit, trois techniciens sont venus, ont fait le nécessaire pour que le fameux autre opérateur active la ligne et sont repartis en me laissant actif l’ancien système, donc sans aucune coupure de prestation. Ils doivent revenir installer les équipements après une manipulation du fameux autre opérateur.

Charité @20

Je suis une fan du Magazine de la Santé (vous savez !) et il n’est pas rare qu’il soit question du don d’organes. J’ai bien sûr ma carte de donneur (donneuse ?) ; mes proches savent que j’y suis favorable. Prenez ! Ceci est mon cœur, mon foie, mes reins, mes poumons, mes… rétines, vaut mieux éviter… mais je veux bien que vous attendiez que je sois passée de vie à trépas. Je n’y compte raisonnablement pas avant une cinquantaine d’années mais, bon, des fois, on ne contrôle pas tout.
Ceci dit, le don peut se faire du vivant (ici). Pas pour le cœur, bien sûr, mais au moins pour les reins et, je crois, pour un morceau de foie. À chaque reportage sur le sujet, forcément, j’y réfléchis. Je pense surtout à mon frère, mon plus proche génétiquement. En plus, si l’albinisme jouait dans la compatibilité (qui sait ?), je serais en tête de liste s’il avait besoin. Alors, qu’est-ce que je ferais ?
Si je donne un rein, il m’en reste un autre, bien sûr. Mais bon. Quand même. Pour tout dire, là, à froid devant mon écran en ce matin d’octobre, je ne sens pas de donner un rein de mon vivant, même à mon frère. J’ai les pétoches, c’est clair. Mais s’il était en état de risque létal ? S’il était… lui ou quelqu’un d’autre que j’aime. La seule chose que je sais c’est que je n’affirmerais pas de manière péremptoire et faraude un truc genre « mais bien sûr que je donnerai mon rein » car, au fond de moi, je n’en sais fichtre rien.
Mais c’est bien, non, que la question se pose et fasse son chemin… ? Pour avoir sa carte de donneur, c’est ; avec toutes les infos nécessaires sur le don d’organe. Pensez-y !

Vroum @17

J’ai eu une semaine d’astreinte au travail, pendant laquelle j’ai circulé en voiture, au cas où… Un soir, j’étais fatiguée et j’ai bien lu un panneau indiquant les jours de marché et les risques d’enlèvement de véhicules. Je l’ai lu et me suis mélangé les pinceaux.
Le lendemain, quand je suis allée chercher la voiture et ai vu les étals et les camions, j’ai eu un grand moment de solitude. La journée que je devais passer à Hôtel de Ville a commencé aux confins du 17e où j’ai découvert la préfourrière et les joies de l’amende à 179 euros. J’ai donc déjà dépensé plus que mon indemnité d’astreinte. C’est le métier qui rentre !