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Paris @44

Depuis 2014, la Ville de Paris propose aux Parisiennes et Parisiens de participer à une journée de nettoyage de la voie publique, manière de nous sensibiliser aux questions de propreté. J’avais déjà évoqué le sujet dans un billet (ici) sur le budget participatif, disant tout le mal que je pense de ces invitations à la « participation » qui dénature le travail des élus et pose la question des emplois municipaux.
En cette rentrée 2017, il me semble que nous avons franchi un échelon supplémentaire dans le populisme rampant avec la Journée du Grand Nettoyage (les majuscules sont d’origine), nouvelle dénomination de cette action, journée prévue pour le 30 septembre. Pour mieux impliquer les Parisiennes et Parisiens, j’imagine, la Ville recrute à présent des « ambassadeurs de la propreté » avec cette invitation « Vous souhaitez devenir ambassadeurs de propreté et organiser une première opération de nettoyage dans votre quartier, pour cela, rien de plus simple, il vous suffit de remplir le formulaire d’inscription ci-dessous. ».
Le formulaire en question demande un état civil, le lieu et l’heure de « l’opération » et, le cas échéant, si une association soutient l’ambassadeur. Quelle « opération » ? Il n’est pas demandé de le préciser. Une opération de « Grand Nettoyage », peut-on supposer ; mais on nettoie quoi, exactement ? Et quelles seront les missions de ces « ambassadeurs » ? Seront-ils l’avant-garde d’une future milice de la propreté ?
Ouh là là ! Tout de suite les grands maux. Mais comment imaginer autre chose quand une Ville donne le pouvoir à ses citoyens d’organiser un « Grand Nettoyage » en reconnaissant l’existence de primus inter pares autopromus ? Faut-il ignorer le pouvoir de nuisance des « principales locataires » qui n’existent pas que dans les romans de Hugo et le caractère éminemment symbolique des mots, comme celui de « nettoyage », et de la méthode choisis pour imaginer un dispositif pareil ? Il semble.