Archives mensuelles : septembre 2017

Pucer @32

Après l’appel du dimanche matin, j’ai de nouveau eu des nouvelles indirectes de mon prédécesseur. Et j’ai su que ce jour-là, c’était son anniversaire. Appels, textos… Le jour de mon propre anniversaire, les messages sur mon téléphone de service ne seront pas aussi gentils. Mais j’espère que ce sera le cas sur mon téléphone personnel…

Cliché @12

Que Choisir de septembre 2017 nous propose un article qui s’annonce croustillant sur les ratés de Chronopost : « Chronopost a ses journées portes ouvertes » ; « Anne avait oublié son sac à main chez sa mère », dit le chapeau, « (…) elle n’a jamais reçu le colis, perdu dans des circonstances abracadabrantes ! ». Je me frotte les mains et attaque joyeusement la lecture de l’article ; j’adore les histoires à rebondissement où la société de consommation se perd dans sa propre inefficacité. Première phrase.

« L’angoisse des femmes : perdre leur sac à main ! »

Et ma main qui se perd dans ta gueule, elle t’angoisse, cher rédacteur de Que choisir ?
Excusez-moi, c’est la première réaction qui m’est venue. Ce n’est pas la première fois que je relève des propos ou illustrations sexistes dans ce magazine que j’affectionne mais, là, on touche le pompon (et l’on a envie de couper la queue du Mickey) ! Pourquoi cette phrase totalement inutile à l’article, qui parle ensuite du contenu du sac, renvoyé par Chronopost et perdu ? Par sexisme ordinaire, banal, qui entretient les clichés et la domination masculine ? Je ne vois pas d’autre explication. J’en suis affligée.
Je remarque que l’article est signé avec en prime le mail du rédacteur en question (un homme, bien sûr). Je me ferai un plaisir de lui envoyer ce billet ; je vous dirai s’il me répond.

Incyclicité @28

Je suis à la caisse de mon supermarché à fort discompte. Il y a beaucoup de monde. J’attends près d’un quart d’heure. C’est mon tour. Une dame, la soixantaine, s’avance.
— Je n’ai qu’une baguette. Je peux passer ?
— Non, madame. J’attends depuis un quart d’heure.
— Mais je n’ai qu’une baguette !
— Allez chez le boulanger si vous êtes pressée.
Elle repart, très contrariée. La dame derrière moi est plus compatissante, la resquilleuse avançant l’argument des enfants. Je l’entends qui fait un commentaire sur les gens « qui ne sont pas aimables ». Donc moi.
Mes achats dans Caddie, je repars. Je ne suis pas sortie du magasin qu’elle me double, me frôlant. J’entends.
— Quelle conne !
Elle court presque. Je parle fort.
— L’injure est un délit, madame ! Mille euros d’amendes ! (C’est 1200 pour de vrai, je viens de vérifier.)
Elle ne se retourne évidemment pas, courant plus vite même. Je songe que j’aurais plutôt dû lui rétorquer de venir me le redire en face. Qu’importe ! Elle aurait sans doute filé, de toute façon, je parie assez fière d’avoir osé me traiter. Petite vengeance pusillanime d’une petite dame à qui j’ai dit non, tout simplement non.
Cela dit, quoi que je puisse m’en défendre, ce « Quelle conne ! » était blessant et j’en suis blessée. C’est idiot, c’est ainsi et c’est ce qui définit l’injure, « (…) une invective, une expression vulgaire ou méprisante, non précédée d’une provocation et qui ne vous accuse d’aucun fait précis. » (ici) Doit-on, pour le coup, s’abstenir de dire non car cela est vécu par certains comme une « provocation » ? Il n’en est évidemment pas question.
Deux jours plus tôt, dans un autre supermarché, j’avais dégainé ma canne blanche face à une dame qui voulait me griller la place avec une carte de priorité qui ne ressemblait à rien et alors qu’il n’y avait que deux personnes derrière moi.
— Je ne pouvais pas savoir, s’est-elle excusée.
Je n’aime pas plus cette solution bien qu’elle me prémunisse de l’injure. C’est une forme d’évitement de comportements incivils. Reste à tenter d’être touché le moins possible par l’injure. C’est une bonne idée !

Pucer @31

Un dimanche matin, je suis réveillée à 5 h 50 par la sonnerie de mon téléphone professionnel. Cela fait moins d’un mois que je suis en poste et comme je ne suis pas d’astreinte, l’appareil est dans la pièce d’à côté. Le temps de me lever, l’appel est parti sur messagerie. Intriguée, j’écoute le message, qui s’adresse à… la femme de mon prédécesseur.
C’est l’appel d’un système de télésurveillance qui m’informe que la belle-mère de mon collègue est tombée chez elle et qu’il faudrait y aller. Je rappelle le numéro donné pour leur expliquer que je ne vais rien pouvoir faire pour aider cette vieille dame et qu’il serait nécessaire de modifier leur base de données. Un employé très sympathique a bien compris l’oubli du signalement de changement de destinataire du numéro. Et je suis allée tenter de me rendormir.

Indignés @11

Cet été, j’ai eu besoin de poster un petit colis. Je me suis rendue dans un bureau de Poste différent du mien, en travaux. Sur place, j’ai eu l’immense surprise de ne pas trouver de machines à affranchir. Un employé m’a indiqué qu’elles avaient été supprimées par économie. Va-t-il falloir aussi syndiquer les automates ? On dirait.
À l’occasion de la rentrée des associations de mon arrondissement, une femme en tenue de postière me tend un tract.
— Vous connaissez notre nouveau service « Veiller sur mes parents » ?
— Oui, et cela me fait rire.
— Rire ?
— Oui, c’est ridicule. Le cœur de métier de La Poste, n’est-ce pas de prendre en charge le courrier ? Alors qu’elle commence par remettre des automates rue Raymond Losserand, et je posterai moi-même le courrier de ma vieille mère.
La discussion s’engage, la femme avançant peu d’arguments ; j’en ai d’autres, comme la livraison le dimanche qui n’a d’autre utilité que de détériorer les conditions de travail. D’autres employés s’approchent tous à l’évidence d’accord avec moi. On rigole un peu. Je vais pour partir, madame la maire (une jeunesse !) arrive. La cheffe lui saute dessus. Blablabla. Très vite, je m’interpose.
— Excuse-moi de t’interrompre, Carine, c’est impoli de ma part mais peux-tu demander à madame pourquoi on ne peut plus affranchir de courrier au bureau de la rue Raymond Losserand ? À moi, elle ne répondra pas.
Madame la maire rigole, m’embrasse et indique qu’elle est au courant, que La Poste tente de faire croire qu’elle a été d’accord avec ce réaménagement du bureau mais que ce n’est pas le cas. Je la laisse avec son interlocutrice. Un des employés en apparence particulièrement d’accord me donne une petite tape amicale sur l’épaule. Que c’est bon de rencontrer des camarades !
Hajime la révolution !

Note. En plus, si j’envoie un mignon facteur comme ça à ma mère, il ne repart pas. Au secours, mon héritage !!

Chouette ! @36

Cet été, j’ai changé de fonction professionnelle. Ce n’a pas été facile de quitter les musées, et mes derniers collègues. Comme pour mes autres postes, j’ai fait un pot avec des collègues proches, que j’appréciais particulièrement. C’était un pique-nique qui leur a fait découvrir un endroit agréable près de notre travail.
J’ai eu des cadeaux drôles, utiles, futiles, intéressants, pratiques… Ils ont tous été choisis avec amour pour moi… et pour Vélectro qui n’a pas été oublié. C’était un moment tendre et très émouvant.

 

Ailleurs @25

À Saint-Jean-du-Gard, j’avais réservé à l’hôtel en demandant une demi-pension pour le second soir. Arrivant vers 19 heures pour manger, je trouve l’équipe du restaurant en train de ranger à toute allure les tables installées en terrasse, en raison de la pluie, pourtant annoncée. Les serveurs sont débordés par la relocalisation des clients à des endroits en extérieur non inondés.
Après quelques minutes, le responsable du restaurant s’intéresse à moi. Je lui dis que j’ai réservé en demi-pension. Il m’annonce ne pas être au courant d’une réservation pour une personne. Après encore plusieurs minutes, il me fait entrer dans la salle du restaurant, quasiment vide. Celle-ci va se remplir peu à peu de tous les clients se rabattant sur l’intérieur à cause du temps. Il y a plusieurs serveurs, largement assez pour le nombre de clients, mais la désorganisation règne.
À l’arrivée d’un groupe derrière moi, un employé annonce que le service sera rapide. C’est pourtant un des plus longs que j’ai connus. Et de piètre qualité, jusqu’à ce qu’un couple se plaigne du peu de poisson de son plat tant la portion était congrue. La femme, qui a accepté une seconde assiette proposée par le serveur, sera servie plus rapidement que moi de ses deux plats que moi d’un seul. Près d’une heure pour n’avoir que l’entrée et après avoir fait remarquer que c’est trop long et j’ai pu finir en vingt minutes le repas.
Difficile de croire qu’un restaurant touristique soit aussi désastreusement géré en plein mois d’août. De quoi donner encore plus apprécier le bien-être de la veille

Changement @19

La polémique autour de la baisse des APL et de la valeur de 5 euros avère de la méconnaissance des situations de pauvreté de la part de nombre des élites de notre pays. 5 euros… une peccadille. D’un point de vue numéral, sans doute. Ce n’est que le cinquième chiffre après 0. Mais qu’est-ce que l’on fait avec 5 euros ? La réponse que chacun apporte donne la mesure de l’enjeu.
En ce qui me concerne, j’ai décidé en début d’année de mesurer mes « dépenses incompressibles », histoire de voir quel était mon minimum vital considérant que ma situation matérielle se précarise au fil du temps (et que cela ne va pas s’arranger). Dans ce cadre, j’ai noté sur quatre mois mes dépenses ordinaires, nourriture, entretien de la maison, hygiène. J’ai fait un savant calcul pour déduire les repas que je ne prenais pas chez moi et suis arrivée à un prix de journée moyen de 6 euros.
Isabelle m’a dit que c’était peu. Cela l’est, mais je sais que je peux encore tirer sur les courses pour arriver aux alentours des 5 euros soit 150 euros par mois ce qui, pour un bénéficiaire de l’Apsa (nouveau nom du minimum vieillesse, que je percevrai dans dix ans), est déjà beaucoup. 5 euros, c’est donc pour les riches d’entre les pauvres le montant de leur « prix de journée », difficilement compressible ; les en priver, c’est les priver d’une journée de subsistance. Ni plus, ni moins.
Et voilà que le président de la République sort de sa cravate la solution miracle à cette baisse : que les loyers baissent aussi de 5 euros ! Très bonne idée, démago à souhait. Cela dit, tant qu’à faire, je suggère qu’ils baissent de 5,71 euros pour les locataires de Paris Habitat, le 0,71 euro correspondant au prix du timbre le moins cher dont je dois m’acquitter depuis le 1er septembre pour payer mon loyer. Eh oui ; il n’a pas fallu longtemps pour que l’enveloppe T dont je vous parlais ici disparaisse.
Quelqu’un peut le dire au président ? Moi, je lui pète qui pue au nez. Politiquement, cela ne sert à rien mais ça soulage ! Prrrout !

 

Anniv’ @31

7 ans… L’âge de raison ?

Il ne faut pas y compter en Hétéronomie !
Nous nous souhaitons donc un très joyeux anniversaire, en vous promettant toujours plus de billets plein d’amour et de sagacité !
Isabelle et Cécyle
Et la bande, bien sûr !

Note. Pour les cadeaux et les gâteaux, vous pouvez nous écrire ici.