Cliché @10

Je suis tombée (ouille !) sur un article de 20 Minutes « Paris : Suicides, accidents et punaises… Les mal-voyants de l’hôpital des Quinze-Vingts s’insurgent » le 13 février dernier qui relate la situation particulièrement précaire de déficients visuels logés (sans titre) dans la résidence Saint-Louis au sein de l’hôpital des Quinze-Vingts. Dans un premier temps, j’en souris : depuis quand les bigleux voient-ils les moisissures et les cafards ? J’ai toujours eu l’esprit assez caustique.
Quand j’arrive à la fin de l’article, j’avoue que là, les bras m’en tombent et, pour une fois, je peine à les récupérer. Je cite la conclusion de la directrice de l’hôpital face à la recrudescence des suicides et aux craintes d’expulsion : « Ils sont très craintifs. Ils ne voient rien donc ils sont dans la méfiance. Je dois donc les rassurer. »
Ben voyons ma chérie ! Les aveugles sont craintifs parce qu’ils n’y voient pas et les valides sont des imbéciles parce qu’ils y voient trop ? Ne seraient-ils pas plutôt craintifs parce qu’ils sont logés sans titre dans des conditions déplorables ? Cela me fait penser au lot de propos convenus dès qu’un SDF meurt : « le froid tue » ! Non, c’est la misère qui tue, pas le froid. Et c’est sa précarité qui rend le bigleux craintif, pas sa bigleuserie !
M’a énervée la dame ! Finalement, je vais récupérer mes bras ; cela peut être pratique pour lui expliquer la vie.

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