Gamine @18

basket-ballGrâce à un collectif assez actif, je me suis retrouvée à un entraînement de basket d’une association de filles. C’était une découverte d’une heure trente de jeu, dans un cadre loisirs et pas du tout compétition, avec un bon esprit, plusieurs débutantes et une moyenne d’âge assez proche du mien. Pour moi, c’était le premier entraînement en sport collectif. Une grande partie des filles présentes est allée boire un verre après et j’ai passé un bon moment. J’ai trouvé l’ambiance tellement sympathique que j’ai décidé d’y retourner, d’autant que le gymnase est très près d’un site où je travaille souvent.
La semaine suivante, il y avait bien moins de joueuses. Nous étions une dizaine. J’étais celle qui avait le moins d’entraînement physique et je ne m’y connais pas du tout en basket. Plusieurs filles ne voyaient pas comme un problème que je n’aies pas le même rythme et le même niveau. Pendant la plus grande partie de l’entraînement, le groupe a été plutôt ouvert, très patient, avec beaucoup de remarques et quelques explications éparses. Il me semblait y voir une volonté de m’intégrer.
Environ un quart d’heure avant la fin, j’ai évoqué que cela faisait trop d’informations nouvelles pour que je puisse les intégrer si rapidement. La meneuse du groupe a alors annoncé qu’il fallait arrêter de me donner des informations, car cela faisait trop. De fait, je n’ai plus eu le ballon non plus. À ce moment-là, j’ai senti que je l’emmerdais.
Dans les vestiaires, la coach, que je connais par ailleurs, a demandé à la fille à ma gauche si elle allait s’inscrire, puis à celle à ma droite, mais pas à moi. La meneuse, qui est aussi coach quand la première est absente, a profité d’une remarque de ma part pour enfoncer le clou. D’abord, elle a évoqué la difficulté à pouvoir intégrer quelqu’un ne connaissant pas du tout le jeu. La coach a suggéré des exercices individuels, un programme à créer et que je pourrais travailler à part. La première a fait la moue. Après quelques autres propos du même genre, elle a achevé en arguant que ce ne serait pas bon pour mon moral de ne pas avoir le même niveau que les autres.
Je suis partie en sentant combien je n’avais pas ma place dans cette petite association d’une poignée de filles, non pas à cause de toutes, mais parce que quelques-unes avaient, à l’instar de la meneuse du groupe, considéré qu’elles jouaient pour se faire plaisir sans se remettre en cause ou partager avec quelqu’une qui ne correspondait pas au groupe ou pouvait s’opposer à elle. J’en ai été blessée.
Les enjeux de pouvoir et de discrimination vont se nicher même dans une micro association de loisirs, sans compétition, à un entraînement par semaine. Pathétique.

10 réflexions sur « Gamine @18 »

  1. Cécyle

    Caddie est très fâché que l’on te maltraite ainsi ! Il va aller installer des roulettes sur les copaaaains panneaux et elles ne marqueront plus jamais de panier ! Foi de Caddie !

    Répondre
      1. vincent

        Moi aussi je suis d’accord avec Caddie ! Et c’est bien fait.
        Et petit mouton pourra échanger les balles de bascket par des balles de foot ! Comment elles regarderont !

        La compétition pour le pouvoir est partout. C’est le mauvais coté de l’humain.

        Répondre
        1. Isabelle Auteur de l’article

          Vincent, merci de votre soutien et de vos idées. Petit Mouton est prêt à sacrifier des ballons de foooooot pour leur apprendre à être aussi désagréables.
          C’est de la compétition et de l’entre-soi…

          Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.