Archives mensuelles : novembre 2016

Incyclicité @22

BagatelleUn matin en allant au travail, je vois une camionnette de laquelle un homme jette un papier par la fenêtre. Ce genre d’incivilité m’agace par son mépris pour les agents chargés du nettoyage. C’est alors que je vois sur le côté du véhicule une signalétique : « Propreté de Paris » avec le logo de la Ville. Si même les agents ne respectent pas le travail de leurs collègues, c’est désespérant.

Noël @33

Conseil d'étatJ’ai épinglé à deux reprises dans La vie en Hétéronomie des crèches de Noël installées dans des mairies, celle de Châtelaillon-Plage et celle d’Avignon tant la chose me semblait contraire au principe de laïcité. Je ne suis pas seule à le considérer même si la pensée populiste qui se développe dans notre pays aime multiplier les références aux « origines chrétiennes de la France » comme si cela allait régler la question de la paupérisation d’une partie toujours plus grande des personnes vivant sur notre sol.
Je crains que la chose ne s’arrange pas dans les semaines à venir, ce d’autant que le Conseil d’État vient de rendre un arrêt où il détaille, je cite, « les conditions de légalité de l’installation temporaire de crèches de Noël par des personnes publiques. » L’intitulé même pose la règle : les crèches ne sont pas « par nature » contraires au principe de laïcité et peuvent être installées sous certaines « conditions de légalité ».
Voici son argument principal :

« En raison de la pluralité de significations des crèches de Noël, qui présentent un caractère religieux mais sont aussi des éléments des décorations profanes installées pour les fêtes de fin d’année, le Conseil d’État juge que leur installation temporaire à l’initiative d’une personne publique, dans un emplacement public, est légale si elle présente un caractère culturel, artistique ou festif, mais non si elle exprime la reconnaissance d’un culte ou une préférence religieuse. »

« La pluralité de la signification des crèches de Noël »… Je vous laisse lire le reste des arguments du Conseil d’État (ici) qui, de fait, laisse la voie libre à l’émergence du religieux dans la sphère publique, les collectivités pouvant désormais arguer du « caractère culturel, artistique ou festif » de toute référence à la chrétienté : une messe pour des anciens combattants, un marché ou un arbre de Noël, une chasse aux œufs de Pâques, et une galette des Rois, bien sûr ! D’ici à ce que les militants contre l’avortement et la contraception distribuent librement des statues de la Vierge Marie dans les centres publics de planification familiale parce que ladite statue est un objet d’art festif, il n’y a qu’un pas que la société française est en passe de franchir, foi de canard américain ! Mais que fait-il là ? Il ouvre la voie…

 

Cliché @9

JudoUne ordonnance en poche, je me rends à la pharmacie. Mon médecin m’a alertée sur de possibles tendinites en effets secondaires du traitement donné.
Ma pharmacienne préférée n’est pas là. Je suis servie par une de ses jeunes consœurs. Elle apporte les boîtes de médicament. Je l’interroge sur les effets secondaires, sachant que les pharmaciens connaissent souvent mieux les molécules que les médecins ; normal, c’est leur métier.
Elle me met en garde contre le risque de tendinite, indiquant que l’effet est rapide là où mon médecin m’a parlé d’effet à moyen terme. Elle poursuit.
— Vous faites du sport.
— Oui, une heure par jour en moyenne.
— Il faut arrêter.
Je lui indique que c’est hors de question, que j’ai besoin de faire du sport.
— Vous faites quoi comme sport, de la marche genre nordique ?
— Du judo.
Elle baisse les yeux sur son écran, comme surprise.
— Votre ordinateur vous donne mon âge ?
— Oui.
— Eh bien à 53 ans, on peut faire du judo.
Heureusement qu’elle ne m’a pas dit aquagym, j’aurais pleuré.

Extravagance parisienne @32

VéloJ’ai décidé de vendre mon vélo pour en acheter un à assistance électrique. Un nettoyage, de l’huile dans les rouages, quelques photos et hop ! une annonce sur un fameux site d’annonces. Plusieurs personnes m’ont contactée. Le premier client potentiel à s’être manifesté m’a posé diverses questions et nous avons pris rendez-vous. Alors qu’il arrivait, je me suis dit que je l’avais déjà rencontré. Lui, m’a tout de suite demandé : vous travaillez au Louvre ?
Voilà comment j’ai vendu mon vélo à un ancien collègue croisé de temps en temps dans les couloirs et salles du plus grand musée du monde qui décidément ne me lâche pas.

Peur @10

FillonAlors, Fillon ?
Pourquoi pas, Fillon… ou Juppé, qu’importe ! Le premier est moins sympathique que le second (ce qui se discute) et moins charmeur auprès des « élites » (qui se sont encore trompées dans leurs prédictions) mais au final, les deux sont la droite française, une droite dure, réac, libérale mais républicaine, une droite qui est la seule à pouvoir « faire barrage » à l’autre droite, extrême cette fois, antirépublicaine.
J’en suis marrie, mais je ne peux que faire ce constat. La France n’a jamais été un pays ancré à gauche, et il ne faut pas oublier qu’il n’y a jamais eu de « victoire » de la gauche aux présidentielles mais bien des défaites de la droite, défaites qui ont pu intervenir dans des contextes où la gauche avait un projet politique, un candidat et un adversaire malmené par ses petits camarades de droite.
Alors oui, la droite revient, elle qui n’est jamais partie, tellement même qu’elle a réussi à infiltrer les esprits de la gauche parlementaire dont le « virage à droite » ne fait pas illusion auprès des électeurs qui veulent du dur, du tatoué (vous savez les paras ?), de LaFrance qui pue le fromage qui pue, de l’ordre (patriarcal et chrétien), des « valeurs », des privilèges et chacun chez soi.
La gauche n’a ni projet ni candidat ; la droite républicaine vient de se choisir un candidat de droite vierge de la présidence (Fillon ou Juppé) ; elle est ainsi en position de grande force sans doute au détriment de la droite extrême. J’entends de-ci de-là que certains ont nénamoins peur. Mais peur de quoi ? De la droite ? De sa « dérive à l’extrême » ? A-t-on oublié l’histoire de la droite française, du 6 février 34 à Sarkozy en passant par Pétain, De Gaulle et Chirac ? Ah ! ça, il tâtait bien le cul des vaches, Chirac, et les autres avec lui ! Mais qui étaient ses ministres ? Qui était alors député, sénateur ? Qui avait encore la main dans le Sac ? Qui étaient ses soutiens ? Quelles lois ont été votées sous son mandat ? Quels décrets sont passés comme des lettres à la poste ?
On me dira que, quand même, Juppé n’est pas soutenu par la Manif pour tous, qu’il serait plus « libéral » sur les questions de société, que la seule femme de cette primaire aujourd’hui le soutient. Oublie-t-on alors que pour gouverner il faut une majorité parlementaire (c’est encore le cas, réjouissons-nous !) et que les législatives verront sortir du bois tout ce que la droite comporte de soutiens à la Manif pour tous ? Et s’il faut être opposant à l’égalité des droits pour être homophobe, sexiste, raciste, est-on allé voir du côté des votes de Juppé député ?
Je vous laisse faire. Je crois urgent d’arrêter d’avoir peur. Tentons ensemble de construire et de vivre une pensée alternative. Qui sait, la droite sera-t-elle en position de perdre une élection plus tôt que dans cinquante ans ? Qui sait.

Extravagance parisienne @31

Le Louvre sous la neigeUn midi, j’ai rendez-vous pour déjeuner avec un ancien collègue du plus grand musée du monde. Avec Vigipirate, les accès ont un peu changé. Des grilles sont maintenant fermées. Pas convaincue, je pousse légèrement l’une d’elles, à proximité d’un accès que je connais bien, et constate qu’elle n’est pas complètement fermée. J’en déduis que mon collègue muséal pourra passer par là. J’envoie un texto à l’ami que je dois retrouver pour lui dire où je suis.
Rapidement, je reçois un texto d’une tout autre personne, qui ne travaille pas du tout au musée : « Alors comme ça on essaie de pénétrer avec effraction au musée du Louvre ? » Je regarde autour de moi, me gratte la tête, réponds. J’ai pensé au passage d’un bus, mais la coïncidence est trop belle. Pourtant, si, cette amie était dans un bus passant juste au moment où je poussais la grille. Oulalalalalaala dirait Petit Mouton.

Kendo @31

Nage noJe n’ai pas encore ma ceinture noire (les randoris, c’est ce matin !) que je fais déjà des stages pour préparer le Nage no kata dont je devrai, pour mon deuxième dan, passer les cinq séries. Serais-je si présomptueuse ?
Tout a commencé quand j’ai décidé de faire la formation pour être « assistant de club », soit professeur adjoint pour transmettre mon judo dans les meilleures conditions légales et pédagogiques. Depuis un an environ, je vais donner un coup de main à Daniel pour son cours des petits du lundi. J’y ai pris goût… Aux enfants ? Oui. Miam !
Je dois, pour cette formation, maîtriser les trois premières séries du Nage no kata que j’ai passées il y a près de deux ans. Autant dire que j’ai tout oublié ! Par ailleurs, je serai face à des partenaires qui ne savent rien de ma déficience visuelle et de mes déséquilibres. Il faut que je sois fin prête pour compenser cela. Les circonstances ont fait que j’ai ainsi participé en octobre à un premier stage de kata où sensei Romuald s’ennuyait un peu. Il m’a donc fait retravailler les trois premières séries et lors du stage du 11 novembre, montré la base des deux dernières.
Ouh là là ! aurait dit Petit Mouton s’il avait vu ça. Ça dépote ! Ce sont des sutemis (des prises en sacrifice), mes préférées puisqu’il s’agit de tomber pour faire tomber. Et comme sensei Romuald fait les chutes tout seul, en gymnaste, à chaque fois qu’il me passait au-dessus de la tête, j’éprouvais un sentiment de toute puissance qui a valu de puissants « youp-là ! » moi qui n’ai jamais réussi à pousser le fameux kiai du jujitsu.
Il faut que je me calme ! Il va s’agir de faire les choses proprement, approche, déséquilibre, poussée, faire en sorte de participer (un peu) aux chutes de sensei ! Mais avant, je passe mon premier dan… Je peux donc m’amuser un peu. Non ?
Youp-là !
(Ces deux dernières séries sont à 3:28 de la vidéo jusqu’à 5:40.)

Charité @19

Dons à une associationLe site en ligne de ma banque a changé. Une nouvelle présentation permet une navigation plus pratique. Un classement distingue des menus pour « Consulter » ou « Gérer » ses comptes. Dans « Gérer », il y a une sous-rubrique « Virements » dans laquelle je note une nouveauté : « Dons à une association ».
La première fois que je regarde, en cliquant, je tombe directement sur un formulaire prérempli pour donner à « AFM – Téléthon ». Plus récemment, je lis « Banque et Citoyenne, La Banque Postale s’associe à la démarche du Groupe La Poste et propose à l’ensemble de ses clients de « Donner en 3 clics » à partir de leur espace client personnel. Vous aussi faites un don en ligne à l’association de votre choix ! »
Très bien, je vais donc pouvoir choisir. Toutefois, le choix est orienté puisqu’il n’y a que trois possibilités : « Pièces jaunes Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France », « AFM – Téléthon » et « La Croix-Rouge française ». Trois associations reconnues et déjà bien dotées parmi des milliers d’autres. Je continuerai donc à donner selon mon (véritable) choix.

Soldes @11

MacronCe matin (mercredi 16 novembre 2016) ; France Info parlait de l’annonce de la candidature d’Emmanuel Macron à la présidentielle. Il allait le dire, c’était imminent. Ce le fut en effet et rien que ce faux suspens avait quelque chose d’affligeant. Dans une tranche « d’analyse » (désolée mais les guillemets s’imposent), un commentateur (journaliste ?) discutait avec la journaliste en plateau sur les chances de monsieur Macron, qui se présente « pour gagner » et non pour figurer. Comme les autres, non ?
Passons. Le commentateur en question s’est mis à nous expliquer que Macron était un candidat probable pour le deuxième tour, considérant que Marine Le Pen fera autour de 35 % et que le candidat le mieux placé derrière fera 20 %. Ben pardi ! Macron à 20 %. L’argument principal de ce commentateur était que Macron incarnait le mieux « la gauche ». Mais ne se déclare-t-il pas lui-même hors « la gauche » ?
Il semble que ma chère radio publique, en plus de servir la soupe (pour ce jour-là) à Macron, n’a pas retenu les leçons de l’élection de Trump ou, pire, à trop vouloir les retenir, considère le premier populiste suffisant venu comme susceptible de battre la droite parlementaire dès le premier tour. Oublie-t-elle, une fois encore, que Trump était issu de la droite parlementaire américaine ?
Mais si Macron n’est pas de gauche, alors… alors… Il n’est pas de droite non plus ! Le pôvre ! Je le place à moins de 5 % s’il arrive au bout de sa candidature, bien sûr. Et j’apprends alors que Valls va démissionner pour couper l’herbe sous le pied de Hollande ? Ouh là là ! Ça va en faire du monde à moins de 5 % ! Cela fera déjà ça de moins de campagne imbécile à rembourser !

P.-S. : Allez, pour le fun : ce matin, on a réentendu un extrait de discours de Macron, une voix enflammée, « Mon projet, c’est la France ! » Salve nourrie d’applaudissements. Dis, Manu, c’est quoi « la France » en tant que projet présidentiel ?