Archives mensuelles : juillet 2016

Chouette ! @20

SimplyLe 16 juillet dernier, j’ai fait un billet (ici) où je reproduisais un mail que j’ai envoyé à ma supérette préférée suite au malaise que j’avais ressenti lors d’un passage en caisse, un homme étant venu réclamer « un bisou » à la caissière. Dans ce courrier, j’avais juste indiqué le jour de mes commissions et mon numéro de carte cliente était en référence dans le formulaire de saisie.
Je vous livre aujourd’hui la réponse que j’ai reçue de la part du directeur du magasin concerné.

« Madame,
« Nous avons bien reçu votre e-mail en date du 29 juin dans lequel vous nous interpellez sur l’attitude déplacée d’une personne envers une de nos Hôtesses de caisse.
« Tout d’abord, je vous remercie d’avoir pris le temps de nous écrire afin de nous alerter sur votre ressenti en tant que cliente régulière ainsi que l’attention que vous portez envers le personnel du magasin.
« En ce qui concerne la scène et après explication de la personne en caisse, il s’est avéré que l’homme n’est pas une personne qui travaille dans le magasin mais un commerçant du quartier qui vient plusieurs fois par semaine.
« Afin de rétablir une situation normale, nous sommes allés le voir directement pour que ce genre d’écarts ne se reproduise pas.
« Mon équipe et moi-même vous remercions pour votre remontée qui nous permet d’avancer vers un commerce proche de nos clients mais aussi de nos collaborateurs en magasin.
« Nous vous prions d’agréer, madame Jung, nos sentiments les meilleurs. »

Je dois bien avouer que j’étais particulièrement fière à la lecture de cette réponse autant que touchée de l’attention que ce directeur a portée à mon message et aux faits qu’il rapportait. Fière parce qu’il me semble lire entre les lignes que cette attitude était récurrente chez cet homme et que j’espère qu’elle va cesser. Touchée parce que ce directeur a pris la peine d’enquêter, d’aller voir cet homme qui pourtant ne travaillait pas au magasin, soucieux de protéger son personnel.
Quoi de plus normal, me direz-vous ? Dans l’absolu, forcément. Dans la réalité du monde du travail, il me semble que cette démarche mérite des remerciements et des bravos !
Merci monsieur. Bravo !

Canette @31

RéglettesJe ne sais pas si c’est le fait d’un employé facétieux ou du hasard, mais l’alignement de ces réglettes souvenirs m’a amusée, mais plutôt d’un rire jaune : Mina – Mohamed – Marine… Un abrégé des tensions de la politique actuelle ?

Va chez l’gynéco @31

Académie de médecineLe Parisien du 23 juin 2016 proposait un article « Homme-femme : vite, des soins adaptés ! » (ici) indiquant que les traitements ont des effets différents sur les femmes et les hommes pour de simples raisons de métabolisme. L’information vient de l’Académie de médecine qui demande que soit prise en considération cette différence métabolique des sexes dans les traitements. Qui en doute ?
L’article prend clairement position avec une question tendancieuse : « La demande d’égalité hommes-femmes, pilier de l’idéologie féministe, doit-elle s’appliquer à la médecine ? » « L’idéologie féministe »… Ouh là là ! Mais de quelle égalité parle-t-on ? L’article poursuit « L’Académie de médecine va plus loin, estimant que cette abstraction des différences biologiques qui domine aujourd’hui en France dans le monde médical, influencée par des courants féministes, est devenue un problème de santé publique dont les premières victimes sont… les femmes. »
« Abstraction des différences biologiques », « influencée par des courants féministes » ? Ouh là là, là là ! On veut des noms car il y aurait là non-assistance à femmes en danger. L’article prend un exemple : « Les maladies peuvent en effet se traduire par des symptômes différents selon les sexes. C’est le cas par exemple des maladies cardiovasculaires. L’infarctus du myocarde n’est ainsi pas ressenti de la même manière. Dans près d’un cas sur deux, les femmes ne sentent pas la forte douleur dans la poitrine, caractéristique de la crise cardiaque chez l’homme. Pour elles, les signes passent souvent inaperçus (nausées, douleurs dans le bas-ventre…). Le diagnostic est du coup plus tardif. » Et l’égalité des droits revendiquée par les féministes serait responsable de ce mauvais diagnostic ?
Il me semble que l’Académie de médecine se moque du monde : à ma connaissance, c’est la domination masculine qui néglige la santé des femmes depuis des siècles et non les revendications d’égalité qui touchent d’ailleurs la santé : nous savons toutes combien les pathologies « féminines » sont négligées, l’endométriose, par exemple ; nous savons aussi combien les mouvements féministes ont toujours été impliqués dans la santé des femmes, son accès « à égalité » et à des traitements adaptés.
Ah ! L’Académie de médecine, Christian, Emmanuel Alain, Daniel, Jean-François, Jacques… Un conseil d’administration pour La Barbe !

 

À table ! @29

Attaque de bestioles !Aurais-je attrapé la varicelle à mon âge ? Malheur… Mais non ! J’ai seulement servi de délice gastronomique à quelques bestioles. On dit que l’air de Paris est pollué, donc il doit y avoir un bon taux de gaz carbonique dans mon sang. Autant j’ai pris plaisir à être à la campagne pour m’éloigner de la pollution urbaine, autant mes cellules sanguines intoxiquées ont bien plu à tout ce qui peut piquer dans les environs de ma villégiature de Touraine.
Je ne peux pas être méchante, ces bestioles sont forcément des copaiiiines de Petit Mouton. Alors je ne peux que leur souhaiter « Bon appétit ! »

Jardinage @12

NoixJe suis allée avec Isabelle rendre une petite visite de courtoisie au tournoi des Dégommeuses, Foot for freedom. Au retour, nous avons remonté à pied la rue de Belleville depuis la porte des Lilas. Un instant, Isabelle m’arrête pour me montrer un petit jardin partagé qui héberge une poule. Elle connaît notre projet d’installer un poulailler dans notre jardin, projet en suspens car nous craignons qu’elles ne se fassent manger par les rats nombreux dans le square.
Des personnes sont présentes. Elles nous font visiter et Isabelle découvre qu’elle peut y déposer ses déchets verts pour alimenter le compost. Mais la dame insiste :
— Pas d’oignons ni de poireau, c’est vermifuge !
Je suis surprise, Françoise n’a rien dit de tel pour le nôtre. Isabelle prend en photo l’ensemble des recommandations et l’on découvre plus tard qu’il ne faut pas mettre non plus de noix et autres coques. Moi qui en mets tous les jours, fière de donner un peu de matière sèche au compost… Je demande à Françoise ce qu’il en est.
— Pour les oignons, tu mets la pelure jaune. C’est en effet vermifuge mais tout dépend de la quantité. Les poireaux, je n’ai pas entendu dire. Quant aux noix, c’est vrai que c’est long à se décomposer. À la campagne, je les mets. Là, il faudrait les broyer. Mais t’inquiète, quand on tamise le compost, on enlève.
Bigre, broyer les coques de noix ?
Je tente avec le casse-noix. Cela ne fonctionne guère. Un marteau ? Je vais abîmer mon plan de travail… J’ouvre le tiroir à ustensiles et là apparaît le presse-ail qui sert peu vu que je coupe mon ail au couteau.
— Coucou !
Je tente. Cela marche très bien ! Et me voilà tous les matins passer au presse-ail les coques des deux noix qui participent à mon petit-déjeuner. Mais jusqu’où ira mon désir de vivre en harmonie avec mes principes ? Suspens.

Note. Je profite de l’occasion pour faire une annonce. Nous cherchons pour le jardin un broyeur de végétaux mécanique (et non électrique, à cause du bruit et de Fessenheim), transportable en remorque de vélo (pour le prêter aux autres jardins de l’arrondissement). Si vous avez une idée de où trouver ça, ou des plans pour le construire, on prend ! Merci.

 

Pucer @22

Fan zone Euro 2016 avec Gilles RondyLes supporters des équipes de l’Euro 2016 n’étaient pas que dans les stades, mais aussi dans des fan zones. La plus importante était à Paris, sur le Champ de Mars. Je me dois d’admettre que j’y suis allée. Cela ne signifie en rien que j’ai vu un match, je n’ai aperçu que des bribes d’images.
Le motif était de passer un bon moment avec mes petits camarades associatifs. Eh ! oui, c’était à l’invitation de Paris 2018 qui, grâce à la Ville de Paris, avait obtenu la jouissance du Pavillon de Paris de la fan zone pour y organiser des rencontres avec les bénévoles, les soutiens (comme Gilles Rondy sur la photo) ou les partenaires de l’association organisatrice des 10e Gay Games.
Je me suis donc rendue un samedi après-midi au Champ de Mars. Après avoir eu un peu de mal à trouver l’entrée, un certain nombre de rues étant bloquées, j’ai passé les filtrages de sécurité. Au premier, une policière nationale a effectué une fouille de sac, moyennement poussée. Au second, un agent de sécurité a procédé à un contrôle visuel du même sac, pas plus poussé, sauf pour me dire qu’il était interdit d’avoir une bouteille d’eau. Au troisième, des agents étaient chargés de la palpation de sécurité.
À mon arrivée à ce contrôle, une dame assez âgée (au bas mot plus de 70 ans), menue et maigre, clame qu’elle refuse le contrôle. Elle ne veut pas être touchée, hurlant à plusieurs reprises « C’est indécent ! » en marchant dans les premiers mètres après le filtrage qu’elle avait semble-t-il passé sans encombre.
Arrive mon tour juste après deux hommes devant moi. Je me retrouve face à un agent qui me demande « Vous êtes une femme ? » À l’affirmative, je changer de file pour être palpée par une femme. D’ailleurs, pourquoi n’avais-je pas d’emblée sauté sur l’occasion ? Le foot, ça fait faire n’importe quoi !
La vieille dame refuse toujours d’être touchée. Les agents qui expliquent qu’alors, elle ne peut pas rentrer sur la zone, dans laquelle soit dit en passant, elle est déjà entrée, montrant qu’il est possible de se glisser hors des mailles du filet sans être franchement arrêté en amont.
Bref, elle s’égosille que c’est déjà scandaleux que son quartier va être envahi pendant un mois, alors cette indécence, non ! Le temps que je passe moi-même au contrôle, les agents arrivent à lui faire admettre qu’elle doit s’y soumettre en écartant les bras devant une des jeunes femmes présentes, sinon elle devra sortir. Elle se résigne « D’accord, mais vite ! » en serrant les coudes près de sa poitrine. Je ne suis pas restée pour la suite des aventures, car je pense que le sketch a encore duré un moment.
Indécent ? Peut-être, sans doute à l’aune de l’indécence des fortunes dépensées pour le football professionnel.

Caprice @4

Gymanse de la PlaineJ’ai participé, cette année, à quatre tournois de judo côté organisation. À chaque fois, les arbitres, les commissaires sportifs et les personnes en charge de la coordination sportive se sont plaints de l’attitude des parents des enfants compétiteurs. Une bonne part d’entre eux, loin de se plier aux consignes de rester loin des tatamis pour ne pas perturber la compétition, se pressaient autant qu’ils le pouvaient autour des tables d’arbitrage, se bousculant, appelant leurs enfants pour un bisou, les encourageant sans mesure, invectivant pour certains les arbitres.
Lors du dernier de ces tournois, la configuration du gymnase se prêtait à ce que les parents ne puissent investir l’espace sportif, l’accès à celui-ci à partir des tribunes se faisant par une issue unique. Il fallait simplement que quelqu’un se poste là et joue au méchant organisateur. Je m’y suis collée, j’aime bien rabrouer les gens !
Il y a ceux qui ont tenté la finesse, prenant par la main leur futur champion de judo « pour l’accompagner à la pesée, madame. », ceux qui guettaient mon départ en passant la tête à travers la porte sortant des tribunes, ceux qui l’ont joué « Mon enfant est en danger. », forcément « Il a soif. », ceux qui ont tenté la force en me bousculant ou l’esquive en me passant dans le dos, ceux qui faisait leur pleureuse « Il est si loin… », ceux qui ont invoqué le contre-jour qui n’était pas compatible avec les photos, ceux qui ont osé la menace « À la piscine, ils ont interdit l’accès aux parents, plus personne ne vient ! », ceux qui ont fait vibrer la corde du malheur infantile « Son petit frère ne voit pas bien. », ceux qui ont argué « Je ne ferai pas de bruit » ou objecté que « Tout à l’heure, quelqu’un était là. »…
J’ai repoussé chaque assaut, avec le sourire et quelques arguments parfois choc (« — Vous voulez qu’il meurt de soif ; — Oui monsieur. »), le parent le plus violent ayant son enfant inscrit dans mon club. Il est revenu plusieurs fois à la charge jusqu’à ce que je dégaine « Comment voulez-vous que votre enfant respecte la règle si vous-même ne la respectez pas ? »
Et toc !

Pédé ! @9

Premiere versionPour l’Euro 2016, le ministère de l’Intérieur a édité des recommandations intitulées « Bien se comporter au sein et aux abords des stades ». Elles étaient englobées dans une présentation plus globale de conseils et recommandations pour « Assister aux matchs de l’Euro 2016 en toute sécurité ».
Pour des questions de sécurité donc, il était conseillé, dans une première version, de « Ne pas tenir de propos politiques, idéologiques, injurieux, racistes ou xénophobes ». Outre l’amalgame étonnant entre des propos de natures si variées, beaucoup se sont insurgés que l’État incite ainsi à taire des opinions politiques. D’ailleurs, être supporter, dans une compétition où s’affrontent des équipes nationales, n’est-ce pas exprimer une idéologie nationaliste bien que minimale ? Et comment ne pas s’étonner que les pouvoirs publics recommandent de ne pas tenir des propos tombant par ailleurs sous le coup de la loi ?
Bien-se-comporter-au-sein-et-aux-abords-des-stades_largeur_760Bref, plusieurs polémiques plus tard, une seconde version a vu le jour. Il y était alors recommandé de « Ne pas exprimer ou diffuser des messages injurieux, racistes ou xénophobes, sexistes ou religieux » avec un astérisque renvoyant à la mention « Règlement du stade pour l’UEAF EURO 2016 TM ». Les propos se sont transformés en messages, peut-être pour englober les textos et courriels. Mais, la liste s’est bien modifiée, et contient toujours des propos punis par la loi. Oh ! tiens d’ailleurs les propos sexistes, qui sont légalement répréhensibles eux aussi, sont mentionnés. Même s’il n’y a pas de femmes sur le terrain, c’est que le ministère s’est rendu compte qu’il pouvait y en avoir dans les tribunes, bravo !
Seul « religieux » n’est pas un message puni par la loi. Le terme s’est glissé là par crainte du prosélytisme sans doute, car sinon l’expression d’un message religieux sans caractère raciste, xénophobe, sexiste ou d’appel à la haine est libre, car garantie par le principe même de laïcité. J’en profite : joyeux Noël !
De ce que je connais des ambiances de supporters, il y a un « oubli » de taille : les messages homophobes. Pourtant, ils sont aussi punis par la loi. Est-ce que parce qu’il est considéré qu’ils peuvent être exprimés et diffusés en toute sécurité dans un stade ? Sont-ils si consensuels, même pour le ministère de l’Intérieur ?

Pauvres chéris @6

SimplyJ’ai fait le courrier suivant à une de mes supérettes préférées vingt-quatre heures après « les faits ». Je ne pouvais vraiment pas laisser passer.

« Madame, monsieur,
« Alors que je passais en caisse du Simply market de la rue d’Alésia (75014) mardi 27 juin 2016 en journée, la caissière s’est vu réclamer avec ténacité « un bisou » par un employé de sexe masculin venu exprès faire sa demande. Devant le refus de celle-ci, il a insisté, posant ses mains au niveau de ses épaules, argué je ne sais plus quoi (genre « pour avoir ceci, il faut un bisou ») et est finalement reparti sans son « bisou ».
« Je dois vous avouer que j’ai assez mal vécu cette scène, sans savoir comment intervenir. L’attitude de ce jeune homme n’était pas « joueuse », mais constituait clairement un acte de harcèlement auquel la jeune femme à la caisse a su se dérober, sans doute aidée en cela par le fait qu’elle était en poste. Que se serait-il passé dans un bureau, dans une réserve, dans un coin reculé du magasin ?
« Je l’ignore mais souhaitais porter ces faits à votre connaissance en espérant que vous en profiterez pour rappeler à votre personnel que le harcèlement est un délit, un « bisou » usurpé par le chantage et l’approche physique en étant par nature constitutif.
« En vous remerciant de l’attention que vous porterez à mon courrier,
« Bonne journée à vous. »

Je vous dirai bien sûr si j’ai une réponse.