Archives mensuelles : avril 2016

Indignés @8

1094-cecyle— C’est la Luuuuteeeeeuh finaaaaaleeeeeuh ! Groupons-nououous et deeeeemaiaiain ! L’Hétéroooonooomiiiiieeeeeuh seraaaa le genre humainainain !
— T’es sûre que ça va Cocotte ?
— Pourquoi non, Petit Koala ?
— Tu nous avais habitués à des chants plus… moins… comment dire ?
— Aaaah ! Ça ira, ça iraaaah ! Les macronstocrates à la lanterneuh !
— Ben non, Cocotte. On ne peut pas publier ça !
— S’il te plaît, Petit Koala ! C’est la grève générale au moins jusqu’à dimanche ?
— Quatre jours ?
— C’est mon amie albinos qui a décrété ça et les sœurs sont d’accord !
— Euh… Vraiment, Cocotte ?
— Quand nous chanterons, le temps des canuts, nous serons tout nus ! Tous nus ! Hue hue !
— J’suis pas sûr que ce soient les bonnes paroles…
— Je les tiens de Robert en personne !
— Dans ce cas…
— Tu publies la grève générale, alors, Petit Koala ? Rien pendant quatre jours. Même que ça fera plaisir à la Principalate, tu verras !
— Si tu’l’dis. Au moins, Petit Mouton sera tristoune d’être privé de foooot.
— Más pequeña derrota ovejas siguen unidos !
— Repose-toi, Cocotte, tu m’inquiètes…
— Jésus m’a tuer ! Viva la libertad !
— Viva ! Cocotte. Viva !

Bigleuse @68

Accces plusLa SNCF m’a fait rire, l’autre jour !
J’avais dix minutes à perdre du côté de la gare Montparnasse. Je décide de me prendre un café à emporter. J’entre dans le hall et remarque une borne que je ne connais pas. Je m’arrête. C’est quelque chose que je fais souvent, prendre le temps d’examiner les choses inconnues, les identifier, évaluer le fonctionnement si cela présente un intérêt pour moi ; en cas de nécessité, je gagne du temps.
La borne, donc. Elle est l’équivalent de ce que l’on trouve depuis longtemps aux aéroports franciliens d’ADP et permet aux personnes en situation de handicap d’appeler le service d’accompagnement, « Accès plus » pour la SNCF. Voilà qui est intéressant, même si je sais où est leur bureau d’accueil. J’appuie sur l’écran pour étudier le fonctionnement. Quelque chose s’écrit ; je me baisse pour lire…
En bleu clair : « le service accueil de la gare est à votre disposition ».
En jaune : « Appuyez sur le bouton situé sous l’écran pour contacter le service accueil ».
Le « bouton sous l’écran » ? Je relève le nez, il y a en effet un gros bouton mécanique qui clignote en vert.
J’arrête là mon expérimentation. Quid d’une version sonore ? Et comment trouver la borne d’ailleurs ? J’oubliais ; les aveugles n’ont-ils pas des dons divinatoires ? Essentiels pour prendre le train !

Déo @18

Guerilla marketing...À l’occasion d’une discussion, j’ai découvert la « guérilla marketing ». Cette expression cache une pratique que son défenseur a devant moi qualifiée de « transgressive ». Il s’agit de publicités placardées sciemment sur des murs interdits à l’affichage. Pour autant, ce sont des groupes et des agences publicitaires qui sont derrière. Outre la récupération à bon compte de pratiques amateurs ou politiques de l’affichage sauvage, c’est un détournement (sans impôts ni taxes) des voies d’affichage autorisé et payant.
Comme si Paris n’était pas déjà envahie par les publicités…

Charité @18

secour catholiqueUn ami de ma-Jeanine est en situation de grande précarité. Après avoir été expulsé de son logement dans le 16e, il est hébergé sans quittance par une dame de ses connaissances dans un logement insalubre qu’il va devoir quitter. Son dossier de demande de logement social est ouvert mais je cherche à lui faire rencontrer une assistante sociale pour faire le point de sa situation et l’aider dans ses démarches (il lit et écrit avec difficulté).
Les mairies du 16e et de son hébergement actuel considèrent que ce n’est pas de leur ressort. Il y a été plusieurs fois, sans succès. J’ai fini par appeler Emmaüs Île-de-France qui m’a donné le téléphone d’un centre pour SDF et m’a raccroché au nez. Je me suis rabattue sur le Secours catholique. Là, une dame m’a écoutée, donné des conseils, un lieu où il peut rencontrer quelqu’un qui l’aidera et, au moment de raccrocher, me dit :
— Merci de ce que vous faites pour lui.
J’en suis restée interdite. Un signe de la Cocotte ? Pour sûr !

Intox @8

Le pape à lesbos— Oyé ! Oyé ! La Cène reprend avec le pape en gouine et douze apôtres !
— Non, Cocotte, à Lesbos, on ne trouve plus de Gomorrhéennes, mais des réfugiés syriens. Il en a r’mené au Vatican pour les sauver d’la misère et montrer la voie d’la bonté au monde.
— Douze, Petit Koala, comme une boîte d’œufs de Pâques et les douze travaux de Petit Mouton.
— Oooooonzeeee Cocotte pouuuur le fooooot !
— Ah ? On élimine d’emblée Juda au foooot ?
— Ouiiiii ! C’eeest l’aaamouuur Cocotte.
— Comme le pape avec ces réfugiés. Un beau geste humanitaire, genre preuve d’amour universel et tout. T’crois pas Cocotte ?
— Dans tes fesses l’amour universel ! Petit Koala.
— Cocotte !
— Il aaaa uneee éeeetiqueette leeee paaape ?
— Cela s’appelle une tiare, Petit Mouton.
— Tiare-toi d’là, le pape à bulle !
— Bidibulle, t’es làààààà ?
— À piètre pape, bulle pourpre point ! Hi hi !
— Tuuuu diiiis quoooiii Cocotte ?
—  Je t’expliquerai, Petit Mouton. Viens, on va laisser la Cocotte se reposer. Trop de foooot tue le foooot.
— Bisooousfoooot !
— À bientôt les amis ! Je vous laisse ; je dois téléphoner au pape.
— Au revoir, Cocotte. Repose-toi bien !

Fenêtres @14

ChaudièreMa chaudière a donc été changée. L’opération, à ma plus grande surprise, s’est fort bien passée. Mon passif avec le chauffagiste en contrat avec mon bailleur est lourd, avec comme point commun une suffisance machiste constante de la part des ouvriers qui défilent chez moi depuis les vingt ans que j’y habite. Pourtant, ce matin d’avril, dès qu’ils ont franchi le seuil de ma porte (ils étaient deux), j’ai senti que ce serait différent.
La conversation a commencé avec le plus petit des deux, que j’ai pris pour le « chef », l’autre ne décrochant pas un mot. Le petit est parti très vite, faisant de nombreux aller-retour pendant que le grand se mettait au travail. Au fil du temps (trois heures et demie au final), j’ai compris que c’était lui le chef mais qu’il avait un trouble du langage qui rendait la compréhension de ce qu’il disait assez difficile. On aurait pu croire, si l’on avait l’oreille distraite et le cliché facile, qu’il s’agissait d’un étranger parlant peu le français, ou d’un déficient mental bien attaqué du langage.
Son collègue, lui, avait l’habitude, mais de temps à autre disait d’un ton calme, « Je ne comprends pas. » Et petit à petit, il me parlait de plus en plus, allant jusqu’à m’expliquer lui-même le fonctionnement de la chaudière. Par habitude, j’ai décliné en expliquant que je voyais mal et que mon gardien avait l’habitude de m’expliquer sans que je ne voie. Il n’a pas insisté, comme si cela ne l’étonnait pas.
Il était l’heure de se quitter ; je lui ai donné 5 euros en l’invitant à partager avec son collègue (qui rédigeait le bon d’intervention). Et je les ai remerciés tous les deux en leur indiquant que c’était la première fois que les ouvriers du chauffagiste étaient agréables. Le grand m’a demandé pourquoi.
— Ils se prennent pour les rois du chauffage et moi, ils me prennent pour une ménagère blonde.
Ils ont ri tous les deux ; le petit a ajouté.
— C’est comme ça.
Aurions-nous été victime de la même suffisance, eux parce que l’un d’eux a un trouble du langage qui appelle moqueries et discriminations et moi parce que je suis une ménagère blonde de plus de cinquante ans bigleuse ? Évidemment.
Cela s’appelle la convergence des luttes !

Croissance @7

Sac jaune et grisJe viens d’acheter un sac gris et jaune que je trouve très joli dans un magasin. Assise dans la navette qui va me ramener à Paris, j’ai encore un quart d’heure devant moi. M’apercevant que le sac est un peu sale à un endroit, j’hésite à aller l’échanger. Finalement, je ne prends pas le risque de devoir attendre la navette suivante, une heure après.
À la maison, le sac a été lavé sans problème. Le lendemain, je l’ai pris pour sortir. En une journée, il a été baptisé, maintenant il est sale à plusieurs endroits. Ça au moins, c’est normal, c’est sa vie de sac plus neuf et son destin est d’être relavé, en espérant que la saleté parte…

Extravagance parisienne @25

PraguesLes messages de prévention « attentat » se multiplient dans le métro. On demande notamment aux voyageurs de « signaler aux agents RATP tout objet abandonné, situation anormale ou comportement inhabituel ». Je m’interroge.
Un « Objet abandonné », ce doit être un objet qui semble ne pas avoir de propriétaire, genre coquillage et crustacé.
Une « Situation anormale » ; c’est déjà plus compliqué. Je cite Antidote.

« Qui dévie de la norme, irrégulier, atypique. Développement anormal.
« par extension – Insolite, incongru. Une lueur, une peur anormale. »

Comme des militaires en armes qui se promènent par grappes de trois ou quatre dans les couloirs du métro ? Comme des messages anxiogènes à visée préventive diffusés dans les haut-parleurs ? Comme des contrôles au faciès et les discriminations qui s’en ensuivent ? Comme l’état d’urgence ? Comme… Passons.
Et un « Comportement inhabituel » ? Ouille.
En ce moment, je travaille les douze techniques d’attaque du jujitsu sur les quais en attendant mes métros. Déplacements. Esquives. Atemi. Tai sabaki… Dois-je craindre le signalement ? Et quand je mange une endive coupée en quatre dans le sens de la longueur ? D’après mes judokas, c’est très inhabituel comme façon de manger les endives. Moi, j’adore. Et c’est mon habitude… celle qui nous « joue des tours, nous qui croyons que notre amour, avait une santé de fer » [Maxime Le Forrestier, La rouille].
Le contrôle social, c’est pareil, la liberté allant si mal avec les fers !

Note. La photo a été prise devant l’aéroport de Prague en… avril 1996. Le plus surprenant est que l’on m’ait laissée prendre l’avion.

Écrivaine @25

ChaudièreCe matin d’avril, je suis devant mon ordinateur et je tourne en rond. Je regarde les choses que j’ai prévu de faire : un peu de code pour mon site ; et ? Les mises à jour pour les trois prochaines semaines sont prêtes. Le manuscrit des Fragments d’un discours politique (ici) a été envoyé à vingt-six éditeurs. La nouvelle en [e-criture] d’avril () est prête ; j’ai déjà le thème de celle de mai. J’ai éclusé les mails en retard. Que faire ? Un billet en Hétéronomie ? Ce que je. Et après ?
Je peux m’occuper, bien sûr ; me poser ; lire. Mais de cela, je ne suis capable que si j’ai un « projet en cours », quelque chose dans lequel je m’investisse, qui fasse déborder mon temps de travail et me donne le sentiment d’être à la bourre. J’ai ça, bien sûr ; mais pour le coup, il s’agit d’un « gros morceau », Kito Katoka. Ce serait bien que je m’y remette. Le sujet, non lesbien, risque d’être plus facile à « caser » que les autres manuscrits qui attendent leur tour (lala).
Il est 11 h 15, déjà. Le chauffagiste s’active dans ma cuisine pour m’installer une nouvelle chaudière. Il en a sans doute pour une bonne demi-heure. Ensuite, il faudra que je donne un gros coup de serpillière. Je dois aller faire mes courses, aussi. Demain matin, j’ai kiné tôt, samedi, centre social, dimanche, tournoi de judo, lundi… D’ordinaire, je cumule toutes ces activités avec mon écriture, sans souci. Là, je voudrais m’assurer d’avoir du temps devant moi pour essayer d’avancer sur plusieurs semaines sans trop être interrompue. Hormis un week-end bébés chats dans le 19e et un autre Bidibulle dans le 20e, mon prochain voyage est prévu en novembre…
Qu’est-ce qui me retient, alors ?
La peur.
Peur de quoi ? De la page blanche, la fameuse ?
Non, je ne crois pas. Je n’ai jamais vraiment « séché » devant une page à écrire.
Peur de ce que ce roman, à l’instar de tous les autres, révèle mon inconscient dans l’écriture et m’oblige à le regarder en face.
Peur de moi ?
Exactement.

Chouette @18

Tour MontparnassePour mes activités associatives, j’ai cherché des photos d’illustration autour des thèmes de Paris, ses équipements, le sport… Un matin, j’avais rendez-vous avec le responsable de la photothèque d’une direction de la Ville. Nous avons passé en revue ses photos, qu’il avait toutes prises.
Nous n’avons pas trouvé tout ce dont j’avais besoin, mais la pêche était bonne avec de très belles photos. Pendant tout ce temps, nous avons discuté de son travail, du mien, du projet auquel je participe sur mon temps libre… Une belle rencontre.

Note. C’est Petit Koala qui met en ligne mes billets en ce moment. Il est assez facétieux côté illustrations !