Archives mensuelles : mars 2016

Jardinage @9

Tomatier fois deuxJe crois que j’ai un ticket avec les tomatiers !
Vous vous souvenez, de la saga de Tomatier qui a occupé ma cuisine près d’un an, donnant en plein hiver de belles tomates ? Eh bien, après que j’aie dû le rendre au compost du jardin partagé (ici), ma jardinière a passé un peu de temps au jardin, sa terre a été changée et Françoise l’a garnie de six pieds de fraisiers ().
Nous sommes quelques mois plus tard. Un des six fraisiers résiste et semble voué à jouir du printemps. Basilic, replanté là dans l’hiver, est bien mal en point. Mais qui vient là ? Tomatier ? Mieux ! Tomatier-fois-deux !
C’est le plombier qui l’a vu le premier ; puis je l’ai reconnu à l’odeur de ses feuilles. Depuis, il grandit, il grandit ! J’ai décidé de ne pas lui mettre de tuteur et de le laisser courir au gré de sa fantaisie. Je vais demander à Françoise de passer le voir et lui mettre un peu de terre. Pour une fois que j’ai un ticket, il faut que j’en prenne soin !

 

Aïe ! @16

L'est pas beau mon pouce ?Petit 6, mon téléphone, a une aide à la rédaction des messages et propose donc des choix lorsque l’on tape les premières lettres d’un mot. Pour mon prénom, à partir de « Is » , j’avais comme choix central « Israélien » . Depuis quelques jours, ce choix est « Islamiste » . Le premier ne me réjouissait pas, mais le second m’afflige complètement.
Vivement que Petit Koala explique à Petit 6 qu’il y a des choses qui ne se font pas.

Réclamation @68

ColisÀ propos de colis (la loi des séries), j’en ai reçu un par La Poste, cette fois, particulièrement défoncé. Je me suis tournée vers mon site marchand qui m’a conseillé de faire une réclamation.
Sur le site de La Poste, un formulaire. La case « Colis endommagé » n’existe pas. Je ne peux ainsi que déclarer un colis non livré, livré en retard, un avis d’échéance perdu, etc. « Autre réclamation » n’existe pas non plus.
J’opte pour « colis non livré » et indique en commentaire que mon colis a été livré mais en piteux état. Je reçois un mail deux jours plus tard indiquant que ma réclamation va être traitée. Deux jours encore passent : c’est un samedi matin, on sonne à ma porte ; c’est le livreur de colis. Il me demande aussitôt si le colis a été livré, je réponds oui et il commence alors à me dire que « ce n’est pas bien » (c’est son expression) de réclamer alors que le colis est arrivé.
Je lui explique que j’ai bien indiqué dans ma réclamation que le colis était arrivé et que je ne suis pas responsable du fait que La Poste ne me permet pas de dire qu’il est endommagé ; je lui montre la photo du colis. Il a cette fois un air embarrassé. Il regarde le papier qu’il a à la main et lit à haute voix mon commentaire de réclamation. À l’évidence (et à son débit de lecture), il ne l’avait pas encore lu.
— Mais pourquoi vous avez coché que le colis n’était pas livré ? Ce n’est pas bien. Il y a des caméras. On peut vérifier.
Je souris.
— Parce que je n’ai pas eu le choix. Il n’y a pas de case pour « colis endommagé ».
Il regarde encore son papier.
— Non.
— Vous trouvez ça normal ?
On finit par s’excuser tous les deux du dérangement, moi lui promettant d’aller à La Poste avec mon colis si cela se reproduit, lui me promettant de ne plus mettre de colis abîmé dans ma boîte.
Cela dit, c’est la deuxième fois que La Poste envoie chez moi l’agent en charge de livrer et que ma réclamation incrimine. Une nouvelle politique visant à responsabiliser les agents ? Je ne sais pas mais je trouve très agréable de pouvoir s’expliquer directement. Gageons que nos colis se perdent moins et arrivent en meilleur état !

Vroum @10

Je vais déposer un colis dans une auPoint relaisto-école qui fait office de « Point relais ». Je connais l’endroit. À gauche en entrant, un bureau qui s’occupe de l’auto-école ; à droite, un comptoir pour les colis.
Un homme et une femme sont assis à la table quand j’entre ; l’homme se lève.
— C’est pour un colis ?
J’opine. Il se dirige vers le comptoir. Je l’interroge.
— J’ai un look à ne pas passer le permis ?
— Tout le monde peut le passer.
— Je ne vois pas.
Il lève les bras au ciel.
— Si vous saviez le nombre de gens qui ont vingt sur vingt de vue et regardent dans des œillères [Il joint le geste à la parole en plaçant ses mains verticalement à l’extérieur de ses yeux.]
— Je ne vois vraiment pas beaucoup. Je suis malvoyante.
— Venez essayer !
— Ce serait hors-la-loi.
Il soupire.
— La loi…

Extravagance parisienne @24

Espace vert intergénérationnelEn me promenant dans le 3e arrondissement de Paris, je suis tombée sur un affichage municipal présentant une réunion publique d’aménagement d’un jardin. Il est indiqué « Un nouvel espace vert intergénérationnel dans le 3e ! » C’est formidable !
Reste que je me demande encore ce qu’est un espace vert intergénérationnel. Dans les parcs où il y a des aires de jeux pour enfants, il peut y avoir des bancs pour les vieux. Dans les cimetières, il n’y a pas forcément que des vieux, même si on y voit rarement des enfants.
Les dessins ne m’ont pas beaucoup aidée : des outils et équipements de jardinage, des légumes, un livre et une plante. Bref, ça fleure bon le jardin partagé. Peut-être est-ce cela l’intergénérationnel ? Faut que je demande à Cécyle qui s’y connait dans le domaine…

Caviardage @8

Rheims 1Je suis allée à La Maison européenne de la photographie (Mep) avec une amie voir l’expo Bettina Rheims. L’expo occupe toute la Mep. Au premier, un espace est consacré à une série de photographies qui parlent de pornographie. Des femmes y sont représentées dans des postures qui évoquent cette représentation sexualisée si chère à la domination masculine (ci-contre). Cela ne me choque pas ; la pornographie peut me poser un problème politique ; sa représentation artistique appartient à la liberté de création.
Et personne, je suppose, ne contestera à Bettina Rheims d’avoir réalisé des œuvres de création. La qualité de son travail, pour sûr. Le privilège de la notoriété, également.
Tout au fond de la salle, nous remarquons une personne sortir d’un recoin. L’amie qui m’accompagne m’y entraîne. On passe une sorte de chicane, avec un mur qui empêche de voir de l’extérieur l’intérieur de cette petite salle où sont exposées quelques photos qui représentent des cunnilinctus entre deux femmes. Contrairement aux autres photos de cette série, elles n’ont rien de « pornographique », considérant que toute représentation du corps nu et des corps nus dans l’acte sexuel n’est pas forcément pornographique.
La différence ? À mon sens le désir que le photographe cherche ou non à solliciter. Là, on ne ressent aucune visée excitante. Et pourtant, ces photos sont cachées, mises au placard presque tant il ne manque qu’une porte pour que l’espace d’exposition en soit un. L’amie qui m’accompagne fréquente la Mep plus souvent que moi ; elle m’assure ne jamais avoir vu une telle mise au coin.
Je m’interroge. Qu’est-ce qui a fait la différence ? Le fait que l’acte soit consommé ? Je n’y crois pas une seconde. Une couple hétéro dans la même posture, ou même un couple de garçons, aurait sans doute été mis un peu à part, mais pas planqué comme cela. Des preuves ? Je n’en ai pas ; aucune autre photographie ne représentait deux personnes en train de pratiquer un acte sexuel. Et je ne peux pas parler de censure car ces photographies sont montrées, même si elles le sont a minima.

Rheims-2Rheims 3
Je conclurai donc juste que la Mep a un douloureux problème avec les femmes et les lesbiennes. Gageons qu’elle se trouve un bon thérapeute.

Adieux… @22

MamanLe 21 mars, c’est le jour du printemps. Pour moi, en tous les cas, c’est le 21 mars. Parfois, le calendrier en décide autrement et ça tombe le 20 mars, comme cette année, par exemple. C’est un truc d’équinoxe. Bref, foin de ces questions pratiques, le printemps c’est le bonheur du renouveau, des hibernateurs qui sortent le nez de leur tanière, les fleurs, le soleil et tout et tout !…
Pour moi, le printemps marque une année de plus à ajouter à celles passées sans ma mère. En 2016, cela fait dix-huit ans. Une plaie toujours vive. Et une leçon sur la vie toujours forte.
Le printemps, un jour où se rappeler l’amour et l’importance de la vie. Un jour fooooot comme le dirait Petit Mouton. Alors, hop ! Ballon !

Couple @10

FragmentsUne amie m’a parlé, l’autre jour, sur un ton très naturel, d’un « dîner à quatre copines (deux couples) » qu’elle avait organisé, évoquant une des conversations de la soirée. De manière très inattendue, j’ai senti aussitôt un pincement au cœur, voire un peu de ressentiment à l’égard de cette amie, blessée voire jalouse de ne pas en avoir été.
« En être de quoi ? » s’emballe aussitôt mon Surmoi, toujours en veille. Je ne suis pas « en couple », n’aspire pas à l’être (au moins pas sous la forme couramment entendue) et j’ai toujours eu une sainte horreur des « dîners » même entre amies. Je trouve l’exercice convenu et le dernier auquel j’ai participé m’a coûté ces fameuses vacances à l’origine de mes Fragments d’un discours politique. Ce texte est-il une raison suffisante de regretter de ne pas pas fréquenter les dîners ?
J’en ai discuté avec Isabelle, souhaitant comprendre ma réaction. Elle m’a confirmé, surprise également, que depuis qu’elle me connaît, j’ai toujours fui les dîners autant que l’idée d’être « en couple ». Alors ? Alors ? J’y réfléchis depuis et me demande si cet épisode n’est finalement pas la mise en lumière de la solitude que j’exprimais dans mon premier billet sur ce fameux voyage, solitude aussi incontournable qu’excluante.
Je n’ai pas envie de m’exclure du monde. Et pourtant j’en suis en grande part exclue par les choix politiques que j’ai faits, notamment dans mes pratiques sociales. C’est bien fait pour moi ? Je n’ai pas envie de cette conclusion-là.

 

Chouette @17

Avec calendrier de Petit Scarabée— Qu’est-ce qu’on est gâtééééé !
— Yep ! Not’ Cécylou nous a offert un beau cadeau. On est fier de not’ Petit Scarabée. Et plus, y a son sensei à côté. Que du bon.
— Ou*iiii*, on va r*eeeee*ster sur m*aaaaa*rs toute l’ann*ééééé*e !!!
— On va suuuur maaaars ?
— Non, Petit Mouton, on reste sur la page du mois de mars du calendrier, mais c’est tout comme un voyage intersidéral. Avec Petit Scarabée, c’est comme avec Copain Mouton, on a des étoiles plein les yeux.
— C’est fooooot !!!

Calendrier

Paris @34

Venne à vêtementsJe rentre de ma balade quotidienne par une rue à forte circulation automobile. Nous sommes un vendredi. Il est 16 heures 30. Le trottoir est large. Sans y avoir foule, des personnes y circulent en permanence.
J’arrive non loin d’un passage piétonnier qui me permet de rentrer en évitant trois cents mètres d’automobiles. Une benne à vêtements est là. C’est celle que d’ordinaire j’utilise. Ce n’est pas le modèle avec un gros rouleau horizontal à logements où l’on dépose un sac avant de l’activer avec une large poignée ; là, on pose son sac dans l’ouverture à droite ou à gauche du centre, on pousse un peu, et il tombe directement à l’intérieur en passant par le centre.
Deux femmes marchent devant moi. Elles sont accompagnées d’un enfant. Elles s’arrêtent devant la benne. Quelque chose m’intrigue, je ne sais quoi. Je ralentis. La plus âgée des femmes attrape l’enfant par la taille. Elle le soulève. Je m’arrête. Il engage sa tête par l’ouverture. Il se contorsionne. Son corps est déjà à moitié à l’intérieur. Je suis sidérée.
Que faire ? Je ne sais pas. La scène m’est difficile. Je rentre chez moi. J’en parle le soir avec des voisines et les correspondants de nuit. Appeler la police ? Les correspondants de nuit y sont favorables, me suggérant aussi de les appeler eux. Je préfère. Ce qui m’importe, c’est la protection de l’enfant. Un article de MetroNews (ici), lui, s’intéresse plus au « vol ». Le mot ne me serait même pas venu à l’esprit. Je ne suis pas allée au bout de mon envie d’ingérence humanitaire pour ces personnes qui font les poubelles (). Je manque de courage, parfois. J’en suis marrie.
Et cette question : l’enfant est-il ressorti de là indemne ? Physiquement, sans doute. Pour le reste… On ne sort pas indemne de la misère, quand on en sort. J’enrage.