Archives mensuelles : décembre 2015

Chouette ! @15

Judoka Petit Mouton— Ooooooh ! Ouiiiii ! Petit Scarabée va yyyyyyy si t’as enviiiiie !!!!
— Petit Mouton, j’précise pour tout le monde : Petit Scarabée, on s’ra avec toi pour les randoris. Tu l’sais, on n’lâche rien. Même si c’est pour 2017, toute la bande s’ra au bord du tatami pour t’encourager.
— Ouiiiii, Petit Koala, c’est exaaaaactement çaaaaa.

Sainte Marie Joseph @15

Nage noJ’ai reçu il y a quelques jours le compte rendu d’hospitalisation de Sainte Marie Joseph. Je ne m’y attendais pas. J’en suis d’autant plus touchée qu’il est circonstancié et fait cinq pages. Je n’y ai pas relevé de choses qui m’ont étonnée, il y est grosso modo dit ce que chaque praticien qui m’a suivie m’a dit oralement.
Je relève au passage…
« Déficience visuelle sévère » ; l’expression ne m’est pas habituelle, elle me surprend. Mais c’est vrai que ma défiance visuelle est parfois sévère avec moi. Avec tout le soin que je prends d’elle ! Ce n’est pas très gentil de sa part.
Par contre, je trouve que la psychométricienne qui m’a suivie en locomotion a été moins sévère dans son évaluation qu’elle ne l’a été en direct. Après avoir considéré que je suis « très précipitée pour effectuer [mes] traversées alors que [ma] vision de loin ne [me] garantit pas une traversée en sécurité », ce qui n’étonne personne à part moi qui reste convaincue de voir ce qui est nécessaire, elle indique que je me suis montré « motivée et à l’écoute des différents conseils ». C’est vrai que je l’étais, depuis, je crains d’avoir repris mes postures de précipitation.
Ma psychométricienne préférée a un bilan très sobre qui m’invite à rester à l’écoute de mon corps, tout en suggérant la nécessité d’une nouvelle prise en charge en psychomotricité. Qu’est-ce que je suis d’accord avec ça, un récent souci de vertige suite à un méchant coup sur la tête ayant remis mes équilibres hors service. Je reprends les choses en main en douceur mais un peu d’aide serait la bienvenue. Sainte Marie Joseph va-t-elle venir à mon secours ?
Pour une nouvelle admission, que le chef de service envisage dans sa conclusion, il me faudrait suivre deux spécialités. Les comptes rendus de l’ergothérapeute, de l’opticienne, du psychologue et de l’orthopédiste n’indiquent pas de suite possible. Reste la kinésithérapie pour laquelle j’ai une jolie prescription de l’ORL qui m’a remise debout. Mais la kinésithérapie n’est pas au menu de la réadaptation que propose Sainte Mairie Joseph. Le serpent se mord une nouvelle fois la queue. Je ne lâche pas l’affaire. J’aimerais quand même bien les passer ces foutus randoris ! Objectif 2016 ? Il y a déjà le jujitsu et la technique. Jamais deux sans trois ?

Corps @16

IRMEn raison de sensations de vertiges et de maux de tête qui m’ont fait découvrir ce que sont des migraines, j’ai passé une IRM cérébrale. Dans le couloir où on attend, une médecin appelle quelqu’un de façon peu distincte et sans sortir de la pièce où elle se trouve. Personne ne se lève et le nom pourrait être le mien (une nouvelle fois) mal prononcé. Je me présente et sans avoir le temps de demander la confirmation du nom, elle m’annonce « Je voulais vous rassurer sur le résultat… »
C’était très gentil, mais je n’avais pas encore passé l’examen. De fait, la méprise a été vite clarifiée, car, non, je n’avais pas en face de moi Mme Irma, médium hospitalière.
Je suis retournée m’inquiéter sur ma chaise. Peu après, le patient concerné a pu être rassuré. Il était parti faire un tour, m’en jouant un par la même occasion.

Corps @15

Pas sur la boucheQuelques jours avant ses vacances, je suis allée porter ses étrennes à mon gardien. Chaque année, il m’embrasse à cette occasion, en me demandant la permission. J’accepte toujours très volontiers ; il fait partie de ces hommes dont j’apprécie le charme. Le reste de l’année, on se serre plutôt la main, sauf dans les grandes occasions (la mort de ma-Jeanine, par exemple, le Nouvel An, un anniversaire). J’aime que nous gardions nos distances même si nos relations sont toujours chaleureuses. Je n’oublie pas qu’il représente mon bailleur.
Le lendemain, en rentrant de dérouler, je le croise. Il sort les poubelles. D’ordinaire, il retire un gant pour me serrer la main. Là…
— Je vous embrasse, madame Djung.
Je me laisse faire avec un sourire, prenant conscience un peu tard que je suis trempée de sueur et que je ne dois pas sentir très bon même si, à manger peu de viande, j’ai remarqué que ma sueur en devient sucrée.
— Excusez-moi, je ne dois pas sentir très bon… J’espère que ce n’est pas pire que vos poubelles.
— Oh ! mes poubelles, je n’ai pas à me plaindre.
Comment je dois le prendre ?
En remontant chez moi, je me rends compte que des relents de son après-rasage se sont déposés sur mes joues. Le temps de ma gym, l’odeur persiste. Quand je pense que je suis lesbienne justement pour ne pas devoir supporter les effluves d’après-rasage… Ah ! l’essence de fille. Inégalable !

Noël @30

AnniversaireJeudi 24, j’ai eu un cadeau ! Pour Noël ? Avec un jour d’avance ? « Oulalalala ! » pourrait dire Petit Mouton. Mais non, rassurez-vous, aucune tradition mise à mal ainsi, Jésus ne va pas avoir à se retourner dans sa mangeoire. Enfin, pas à cause de moi.
C’était un cadeau d’anniversaire ! De mon trébonziversaire du mois de novembre. Le cadeau était depuis ce grand événement sur une étagère, dans son joli papier, et l’occasion a été donnée de me l’offrir. J’ai été touchée de cadeau différé. Un livre aimé de celle qui me l’offre, la découverte d’un auteur, que du bonheur, bien mieux que la magie de Noël.

Ils @10

Carte électoraleQuand je suis allée voter le 6 décembre, j’ai présenté comme à chaque fois ma carte électorale à la table de décharge, celle où l’on récupère bulletins et enveloppe.
— Vous avez une pièce d’identité ?
— Oui.
— Vous pouvez me la donner ?
— Non. Je la réserve au président du bureau de vote.
Et c’est là que les ennuis ont commencé.
Je vous passe les détails mais je me suis heurtée à un mur de mauvaise information formé par les trois employés à la table de décharges, n’ai dû qu’à un moment de confusion de récupérer une enveloppe, puis à un autre mur de bêtise sécuritaire cette fois à la table de vote de la part du président (socialiste) du bureau et son assesseur (EELV). Ce même assesseur, que j’ai croisé deux jours plus tard, a été jusqu’à évoquer le nécessaire port de « gilet pare-balles » dans le bureau de vote. C’est dire !
Le mardi, j’ai écrit à la maire du 14e et au secrétaire général de la mairie pour leur indiquer ces mauvaises manières contraires à la Circulaire du 20 décembre 2007 sur le déroulement des opérations électorales des élections au suffrage universel direct reprise ici.
Le dimanche 13, je suis allée voter sans avoir obtenu de réponse de leur part. Pierre m’a accompagnée ; j’avais besoin d’un témoin. Même dialogue d’entrée mais cette fois, pas de confusion. Après quelques échanges, le jeune homme responsable de la table de décharge a appelé la mairie. Il a suffi qu’il dise « J’ai devant moi une dame qui me présente une circulaire de 2007… » pour qu’il soit interrompu par son interlocuteur, le secrétaire général adjoint de la mairie du 14e, et après quelques secondes d’écoute attentive me donne une enveloppe pour voter.
Ce jeune homme a ensuite très consciencieusement demandé à son interlocuteur ce qu’il devait faire avec les autres électeurs. Je n’ai pas entendu la réponse donnée mais Pierre, resté près de la table de décharge le temps que j’aille dans l’isoloir, m’a indiqué qu’aucune consigne n’a été donnée à la deuxième personne à la table de décharge et que les contrôles de l’identité des électeurs ont continué comme si de rien n’était. À la table de vote, l’accesseur (la même personne que la semaine précédente) qui tenait l’urne et à qui j’ai signalé l’incident a de nouveau témoigné son ahurissement devant le fait qu’un contrôle d’identité n’est pas nécessaire à la table de décharge. Le président du bureau était absent.
Pierre m’a fait remarquer une fois que nous sommes sortis combien il avait senti « un conflit de genre » ; il connaît très bien le secrétaire général adjoint, l’avait signifié au jeune homme qui tenait la table de décharge et ses quelques interventions d’homme à homme ont en effet permis à chaque fois de franchir un cap dans la conciliation. De ce sexisme ordinaire, je n’ai aucune preuve. Je n’en ai donc pas fait état au secrétaire général de la Ville et au juge d’instance que j’ai saisi trois jours après le second tour pour signaler ces manquements répétés à la loi. Et si ces deux-là ne répondent pas, j’écrirai au Conseil d’État, juge de l’élection. Il me devient totalement insupportable que ces personnes censées faire appliquer la loi restent indifférentes aux personnes leur signalant les manquements de leurs propres services. Mes droits sont imprescriptibles, qu’on se le dise !

Extravagance parisienne @21

Logo handicapFin novembre, j’ai reçu l’appel d’une société mandatée par mon bailleur pour effectuer un « diagnostic accessibilité » du local que notre amicale de locataires gère. Rendez-vous est pris pour le mardi 1er décembre, 15 heures.
À 15 heures 10, personne n’est là. J’appelle le numéro que j’avais pris soin de demander, « au cas où ». C’est un standard. Le visiteur doit me rappeler ; je vais faire quelques courses, le local étant occupé par une association qui saura l’accueillir s’il arrive avant mon retour. À 15 h 35, il appelle, m’indique que l’on avait rendez-vous à 15 heurs 30 ; ce à quoi je réponds 15 heures, précisant que si c’était 15 heures 30, il aurait déjà cinq minutes de retard.
Il arrive au local à 45. Je le laisse entre les mains d’une locataire ; j’ai à faire.
Une semaine plus tard, je reçois l’appel d’une société mandatée par mon bailleur pour effectuer un « diagnostic accessibilité » du local que notre amicale de locataires gère. Je réponds que le diagnostic a été fait le 1er. Mon interlocuteur est surpris. Il me demande par qui. Je n’ai pas noté. Nous raccrochons.
Une semaine passe encore et je reçois l’appel d’une société mandatée par mon bailleur pour effectuer un « diagnostic accessibilité » du local que notre amicale de locataires gère… Une femme. Elle s’excuse d’emblée pour le nombre d’appels que j’ai sans doute reçus et m’indique qu’elle est devant le local. Je lui réponds que le diagnostic a été fait. Mon interlocutrice est surprise. Elle me demande par qui, etc.
Combien vais-je encore recevoir d’appels ?
Je regrette de ne pas avoir noté le nom de la première société pour trouver quelle serait la bonne hypothèse : soit mon bailleur a lancé plusieurs sociétés qui se tirent la bourre sur le même marché ; soit la même société est très mal organisée, ou fait travailler des indépendants qui se tirent la bourre…
Soit ? Allez savoir.

Objectivement @29

Mon genou gaucheAprès l’achat, la livraison… Le vendeur en faisant la commande nous avait indiqué qu’il n’y avait pas le choix pour la date. C’était le lundi 14 décembre, entre 9 heures et 18 heures. Pour un créneau plus réduit, il fallait payer le double de la livraison. Comme je devais travailler ce jour-là, Cécyle s’était proposée pour être présente. Elle viendrait le dimanche soir, dormirait à la maison et partirait après la livraison.
Le jeudi, nous recevons des messages indiquant qu’il faut se rendre sur un site dont le lien est fourni par la société de livraison pour « choisir » sa date de livraison. Je me connecte et il y a bien le choix entre différentes dates. Le hic est qu’il n’y a pas du tout le lundi 14. Le choix est possible entre les autres jours de la semaine, du mardi 15 au vendredi 18. Comme j’avais pris bien avant un jour de congé le vendredi, j’opte donc pour le 18, entre 8 heures et 17 heures 30.
Il était aussi bien indiqué sur le site du vendeur que la livraison se ferait uniquement en bas de l’immeuble et que le chauffeur pouvait demander de l’aide pour descendre le matériel du camion. Cécyle puis moi étions préparées à une participation active à cette réception. J’avais mesuré le volume utile de l’ascenseur pour savoir comment faire tenir le paquet et envisagé d’avoir à monter les éléments séparément dans des sacs.
Toutefois, le site du livreur m’avait demandé le code de l’immeuble et l’étage. Et, ô ! surprise, la livraison a bien eu lieu à l’étage, jusque dans l’entrée de mon appartement.
C’était toujours mieux dans ce sens-là plutôt que la mauvaise surprise de dernière minute. Me voilà donc avec un beau vélo d’appartement pour faire de l’exercice et effecteur du « polissage cartilagineux » du genou comme le dit si bien mon rhumatologue.

Charité @17

TelethonJe n’aurais jamais cru un jour utiliser l’argument du blasphème pour m’indigner, ce d’autant que je défends le « droit au blasphème » à l’instar de l’Observatoire de la liberté de création (ici, par exemple). Mais trop, c’est trop ! Ma tour a été agressée, dénaturée, violentée, humiliée par les tenants de la charité privée sur fond de culpabilité et d’économie du handicap, instrumentalisés par une agence publicitaire, sans doute.
Regardez par vous-même ! N’est-ce pas là une atteinte à la triangulation tant le Téléthon est un piège à biftons qui n’a rien changé à la vie quotidienne des personnes handicapée depuis 1987 ? Normal ! Une fois l’an, quinze jours avant Noël, chacun se dédouane de son douloureux rapport en handicap en « finançant la recherche » sur fond d’images d’enfants en souffrance.
Voilà, c’est dit. Je n’aime pas ce grand moment de charité organisée, je n’aime pas que les pouvoirs publics délèguent la recherche fondamentale au bon vouloir d’associations dont les choix scientifiques sont forcément arbitraires, je n’aime pas que la représentation télévisée du handicap se limite à des « petits gn’enfants qui vont mourir », je n’aime pas que la vie quotidienne et la recherche appliquée soient reléguées à des questions secondaires. Et que l’on se serve de ma tour pour tout ça, ça me… ça me…
— Tranquille !
Oui, ma tour. Tranquille.

 

Objectivement @28

Ligne d'arrivéeCécyle et moi sommes dans un magasin de sport pour l’achat d’un équipement pour lequel j’ai besoin de conseils. Nous arrivons à trouver un vendeur. Très sûr de lui, il me répond avec un sourire un peu ironique des platitudes comme « Plus c’est cher, mieux c’est. » sans un quelconque argument ou sans chercher à m’aider dans mon choix. Il nous fait l’effet d’un macho séducteur nous prenant pour des idiotes. Je le laisse partir, car je n’arrive pas à obtenir une information utile.
Nous regardons toujours les modèles et leur fiche technique et un autre vendeur arrive. Il est précis, prend le temps d’expliquer et nous conseille de façon pertinente. Je me décide pour un des modèles haut de gamme, sur lequel il y a une grosse promotion. Le vendeur m’offre un accessoire et nous finalisons la vente.
Le premier vendeur revient et s’aperçoit que le second a conclu la vente. Sur le ton de l’humour, il s’immisce dans notre conversation en lançant que son collègue est le meilleur d’entre d’eux. Il a cessé de la ramener quand je lui ai répondu que j’étais entièrement d’accord.
En sortant, Cécyle et moi sommes tombées d’accord que ce vendeur a sans nul doute été fort désappointé que nous ne succombions pas à son charme viril et ne cherchions qu’à avoir des renseignements sur les produits. Dommage qu’il ne considère pas que la compétence a son charme.