Bateau @8

Running trackEn plus de lire Despentes avec Petit Mouton et Petit Koala au bord de la piscine (ici), et de savourer aujourd’hui tout ce que ce bateau a pu déclencher en moi de réflexions politiques libertaires que je formalise avec beaucoup de plaisir dans mes Fragments d’un discours politique toujours en cours d’écriture, je dois accorder à cette centrale thermique flottante de m’avoir permis de dérouler sur sa « running track », piste de course, en français.
Il s’agissait d’un anneau d’une bonne centaine de mètres (treize tours étaient nécessaires pour couvrir un mile) surplombant la piscine… et la mer. Surtout la mer ! J’avais emporté mes affaires de course, espérant pouvoir utiliser cet équipement en dépit de la chaleur de cet août méditerranéen. 25° avant le lever du jour, à 6 heures. C’était déjà au-delà de ma limite habituelle, mon albinisme contraignant quelque peu la gestion de ma température intérieure. Mon dépit général était tel que je devais le tenter.
Comment dire alors mon plaisir ? La piste était trempée à mon arrivée, la nuit plus tout à fait noire. Au fil de mes tours, le jour se levait jusqu’à ce que le soleil apparaisse à l’horizon. Il n’y était pas et hop ! D’un coup, il y était. Il ne faut pas rater l’instant, il est si fugace. À une exception près, j’ai eu ce plaisir chaque matin, tournant avec la régularité d’une horloge entre quarante minutes et une heure, selon les jours, éprouvant parfois le roulis, luttant aussi contre le vent (mauvais du libéralisme ambiant ?)
C’est cher payé (je parle d’emprunte écologique et d’exploitation des personnes) l’heure de plaisir, mais au moins, j’aurai su le prendre. Il m’en reste celui du déroulé au lever du jour, avec d’autres périls, cette fois (). Et de ma seconde séance de sport quotidienne (il fallait bien ça !), en salle climatisée, cette fois, je garde le plaisir du rameur, appareil que je ne connaissais pas. Il m’a menée à entrer dans une petite salle de sport près de chez moi et à me renseigner sur les prix, qui n’étaient pas dissuasifs. Avant de partir, j’ai demandé au monsieur qui m’a reçue.
— Cela pose un problème si je suis malvoyante ?
— La dame qui est à l’entrée l’est aussi.
Chouette ! Une affaire à suivre…

Coucher de soleil 1Coucher de soleil 2

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