Archives mensuelles : novembre 2015

Réclamation @64

RosanaJe suis allée faire mes commissions le 10 novembre avec l’idée, entre autres, de ramener de l’eau riche en magnésium pour nourrir mes muscles endoloris. À l’endroit de mon eau préférée, je remarque une étiquette indiquant « 1 pack acheté, 1 pack offert ». Chouette ! Je prends le pack devant moi et constate qu’il est tout seul…
Je cherche une employée du magasin et en trouve une qui range des boîtes de chocolat devant les caisses ; je lui explique mon problème.
— Il faut revenir demain !
— Demain, c’est le 11 novembre. Je chante la Marseillaise en l’honneur des poilus. Je ne fais pas de commissions.
Je la sens un peu dubitative. Elle m’a identifiée comme emmerdeuse ; c’est parfait ; j’ai du temps ; je réclame une seconde fois mon pack d’eau.
— Il n’y en a plus. Cet après-midi !
— C’est maintenant que je fais mes courses. Une étiquette indique une promotion. La loi exige que je puisse en bénéficier.
Elle décide d’appeler sa cheffe. Elle se saisit du téléphone, explique, raccroche et me dit que l’eau n’a pas été livrée.
— J’ai déjà un pack pourtant ?
Elle bafouille. Je l’invite à dire à sa cheffe que je souhaite lui parler. Elle reprend le téléphone. La cheffe sort aussitôt du bureau sis à cinq ou six mètres de là. Nous allons ensemble jusqu’au rayon.
— En effet, il n’y en a plus.
— Il faut enlever l’étiquette alors, c’est de la publicité mensongère.
— Il est indiqué « Dans la limite des stocks disponibles ».
— Vous êtes sûre ?
Elle rit.
— Avec des clients comme vous, on y fait attention. Je vais voir s’il y en a en réserve.
Elle retourne dans son bureau, revient, me dit qu’elle va en chercher à la réserve. J’attends. Cinq minutes passent. Une employée vient vérifier que ce sont bien des bouteilles d’un litre. Cinq minutes encore. Je hèle une employée, lui explique la situation. Elle va voir et me promet de revenir. Elle fait quelques pas et tombe nez à nez avec la cheffe qui pousse un caddie avec une vingtaine de packs d’eau. Je plaisante sur le fait que je craignais qu’elle ne m’ait oubliée.
— Il faut se plaindre au monte-charge ; il n’est pas rapide !
On rit encore. Je repars avec mon pack d’eau gratuit. 3,30 euros. Un quart d’heure. 13,20 euros de l’heure, net, non imposable. C’est bien payé, finalement, de réclamer ! Et mes muscles sont si contents !

Souvenirs @7

StarmaniaJ’ai redécouvert récemment Starmania. Créé en 1978, le coffret du spectacle enregistré et le double album en studio sont moult fois passés sous le diamant de l’électrophone puis de la platine disque. Il y a quelques semaines, j’ai acheté leur version numérique.
Aujourd’hui, l’histoire est frappante : un milliardaire se lance dans la course politique pour devenir président de l’Occident, et courtise une actrice pour s’afficher avec elle devant les caméras ; la présentatrice vedette présente une émission de la télé-réalité… Il y est question d’amour, de politique, de terrorisme, d’écologie. De nombreux morceaux n’ont pas perdu une ride, pardon pas un sillon.

Bigleuse @63

MDA14De temps à autre, il me prend de signaler aux pages Facebook dont je suis l’actualité à partir de la mienne que publier une information (invitation à une manifestation principalement) sous forme d’image (et non de texte) est un choix de communication qui exclut les déficients visuels et les aveugles. Un choix ? J’exagère sans doute tant les personnes qui connaissent le fonctionnement des outils de lecture des déficients visuels et aveugles sont rares (gestions des polices, des couleurs, des contrastes et des espacements pour les uns ; vocalisation ou lecteurs braille pour les autres). Un choix, tout de même car il me semble que ne pas s’en préoccuper ne relève pas de la seule ignorance mais aussi d’une forme de mépris.
Mépris ? « Sentiment causé par le fait de considérer qu’une personne n’a pas de valeur et qu’on ne doit pas y faire attention. » [Antidote] N’est-ce pas ce sentiment, sans doute inconscient, qui s’exprime quand, par exemple, la Maison des associations de mon arrondissement communique par images brutes et non par texte, considérant ainsi que les déficients visuels et les aveugles n’ont pas assez de « valeur » pour que l’on « y fasse attention » ?
C’est en tout cas comme cela que je le ressens et, ce jour-là, j’ai écrit sur la page Facebook de la Maison des associations de mon arrondissement « Je regrette que la MDA14 choisisse de communiquer en publiant une image, excluant ainsi les aveugles et déficients visuels qui n’ont accès qu’au texte. Est-il si difficile de recopier ? » Le lendemain, j’ai eu la surprise de voir mon commentaire supprimé et l’image visée assortie de sa traduction en texte. Toujours sur sa page Facebook, la MDA a également modifié d’autres publications pour y ajouter du texte, ajoutant désormais systématiquement du texte.
Bingo ! Voilà une bonne chose de faite. Je remarque néanmoins que la Maison des associations de mon arrondissement a supprimé mon commentaire plutôt que d’y répondre ; ce n’est guère très honorable et signe, à mon sens, de la culpabilité éprouvée par la personne qui tient cette page ; cela va si bien avec le flagrant délit de mépris.
Et puisque cela marche, je vous invite à inonder les publications qui ne comportent qu’une image, non légendée ou non assortie d’un texte qui retranscrit au moins l’essentiel du message avec mon petit laïus, ou un autre plus à votre goût. Un buzz est si vite arrivé ! À vos marques ! Prêts ? Partez !

Féminité @6

lait bébéAu fil des photos que je publie, je sais que vous vous demandez comment je fais pour avoir une peau aussi lisse et jeune à 52 ans. Il y a l’albinisme, bien sûr, qui rend fondamentalement beau. Ce n’est malheureusement pas donné à tout le monde de porter ce bienfait génétique. Restent alors les conseils de beauté.
Depuis des années, matin et soir, je nettoie mon visage à l’eau chaude sans savon. Une fois séchée, je l’enduis d’une crème de jour le matin, d’une crème de nuit le soir. Ces crèmes, quand leurs vertus font l’objet de spots publicitaires, sont vendues à vil prix. Et vous savez mon aversion pour la vilenie commerciale !
J’achète donc mes crèmes en promotion, ou en marque de distributeur, considérant que Que Choisir constate souvent que le prix ne fait pas la qualité et que seule la variété nous prémunit des toxiques qu’elles contiennent toutes. Pour l’été, j’utilise un après-solaire pour le corps ; un truc d’albinos pour se refaire une peau de nacre après un peu trop de soleil. Le prix est cette fois compensé par la quantité vu que le tube dure bien au-delà de la saison estivale. Ça me va.
Lors d’un récent achat de crème de jour, je suis tombée sur une crème hydratante pour bébé en promotion très bon marché. Si cela hydrate la peau d’un bébé, la mienne devrait s’en satisfaire ? J’utilise cette crème depuis quelques jours. Elle hydrate en effet très bien mais a un effet secondaire inattendu : je sens les fesses de bébé !
La première fois, je dois avouer que j’ai été surprise et qu’il m’a fallu une bonne minute pour identifier l’odeur. Depuis, chaque matin, le phénomène olfactif se répète. Mes joues sentent le popotin de nourrisson ! Et mes fesses, me direz-vous, que sentent-elles ? Je reste à la crème nourrissante effet soie qui rend les femmes plus belles qu’elles ne le pensent. Je ne voudrais pas me les faire croquer par une femme en mal d’enfant ! Elle serait tellement déçue quand elle constatera que je suis sevrée et que j’ai déjà fait mes dents !

Réclamation @63

SimplyMi-octobre, j’ai fait de grosses courses dans un supermarché un samedi. Passée en caisse vers 15 heures 40, la livraison était prévue vers 19 heures 40. Passée l’heure limite, j’ai pensé à un retard lié aux embouteillages ou à la difficulté d’une livraison précédente. Toutefois, vers 20 heures 30, j’ai appelé le magasin. Après plusieurs échanges et des recherches là-bas, il s’avère que le chariot avec mes courses a été oublié dans le réfrigérateur et tous les livreurs sont partis… Le bordereau de livraison se serait envolé et serait introuvable.
Grâce au numéro de ticket de caisse, l’employée a retrouvé mon chariot. Bien ennuyée, elle a cherché une solution… Elle en arrive à me proposer de m’apporter elle-même la livraison, à pied. J’ai refusé, car il était hors de question de lui faire porter les kilos que je me refuse de monter le long de la rue de Ménilmontant.
Nous convenons d’un rendez-vous le lundi en fin de journée, à une heure qui m’arrange. Du fait de ce report imprévu, j’ai dû faire des courses le dimanche pour pouvoir manger des produits frais. J’ai écrit une réclamation au directeur du supermarché. Trois semaines plus tard, je n’avais toujours aucune réponse.

Ils @9

Préfecture de police de ParisLes quelques fois où je me suis rendue dans un commissariat pour déposer devant un officier de police judiciaire (OPJ), dont la dernière, j’ai été surprise par trois choses.
Le décor d’abord. Les bureaux où j’ai été entendue avaient tous en commun d’être « décorés » au goût des policiers les occupant, je suppose. Le dernier en date arborait un magnifique drapeau français de bien 1,50 mètre de long, un autre du PSG du même gabarit et diverses représentations d’écussons en format A4 que je n’ai su identifier. La police nationale n’a-t-elle pas un devoir de neutralité, même en matière de football ? Quant au drapeau tricolore, même s’il ne me pose aucun problème, je lui ai trouvé, de par sa taille, un côté bien provocateur.
La confidentialité. Il ne m’est jamais arrivé de déposer seule dans un bureau. À chaque fois, à une autre table, un autre policier entendait une autre personne. Mes « affaires » ne touchaient jamais mon intimité, mais parfois celles d’autres personnes, ma-Jeanine, par exemple. Et pour ma dernière visite au commissariat du 14e arrondissement, l’homme qui déposait au bureau d’à côté proférait des propos aussi réacs que racistes. J’en étais contrariée, et presque gênée pour le policier prenant sa déposition. Et je n’avais ni envie de l’entendre, ni envie qu’il entende mes soucis numériques.
La longueur du procès-verbal. Pendant l’heure qu’a duré ma déposition, l’OPJ n’a pas cessé de taper au clavier. Au final, ma déposition faisait dix lignes, ne reprenant pas grand-chose des informations que j’avais données. Qu’a-t-il donc écrit pendant cette heure ? Où ? Cette impression qu’une partie des informations données n’atterrissent pas dans le P.-V., je l’ai eue à chacune de mes dépositions, longueur du P.-V. à l’appui.
Conclusion ? Y a-t-il un OPJ dans nos hétéronautes ? Je suis preneuse de son avis sur ces questions. Merci !

Charlie @11

Soupe au pistonEt voilà, il faut encore que je sauve les meubles alors que je suis en route pour la Suisse ! Heureusement, Petit Koala a tout pris en note sous la dictée et arrange la publication. Sans ça, ce blogue qui manque déjà de tenue en dépit des efforts de Petit Mouton et Petit Koala aurait été au bord du chaos !
Car vous l’avez remarqué, la Principalate a encore disparu ! Et vous pouvez me dire où elle est ? Ne réfléchissez pas, je le sais et je vais justement vous le dire. Ces attaques du 13 novembre ont des conséquences que vous n’imaginez pas ! Notre Principalate a été sur le pont dès cette funeste nuit et a de trop grosses journées de travail depuis.
Pensez ! Jeudi soir, elle a été contrainte de dîner d’un kebab sans viande (elle n’en mange plus) acheté en rentrant à 23 heures ! C’est une honte ! Si tous nos fonctionnaires sont ainsi mal nourris, l’état d’urgence sera inutile. Ils vont tous tomber d’inanition !
Alors, si vous habitez dans l’Est parisien et pouvez livrer soupes et crudités à la Principalate au moins le temps que je suis en Suisse, vous rassureriez Petit Mouton.
— Meeeerciiiii Cocotte !
C’est normal, Petit Mouton.
Je vous mets ma soupe au pistou en exemple ; mais vous pouvez faire simple, une soupe passée de légumes, un velouté de potimarron… du frais, s’il vous plaît !

Régis @20

SoleilCe matin (vendredi 6 novembre), au premier passage à mon point de triangulation, le Soleil m’a envoyé un petit rayon dans l’œil. Ma dernière boucle terminée, je m’installe au point de triangulation et entame mon salut. Le Soleil avait disparu. J’exécute mon rituel puis m’adresse à lui ; même quand je ne le vois pas, je sais qu’il n’est pas loin. A-t-il décidé de se remettre au lit ? Serait-il souffrant ?
Il me répond sitôt qu’il va bien ; il a juste un rencart avec une petite qui lui tourne autour depuis longtemps. Le coquin ! Il y en a un sacré nombre de petites qui lui tournent autour ! Je lui souhaite bon rencart et finis mon déroulé, avec cette idée de petites qui tournent autour.
Je ne sais pas comment fait le Soleil pour s’organiser des rencarts (il ne me dit pas tout) mais, si j’étais à sa place, il est certain que je m’amuserais beaucoup de voir toutes ces petites me tourner autour. Le hiatus ne vient-il pas toujours du moment où l’on décide de rompre la révolution et de se donner rencart ?
La parabole me fait rire depuis ce matin, moi l’albinos qui prends inspiration du Soleil ! Là, il est de nouveau reparti mais, entre temps, il était revenu pendant ma gym et m’a cligné de l’œil avec tant d’amour dans le rayon. Sacré Soleil ! Écoutez-le, il a toujours plein de choses à nous dire.

Kendo @20

Kata GurumaAu retour des vacances de la Toussaint, j’ai (enfin) pu parler avec sensei Romuald de mes larmes de judoka (rien à voir avec les crocodiles, bien sûr ; au judo, pas le droit de mordre ni de faire sac à main !) J’ai commencé par le jujitsu et ses douze techniques d’attaque. Avec Hervé, nous étions arrivés à la conclusion que si les gestes commencent à rentrer, je suis encore loin de leur maîtrise et du kime qui va avec. Les quatre semaines qui nous séparent du passage ne vont pas suffire. Je vais donc travailler jusqu’au prochain passage, en mai, et travaillerai en parallèle la technique avec Jean-Michel. J’ai six mois, cela devrait le faire.
Sensei Romuald a un peu tiqué mais entendu que je n’étais pas prête et que ce n’était là que reculer pour mieux passer. J’en suis alors venue aux randoris. Je lui ai dit que je ne les passerai pas invoquant mes déséquilibres avant toute action concrète, exemples à l’appui. J’ai évoqué mon sentiment d’impuissance, mes blessures (narcissiques), mon sentiment d’être dans une impasse. J’ai ajouté que s’il m’en coûtait ma ceinture noire, ce n’était pas grave, que mon plaisir au travail avec lui, Hervé et Jean-Michel, et Daniel aussi, partenaire d’exercice de luxe, sur les autres épreuves n’avait pas de prix ni d’autre récompense que ma fierté et mon plaisir.
Sans chercher à me rassurer par une parole creuse, il a tout de suite confirmé mes déséquilibres, arguant qu’ils n’étaient pas forcément tous de nature à me faire tomber si je ne les craignais pas et si je les utilisais. Il a ajouté qu’il allait me faire travailler mes prises en déplacement de manière à trouver la parade pour chacune, qu’il y avait une parade, que j’allais devoir bosser, mais qu’il allait me donner les clés. Là, il a dit.
— Tu me fais confiance ?
Tu parles si je te fais confiance, sensei Romuald ! Sans toi, j’en serais encore à tout ignorer du plaisir de la chute avant !
Il m’a ensuite prévenue qu’il ne faudrait pas que je sois surprise s’il me demandait de faire des prises à brûle-pourpoint et a conclu que j’aurai ma ceinture noire. Il a dit ça avec une telle assurance ! Et il est tellement fort ! Et beau ! Et… Je l’aime, vous comprenez ? Un mec pareil !
Allez, pour le plaisir… Hajime !

Charlie @10

Salut les Hétéronautes !
Avec tout ce qui nous s’coue de ces derniers jours, on prend tous les bisous et câlins et l’amour possible, pour mieux en donner encore. V’la que Maxou-les-bisous nous en envoie de sa campagne. Une vrai copaiiiin comme dirait mon copain Petit Mouton. Ça fait chaud au cœur. Merci Maxou, toute la bande t’remercie.