Objectivement @25

BalyatteDans l’appartement que nous occupions à Athènes avec Isabelle, il y avait une petite balayette et sa pelle dans les quelques ustensiles de ménage à notre disposition. Elle était assez sale et nous ne l’avons pas utilisée. Mais elle avait un petit quelque chose d’attachant.
À l’occasion de commissions dans un supermarché, nous avons vu ses copines balayettes et leur pelle suspendues à une tige métallique. Je ne me souviens pas de leur prix, mais il était dérisoire (moins de deux euros). Nous en avons eu envie. Nous en avons chacune pris une.
Arrivée à Paris, j’ai sorti la balayette et sa pelle de ma valise. Je l’ai suspendue près de l’évier dans la cuisine. Je la trouvais toujours aussi jolie. Au fil des jours, je me suis rendu compte qu’elle m’était inutile.
Ma réflexion politique en cours m’a fait regretter cet achat symptomatique d’une production et d’une consommation de masse qui exploite le Sud, ses travailleurs et ses richesses naturelles pour une petite satisfaction personnelle qui ne valait certainement pas le coût écologique et humain de l’objet. N’est-il pas temps que j’arrête d’acheter des objets inutiles ? Je devrais être capable d’obtenir des satisfactions personnelles ailleurs que dans cette consommation à deux balles.
Il y a quelques jours, Ramboo, l’aspirateur robot, a réclamé un coup de brosse. J’ai sorti le pinceau que j’utilise d’ordinaire pour retirer la poussière qui s’installe dans les interstices. Et la balayette avec sa pelle m’a appelée, telle la chèvre de monsieur Seguin.
— Viens ! Viens ! C’est un travail pour moi.
Elle a en effet été parfaite, ramassage de la poussière qui a volé compris. Ouf ! Ma conscience politique est sauve. Ou presque.

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