Décroissance @38

Boite à livresCécyle m’envoie un lien sur un article intitulé Et si tout devenait gratuit… La journaliste évoque les « Boutiques sans argent, boîtes à livres, cafés “suspendus” pour le client suivant… » (tout est expliqué dans l’article), ajoutant « La culture du don se développe. Par solidarité mais aussi rejet du gaspillage. »
Outre l’illusion de gratuité du don déjà démontrée par René Girard, il est étonnant que la notion de « gratuit » soit ainsi valorisée. En effet, que l’on valorise le partage, la solidarité, le don n’amène pas forcément à considérer que « C’est gratuit. »
Dans le langage courant, ce qui est gratuit n’est pas bien recommandable : une affirmation gratuite, un meurtre gratuit… Un propos gratuit est suspect de ne pas être étayé, de ne pas participer d’une argumentation, mais de n’être qu’une prise de position arbitraire relativement à l’échange, une façon d’asséner et vouloir prendre le pouvoir en dérogeant aux règles de la dispute. Le meurtre gratuit renvoie au pur sadisme ou à la pulsion de destruction de l’autre. Tout cela sans compter les gratuits des lots des supermarchés que les clients (ou les producteurs) payent de toutes les façons au distributeur d’une façon ou d’une autre. La défense des droits d’auteur est un autre angle de critique de la notion de gratuité des productions et de travail gratuit qu’il induit, Cécyle le dit très bien.
Je me réjouis que le don, l’échange, le partage et le réemploi se développent, sans léser ce qu’il revient de payer à un moment ou à un autre en reconnaissance justifiée de leurs services.

12 réflexions sur « Décroissance @38 »

  1. Cécyle

    Ah ! oui. les « auteurs gratuits » ! 😉
    Cela dit, il me semble qu’effectivement ce qui est annoncé comme « gratuit » est toujours payé par quelqu’un, le service public par nos impôts, par exemple. Je préfère aussi l’idée de donner, car c’est dire la chose du point de vue de celui qui donne et non celui qui reçoit (qui prend). C’est moins tarte à la crème !

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  2. Vincent

    Je ne fais pas bien la différence entre « donner » et « gratuit » :-).
    Dans le second cas, on est d’accord pour dire que si c’est gratuit, c’est que quelqu’un a payé.
    Par exemple : la communauté (les citoyens, donc, nous) Des associations.
    Des entreprises (c’est rare, mais en cas de surplus, par exemple).
    Des objets de seconde, troisième… nième mains…
    Ou soi-même, dans les buffets a volonté par exemple… on peut en prendre autant qu’on veut, finalement, c’est calculé.
    Ou encore, le café, repas (- fréquent) ou la coupe de cheveux suspendu.
    Quand c’est donné… Ben c’est pareil en fait 😀
    Non ?
    Il y a certes le point de vue qui change…. encore qu’alors, on peut dire « recevoir » plutôt que « gratuit » pour revenir au même coté 🙂
    En tous cas, personnellement, je ne mets pas systématiquement le mot « gratuit » en vis à vis de « mauvaise qualité »… même si cela arrive bien souvent :-/ .

    L’idée de café, ou repas, ou autre suspendu, me plait bien à moi 🙂
    Il n’y a rien de tel par chez moi.
    Mais peut-être est-ce aux citoyens de proposer cela a leurs commerçant, localement ?

    🙂

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    1. Cécyle

      Vous voyez ce qu’il vous reste à faire, Vincent ? 😉
      Le souci aussi avec le « gratuit » c’est qu’il devient rapidement « dû ».

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  3. La Cocotte enchantée

    Et le blogue, vous croyez que c’est gratuit, peut-être ? Regardez la Principalette, avec tout son travail, des fois, ça lui coûte ! 😉
    Oh que je suis drôle ce matin ! Je retourne sur mon blogue ! Des bisous à Petit Mouton et Petit Koala !

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