Archives mensuelles : juillet 2015

Lesbienne @15

CNRS le journalStéphanie Arc, journaliste, connue pour ses engagements auprès de SOS Homophobie et ses publications de qualité sur les idées reçues et les clichés (voir sur son site, ici) a publié fin juin une tribune pour CNRS le journal, « Lesbiennes : en finir avec les clichés », que vous trouverez . L’introduction de son texte pose une question, fondée sur ce que j’apparente à une remise en cause de l’identité lesbienne. Je cite : « Selon l’opinion commune, les femmes qui ont des rapports homosexuels s’avèrent donc fondamentalement différentes des autres femmes. Mais cette affirmation est-elle conforme à la réalité ? »
Je me considère, lesbienne, comme « fondamentalement différente des autres femmes ». Et cette affirmation est conforme à ma réalité. J’affirme ainsi qu’il existe une identité lesbienne, construite en effet autour de clichés et d’idées reçues, ceux et celles que je m’approprie ou que je rejette et viennent, par le fait, nourrir ma « culture lesbienne ».
Stéphanie Arc développe son propos sur l’idée que les lesbiennes ont « des profils multiples », une « pluralité de vécus », arguant qu’il n’existe pas « une » lesbienne mais « des » lesbiennes. Bien sûr. Mais en quoi cela serait en opposition avec un autre présupposé (présenté comme négatif) de cette analyse (en introduction toujours) : « Sa sexualité devient alors ce qui la définit : le socle de son identité. »
Oui, ma sexualité (mon orientation sexuelle, plutôt) fait partie de ce qui me définit. Oui, elle est « le socle de mon identité » (au moins une partie puisque je suis aussi une femme, une albinos, une amblyope, etc.) Et si chacune de nous est une lesbienne unique, parce que chacune de nous est une personne unique, il n’en demeure pas moins que notre homosexualité nous construit d’une certaine manière, qu’elle nous place dans un certain rapport aux autres et au monde, qu’elle produit une culture, des habitus, s’appuie sur des représentations communes et même, se cherche des représentations communes (par exemple au Salon du livre lesbien où Stéphanie était présente).
Ceci pour dire que je comprends la démarche de Stéphanie Arc, autant que la nécessité de condamner les idées reçues, les clichés, les discriminations, les stigmatisations, tout ce qui exprime la lesbophobie qui, je le rappelle, n’est pas une construction individuelle mais un mode d’oppression propre à l’ordre social hétérosexiste, raciste et bourgeois. Pour autant, je m’interroge. À force de vouloir rendre les lesbiennes conformes à la norme, n’est-on pas en train de nier l’identité lesbienne dans un processus d’acculturation destructeur de ce qui fonde le désir homosexuel ?
Je crois que vous connaissez ma réponse à cette question…

 

Intox @6

Le fauxDocteur Love

Salut les Hétéronautes !
En surfant, j’ai trouvé un truc qui m’a scotché. Un personnage dans une série se déroulant à l’hosto est surnommé Dr Mamour. Je passe par charité sur le surnom un peu ridicule.
Le truc, c’est que le seul Docteur Mamour (enfin, on dit Docteur Love comme dans not’ coin d’origine, c’est nettement plus joli, non ?), c’est Petit Mouton. Dans la bande, on est tous d’accord que ça fait pas un pli, c’est de l’usurpation pure et simple.
J’vous ai mis les photos pour que vous puissiez vous faire une idée, dès fois qu’on soit pas objectifs avec notre copain. Franchement, quand même, c’est de l’intox pour vendre un truc pour les cheveux. À chaque fois que j’regarde, j’me dis que c’est évident. Verdict les Hétéronautes ?

Sainte Marie Joseph @7

Lund 2J’aime beaucoup le travail que je fais avec la psychomotricienne. Je sais depuis longtemps, grâce à Christian surtout qui ne cesse de me dire pendant les cours de judo « Grandis-toi ! », que je suis un peu voûtée, les épaules rentrées, la tête dirigée vers le bas. Je sais mais n’en ai pas toujours conscience, ni ne mesure totalement l’impact sur mes équilibres, craignant a priori que me « grandir » me déstabilise plus qu’autre chose. C’est vrai que je me sens si gamine… et que j’aime ça. Passons.
Je sais aussi que j’ai la tête légèrement tournée sur la droite pour donner à mon œil gauche le maximum de champ pour voir ce qui se passe devant moi. La psychomotricienne a réussi à me démontrer que je sais seule remettre ma tête dans l’axe. Je ferme les yeux, j’essaie de prendre conscience de ma posture, et ma tête revient aussitôt dans l’axe. Elle m’a montré aussi combien relever le menton me permet de mieux me rattraper quand je suis en déséquilibre.
J’ai d’ailleurs fait le test dimanche pendant ma gym. Tenir sur un pied, talon de l’autre jambe retenu à deux mains contre les fesses. C’est une posture d’étirement que je ne tiens d’ordinaire pas. Ce matin-là, j’ai regardé « très haut », comptant trois étages au-dessus de la fenêtre en vis-à-vis que je vise d’ordinaire. J’avais vraiment l’impression de regarder au plafond ! Mais j’ai tenu vingt secondes sur le pied gauche moi qui d’ordinaire n’en tiens que quatre ou cinq !
J’ai remarqué aussi que quand je marche, l’image change quand je regarde « en l’air » en même temps que mon trapèze ne brûle plus. Si j’ai un chapeau ou une casquette, je remonte spontanément le menton. Le temps gris de ces derniers jours m’a permis de m’y essayer sans visière, visant un point de couleur ou lumineux devant moi « un peu haut ». Je n’aime pas trop l’image produite, pas très précise, pauvre en informations, et je ne vois plus où je mets les pieds.
Mon travail postural doit-il se faire au péril des crottes de chien ? C’est bien parti pour. Alors vient cette question : grandir, c’est accepter d’avoir les pieds dans la merde ? Sale affaire !

Bonheur @22

Codes civilsJe vous ai dit ma joie et ma fierté à réussir à obtenir ma licence de droit. La fac avait été diligente dans l’annonce des résultats. J’ai même reçu trois jours plus tard le relevé de notes.
Toutefois, nous avons déjà été prévenu qu’il ne fallait pas y être impatient pour avoir en mains le diplôme lui-même. Il nous a déjà été annoncé qu’il est possible de demander son diplôme (contre une enveloppe affranchie du montant d’un envoi recommandé) en… janvier 2016. Oui, dans six mois. Pourquoi ? Mystère. Au moins d’ici en 2016, je pourrais de nouveau être contente et fière de l’obtention de ma licence quand je recevrais ce beau document officiel.

Adieux… @20

Tomatier Voilà. Il fallait que cela arrive. Tomatier a donné ses deux dernières tomates le 20 juillet et rejoint le compost du jardin partagé deux jours plus tard. Cela s’est fait sans drame, ni pour lui, ni pour moi. Nous étions prêts. Nous avons passé un an ensemble ; c’est déjà tellement extraordinaire, un an ! Ma plus longue histoire d’amour depuis… depuis… Oublions.
À la rentrée, Françoise m’a promis de me présenter Fraisier, et de l’installer dans ma jardinière ; ou peut-être Framboisier, elle n’a pas encore choisi. Nous passerons l’hiver ensemble, j’espère. C’est si bon un petit fruit rouge pour passer une soirée d’hiver plus longue que les autres. Ça fond sous la langue, le jus coule un peu, l’acidité se mêle à la salive, le sucré vient ensuite et… Je m’égare.
Au revoir Tomatier ! Tu vas nourrir la terre du jardin fort de tout ce que nous avons partagé. La vie continue, plus pleine encore, plus entière. C’est si beau, la vie. On profite !

Tomatier compost

Féminité @5

Féé pour elle...Juste en face de l’hôpital Saint-Louis où je sortais d’un don de plaquettes, mon regard est attiré par une enseigne « Féé pour elle ». Oh ! Un magasin pour vanter la féminité me dis-je. Hum… Maquillage ? Lingerie fine ? Épilation ?
Les deux précisions accolées au nom ont donné une autre teinte, plus « médicalisée », à cette touche féérique : « prothèses capillaires » et « prothèses mammaires ». Quelle magie !

Sainte Marie Joseph @6

Feu piétonDans le cadre de ma prise en charge à la fondation Sainte-Marie, j’ai eu une évaluation en « locomotion ». Bigre ! Allais-je apprendre à marcher ? Cela m’a rappelé, en souriant, une remarque de monsieur C quand je me plaignais de ne pas tenir debout : « Il suffit de poser les pieds par terre. » Si seulement ! Peut-être qu’en fin de compte « poser les pieds par terre » ne suffit également pas à marcher ?
Au premier rendez-vous, j’ai répondu à une batterie de questions sur mes déplacements : ce que je fais, ne fais pas, mes difficultés, mes craintes, les aides dont j’ai besoin, … Il a été beaucoup question d’équilibre aussi, avec cette sentence :
— Peut-être devrez-vous utiliser une canne de déplacement pour gérer les reliefs.
Oups !
Au deuxième rendez-vous, mon cas s’est aggravé. Nous sommes parties en balade pour que la psychomotricienne poursuive son évaluation in situ. Le test était biaisé car j’habite tout près de la fondation, au point que le parcours proposé m’a menée devant chez moi. Ce n’était pas l’idéal pour me mettre en situation de difficulté réelle. J’ai donc bien pris soin, sur un chemin que je pourrais faire les yeux fermés, de me comporter comme si je le découvrais, marquant les arrêts, décryptant ce que je vois, ce que j’anticipe, mesurant les risques…
— Vous ne traversez pas en sécurité ! Il va falloir travailler ça.
Oups !
J’ai aussitôt appelé Sarah et Isabelle, toutes les deux aussi surprises que moi. Ni l’une ni l’autre n’avaient cette impression. Et moi, j’étais blessée. Ce n’était quand même pas à mon âge qu’on allait m’apprendre à traverser, moi qui fais si attention ! Les jours suivants, lors de mes balades, je me suis observée. J’ai fait deux constats : je vais vite ; je ne peux pas toujours affirmer quand je traverse que je sais si je peux le faire « en sécurité ». Il allait donc bien falloir que j’apprenne…
Saloperie !
Au rendez-vous suivant, nous sommes reparties en balade, dans un coin que je connais moins. D’emblée, j’ai dit à la psychomotricienne que cela avait été dur d’apprendre que je ne sais pas traverser.
— Ce n’est pas ce que j’ai dit !
— C’est ce que j’ai entendu.
— J’ai dit que vous ne traversez pas « en sécurité ».
Au fil des rues, nous avons fait le détail de ce que je vois ou pas, sais faire, prends le soin ou non de faire ; je lui ai dit que j’avais conscience d’aller vite.
— Posez-vous…
C’est vrai que dans « psychomotricité », il y a « psycho »…
— Prenez le temps de regarder. Il vous faut du temps pour regarder.
Oui, j’ai compris ça chez l’orthoptiste. Et j’ai remarqué aussi en ergonomie analytique que souvent je ne prends pas le temps, que c’est ce qui me fait commettre des erreurs d’appréciation.
— Sinon, vous savez faire.
Ouf !
Cette histoire de « prendre son temps » me rappelle des conversations avec ma-Jeanine. Son état de santé l’obligeait à ralentir ses gestes, sa vitesse de marche, à y aller « à l’économie ». Cela la mettait en rogne et, quand elle me voyait faire quelque chose, elle me mettait en garde.
— Un jour, tu verras, tu vas devoir ralentir ! Prépare-toi.
Elle pensait à l’âge. Moi aussi. Cela fait longtemps que je sais que je vais souvent trop vite. Maintenant, je sais que je dois apprendre à aller plus doucement. Ma vie en sera-t-elle plus courte ou plus longue ? J’aime la question.

Bonheur @21

Admise !L’université où je suis inscrite annonce généralement une publication de résultats anticipée. Ils sont prudents sur d’éventuels retards en prévoyant une bonne marge. Souvent, ils ont une à deux heures d’avance. Cette fois, c’était près de quinze heures. J’ajoute quand même qu’ils avaient avant cela reculé de cinq jours cette annonce. Bref, c’est tout de même avec appréhension que j’ai vérifié un soir la page des résultats en espérant la bonne nouvelle… et c’est avec une grande joie que je l’ai trouvée.
Quatre ans de travail, en parallèle du boulot, ou l’inverse, mais ça en valait la peine : licence de droit obtenue. Pas haut la main, mais à la première session, donc avec une perspective de vacances tranquilles. Yep !!! Heureuse et fière. De quoi passer de sacrées fêtes à la courgette !

Soldes @10

KleenexLa lecture de Que Choisir de juin 2015 m’a fait découvrir combien les marques jouent sur les contenances pour nous tromper sur les prix. L’article commence par l’exemple de Kleenex, dont je suis friande : les boîtes vendues par deux comportent soixante-douze mouchoirs quand celles vendues à l’unité en comptent quatre-vingt-huit. Au voleur ?
Je me suis aussitôt armée d’un petit couteau (le nombre de mouchoirs dans les packs est caché sous un carré grisé du suremballage plastique), d’un papier, d’un stylo, et j’ai décidé de faire le tour des magasins du quartier pour vérifier ce que disait l’article sur la contenance des boîtes et tenter de voir jusqu’où allait l’arnaque. Je n’ai pas trouvé dans le même magasin un « Duo Pack » et une boîte seule. Si vous trouvez par chez vous, le comparatif de prix m’intéresse.
Cela dit, j’ai trouvé un pack de trois boîtes avec quatre-vingt-huit mouchoirs, packs de trois boîtes que, de mémoire, on ne trouve que l’hiver passé. Le prix à la boîte était le même que celui des « Duo pack », donc le prix du mouchoir est moindre puisque la boîte en comporte plus. J’ai donc fait un stock et décidé d’écrire à Kleenex, ce dernier détail en moins. Au passage, j’ai découvert que le site de la marque propose des bons de réductions (ici). En attendant leur réponse, autant faire des économies !

« Bonjour,
« Utilisatrice de Kleenex depuis des décennies, j’ai découvert dans Que choisir de juin 2015 que les boîtes de Kleenex Original vendues en « Duo pack » comportent 72 mouchoirs contre 88 pour une boîte vendue séparément. Et moi qui croyais que toutes les boîtes en contenaient 100… ce devait être le cas au siècle dernier et je dois vous avouer que je trouve que cette différence de contenance pour des boîtes de taille tout à fait identique frise la tromperie commerciale jusqu’à grever dangereusement ma confiance en votre marque.
« J’ai essayé de voir si cette différence de contenance rendait ou non concurrentiel le « Duo pack » mais le Monoprix où je suis allée ne proposait pas de Kleenex original à la boîte. Le « Duo pack » par contre, y était vendu 2,29 euros (72 mouchoirs) là où la boîte « Family » était à 2,09 euros pour 140 mouchoirs. Le calcul est vite fait, le mouchoir « Family » est légèrement moins cher que le « Duo pack »… On s’y perd ; à tel point d’ailleurs que j’ai décidé de tester d’autres marques.
« C’est un peu dommage de perdre des clients juste parce qu’ils ont l’impression d’avoir été trompés. Vous ne trouvez pas ?
« Bien cordialement. »

Note. La réponse est arrivée par mail deux jours plus tard. Quelle célérité ! Par contre, côté contenu… La chasse aux mouchoirs en papier d’une autre marque est ouverte !

« 018389425A — Objet: Mouchoirs KLEENEX®
« Chère Madame Jung,
« Nous vous remercions d’avoir contacté notre service consommateur. Nous apprécions que vous preniez le temps de partager vos commentaires avec notre équipe et souhaitons saisir cette opportunité pour vous répondre.
« Nous apprécions vos remarques, car elles nous permettent de connaître l’opinion de nos consommateurs concernant nos produits. Nous vous assurons que nous ferons part de vos remarques au service marketing et qu’elles seront prises en compte.
« Nous apprécions votre intérêt pour nos produits et espérons que vous continuerez de les utiliser.
« Sincères salutations,
« Service Consommateur, Kimberly-Clark Europe »

Incyclicité @20

Blog car arrêtéDéjà, quand un car reste moteur allumé en pleine rue alors que le chauffeur n’a même pas encore sonné à la porte de l’école où il doit ramasser les gamins, ça m’agace. Mais quand il y a, parmi les nombreux slogans affichés sur ledit car, «  À l’arrêt, je coupe le moteur ! », ça horripile.
Ce n’est vraiment pas gentil de m’infliger autant de mauvaise foi et publicité mensongère, sans compter le bruit du moteur couvrant les pioupious du parc de Belleville que je longe et l’odeur de moteur couvrant celle de la végétation. Bouh…