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Kendo @17

Noire salutLe passage de mon Nage no kata (ici), une des cinq épreuves de la ceinture noire, n’a pas été simple. La suite, m’avait-on dit, serait une « formalité ». Une formalité…
Il y a l’épreuve des randoris, petits combats d’exercice où l’objectif n’est pas de gagner mais de montrer sa maîtrise du judo et sa capacité d’adaptation au judo de son partenaire. Le but du jeu, là, va être de ne pas trop me faire massacrer par des partenaires dont certains se croient en combat réel même si c’est sanctionné. Je m’entraîne en club deux à trois fois par semaine, surtout debout, essayant d’être un peu plus vindicative que je ne lui suis naturellement histoire au moins de maîtriser ma peur et d’apprendre à me servir de mes propres déséquilibres. Je me laisse 18 mois pour tenter ma chance.
Il y a l’épreuve dite « technique » ou l’on doit présenter des techniques, un peu comme pour mon passage de ceinture marron (). Je vais travailler avec Jean-Michel. Nous avions fait une belle prestation pour la marron ; j’ai confiance en lui ; tout va bien.
Et il y a enfin les douze techniques du jujitsu. Hervé m’a assuré que c’était facile, que je n’aurais pas de souci, ni d’équilibre, ni d’apprentissage… Mon petit doigt me dit qu’après une première séance de travail, il est plus mesuré même s’il n’en a rien laissé paraître. En tout cas, moi, je suis dubitative. Pas inquiète, juste dubitative, car je sais que je vais y arriver. J’ignore juste quel en sera le prix. Je me suis rendu compte après cette première séance avec Hervé, 4e dan et grand spécialiste de l’exercice, séance où j’ai senti mes larmes d’impuissance monter à plusieurs reprises, que mon souci va être l’espace.
Dans le Nage no Kata, sans que je n’en aie conscience, il y a beaucoup de repères spatiaux, notamment ceux que donne le temps. Compter donne en effet l’espace : trois pas, deux tapis, découpage des prises en séquences, etc. C’est sans doute pour cela que mon Nage no avait un peu de tenue, parce que je l’ai construit sur le temps là où l’on ne voit que des déplacements dans l’espace. Dans les douze attaques-défenses du jujitsu, pas de repères de tapis, pas de nombre de pas… reste le découpage des prises en séquences.
Hervé m’a assuré qu’elles sont moins complexes à maîtriser que celles du Nage no kata. Je veux bien le croire mais, sur les trois premières techniques, j’ai compris où se situe le point d’achoppement : il n’est en effet pas dans les prises elles-même mais dans la succession de déplacements non linéaires avec des passages debout-sol sans point d’appui. Quand on sait qu’il me suffit de tourner trois fois sur moi-même pour ne plus savoir où je suis, le travail qui m’attend me fait d’emblée courber l’échine autant que je mesure ce qu’il va m’apporter.
Conclusion ? Hajime !